Bertille ayant entamé un travail de longue haleine qui consiste à établir la généalogie de la famille de Jean-Claude, nous sommes allés passer une huitaine de jours dans la Haute-Ardèche dont est originaire la famille paternelle, pour aller dans plusieurs mairies examiner les actes d’état civil antérieurs à 1862. Les registres de l'Ardèche étant numérisés et mis sur Internet pour la période 1862 - 1902, et les tables décennales pour tout le XIXème siècle, elle a déjà pu faire un gros travail de recherche et de déblaiement, mais il faut maintenant boucher quelques trous, éclaircir quelques points sur la période récente et surtout essayer de remonter aussi loin que possible dans le temps.

Mais c’est en même temps l’occasion de faire du tourisme dans cette partie de la France. Avant de commencer nos investigations lundi 21 septembre, nous avons décidé d’aller au Puy en Velay que nous connaissons mal, en passant par la route des Cévennes.

 

 

Samedi 19 septembre : nous partons de Montpellier avec notre camping-car sous un ciel assez chargé, par la D 610 jusqu'à Alès dont le contournement est toujours aussi embouteillé. Là, nous prenons la D 906, route très sinueuse et pittoresque qui monte vers le nord à travers les Cévennes.



Ruines du château de Portes


Premier arrêt au col de Portes (557 m) devant les ruines d’un vieux château qui domine toute la région. Nous ne le visitons pas, nous contentant d’en prendre quelques photos.



         

                         

               


Nos étapes

  1 - Lac du Bouchet 2 - Meyras 3 - Mazan 4 - La Palisse
  5 - Cros de Géorand 6 - Forêt de Bonnefoi 7 - Croix de Bauzon      

 


Le Luech à Chamborigaud


Nous continuons notre route dans de beaux paysages de moyenne montagne jusqu’à Chamborigaud, joli village au bord du Luech qui s’est creusé un étroit passage dans le schiste du plateau. Même paysage jusqu’à Génolhac, petit chef lieu de canton du Gard. La route escalade ensuite le plateau et monte à des altitudes de plus de 1000 m, dans une forêt de châtaigniers aux feuilles en partie roussies couleur d’automne, en suivant la voie ferrée qui serpente presque autant que la route.



Sur la route à la limite Gard - Lozère


Barrage et lac de Villefort


Nous redescendons sur Villefort (en Lozère) où se trouve un grand barrage sur la petite rivière Altier, affluent du Chassezac lui-même affluent de l’Ardèche, qui a creusé un profond sillon dans le schiste et le granite.

A la sortie de Villefort, la route remonte à nouveau sur le plateau et nous offre une belle vue sur le barrage et son lac.



L'Altier en aval du barrage de Villefort


Vue sur le Chassezac du haut du belvédère


Quelques km plus loin, nous prenons à droite sur 300 m une route étroite et en mauvais état qui fut la RN 106 dans un lointain passé ; elle nous emmène au Belvédère du Chassezac d’où l’on a une vue fantastique sur les gorges de cette rivière et son confluent avec l’Altier. Juste à côté se trouve le petit village médiéval de La Garde Guérin.

Nous rebroussons ensuite chemin jusqu’à la D 906, car la suite de cette ancienne route est interdite aux gros véhicules.



La Garde Guérin


Dans la montée du col de La Molette


La route continue à serpenter sur le plateau et nous arrivons à Prévenchères. Par une assez forte côte, nous montons un col près de La Molette qui marque le partage des eaux entre la Méditerranée et l’Atlantique, passant de la vallée du Chassezac à celle de l’Allier. A partir de là, nous commençons notre descente dans la vallée de l’Allier, en longeant la rivière et la voie ferrée, passant devant le village de Laveyrune très bien éclairé sous un ciel d’orage, et arrivons à Langogne.



Laveyrune


Vallée de l'Allier


Là nous quittons la vallée de l’Allier par la N 88 qui grimpe le col du Rayol à 1240 m d'altitude, joignant la vallée de l’Allier à celle de la Loire.

Dans la redescente, nous traversons Pradelles puis arrivons à Costaros, où nous nous arrêtons pour voir sa belle église en pierre de lave.



