Notre premier grand voyage à l'étranger avec notre camping-car a eu lieu pendant les vacances scolaires de Pâques 2006.

Dimanche 23 avril : Départ de Montpellier, par l'A9 - E 15 en France; passage au Perthus avec un temps couvert et frais en fin de matinée. En Espagne, autoroute AP 7 - E 15 jusqu'à Valence, ensuite RN 340 - E 15. Il est à noter que la majorité des stations services sur la partie à péage de cette autoroute annonce disposer de services de vidange et eau pour camping-cars (nous ne les avons pas testés). Arrêt pour la nuit sur le parking d'une station-service au milieu des camions à L'Alcudia à une trentaine de km au sud-ouest du centre de Valence et à 720 km de chez nous. Temps relativement frais et venté.

Nos étapes

1 - L'Alcudia 2 - Guadix 3 - Grenade 4 - Ronda 5 - Garganta Verde 6 - Torre-Alaquime 7 - Cordoue 8 - Santa Elena 9 - Lerida

Lundi 24 avril : Après une nuit tranquille, et un sommeil interrompu deux ou trois fois par le départ bruyant d'un camion, nous reprenons la RN 340, appelée aussi A 7 lorsqu'elle est en autoroute, en direction d'Alicante puis de Murcie. Entrés en Andalousie, un peu avant Almeria, nous quittons la A 7 - E 15 pour la RN 340 A, direction Tabernas où se trouve le désert andalou, lieu du tournage de la plupart des "westerns spaghetti" et de scènes de Lawrence d'Arabie et d'Indiana Jones. On y trouve une sorte de mini-Disneyland que nous avons évité.


La Callahora

Arrêt à La Callahora, avec son splendide château moyenâgeux qui domine le village. Enfin, nous faisons étape à Guadix, très jolie petite ville hors des circuits touristiques habituels, avec une quantité de magnifiques monuments anciens, pas toujours en très bon état, en particulier une très belle cathédrale, fermée à notre arrivée (après 18 h); stationnement pour la nuit sur un grand parking gratuit situé à 100 m de la cathédrale, en plein centre ville mais bien calme. 1200 km de chez nous.


Guadix - L'Ayuntamiento

Mardi 25 avril : Nuit sans problème, petit matin frais. Départ vers Grenade situé à 70 km par la A 92 puis la A 44. Sortie 123 puis direction le centre ville. Arrêt au camping "Sierra Nevada", situé à 200 m de la "estacion de autobusses" (la gare routière) et à 150 m du centre commercial Auchan. Emplacement confortable, bien que petit, près de l'entrée, 55 € pour deux nuits (avec l'électricité); tous les services sont disponibles pour un camping-car. Il faut environ 1/4 d'heure en bus (ligne 3 ou 33) pour aller jusqu'à la cathédrale, en plein centre-ville.


L'extérieur de la chapelle royale

Début de la visite de Grenade avec la chapelle royale, d'une richesse baroque extraordinaire; elle contient les tombeaux des rois catholiques Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille qui ont terminé la "Reconquista" sur les musulmans à Grenade, et de Philippe le Beau et Jeanne la Folle, les parents de Charles Quint (photos et vidéos interdites). Ensuite la cathédrale, immense édifice baroque du 16ème siècle; les orgues sont grandioses. Puis, flânerie dans les ruelles avoisinantes, en particulier la Calle Zakatin, qui rappelle les souks du Maroc ou de Tunisie. Repas de midi pris dans l'un des nombreux petits restaurants sur la plaza Bibarrambla.


Calle Zakatin


Une rue de l'Albaicin

L'après-midi, visite du quartier de l'Albaicin, sur la colline du même nom, avec ses ruelles pentues et pittoresques et ses maisons aux murs blancs. Du Mirador de San Nicolas, on a une vue imprenable sur l'Alhambra


L'Alhambra vue du mirador San Nicolas

Retour au camping et courses à Auchan en face. L'une de nos caméras vidéo, celle qui filme en 16/9, tombe en panne, mécanique coincée avec une cassette DV à l'intérieur; heureusement, nous en avons une de secours, mais en 4/3, ce qui ne va pas faciliter le montage du film du voyage !

