Samedi 25 avril : nous partons de Montpellier vers l'est avec notre camping-car par l'autoroute A 9, sous un ciel bien gris. Ensuite, c'est la A 54, la A 7 et la A 8 en direction de l'Italie. Après Aix en Provence, le ciel commence à se dégager et le bleu devient dominant. Nous voulons arriver à Mantoue en fin de journée pour visiter cette ville réputée riche en merveilles artistiques et architecturales demain dimanche : c'est la seule grande ville du bassin du Pô que nous n'avons pas vue lors de notre précédent voyage en 2007. Mais le (mauvais) sort en a décidé autrement : alors que nous contournons Cannes, nous recevons un caillou d'origine inconnue sur notre pare-brise qui se retrouve balafré sur 40 cm. Appel à l'aide auprès d'Inter Mutuelles Assistance qui nous recommande le réparateur le plus proche, l'atelier Carglass d'Antibes ; après environ 1h30 de recherche et avoir bien tourné dans Antibes et Juan les Pins (nous n'avons pas de GPS), et admiré la Méditerranée particulièrement agitée aujourd'hui, nous finissons par le dénicher. Bien sûr, il faut changer le pare-brise et pour cela en commander un car il n'y en a pas en stock, disponibilité au plus tôt mardi 28, ce qui est inacceptable pour nous. Mais le patron de l'atelier nous dit que, le pare-brise étant en verre feuilleté, nous pouvons continuer à rouler sans risque, ce que nous faisons. Nous verrons lundi chez Fiat à Mantoue pour le remplacer s'il est possible de le faire rapidement. 

A l'arrivée en Italie, nous prenons l'autoroute côtière A 10, puis entrons dans l'intérieur de pays par la A 25 à quelques km avant Gênes, et enfin la A 21. En fin de soirée, nous décidons de nous arrêter sur le parking d'une station service à la sortie nord de Plaisance, environ 100 km avant Mantoue, pour dîner et passer la nuit. Distance parcourue 670 km (dont 30 pour rien), péage en France 45 €.

Nos étapes

  1 - Plaisance   2 - Mantoue   3 - Duino   4 - Moscenicka   5 - Baska   6 - Plitvice   7 - Vrelo   8 - Zadar   9 - Sibenik 10 - Split 11 - Orebic 12 - Ston

13 - Dubrovnik

14 - Budva 15 - Shëngjin 16 - Berat 17 - Gjirokastra 18 - Ksamil 19 - Apollonia 20 - Koplik 21 - Trebinje 22 - Blagaj 23 - Sarajevo 24 - Kljuc
25 - Cigoc 26 - Zagreb 27 - Casteggio                  

Dimanche 26 avril : après une nuit tranquille, nous sommes réveillés par la pluie promise par la météo ; celle-ci, qui annonce une pluie ininterrompue pour toute la journée ne s'est pas trompée, dommage ! Nous repartons sous la pluie et quittons l'autoroute (péage 33 €) à Crémone pour prendre la P 10 en direction de Mantoue, mais juste après la sortie, la route est barrée pour cause de travaux et une déviation nous envoie faire un grand détour dans la campagne. Enfin nous arrivons à Mantoue et allons nous installer sur le grand parking situé viale Té, entre le stade et le Palazzo Té et situé à 20 minutes de marche du centre historique de la ville. Distance parcourue, 110 km.


Façade du palais côté jardin

Nous commençons nos visites par le Palazzo Té (5 €, par personne tarif senior) splendide villa renaissance italienne restaurée depuis peu. C'était la résidence secondaire des ducs de Mantoue, hors les murs de la ville, où ils venaient s'ébattre avec leurs maîtresses. Elle a été conçue et réalisée de 1525 à 1535 par Giulio Romano, architecte, peintre et sculpteur, à la demande de Frédéric II de Gonzague (le modèle de Verdi pour le personnage du duc de Mantoue dans l'opéra Rigoletto) pour abriter ses amours avec Isabela Boschetti. Son intérieur est magnifiquement décoré mais il est interdit de photographier.


Cour intérieure


Palais de la Raison

Nous allons maintenant au centre ville, Piazza delle Erbe pour déjeuner d'une pizza à l'Osteria delle Erbe recommandée par le Routard, située dans le bâtiment du Palais de la Raison, ancien hôtel de ville du XIIIème siècle.  

Sur le chemin, nous passons devant la vieille chambre de commerce datant de la même époque. 

Après le repas, nous allons visiter le Palais Ducal, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. 


Vieille chambre de commerce


Façade d'entrée du Palais Ducal

On ne visite qu'une petite partie de cet immense labyrinthe (entrée gratuite aujourd'hui) où s'enchevêtrent de nombreux bâtiments dont la construction s'étend sur quatre siècles, 34000 m², plus de 500 pièces. Le clou de la visite, la Chambre des Epoux, entièrement décorée par Mantegna est impossible à visiter (réservation obligatoire, maximum 1500 visiteurs par jour) et nous ne l'avons pas vue, mais avons visité de nombreuses pièces dont la décoration est plus ou moins bien conservée. 

Comme précédemment, il est interdit de photographier à l'intérieur du palais.


Monument aux Gonzague héros de la guerre de 14-18


Château Saint Georges

Par l'extérieur, et toujours sous la pluie, nous pouvons voir le château Saint Georges, puissant château fort qui constitue la partie la plus ancienne du palais à partir de laquelle il a été agrandi.


Rotonde di San Lorenzo

Nous retournons vers la Piazza delle Erbe où nous allons visiter la Rotonde di San Lorenzo, église romane ronde en briques du XIème siècle inspirée de l'église du Saint Sépulcre à Jérusalem.

Nous terminons nos visites par le Théâtre académique Bibieno, véritable petite merveille d'architecture baroque érigé sous Marie-Thérèse d'Autriche par Antonio Bibieno, membre de l'Académie ; Mozart est venu se produire dans ce théâtre qui accueille toujours des concerts.


Mur de scène du Théâtre académique Bibieno

Et toujours sous la pluie, nous retournons jusqu'à notre camping-car pour la soirée et la nuit. Un peu plus tard, deux autres camping-caristes sont venus partager notre bivouac.