L'église de Costaros


Lac du Bouchet


Là, nous prenons la D 49, la D 311 et la D 31 (itinéraire fléché) pour aller au lac du Bouchet. Ce lac presque rond d’une profondeur maximum de 26 m occupe un ancien cratère volcanique, comme le lac Pavin où nous sommes déjà allés. Nous garons notre camping-car sur un agréable parking dans la forêt au bord du lac et allons en faire le tour à pied (1h de marche allègre) puis revenons nous installer pour la nuit. Un peu plus tard, deux autres camping-caristes sont venus partager notre bivouac (N 44° 54' 20", E 3° 47' 33").



Pêcheur sur le lac du Bouchet à la nuit tombante


L'église de Cayres


Dimanche 20 septembre : nuit particulièrement calme et tranquille, petit matin très frais. Nous repartons par la D 31 vers le nord, il fait beau mais les lointains sont assez brumeux. Nous faisons une brève halte à Cayres pour photographier sa jolie petite église en trachyte rose, avec son clocher à peigne comme on en voit beaucoup en Auvergne.

Là nous prenons la D 33 qui rejoint la N 88, la grande route qui va au Puy en Velay tout proche en traversant d'agréables paysages de plateau volcanique vallonné. Un peu avant l'entrée de la ville, nous voyons un drôle de monument à la gloire de la lentille verte AOC.



Monument à la lentille verte du Puy AOC


Au Puy, nous contournons le centre ville par les boulevards et allons à Aiguilhe, petite commune limitrophe. Nous garons notre camping-car sur l'un des nombreux parkings gratuits prévus à cet effet, situé juste au pied de l'aiguille Saint Michel.



Chapelle Saint Michel


Par 270 marches assez raides, nous grimpons au sommet de cette aiguille, ancienne cheminée volcanique dont le basalte plus dur a résisté à l'érosion alors que tout le reste du cône de cendres qui l'entourait a disparu (entrée gratuite aujourd'hui car c'est la journée européenne du patrimoine). Là à été construite au Xème siècle en pierre de lave une adorable petite chapelle romane dont le plan de forme irrégulière épouse parfaitement la forme du rocher. La voûte est décorée de fresques datant de la même époque. Du sommet, on a un point de vue magnifique sur toute la ville.



Plafond de la chapelle Saint Michel

Chapelle Saint Clair

Ancien hôpital général

Autres personnages en tenue Renaissance

Buffet d'orgues baroque

Cloître de la cathédrale


Nous redescendons par le même chemin et prenons une petite rue pour aller à la cathédrale. Sur le trajet, nous voyons la chapelle Saint Clair du XIIème siècle, en trachyte gris et de forme octogonale.

Nous rencontrons plusieurs fois des gens habillés à l'ancienne qui circulent dans les rues de la ville. Ils nous apprennent que c'est aujourd'hui le dernier jour des fêtes Renaissance du Roi de l'Oiseau, tradition remontant au XVIème siècle et qu'une part importante de la population s'habille avec des tenues de cette époque. Ces fêtes durent quatre jours et se terminent par une grande parade dans la ville aujourd'hui en fin d'après-midi.

Nous continuons notre marche dans des rues très pentues en direction de la cathédrale, en traversant la cour de l'ancien hôpital général, beau bâtiment construit au XVIIème siècle, devenu aujourd'hui le siège du conseil général de la Haute-Loire.

Quand nous arrivons, nous constatons que la messe n'est pas terminée et que le cloître est fermé ; nous devrons donc revenir l'après-midi pour les visiter. Nous continuons à déambuler dans les rues de la vieille ville et voyons de nombreux bâtiments anciens dont des hôtels particuliers du XVème siècle aux façades souvent décorées. Nous nous arrêtons pour déjeuner de spécialités locales à base de lentilles dans un restaurant.

Après le repas, nous repartons en direction de la cathédrale Notre Dame. Les rues se remplissent de Ponots (habitants du Puy) habillés à l'ancienne préparant la parade en dansant et chantant dans les rues, et les visiteurs sont de plus en plus nombreux. Nous y arrivons enfin, elle est ouverte à la visite ainsi que le cloître attenant.