Mercredi 26 avril : Nuit tranquille au camping, mais petit matin très frais. Suite de la visite de Grenade avec l'hôpital San Juan de Dios, édifice baroque encore utilisé comme hôpital aujourd'hui. Il est construit comme une juxtapositions de cloîtres, avec des murs couverts de fresques, toutes sur des thèmes liés à la maladie et à la mort; encourageant pour les malades ! A côté, nous visitons le couvent San Geronimo, du XVIème siècle, construit pour être la tombe du "Gran Capitan", général espagnol qui a permis de conserver le royaume de Naples à l'Espagne.


Fresque de l'hôpital San Juan de Dios


Grenade vue de l'Alhambra

L'après-midi est consacré à la visite de l'Alhambra, située sur un promontoire élevé qui domine la ville (1 € par personne en minibus pour y monter depuis la "Plaza Nueva" dans le centre-ville). La visite de l'ensemble monumental et des jardins se fait sur la base d'une demi-journée; nous avions réservé notre visite depuis la France, par Internet, pour 14h00. Cette précaution nous a épargné deux bonnes heures de queue qu'ont dû faire les pauvres malheureux qui n'avaient pas réservé. L'organisation des visites est compliquée, rigide et brouillonne, et même les gardiens du monument ne savent pas trop où ils en sont et donnent de mauvaises informations quand on les interroge. 


Dans l'Alhambra - L'Alcazaba

Ce monument se présente en plusieurs parties : 
- l'Alcazaba, ancienne forteresse située sur la pointe du rocher, d'où l'on a une vue plongeante et lointaine sur la ville et ses alentours


Dans l'Alhambra - Palais  Nasride - cour aux lions

- le palais des Nasrides, lieu d'habitation des sultans du même nom, palais d'une richesse inouïe, avec ses murs couverts de stuc peint et sculpté, ses nombreuses pièces toutes plus belles et richement décorées les unes que les autres. Ce palais vaut le palais des sultans turcs au Topkapi à Istanbul par sa richesse et sa décoration, mais il est plus petit. Juste à côté, Charles Quint s'est fait construire un palais qui ressemble à des arènes (on est au pays de la corrida, n'est ce pas !) où il n'a jamais habité et qui fait un effet tout à fait incongru à cet endroit; il contient un intéressant petit musée présentant des objets retrouvés sur place
- le Generalife, résidence d'été des califes, avec ses jardins magnifiques, d'une grande douceur et de l'eau jaillissante ou ruisselante un peu partout, évoquant ce qu'aurait pu être le paradis terrestre.


Dans l'Alhambra - Palais et jardin du Generalife

Deuxième guigne : la perte d'une carte Memory Stick de 128 Mo, avec près d'une centaine de photos dessus, probablement tombée de l'étui de l'appareil photo lors du changement des batteries pendant la visite de l'Alhambra ! C'est vraiment pas de bol.

Retour au camping, où nous constatons que la borne électrique sur laquelle notre camping-car est branché ne fonctionne plus (depuis quand ? mystère). Après l'intervention assez longue d'un ouvrier d'entretien, tout rentre dans l'ordre.


Pont nasride

Jeudi 27 avril : Départ direction sud par l'autoroute A 44. Nous quittons l'autoroute pour prendre la route régionale A 348 en direction de Lanjaron. Juste après la sortie, nous découvrons une véritable merveille (elle est indiquée sur la route) : un pont construit par les Nasrides sur un canyon de plusieurs centaines de mètres de profondeur, une vue absolument fantastique à ne louper sous aucun prétexte. Et nous continuons notre route vers Lanjaron et La Alpujarra. Juste avant d'arriver à Ogiva, nous prenons à gauche vers Pampaneira, premier beau village de La Alpujarra, mais envahi par les cars de touristes. A la sortie du village, une petite route étroite, sinueuse et très grimpante, sans cars de touristes, nous emmène vers Bubion et Capilleira. Pas facile de stationner à Bubion, mais, après y être parvenus, la visite de ce très joli village est une vraie récompense.