Lundi 27 avril : la pluie s'est arrêtée pendant la nuit mais le ciel est toujours aussi noir, ce qui ne présage rien de bon. Nous commençons par chercher le concessionnaire FIAT local que nous trouvons rapidement. Il ne fait pas le changement de pare-brise, mais nous envoie chez un carrossier très proche qui peut faire le travail tout de suite. Nous lui laissons le camping-car, et il nous emmène au centre-ville pour que nous puissions nous occuper en continuant nos visites car il lui faut environ 5 heures pour que le travail soit terminé et que la colle ait bien fait prise.


Palazzo Canossa

Mais aujourd'hui c'est lundi et tous les monuments et musées sont fermés, donc les possibilités de visite sont plutôt limitées.

Nous déambulons dans les rues, revoyons des monuments que nous avions vus la veille sous la pluie et profitons de l'accalmie pour refaire certaines photos, et découvrir (de l'extérieur) des monuments négligés la veille comme le Palazzo Canossa et la Piazza Virgilio où trône une statue du grand poète représenté en empereur romain.


Statue de Virgile

Nouvelle pizzeria où nous expérimentons la pizza mantovana, spécialité locale dans laquelle la purée de tomate est remplacée par de la purée de potiron ; c'est inhabituel mais c'est bon. Après le repas, la pluie est repartie de plus belle. Nous allons faire un tour au bord du lac où nous sommes copieusement mouillés et ne voyons rien. A 15 h, notre carrossier vient nous récupérer devant le palais ducal, le travail est terminé (coût 660 €, heureusement nous sommes couverts à 100 % par notre assurance).

Sous la pluie, nous sortons de la ville et nous arrêtons à l'Ipercoop pour faire quelques courses alimentaires. Ensuite, nous repartons vers le nord par la A 22 et prenons la A 4 à Vérone, saturée de camions venant en majorité des pays de l'est. Nous voulons nous arrêter dans une station-service pour la nuit, mais c'est impossible, elles sont toutes envahies par des centaines de camions, interdits d'accès en Slovénie avant 21 h pour cause de fête de la Libération. Nous sortons à Duino, un peu avant Trieste, et nous installons pour dîner et dormir sur le parking réservé aux visiteurs du château. Et il pleut toujours. Distance parcourue 280 km, péage 15,30 €.

Mardi 28 avril : il a plu toute la nuit et pleut encore quand nous partons par la S 14 puis la S 55 vers Gorizia où nous franchissons la frontière pour entrer en Slovénie. Nous prenons l'autoroute sur 1 km puis la 204 direction Sezana.


Vue générale de Stangel

Une trentaine de km plus loin, nous arrivons à Stangel, petit village médiéval construit en terrasses sur une colline. Son mur d'enceinte, en mauvais état, date du XVème siècle. 

Réputé le plus beau village de la région, le Karst, il a été fortement abîmé pendant la deuxième guerre mondiale, et peu a été fait depuis pour le restaurer malgré son fort potentiel en matière touristique. Quelques opérations de restauration, financées par la commission européenne, sont en cours.


Maisons restaurées

Toujours par la 204 et sous la pluie,  nous arrivons à d'abord à Sezana que nous contournons. Par une suite de petites routes (445, 205,...), nous voici à Divaca où nous prenons la 409 pour aller aux grottes de Skocjan situées un peu plus loin. Ces grottes inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO sont visitables à des heures précises - 10h, 13h et 15h30 hors saison (plus souvent en saison)  durée de la visite 1h30, 14 € par personne - nous avons le temps de déjeuner dans notre camping-car avant la visite guidée de 13h.


Le village de Skocjan au bord de la falaise

Ce système de grottes de 6 km de long est parcouru par une rivière, la Reka-Velka, qui a creusé un profond canyon souterrain, unique en Europe. La rivière coule d'abord en surface sur 55 km puis disparaît brusquement sous le village de Skocjan, perché au bord de la falaise d'une doline d'effondrement. On trouve à l'intérieur des concrétions de calcite colorées par des traces de métaux (Fe, Al et Mn).


Concrétions à l'intérieur de la grotte

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette première partie du voyage


Le village et le port de Moscenicka Draga

En sortant de la grotte, nous constatons que la pluie a cessé. Nous repartons par la 409 en direction de Kozina et franchissons la frontière de la Croatie où nous prenons la 7 puis un petit bout d'autoroute (péage 1 €). Avant d'arriver à Opatija, station balnéaire autrefois grand chic pour la noblesse autrichienne, nous prenons la route côtière 21 vers le sud jusqu'à Moscenicka Draga où nous nous arrêtons à l'Autocamp Draga (18 € la nuit) très proche du bord de la mer, en face de l'île de Cres où nous prévoyons d'aller demain. A ce moment, le soleil a même des velléités d'apparition. Distance parcourue 150 km.


Vue sur l'île de Cres

Après avoir fait une petite promenade pédestre dans le village, nous rentrons au camping et peu après la pluie est de retour.

Mercredi 29 avril : il a plu toute la nuit, un véritable déluge. Ce matin il pleut encore, et bien que ça se soit un peu calmé, le ciel est complètement noir, annonciateur d'autres pluies. Nous décidons de ne pas aller à Cres, totalement invisible dans le brouillard, et de descendre plus vite vers le sud où nous pourrons voir d'autres îles tout aussi belles.

Nous revenons sur nos pas par la route 21 jusqu'à Rijeka, grosse ville industrielle sans intérêt, où nous prenons la route côtière 8 direction sud-est. A la sortie de la ville, nous faisons halte à un hypermarché Plodine pour quelques courses alimentaires (le niveau des prix de l'alimentation est d'environ la moitié de ce qu'on trouve à Montpellier) et prendre notre repas de midi sur le parking.


Baie de Bakar

Pendant le repas, la pluie s'est arrêtée et le soleil commence à percer à travers les nuages. Peut-être le retour du beau temps ? Nous repartons par la 8, route très chargée mais tracée dans un site magnifique, qui contourne la profonde baie de Bakar avec son joli port bien protégé. 


Port de Bakar


Port de Krk

A Kraljevica, nous prenons la 102 qui traverse le détroit entre le continent et l'île de Krk par un grand pont de 1,5 km à deux arches. Nous arrivons peu après dans la petite ville de Krk, capitale de l'île, l'ancienne Curicum romaine dont il ne reste rien.