C'est un immense monument roman à trois nefs du XIIème siècle construit en pierres de taille en trachyte rose, trachyte gris et calcaire blanc combinées pour donner une décoration qui rappelle les églises italiennes. Elle est posée en partie sur le sommet d'un rocher basaltique et en partie en surplomb sur ses pentes. Plusieurs fois restaurée au cours des siècles, elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. A l'intérieur on trouve une très belle chaire en bois, un splendide buffet d'orgues baroque restauré récemment, et surtout la très célèbre vierge noire datant de 1856 qui remplace une version plus ancienne brûlée en 1794. La voûte de la nef centrale est formée d'une suite de coupoles de style byzantin.

Le beau cloître rectangulaire (entrée gratuite aujourd'hui) construit avec les mêmes matériaux et accolé au côté nord de la cathédrale est composé de galeries d'époques différentes avec des décorations variées et des chapiteaux finement ciselés.

A côté, la chapelle des Pénitents, surnommée la Sixtine du Puy à cause de ses nombreuses peintures murales, possède un beau plafond à caissons avec des peintures relatant la vie de la Vierge.


Personnages en tenue Renaissance

Rue de la vieille ville

Façade de la cathédrale

Vierge noire

Plafond à caissons de la chapelle des Pénitents


Après nos visites, nous n'attendons pas la parade car nous devons être à proximité de Jaujac en Ardèche demain matin pour commencer nos recherches dans  notre première mairie. Nous rejoignons notre camping-car et quittons cette belle ville du Puy.


Viaduc de Recournerie

La Loire à Rieutord


Nous prenons la D 535 vers le sud-est, traversons Le Monastier et remontons la Gazeille, affluent de la Loire en amont du Puy. L'ancienne voie de chemin de fer traverse la vallée de cette rivière par le splendide viaduc de Recournerie à la sortie du Monastier. Nous continuons sur cette route toujours sur le haut plateau volcanique jusqu'en Ardèche ; nous y entrons et elle devient la D 122.

Nous passons sans nous en rendre compte (carte pas assez détaillée et pas de poteau indicateur) devant le petit hameau du Chabanis, de la commune du Béage, origine de la famille (les ancêtres avaient le titre de sieur avant la Révolution, ce qui laisse supposer qu'ils étaient propriétaires des terres de cette partie de l'ancienne paroisse).

Nous franchissons le col du Chabanis (1261 m), du nom de ce hameau, puis nous descendons en forte pente vers le joli village du Béage et remontons sur le plateau vers Sainte Eulalie où nous prenons la D 116 qui suit la haute vallée de la Loire. A Rieutord nous prenons la D 536 qui remonte sur le plateau puis redescend la vallée de la Fontaulière en pente raide et très sinueuse.


Le Béage

Descente vers la vallée de la Fontaulière


En arrivant à Montpezat, nous sommes au fond de la vallée et la route devient beaucoup plus facile. Un peu plus loin, nous la quittons pour prendre la D 26 jusqu'à Meyras. Nous nous arrêtons pour la nuit sur l'aire d'accueil des camping-cars à côté du stade (N 44° 40' 47", E 4° 16' 9" - 4 € pour deux nuits de stationnement collectés par un employé municipal, jeton de 3 € pour les services) où se trouvent déjà trois camping-cars.

Lundi 21 septembre : nous sommes réveillés par les cris joyeux d’un coq du voisinage. Il fait beau ce matin, beaucoup moins frais qu’hier, mais il est vrai que nous sommes à une altitude beaucoup plus basse. Nous quittons notre bivouac en reprenant la D 26 pour rejoindre la N 102 sur une très courte distance, et prenons la D 5 pour aller à Jaujac, la première mairie par laquelle nous commençons nos recherches.



La place de la Mairie


Cette route suit la vallée du Lignon, petite rivière qui a creusé une gorge assez profonde dans la coulée basaltique du volcan de Jaujac. Nous stationnons sur la belle place devant la mairie, ombragée par des platanes centenaires et bordée par des commerces et des habitations. Nous sommes très bien reçus par les employées de l’état civil qui se mettent en quatre pour nous faciliter la tâche. Au bout de deux heures et demie, nous avons recueilli toutes les informations que nous recherchions. Nous repartons par la même route et nous arrêtons un peu plus loin pour déjeuner sur le parking d’un belvédère d’où l’on surplombe la gorge du Lignon.