La Alpujarra - Bubion et sa vue sur la vallée


La plage à Marbella

Retour sur nos pas jusqu'à Ogiva, puis direction sud vers Motril et la côte. Impossible de s'arrêter à Salobrena, village blanc en bord de mer, coiffé par une forteresse maure; nous nous contentons de l'admirer en passant. Puis nous suivons la côte jusqu'à Marbella par la A 7 ou la RN 340. Tout le long, c'est du béton, suivi par du béton, avec encore du béton, et ainsi de suite. Nullissime. Arrêt d'une paire d'heures à Marbella, ayant pu trouver par chance un endroit pour stationner en bord de mer; ceci nous a définitivement convaincu de l'inanité de venir passer ses vacances dans cet endroit rempli de béton chic et prétentieux, souvent couvert de plaques de marbre encore plus prétentieuses.  


Immeuble de vacances à Marbella 

Nous prenons ensuite la route régionale A 397 (et non A 376 comme indiqué sur la carte Michelin de l'Andalousie en notre possession) vers Ronda, excellente route qui, après avoir quitté la zone des lotissements privés de luxe avec gardien et parcours de golf super chic, nous emmène dans des paysages âpres de montagne jusqu'à un col à 1065 m d'altitude. Et c'est une brève redescente vers Ronda, où nous faisons halte au camping "El Sur" à l'entrée ouest de la ville, presque plein mais confortable et bien situé, avec tous les services pour camping-cariste, et même un point d'accès à internet.


Ronda - Ponte Nuevo

Vendredi 28 avril : Le matin, relativement frais, est réservé à la visite de Ronda. 20 min de marche d'un pas allègre nous emmènent à la porte de la ville, à la fois porte mauresque et porte Charles Quint. Remontée par une petite rue vers le Ponte Nuevo; arrivé là, c'est l'éblouissement : la ville est partagée en deux par un profond canyon, enjambé par le Ponte Nuevo. La vue est impressionnante. On en a une belle vue d'ensemble depuis le jardin public situé en face, bien éclairée le matin. Quelque flânerie dans les rues bien ombragées, bordées de maisons blanchies à la chaux, jusqu'au jardin d'Alameda del Tajo qui offre un point de vue remarquable sur la vallée et la Serrania de Ronda en face. Visite des arènes, parmi les plus anciennes d'Espagne, prix 5 € par personne l'entrée. Ensuite, c'est la redescente vers l'entrée de la ville par la rue principale, et le retour à pied, pénible et durant environ 40 min, vers le camping (impossible de trouver un taxi à Ronda, ça ne doit pas exister ici !)


Ronda - Arènes

Puis nous reprenons la route régionale A 369 qui va à Algéciras sur environ 35 km de lacets, de montées et de descentes, et de travaux routiers, dans un paysage grandiose et sauvage, essentiellement minéral. A la sortie d'Algatocin, nous prenons la A 373, plus étroite et plus difficile, traversant la réserve de Cortes de la Frontera. Il fait très nuageux, et nous roulons souvent dans la brume ; le paysage est très vert, les moutons et les bovins sont nombreux, et l'ensemble nous rappelle l'Écosse, un micro-climat sans doute ! Au bout de cette route on arrive à Ubrique, ville moyenne blottie au pied d'une muraille rocheuse particulièrement impressionnante; grandiose vue d'en face. Nombreux parkings où l'on peut stationner le camping-car.