C'est aujourd'hui une station balnéaire à la mode avec son ancien petit port de pêche surtout utilisé par les plaisanciers. Ses fortifications médiévales relativement bien conservées entourent la vieille ville.


Restes des fortifications


Place Vela

La place Vela, au centre de la vieille ville, est surplombée par une tour médiévale qui comporte une horloge de 24 heures du XVIème siècle. En son centre se trouve une fontaine vénitienne hexagonale.


Horloge de 24 h


Vieux village et port de Baska

Nous reprenons la route 102 vers le sud jusqu'à l'extrémité de l'île, à Baska, ancien port de pêche devenu une station à la mode envahie par les touristes l'été mais plutôt calme aujourd'hui. Nous nous installons à l'immense camping Zablace (26 € la nuit) en bord de mer, parfaitement équipé. Distance parcourue 120 km.

Du camping, on a une belle vue sur la petite île de Prvic et le continent.


Vue sur l'île de Prvic

Jeudi 30 avril : la pluie est revenue pendant la nuit et il pleuviote encore ce matin. Elle cesse quand nous repartons par la 102. Nous prenons ensuite une petite route en direction de Vrbnik, petit village perché sur un promontoire au-dessus de la mer. De là, on a une belle vue sur le détroit entre l'île et le continent couvert de nuages porteurs de forte pluie. 


Vue d'ensemble sur le village de Vrbnik et le continent


Ruelle

La pluie s'étant arrêtée, il est agréable de flâner dans ses étroites ruelles qui ont su garder leur cachet ancien mais qui mériteraient une bonne remise en état.

Ce village était autrefois un centre important de l'écriture glagolitique et plusieurs plaques commémoratives utilisant ce type d'alphabet pour écrire la langue croate ont été posées (aujourd'hui, cette langue est écrite en alphabet latin).


Plaque commémorative glagolitique


Pont reliant l'île de Krk au continent

Par notre petite route nous rejoignons la 102 pour sortir de l'île et rejoindre le continent par le pont. Là, nous reprenons la route côtière 8 vers le sud-est, très chargée de nombreux camions et voitures. Arrêt à Jadranovo d'où l'on peut voir le pont que nous venons d'emprunter, puis nouvel arrêt un peu plus loin à Novi Vinodolski pour déjeuner dans le camping-car. La pluie, qui nous avait laissés un peu tranquilles, repart de plus belle pendant notre repas. Nous reprenons notre route sous la pluie toujours aussi intense.


La côte à Novo Vinodolski


Le port de Senj

La pluie faiblit puis s'arrête, nous laissant le temps de nous promener dans Senj. C'est une petite ville avec un centre ancien, aux ruelles et maisons bien fatiguées, surplombée par une forteresse d'époque vénitienne. Ancien repaire de pirates, les Uskoci, elle est tombée aux mains des Autrichiens qui les ont éliminés.


Forteresse

Ici, nous quittons la route côtière pour prendre la 927, puis la 25 et enfin la 1 pour traverser la région de la Krajina où les combats ont été féroces durant la guerre de 1991-1992 entre Serbes et Croates. Un peu partout, on voit des maisons criblées de balles et laissées à l'abandon, un bien triste spectacle ! 

Nous arrivons enfin au Parc National des Lacs de Plitvice où nous nous installons à l'Autocamp Korana pour la nuit (22 €), à 7 km de l'entrée nord. Distance parcourue 220 km. La pluie s'est arrêtée une bonne heure avant notre arrivée, mais elle est de retour, très forte et orageuse, quelques heures plus tard ; un bien mauvais présage pour demain où nous prévoyons de visiter le parc, et donc de beaucoup marcher. 

Vendredi 1 Mai : la forte pluie de la nuit n'a pas duré. Il fait relativement clair ce matin mais très frais. Nous quittons le camping pour aller à l'entrée du parc la plus proche (il y en a deux), où nous stationnons le camping-car (9 € pour la journée). 

Schéma général du système de lacs

Enchaînement de cascades

Cascade

Nous allons visiter le Parc National des Lacs de Plitvice (15 € par personne), merveille naturelle inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il s'agit d'une succession de 16 lacs en gradins sur environ 150 m de dénivelé dans une vallée souvent étroite, chacun étant alimenté avec de l'eau en provenance du lac en amont et de ruisseaux affluents, par des cascades plus ou moins hautes (la plus haute fait 78 m). Ce système de cascades sur des barrières naturelles formées de sédiments arrachés à la roche environnante varie dans le temps : certaines disparaissent et d'autres se forment. Il est à l'origine de la rivière Korana, affluent de la Kupa, elle même se jetant dans la Save, affluent du Danube.

La vallée étant creusée dans du calcaire dolomitique très dur, ce système de lacs évolue dans un environnement rocheux à peu près stable depuis des millénaires. Dans ces eaux saturées de calcaire, de nombreux troncs d'arbres tombés sont en train de se minéraliser et donneront des arbres pétrifiés dans quelques millions d'années.

Nous avons passé toute la journée dans ce parc, remontant le long des lacs par des sentiers très bien balisés, jusqu'au Proscansko Jesero, le lac le plus vaste et le plus en amont (à cet endroit-là se trouve une cafétéria où nous avons déjeuné) et sommes redescendus par d'autres sentiers. Pour une partie du trajet, nous avons pris une navette, et avons marché au total près de 15 km.

Slap Plitvice, la plus haute chute

Cascade

Cascade

Après la visite, nous avons repris notre camping-car et avons continué notre trajet sur la route 1 jusqu'à Vrelo, où nous nous sommes arrêtés pour la nuit à l'Autocamp Borje (22 €). Distance parcourue 30 km. Il n'a pas plu de la journée, mais un violent orage, avec de la grêle (très sonore sur le toit du camping-car), s'est déclenché vers 20h45. Au bout d'une demi-heure, Jupiter est allé se faire entendre ailleurs et tout s'est calmé dans le secteur.

Samedi 2 mai : il n'a pas plu cette nuit et il fait très beau ce matin, mais froid avec un grand vent du nord. 


Village de Krajina abandonné

Nous repartons par la route 1 puis la 25 vers le sud-est. Sur le plateau, nous traversons à nouveau des villages abandonnés par leurs habitants, les maisons plus ou moins endommagées ouvertes à tous les vents. De nombreuses tombes de jeunes combattants, et même de casques bleus, jalonnent la route. Quelle tristesse ! Milosevic, en soutenant les velléités d'indépendance des Serbes de cette région, a fait du beau boulot !


Tombe de deux casques bleus tchèques


Vue sur l'île de Pag du haut du col

Nous arrivons au sommet du col (927 m) qui permet de franchir la chaîne côtière de Vélébit. De là, on a un panorama fantastique sur la côte du continent et les îles avoisinantes, en particulier l'île de Pag.

Après une descente très pentue au frein moteur, nous arrivons à Carlobag où nous reprenons la route côtière 8, mais vers le nord. 17 km plus loin, nous la quittons pour aller prendre le ferry (25 € pour la traversée) qui assure le transport vers l'extrémité nord de l'île de Pag.


Navigation sur le détroit - l'embarcadère sur le continent

Après la traversée, nous nous arrêtons sur le parking de l'embarcadère sur l'île pour déjeuner. Après le repas, arrêt à l'Hiper Novalis pour quelques courses alimentaires, cher avec peu de choix, à éviter (malgré son nom de caisse de retraite complémentaire). 


Moutons au pâturage

Nous traversons l'île sur toute sa longueur par la route 106. C'est une île calcaire très sèche et caillouteuse de 60 km de long sur 2 à 10 km de large où quasiment rien ne semble pousser. Seuls quelques moutons broutent de rares herbes parmi les cailloux dans des carrés entourés de murs en pierre sèche. 

Du sommet du col par lequel passe la route, on a une belle vue sur la petite ville de Pag, la capitale de l'île. 


Vue sur la ville de Pag


Ancien petit port de pêche

Il n'est pas facile de stationner dans cette ville dont l'accès est interdit aux véhicules de plus de 3 tonnes. Nous nous arrêtons sur le parking d'un petit centre commercial à l'entrée sud, normalement réservé à ses clients.

Il est bien agréable de déambuler dans les rues de la vieille ville. L'ancien petit port de pêche, occupé maintenant par des petits bateaux de plaisance est bien joli. La façade de la cathédrale Sainte Marie, achevée en 1487, a une rosace qui rappelle la dentelle, spécialité traditionnelle de la ville.


Façade de la cathédrale.


La plus petite cathédrale du monde

A la sortie de la ville, la route longe des marais salants. Un peu plus loin, nous retournons sur le continent par un pont et prenons la route 206 jusqu'à Nin, petit village médiéval situé sur une île, qui possède une minuscule église du IXème siècle, l'église Sainte Croix, présentée comme la plus petite cathédrale du monde.

Il reste quelques vestiges des anciens remparts, dont une porte qui donne accès au village après qu'on a franchi un pont médiéval sur le tout petit détroit. 


Porte d'entrée du village

Le ciel est maintenant bien noir et même quelques gouttes de pluie se mettent à tomber. Nous reprenons notre route jusqu'à Zadar, où nous nous arrêtons au camping Borik juste à l'entrée de la ville (14 € la nuit) ; la pluie n'insiste pas. Nous apprenons peu après que ce camping, assez sommaire et d'une propreté douteuse, où nous envisagions de passer deux nuits, est en réalité encore fermé, mais ouvert spécialement pour une grande manifestation canine internationale qui se tient dans le camping pendant le week-end du 1 mai ; il n'ouvrira en fait que dans deux semaines. Cependant, quelques camping-caristes de passage comme nous, sont autorisés à rester pour la nuit mais ne pourront bénéficier d'aucun service ; par contre, ils peuvent profiter gratuitement du concert d'aboiements qui semble parti pour durer toute la nuit. Distance parcourue 190 km.

Dimanche 3 mai : les aboiements ont duré bien longtemps mais le sommeil et la fatigue ont fini par les vaincre. Deux ou trois réveils en sursaut plus tard et le concert a repris à l'aube, nous maintenant éveillés jusqu'à ce que nous nous levions. Nous sommes repartis stationner notre camping-car sur le parking du stade (gratuit), à cinq minutes de marche de l'entrée de la vieille ville. 


Porte de la Terre Ferme

Nous entrons par la Porte de la Terre Ferme, œuvre de l'architecte italien Michele Sammicheli en 1543, qui comporte le lion de Saint Marc et les armoiries de Venise, maîtresse de Zadar.

Juste à côté de l'entrée se trouve la place Petra Zoranica, dominée par une grande tour pentagonale, avec ses cinq puits alignés sur une citerne en sous-sol. Celle-ci a été longtemps l'unique source d'approvisionnement en eau douce de la ville.


Place Petra Zoranica


Loggia

La rue Kotromanic, l'ancien Decumanus romain, nous emmène à Narodni Trg (la Place du Peuple), centre de la ville médiévale. Sur cette place s'élève la Loggia, ancienne bourse du commerce à l'époque vénitienne, aujourd'hui galerie d'art.

Un peu plus loin, l'église Saint Michel arbore un curieux tympan en pierre noire sculptée représentant l'archange repoussant un diablotin qui essaie de tirer sur un des plateaux de la balance divine.


Tympan de l'église Saint Michel


Porte de la Mer

Au cours de nos déambulations, nous passons vers la Porte de la Mer, à l'opposé de la Porte de la Terre Ferme, qui permet d'accéder au port en traversant les remparts.

Et nous arrivons au Forum, le centre de l'ancienne ville romaine dont il ne reste que quelques vestiges, la majeure partie de ses pierres ayant servi à construire la ville médiévale.


Tête de faune sur le Forum


Église Saint Donat

Sur cette place on a construit au IXème siècle l'église Saint Donat, en réutilisant de nombreux matériaux du Forum tels que des morceaux de colonne, de frises ou de plaques commémoratives. Sa forme cylindrique avec des absides est typique du style de l'époque.

Elle est utilisée aujourd'hui comme salle de concert (entrée 1,4 €).


Intérieur de l'église Saint Donat avec deux colonnes romaines


Façade de la cathédrale

Juste à côté s'élève la cathédrale Sainte Anastasie, construite au XIIème siècle sur une ancienne basilique paléochrétienne. Sa façade est décorée dans le style toscan de l'époque comme à Pise en Italie. Nous n'avons pas pu visiter l'intérieur car c'était la messe du dimanche le matin, et l'après-midi, elle était fermée.