Ubrique


Grazalema - Place de l'église

Nous repartons par la A 2301 (et non A 374 comme indiqué sur la carte), en grimpant très haut au-dessus de la ville, puis arrivons dans une ancienne vallée glaciaire, paysage inattendu ici. La route serpente sur les hauteurs jusqu'à Grazalema, charmant village blanc bien accueillant pour les camping-cars. La A 531, très, très étroite et très, très pentue, nous emmène à Zahara de la Sierra, près d'un lac de barrage, en passant par le Puerto de las Palomas à 1352 m, dans la brume, d'où nous sortons pour découvrir un paysage sublime de montagnes entourant le lac. A Zahara de la Sierra, très joli village blanc situé sur un piton rocheux sous un ancien château maure, nous avons l'idée bizarre d'entrer avec le camping-car ; mal nous en a pris, la manœuvre de demi-tour juste avant une descente étroite et vertigineuse a été particulièrement ardue, mais sans bobo heureusement.


Lac de barrage

Puis retour par la même route, arrêt pour la nuit à côté du km 12 dans la montée, sur une aire bien plate, invisible de la route, départ de randonnée pédestres vers la Garganta Verde. Paysages grandioses des deux côtés de la route. Un camping-car avec un couple d'allemands bien sympathiques vient un peu plus tard partager notre tranquillité

Samedi 29 avril : Le lendemain matin après une nuit sans problème, réveil presque glacé dans la purée de pois : le site est entièrement dans les nuages, visibilité maxi 10 m. Nous reprenons la route vers Grazalema, et vers 800 m d'altitude, nous sortons des nuages et trouvons le soleil. Nouveau passage au Puerto de las Palomas, pour admirer la mer de nuages sous nos pieds puis redescente jusqu'à la A 372, direction El Bosque en passant par le Puerto del Boyar à 1103 m, beaux paysages tout le long, la brume ne couvrant pas ce côté de la montagne. El Bosque est un joli village sans intérêt majeur, et nous continuons donc sur la A 372, maintenant dans des paysages verdoyants et très vallonnés, avec des cultures partout, jusqu'à Arcos de la Frontera.


Arcos de la Frontera - vue généale

Arrivés à Arcos de la Frontera, courses à Carrefour situé à la sortie de la ville sur la route de Jerez de la Frontera. Ensuite, recherche difficile, mais finalement fructueuse près du barrage, d'un endroit pour stationner en bas de la ville. La position de la ville est impressionnante : située en haut d'une immense barrière rocheuse, à environ 200 m au-dessus du Rio Guadalete sur un méandre, elle domine toute la région. Hors de question d'y monter avec un camping-car, ce serait un véritable traquenard avec ses ruelles pentues, étroites et certaines embouteillées. De nombreux monuments (églises, palais), ses ruelles pittoresques et une vue imprenable sur la plaine justifient largement les deux étoiles données par notre guide, mais la montée à pied sous le soleil est fatigante.

 La A 384 nous emmène ensuite à Villamartin puis Algodonales, autres villages blancs jolis vus de loin.


Olvera

Nous la quittons pour prendre l'ancienne route N 342, assez difficile mais qui offre des points de vues splendides sur Olvera avec son église et son château maures juchés sur un rocher qui domine la ville blanche. Nous traversons Olvera, jolie à voir, et prenons la A 422 jusqu'à Setenil où nous faisons une brève halte.

Setenil est un village absolument extraordinaire, bâti au fond de l'étroit canyon du Rio Tejo ; le long de la rivière, les maisons sont creusées dans le rocher, et seule la façade est apparente. Ce village devient "à la mode", et les discothèques et boutiques de souvenirs commencent à fleurir.


Setenil


Vue sur le village de Torre Alhaquime

Retour par la même route et arrêt au bord d'un ruisseau au pied du joli village de Torre-Alhaquime pour passer la nuit. A 3h45 du matin, réveil en sursaut : un imbécile à scooter pétaradant, probablement de retour un peu éméché d'une discothèque de Setenil, n'a rien trouvé de plus intelligent à faire que de balancer un caillou sur notre camping-car ; ça fait drôle quand ça arrive, et résultat, la baie sur le côté gauche à l'arrière cassée, heureusement dans l'angle supérieur, à l'extérieur du joint, donc pas d'impact sur l'étanchéité, mais nécessité de la changer en rentrant à la maison (heureusement, c'est couvert par l'assurance).