De là, nous sommes allés à l'extrémité de la vieille ville d'où l'on a une belle vue sur la mer et les îles.


Vue sur la mer et sur les îles


Rue

Après avoir déjeuné dans une pizzeria, nous reprenons notre promenade dans la vieille ville, flânons un moment dans les vieilles rues, voyons l'extérieur de la petite chapelle de Notre Dame de la Santé, des XVIème et XVIIIème siècles, revoyons certains des monuments que nous avions vus le matin. 

Après avoir constaté que nous avions fait le tour des centres d'intérêt ouverts à la visite, nous retournons au parking du stade pour retrouver notre camping-car et repartons vers le sud, toujours par la route côtière 8.


Chapelle Notre Dame de la Santé

Au bout d'environ 1h30 de route pittoresque très peu chargée aujourd'hui, avec vue sur la mer et sur les îles, nous arrivons à Sibenik, petite ville réputée pittoresque. Sans trop de difficulté, nous garons le camping-car le long du front de mer, du côté du port ; de plus, c'est gratuit le dimanche, et nous allons visiter la vieille ville.

Vue d'ensemble de la cathédrale

Portail renaissance

Construite à partir de 1431, la cathédrale Saint Jacques a été complétée et décorée en 1441 par l'architecte et sculpteur Jurja Dalmatinac (Georges le dalmate) qui lui a donné son aspect grandiose actuel, et achevée par un de ses élèves, Nikola Firentinac (Nicolas le Florentin) jusqu'en 1505.  

La décoration extérieure est foisonnante, en particulier le portail renaissance qui est un véritable chef d'œuvre par la finesse de ses sculptures. L'intérieur, un peu sombre, est tout aussi décoré (entrée gratuite).

Cette cathédrale est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Intérieur de la cathédrale

Portail renaissance : lion stylophore


Loggia

En face de la cathédrale, sur la petite place, se trouve la Loggia vénitienne, construite en 1533 sur les plans de l'architecte Michele Sammicheli. Elle a été bien abîmée pendant la seconde guerre mondiale, et a été reconstruite à l'identique. 

Nous continuons à flâner dans les belles rues médiévales et arrivons sur une place où a été construite une médiathèque moderne sur l'emplacement d'un ancien fort ; elle s'intègre bien à l'ensemble monumental de la ville.


Médiathèque moderne

Nous terminons nos visites sans monter jusqu'au château Saint Michel qui domine la ville, passons rapidement par le couvent Saint François et rejoignons notre camping-car. Nous sortons de la ville et allons à l'Autokamp Solaris (18 €), un immense complexe de vacances quasiment vide situé quelques km plus au sud en bord de mer. Distance parcourue 100 km.


Vue sur la mer depuis la route côtière

Lundi 4 mai : il a plu pendant la nuit mais il fait très beau ce matin (pourvu que ça dure !). nous poursuivons notre voyage vers le sud-est, toujours sur la route côtière 8, avec des vues sur la mer encore plus belles grâce au soleil et à la lumière.

25 km plus loin, nous arrivons à Primosten, village médiéval construit sur une presqu'île reliée au continent par un isthme très étroit. Stationnement facile sur le parking gratuit à l'entrée du village.


Primosten


Ruelle

Ses ruelles étroites interdites aux voitures sont très agréables à parcourir, tranquilles et calmes en cette période d'avant saison. Au sommet de la colline se trouve la petite église du village avec son cimetière marin d'où l'on découvre une vue splendide sur la mer et les îles.

La visite est rapide, le village étant très petit. Nous poursuivons donc notre voyage et nous arrêtons un peu plus loin au bord de la route pour déjeuner


Cimetière marin et vue sur les îles


Vue depuis les quais

Nous repartons en direction de Trogir, petite ville dont la partie médiévale, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, est construite sur une île. Nous stationnons au grand parking public situé juste après l'hôpital (3 € l'heure ! éviter le parking de l'hôpital, juste à côté et 50 % plus cher).

Nous commençons par la cathédrale Saint Laurent, construite au XIIIème siècle (entrée 3 € pour la crypte), splendide œuvre d'art roman, en particulier son portail. A l'intérieur, la chapelle du bienheureux Jean de Trogir à la décoration foisonnante est signée Nikola Firentinac.


Chapelle du bienheureux Jean de Trogir


Hôtel de ville

Sur la place de la cathédrale, aujourd'hui place Jean-Paul II, sont érigés plusieurs bâtiments typiquement vénitiens. D'abord l'hôtel de ville, ancien palais du recteur du XIIIème siècle ensuite la Loggia, datée de 1471, qui servait de tribunal en plein air, de prison et de salle de spectacles.


Loggia


Petite place

Nous nous baladons un moment dans les rues et sur les quais, où nous découvrons quantité de belles maisons anciennes. Cette petite ville est pleine de charme et a surtout une grande unité de style architectural. 


Escalier intérieur du palais Cipiko

Nous repartons vers le sud alors que le ciel commence à sérieusement se couvrir. Nous arrivons à Split où nous nous installons au Camping Stobrec (18 € la nuit) à la sortie sud de la ville alors qu'un violent orage s'abat sur nous. Distance parcourue 90 km.

Mardi 5 mai : il fait très beau ce matin. La journée est consacrée à la visite de Split. Nous prenons le bus pour aller en ville : station à 200 m du camping, un bus toutes les 15 à 20 minutes, durée du trajet 20 mn pour arriver en plein centre ville (station Riva), 1,7 € par personne aller simple.

Reconstitution du palais de Dioclétien

Mausolée transformé en cathédrale

Sous-sol du palais

Après avoir traversé un petit marché, nous arrivons au Palais de Dioclétien. Construit de 295 à 305 après JC, ce palais a été la résidence de l'empereur Dioclétien après son abdication. 

Cet immense monument de près de 4 ha de superficie est devenue la résidence des habitants de la ville voisine de Salona, capitale de la Dalmatie romaine, après sa destruction par les Avars. La ville médiévale de Split a très longtemps été limitée à l'intérieur des murs du palais. 

Aujourd'hui inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, la vieille ville dans ce palais est un véritable labyrinthe de ruelles étroites, un ensemble de constructions s'étendant sur près de 15 siècles, combinant monuments romains reconvertis comme le mausolée de Dioclétien devenue cathédrale (pied de nez à l'Histoire car Dioclétien était un grand persécuteur de chrétiens !) à la décoration intérieure kitchissime (entrée 3 €), palais de riches bourgeois inféodés à Venise et demeures modestes. 