Bivouac à Torre-Alhaquime

Dimanche 30 avril : Après réflexion, nous décidons ne ne pas aller à Séville, qui était prévue comme étant notre étape suivante : c'est la semaine de la feria et donc il y a la foule partout, et il sera quasi impossible de trouver une place dans l'un des campings proches de la ville. De plus, madame, qui est encore en activité, souhaite rentrer un peu plus tôt que prévu à la maison où deux paquets de copies de classe de BTS à corriger l'attendent, et voudrait avoir au moins une journée de disponible pendant le voyage pour corriger le paquet de copies de seconde qu'elle a apporté avec elle et qu'elle n'a pas encore ouvert. Ce n'est que la deuxième fois que nous "shuntons" Séville au cours d'un voyage dans la région ! Nous y reviendrons exprès plus tard, en avion et pour 4 ou 5 jours au moins.


Almodovar del Rio

Donc départ direction Cordoue par la A 484 jusqu'à Almargen, et la A 451 à gauche vers Osuna, très jolie ville blanche avec ses ruelles étroites et ses belles maisons aux fenêtres avec des grilles en fer forgé et ses palais baroques.

Puis la A 453 et la A 431 jusqu'à Almodovar del Rio où l'on découvre un château moyenâgeux de pacotille, une reconstruction dans le style Viollet-le-Duc comme à Pierrefonds (Oise) sur la base d'une ruine dont il ne restait pas grand chose. Le stationnement au pied de la colline est difficile mais la visite du château est amusante (5 € par personne). Nous sommes maintenant dans la basse vallée du Guadalquivir, et il fait chaud!

Et c'est Cordoue, où nous trouvons le camping El Brillante sans trop de mal (66 € pour trois nuits, avec l'électricité). Emplacement minuscule mais avec tous les services requis par un camping-cariste. Madame attaque ses copies et monsieur, en retraite, se colle à un peu de lessive puis au journal du voyage sur le PC portable.

Lundi 1 mai : C'est la fête du travail, donc tout le monde se repose ! A Cordoue comme ailleurs, tous est fermé : boutiques, musées et autres lieux touristiques. Le matin, madame achève la correction de son paquet de copies.

Heureusement, les bus fonctionnent (ligne 10 ou 11) - 10 min depuis l'arrêt de "Avenida el Brillante (camping)" en face du camping, jusqu'au centre ville. Seule la "Mesquita" - la grande mosquée transformée en cathédrale après la "Reconquista" - et les boutiques de souvenirs tout autour sont ouvertes. Donc nous allons visiter la Mesquita après avoir marché dans les vieilles rues, constaté que le palais Viana, par lequel nous voulions commencer nos visites, est aussi fermé, vu plusieurs croix fleuries car il y a un concours sur ce thème début mai, et vu des petites filles s'exercer au flamenco devant le conservatoire de musique.


Croix fleurie

Vue de l'extérieur, la Mesquita est un immense bâtiment, un peu austère avec ses murs très hauts et son minaret transformé en clocher au-dessus de l'entrée de la cour; c'est la deuxième plus grande mosquée au monde après celle de La Mecque. Entrée à 8 € par personne. On entre dans la grande cour, ombragée et entourée de colonnes, avec trois grandes fontaines. Construite en trois phases, du VIIIème au Xème siècle, sur le site d'une ancienne église wisigothique rasée par 


Cordoue - Clocher et jardin de la Mesquita

les musulmans. Elle a été transformée en église consacrée à la vierge après la reconquête de Cordoue en 1236. D'abord, plusieurs chapelles ont été construites à l'intérieur, puis en 1523, le chapitre décide, contre l'avis de la municipalité mais avec l'accord de Charles Quint, d'y construire un immense édifice baroque en plein milieu. Après avoir vu le résultat, Charles Quint regrettera sa décision. Malgré cet apport saugrenu, à l'intérieur le bâtiment est une véritable merveille. La vue de la forêt de colonnes, toutes différentes, reliées par des arcs sur deux niveaux est saisissante. Et le mihrab, avec son mur très finement sculpté, est splendide. Et même les chapelles et la cathédrale baroques, peu adaptées pourtant à l'endroit où elles se trouvent, sont belles. A elle seule, la Mesquita justifie le voyage.