Un intéressant petit musée ethnographique situé juste à côté de la cathédrale expose des vêtements traditionnels et des objets de la vie courante (1,5 €). 

On visite aussi les sous-sols du palais, parfaitement conservés car ayant servi de poubelle aux habitants pendant des siècles ; leur plan donne un bonne idée de disposition des pièces du palais aux étages supérieurs (entrée 3 € par personne car en plus, il y avait une grande exposition florale).

Le péristyle

Intérieur de la cathédrale

Buste de Dioclétien


Patio du restaurant

Nous allons déjeuner à la Zlata Vrata Pizzeria (recommandée par le Routard - bon repas pas cher), située dans le cadre magnifique d'un ancien palais bourgeois.

Après le repas, nous continuons nos déambulations dans la vieille ville, dans des ruelles étroites toute plus belles les unes que les autres, bordées par de nombreuses demeures seigneuriales.


Ruelle à arcades


Ancien hôtel de ville

Nous quittons l'enceinte du palais pour gagner la partie plus récente de la ville ancienne, où on trouve de nombreux monuments vénitiens tels que l'ancien hôtel de ville datant de 1433.

Un peu plus loin, nous arrivons à la place de la République, grande place à arcades de style néo-Renaissance


Place de la République


Vue panoramique sur la ville et le port

Nous montons maintenant sur la colline de Marjan, par une montée d'escaliers assez raide (125 m de dénivelé) d'où l'on domine la ville et le port.

Après cet effort, nous redescendons sur le front de mer, faisons un arrêt-boisson dans un café, puis allons reprendre le bus pour rentrer au camping, après une belle journée sans une goutte de pluie (un miracle ?).

Mercredi 6 mai : il fait beau mais les lointains sont un peu brumeux. Nous continuons sur la route côtière 8 vers le sud-est. Arrêt à Omis à l'hypermarché Studenac pour faire des courses alimentaires, puis à la station-service voisine faire le plein de GPL pour la cuisine et l'eau chaude (tout se passe bien car les embouts de pistolet des pompes GPL est le même qu'en France, donc pas de problème d'adaptateur, 0,5 € le litre), et enfin au marché pour acheter quelques légumes. 


La Cetina à la sortie du canyon à Omis

Omis est un agréable petit village situé à l'embouchure de la Cetina, l'une des grandes rivières de la Dalmatie, qui sort d'un étroit canyon de la montagne de Biokovo pour se jeter dans la mer.

Nous continuons notre trajet sur une portion très pittoresque de la route, construite en corniche sur le flanc de la montagne de Biokovo qui tombe en a-pic dans la mer. Nous nous arrêtons un peu plus loin sur une aire de pique-nique pour déjeuner, lieu où la vue est splendide malgré la brume.


La côte vue de notre pique-nique


Riviera de Makarska

Nous arrivons sur la Riviera de Makarska, réputée la plus belle de Dalmatie. C'est une côte sauvage effectivement très belle mais la brume n'arrange pas les choses (c'est tout de même mieux que la pluie !). 

Un peu plus loin, voici le delta de la Neretva, le plus grand fleuve méditerranéen de Croatie. C'est une zone de plaine très fertile, avec beaucoup d'eau, où on cultive des légumes et des fruits, en particulier des oranges, dans des sortes d'hortillonnages entourés de canaux rectilignes comme tracés au cordeau. 


Delta de la Neretva


Neum

Un peu plus loin, nous traversons une bande de 8 km faisant partie de la Bosnie-Herzégovine, autour de la petite station balnéaire de Neum. Ce port étant le seul accès à la mer du pays, celui-ci, afin d'essayer de profiter aussi de la manne touristique, construit à tout va des hôtels et résidences de vacances sur cette petite surface. Il n'y a aucun contrôle à la frontière, tant à l'entrée qu'à la sortie du pays.

De retour en Croatie, nous prenons un peu plus loin la route 414 sur la presqu'île de Peljesac, l'un des grands terroirs de la viticulture croate.


Viticulture sur la presqu'île de Pejelsac


Vue du haut du col

Nous traversons l'ensemble de la presqu'île en passant par un col d'où l'on domine l'ensemble de l'île et la mer. A cet endroit, un mémorial a été construit à l'époque de Tito pour honorer les habitants de la presqu'île et de l'île voisine de Korcula morts pendant la deuxième guerre mondiale. Et la liste des morts est impressionnante, rapportée à la faible population de cette région.


Liste des morts au mémorial

Il est déjà tard et nous nous arrêtons à Orebic, petit village où se trouve l'embarcadère du ferry pour l'île de Korkula où nous prévoyons d'aller demain matin. Nous nous installons au petit camping Palme (16 €), le seul ouvert dans le village. Du camping, on a une vue splendide sur l'île et le village de Korkula. Distance parcourue 220 km.


Vue sur Korcula depuis le camping


Port et village d'Orebic

Jeudi 7 mai : il fait beau ce matin, un peu frais avec du vent du nord. Nous allons prendre le ferry pour l'île de Korcula (un environ toutes les 1h30 hors saison, 15 mn de traversée, 17 €).

Le débarcadère sur l'île est situé à 3 km de la vieille ville de Korcula où nous cherchons vainement une place de stationnement, tous les parkings sont saturés ce matin car c'est le marché. De guerre lasse, nous décidons d'aller visiter le reste de l'île et de revenir dans le courant de l'après-midi. 


Vue sur la vieille ville de Korcula depuis le ferry


Vignobles près de Cara

Nous prenons la route 118 qui traverse l'île sur toute sa longueur. Elle est bonne mais très sinueuse, avec de nombreuses côtes et descentes bien raides (souvent jusqu'à 10 %), offrant de splendides points de vue sur la mer et les îles. L'île de Korcula consiste en une sorte de vallée centrale où l'on cultive la vigne et l'olivier, encadrée de deux montagnes calcaires sèches et  très abruptes tombant sur la mer. De nombreux villages agricoles s'égrènent le long de la route. En particulier la route traverse le village de Blato sous une magnifique allée de tilleuls. 


Allée de tilleuls dans la traversée de Blato


Dans le port de Vela Luka

Au bout de 45 km, nous arrivons à Vela Luka (le "Grand Port"), le plus gros village de l'île situé à l'extrémité ouest. C'est un port où convergent de nombreuses lignes de ferries, et un grand port de plaisance. Ses maisons sont en majorité construites en pierre de taille (comme dans le reste de l'île), la matière première, du calcaire très dur, venant de l'île voisine de Vis et les tailleurs étant des ouvriers locaux. 

Nous stationnons sur le parking du port (0,8 € de l'heure) pour aller visiter le village et prendre notre déjeuner dans le camping-car.


Maisons en pierre de taille sur le port

Tour Revelin

Palais abbatial

Nous reprenons la 118 dans l'autre sens, voyant les mêmes splendides paysages sous un autre angle, puis arrivons à la ville de Korcula. Maintenant, comme il y a de la place sur les parkings, nous stationnons notre camping-car sur un quai du port (0,8 € de l'heure) et nous allons visiter le centre ancien dont la majorité des monuments et des ruelles datent du moyen-âge vénitien.

Nous flânons un moment dans ces ruelles, à la découverte des monuments remarquables, et de ceux plus modestes. En particulier, la maison où serait né Marco Polo n'a plus que sa façade et une tour, mais des travaux vont être entrepris semble-t-il pour la restaurer.

Nos visites terminées assez rapidement car beaucoup de monuments sont fermés hors saison, nous retournons à l'embarcadère pour traverser vers Orebic et le continent.

Remparts et tour d'angle

Portail de la cathédrale Saint-Marc

Nous traversons à nouveau la presqu'île de Pejelsac dans toute sa longueur en sens inverse d'hier par la route 414, jusqu'à Ston, village proche de l'accès à la route côtière. Nous nous arrêtons pour la nuit au camping Prapratno (15 €), à 3 km au sud du village avant d'y arriver, en bord de mer, à côté de l'embarcadère des ferries pour l'île de Mjlet, pas facile à trouver quand on vient de Korcula. Distance parcourue 200 km. 

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette deuxième partie du voyage

Vendredi 8 mai : il fait très beau ce matin, un peu frais. Nous quittons le camping pour aller à Ston, petit village où on trouve une curiosité assez exceptionnelle, des fortifications les plus longues d'Europe.  


Une petite partie de la muraille

Nous stationnons sur le grand-parking en face de la forteresse. Construite sur l'ordre de la République de Venise de 1333 à 1506, cette muraille, longue de 5,5 km, servait à protéger la région, et en particulier les marais salants la grande richesse locale, des envahisseurs venus de la mer. Bien fatiguée, elle est en cours de restauration.


Vue sur Ston et ses marais salants


Paysage de bord de mer

Nous rejoignons la route côtière 8 de laquelle on peut admirer les magnifiques paysages maritimes, encore plus colorés aujourd'hui avec le grand beau temps. Nous nous arrêtons un peu plus loin pour déjeuner puis reprenons notre route jusqu'à Dubrovnik que nous atteignons en franchissant un splendide pont à haubans. Juste après le pont, nous quittons la route 8 en tournant à gauche pour aller vers le port moderne, puis en direction de l'Autocamp Solitudo, le seul camping de la ville, cher (26 € la nuit), assez bien fléché et facile à trouver. Distance parcourue 60 km.


Pont Franjo Tudjman à l'entrée de Dubrovnik

Après nous être installés sur un terrain assez inégal et avoir pris notre déjeuner dans le camping-car, nous allons prendre le bus (ligne 6, arrêt à 300 m du camping, 3 bus par heure toute la journée, temps de trajet 1/4 d'heure, terminus de la ligne à 50 m de l'entrée de la vieille ville, 1,5 € par personne trajet aller). 


Porte Pile

Dès notre arrivée devant la vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, c'est l'éblouissement. Dubrovnik, l'ancienne Raguse, n'a pas volé son surnom de "perle de l'Adriatique", on en prend tout de suite plein les yeux.

Nous entrons dans la ville par la porte Pile, à travers les remparts en parfait état de conservation (nous en ferons le tour complet demain). Juste à l'entrée, nous voyons la fontaine circulaire d'Onofrio, construite en 1438. 


Fontaine d'Onofrio


Palais Sponza

Nous remontons la Placa, la rue principale de la ville construite sur un ancien canal. Elle est bordée de bâtiments des XVIème et XVIIème siècles en pierre de taille de couleur claire ; leur rez-de-chaussée est aujourd'hui occupé par des boutiques de luxe ou de souvenirs, des restaurants et des agences bancaires. A l'extrémité de la rue, nous arrivons au palais Sponza, bâtiment renaissance où sont entreposées les archives de la ville.

En sortant par la porte de Ploce, opposée à la porte de Pile, on arrive sur l'ancien port.


L'ancien port au pied des remparts


Façade du Palais du Recteur

Retour à l'intérieur des murs vers le palais du Recteur, le représentant local du Doge de Venise, bâtiment du XIIIème siècle, largement restauré après l'explosion de son stock de poudre en 1463, et baroquisé après le séisme de 1667 qui ravagea la ville.

A l'intérieur, on trouve l'atrium,  une sorte de patio entouré d'arcades, avec une montée d'escalier de style renaissance. Le Musée historique de la Ville occupe le premier étage - visite intéressante, billet combiné avec le Musée de la Marine 6 € par personne.


Montée d'escaliers dans l'atrium


Cathédrale

Juste en face se trouve la cathédrale, construite dans le style baroque après le tremblement de terre. Si l'extérieur a une certaine allure, l'intérieur est sans intérêt.

Nous revenons maintenant sur la Placa où se prépare un grand buffet pour une action de charité, organisée par l'ensemble des restaurants et commerçants de la ville. Il est ouvert à tous pour un prix relativement modique, mais les plats proposés ne nous inspirant pas, nous décidons d'aller dîner sur le port dans un restaurant de poisson recommandé par le Routard (son enthousiasme nous a semblé un peu excessif).


Buffet dans la rue

Après le repas, nous déambulons encore un moment dans la ville puis, puis comme il commence à faire froid avec la nuit tombante, nous décidons de rentrer au camping.