Cordoue - Intérieur de la Mesquita

Ensuite, nous flânons dans les rues du vieux quartier juif tout à côté, et du reste du centre historique, voyons le pont romain recouvert de bâches pour cause de restauration, faisons un peu les boutiques pour acheter les souvenirs pour la famille, puis rentrons en bus au camping après un bon repas typiquement local au restaurant "Los Patios" en face de la Mesquita

Mardi 2 mai : Suite de la visite de Cordoue. Les activités ont repris, la ville bruisse de toutes parts, la circulation est intense et tout est ouvert.


Cordoue - Intérieur de la synagogue

Nous retournons dans le quartier juif pour visiter la synagogue, petit édifice bâti en 1315 qui possède une belle décoration intérieure de style judéo-arabe quasi unique en Andalousie.

Un peu plus loin, au bord du Guadalquivir, nous visitons l'Alcazar, palais de style "mudejar" érigé en 1328 par le roi Alphonse XI. Il a été longtemps le siège de l'Inquisition locale (1492-1821) et est devenu un musée archéologique présentant des belles mosaïques et des sarcophages romains du 2ème siècle. Au dessous, on visite les bains arabes du 14ème siècle. Le jardin, planté d'orangers et d'une multitude de fleurs, et agrémenté de bassins, est de toute beauté.


Cordoue - Jardin de l'Alcazar

Puis retour vers le centre moderne où nous déjeunons plaza de las Tendillas dans l'un des multiples petits restaurants. Ensuite madame veut faire les magasins, en particulier de chaussures et de vêtements, ce qui nous porte jusqu'à 16h, heure où doit s'ouvrir le palais Viana.


Palais Viana - mosaïque romaine

Visite du palais du marquis de Viana, aujourd'hui propriété d'une compagnie d'assurances, avec ses 13 patios tous différents, tous très fleuris, agréables, frais grâce à leurs fontaines malgré la chaleur écrasante (31° C avec une très forte humidité) où c'est un véritable plaisir de se promener (3 € par personne pour la visite des patios seuls; la visite des pièces du bâtiment est obligatoirement guidée, en espagnol seulement).

Et c'est le retour en bus au camping, avec un temps chaud et orageux menaçant.


Palais Viana - patio du puits

Mercredi 3 mai : La menace orageuse s'est confirmée pendant la nuit et nous nous levons sous une pluie battante et un froid glacial, environ vingt degrés de moins qu'hier. Courses à Carrefour à 800 m du camping en partant, stationnement difficile pour le camping-car, le parking officiel étant couvert, hauteur limitée à 2 m. Sortie de Cordoue longue et difficile, ceci étant dû aux travaux d'extension du périphérique, au mauvais temps et aux indications de direction incertaines. Nous n'allons pas à Medina al-Zahara, contrairement à ce que nous avions décidé la veille, ne souhaitant pas patauger dans la boue sous la pluie.

Après être enfin sortis, nous prenons la direction du nord par la A 4 - E 5 jusqu'à Bailén puis N 322 et A 6201 vers Baeza, sous la pluie et dans la brouillasse, en traversant des milliers d'hectares d'oliveraies plantées sur un terrain vallonné; cette partie de l'Andalousie, dans la province de Jaén, est la grande région de production d'huile d'olive en Espagne.


La fontaine aux lions à Baeza

Baeza est une petite ville avec un joli centre ancien : plaza del Populo et ancienne université. Stationnement aisé, mais un peu loin du centre. Elle ne mérite tout de même pas les 2 étoiles du guide. Nous y avons eu très froid (température certainement inférieure à 10° C) et fait notre visite sous la pluie.

A quelques kilomètres, sa jumelle et rivale Ubeda, de taille à peu près équivalente, est beaucoup plus belle et mérite bien ses deux étoiles. En particulier, la plaza Vazquez de Molina est une vraie merveille, avec de nombreux monuments du XVIème siècle renaissance andalouse. Surtout, le Palacio de las Cadenas, et la Capilla de San Salvador de style plateresque très chargé, sont assez impressionnants. Les ruelles et


Ubeda - Capilla de San Salvador

 autres petites rues sont agréables à parcourir, et doivent être parfaites par beau temps. Stationnement facile proche du centre.

Et nous parcourons encore une cinquantaine de km dans le brouillard au milieu des oliveraies par l'excellente route régionale A 301, puis l'autoroute A 4 - E 5 jusqu'à Santa Elena, à l'entrée du parc national des Despeñaperros, où nous nous arrêtons au camping à la sortie du village. Il fait très froid, mais le camping est remarquablement équipé, avec service d'eau (plein et vidange) à chaque emplacement, WC chimique près du bâtiment sanitaire, le tout pour 18 € la nuit.

Jeudi 4 mai : Et c'est le retour à la maison. Nous repartons dans le froid et le brouillard sur la A 4 - E 5, franchissons le Desfiladero de los Despeñaperros dans le brouillard sans pouvoir admirer le paysage pourtant beau à cet endroit. La sortie du défilé marque la limite entre l'Andalousie et la Castille-La Mancha. En arrivant à Valdepeñas, le brouillard se dégage. Nous filons vers Madrid au milieu de dizaines de milliers d'hectares de vignes plantées sur des terrains plats presque jusqu'à l'infini. Contournement facile de Madrid par l'est puis direction Saragosse. L'autoroute A 2 - E 90 traverse des paysages sauvages et montagneux d'une beauté sévère. En arrivant dans la vallée de l'Ebre, le paysage s'aplanit et les cultures réapparaissent. Contournement de Saragosse, direction Lerida par l'AP 2 - E 90 puis sortie par l'A 2. Arrêt pour la nuit sur l'immense parking d'une station service à la sortie est de Lleida, avec de très nombreux camions.

Vendredi 5 mai : Nuit tranquille mais réveil matinal dû au départ des camions. L'autoroute A 2 (gratuite), au revêtement en mauvais état est très chargée surtout en camions qui se suivent à la queue leu leu, jusqu'à la sortie 520 (Cervera) où nous la quittons pour trouver un peu de tranquillité. Route régionale C 25 (excellente) plus calme dans un paysage verdoyant et vallonné jusqu'à Vic, puis C 26 et C 38 jusqu'au col d'Ares à 1513 m qui marque la frontière avec la France, et redescente par le Vallespir (D 115) vers Perpignan, dans les paysages de montagne splendides des Pyrénées, et en particulier du Canigou, puis RN 9 et RN 113 jusqu'à Montpellier.

Total 3460 km de route, quasiment pas de circulation urbaine, 372 litres de gasoil consommés soit une consommation moyenne de 10,8 l aux 100 km à environ 1 € le litre en moyenne. 
Budget : environ 1500 € tout compris pour un voyage de 13 jours.

Documentation utilisée :

 - carte Michelin 578 : Andalousie au 1/400 000 (attention, de nombreux numéros de route indiqués sur cette carte sont faux)
 
- carte des campings en Espagne envoyée par l'Office Espagnol de Tourisme 
 - plans de Grenade et de Cordoue achetés sur place
 - guide Bleu Évasion Andalousie, et guide du Routard Andalousie
 - brochures sur Grenade, Cordoue, Séville, Costa del Sol envoyées par l'Office Espagnol de Tourisme
 - carnets de voyage de Bernard TartoisJean-Pierre Rossi et Gérard Gobert en Andalousie
 - nombreux sites Internet sur l'Andalousie 

 

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