Samedi 9 mai : il fait très beau ce matin, et suffisamment chaud pour que nous puissions prendre notre petit déjeuner dehors, pour la première fois depuis notre départ de la maison. Aujourd'hui, nous continuons notre visite de Dubrovnik et comme hier, nous rejoignons la vieille ville par le bus. Une foule de touristes se presse dans les rues, plusieurs énormes paquebots de croisière ayant déversé ce matin sur la ville leur cargaison de visiteurs de toutes nations.


Intérieur de la vieille pharmacie

Nous commençons par la vieille pharmacie, l'une des plus anciennes d'Europe (1317), toujours ouverte depuis ; autrefois gérée par les moines du couvent des franciscains dont elle fait partie, elle est aujourd'hui un magasin d'état.

Nous visitons ensuite le cloître du monastère (5,5 € par personne) et les salles attenantes. Les arcades, de style roman tardif, sont soutenues par des colonnettes jumelées avec des chapiteaux tous différents ; au centre, le patio est abondamment arboré.


Patio du cloître du monastère franciscain


Pietà gothique sur le portail d'entrée

Juste à côté, l'église du monastère a une remarquable Pietà gothique du XVème siècle sculptée au-dessus du portail d'entrée. A l'intérieur, la décoration baroque est plutôt chargée.


Intérieur de l'église


Patio du cloître du monastère dominicain

Par une rue étroite parallèle à la Placa, nous allons jusqu'au couvent de dominicains, situé à côté de la porte Ploce. Construit entre le XIVème et le XVIème siècle, ce couvent combine tous les styles, du roman au baroque. Le cloître, de style "gothique fleuri dalmate", a été construit de 1456 à 1483 selon les plans d'un architecte florentin. Il a servi d'écurie pour les soldats de Napoléon qui ont creusé les murets qui entourent le jardin pour faire des mangeoires à chevaux !

L'église, très abîmée pendant la guerre de 1991-1994, a une décoration banale mais de beaux vitraux et rosace modernes.


Rosace de l'église


Porte Ploce

Nous sortons de la vieille ville par la porte Ploce pour aller jusqu'au lazaret, lieu où l'on tenait autrefois en quarantaine les personnes et marchandises arrivant à Dubrovnik afin d'éviter l'importation de maladies infectieuses. De ce lazaret, on a une belle vue sur l'ancien port.


Vue sur le port depuis le lazaret


La Placa

Nous retournons au centre ville nous promener un moment dans les rues, en particulier la Placa et visiter quelques boutiques de souvenirs ; le choix est très limité et la plupart des souvenirs, probablement fabriqués en Chine, sont de très mauvais goût, ce qui ne facilite pas nos recherches

Nous allons déjeuner dans le port, dans un restaurant différent de celui d'hier soir, puis allons visiter le Musée de la Marine (avec le même billet qu'hier) situé à l'intérieur du Fort Saint Jean à l'est du port.


Fort Saint Jean

La promenade des remparts

Vue d'ensemble sur la ville médiévale

Le cloître de l'ancien couvent Sainte Claire

Nous allons maintenant faire le tour des remparts (entrée 9 € par personne). Commencés au VIIème siècle, conservés et renforcés jusqu'au XVIème siècle, ils ont une forme hexagonale et font le tour complet de la ville médiévale. Deux portes seulement (porte Pile et porte Ploce) permettent d'entrer dans la ville par voie de terre, et l'entrée du port est défendue par deux forts intégrés aux remparts, un de chaque côté (fort Revelin et fort Saint Jean).

Du haut des remparts, on a une vue fantastique sur la ville, ses ruelles et ses toits de tuiles rouges : lors de la guerre serbo-croate de 1991 - 1995, la ville a été assiégée pendant 6 mois et sauvagement bombardée par les troupes serbes, à la fois par terre, mer et air ; après la guerre, il a fallu reconstruire une ville bien abîmée, et les tuiles neuves, d'un très bel effet, ont été offertes par la ville de Toulouse.

La longueur totale de la promenade est d'environ 2 km, et près de la sortie on apprécie de trouver une buvette bien agréablement placée. Après cette promenade, nous redescendons dans les rues de la ville dans l'espoir de trouver quelques souvenirs présentables à ramener à la famille. Notre récolte n'est pas fameuse, mais, faut faire avec comme on dit !

Vue sur les remparts et le fort Minceta

La Placa vue des remparts

Vue sur le fort Lovrijenac

Nous reprenons le bus direction le camping alors que la soirée s'avance. Bien qu'il ait fait beau et chaud toute la journée, il commence à faire très frais et il est impossible d'envisager de dîner à l'extérieur du camping-car.

Dimanche 10 mai : ce matin grasse matinée, il fait beau et ça commence à chauffer. En fin de matinée, direction la vieille ville et le vieux port pour prendre un bateau pour l'île voisine de Lokrum située à un quart d'heure de navigation de Dubrovnik (5,5 € par personne aller et retour).

Vue sur le port de Dubrovnik

Cloître du monastère bénédictin

Du bateau qui s'éloigne, on a une belle vue sur le port et la ville. Arrivés sur l'île, nous allons déjeuner de sandwiches et salade à la cafétéria du lieu avant de nous lancer dans l'exploration.

Cette île de calcaire dolomitique est aujourd'hui une réserve naturelle de flore et de faune, avec un jardin d'acclimatation dans lequel on trouve des plantes venant d'un peu partout dans le monde. De nombreux sentiers sont aménagés pour la promenade pédestre, et les automobiles et motos sont interdites partout.

Elle a été habitée depuis le néolithique et un monastère bénédictin assez ruiné, le plus ancien de la région, date d'avant 1023. L'île et les restes des bâtiments conventuels ont été rachetés par la famille impériale d'Autriche, et a servi de résidence à Maximilien de Habsbourg avant ses aventures tragiques au Mexique.

Au sommet de l'île, les troupes de Napoléon ont construit un fort d'où l'on a une belle vue sur Dubrovnik et ses environs.

Fleur de puya alpestris au jardin d'acclimatation


Vue sur la ville depuis le fort

Après avoir bien marché, nous reprenons le bateau en sens inverse pour Dubrovnik, puis le bus pour rentrer au camping. Demain, nous reprendrons notre route, toujours vers le sud-est, vers le Monténégro et l'Albanie.

LIRE LA SUITE DU VOYAGE