Gorge du Lignon dans la coulée basaltique


Intérieur de l'église néo-gothique


Après le repas, nous rejoignons la N 102 jusqu’à Lalevade d’Ardèche où nous prenons la D 19 puis la D 223 qui monte à Prades, notre mairie suivante, située juste à côté de l’église néo-gothique (où plusieurs ancêtres ont été baptisés). Nous sommes aussi très bien reçus, passons près de quatre heures à consulter les registres où nous trouvons ce que nous cherchions plus des informations nouvelles. Après, nous allons faire une brève visite au cimetière pour voir les tombes de famille.

Nous redescendons vers Lalevade et la N 102, faisons nos courses alimentaires à l’Intermarché local, puis revenons à Meyras, au même endroit qu’hier.



Petit château dominant l'Ardèche avant Meyras


La soirée dans le camping-car est très studieuse, Bertille exploitant et mettant en forme les informations recueillies dans la journée et Jean-Claude rédigeant le journal du jour et triant les photos prises depuis le départ.

Mardi 22 septembre : comme hier, le coq nous annonce qu’il est l’heure du réveil. Après avoir fait usage de la borne de services, nous reprenons notre route. Nous prenons d’abord la D 26, puis la N 102 et enfin la D 119 en forte montée pour aller à Fabras, la troisième mairie que nous devons visiter dans cette partie de l’Ardèche moyenne. Nous stationnons notre camping-car sur une petite place juste en face de la mairie. Comme précédemment, nous sommes très bien reçus par les employés municipaux qui mettent à notre disposition les registres d’état civil dont nous avons besoin. Au bout de deux bonnes heures de recherche, nous avons trouvé tout ce que nous cherchions et nous retournons à notre camping-car pour déjeuner.



Place de la mairie


Après le repas, nous allons faire quelques photos dans le village puis remontons par la D 119 en direction du sud-ouest. A la sortie de Fabras, nous faisons halte au hameau des Soulhets, habité autrefois par une arrière grand’mère et ses ancêtres.



Hameau des Soulhets


Hameau du Fulachier


Nous redescendons par la D 119 jusqu’à Jaujac, prenons ensuite la D 19 dans la vallée puis remontons par la D 323 qui nous ramène à Prades, visitée hier. Un petit chemin vicinal grimpe au hameau du Fulachier, habité à la fin du XIXème siècle pendant une vingtaine d’années par l’arrière grand père qui a transmis le nom. Nous discutons avec quelques habitants actuels du hameau qui ont bien connu certains de nos collatéraux. Puis nous redescendons au centre du village et remontons par la D 223 pour aller au hameau des Fiagoux, habité autrefois par la grand’mère et ses ancêtres paternels, et aujourd'hui par des Hollandais.



Ancienne ferme familiale aux Fiagoux


L'église de Niègles sur la colline


Nos recherches terminées dans cette partie de l’Ardèche, nous remontons maintenant sur le haut plateau  pour continuer nos investigations. Nous descendons par la D 19  pour rejoindre la N 102 à Lalevade. Après un arrêt à Intermarché pour faire le plein de gazole, nous partons à l’assaut du col de la Chavade (1266 m) en longeant l’Ardèche et en faisant quelques arrêts aux rares endroits où il est possible de prendre des photos. Au sommet, nous prenons la D 239, qui offre des points de vue splendides sur la vallée de l’Ardèche, en direction de Mazan dont nous visiterons la mairie demain matin pour enquêter sur des ancêtres du grand père.



La vallée de l'Ardèche vue du col de la Chavade


Quelques km avant Mazan, nous trouvons un endroit très agréable dans la forêt domaniale, non visible de la route, où nous nous arrêtons pour la nuit (N 44° 42' 47", E 4° 4' 20"). Nous faisons d'abord une petite marche dans la forêt pour nous mettre en appétit. Après le repas, nous poursuivons nos activités studieuses de la veille sur les informations recueillies aujourd’hui, avec la même répartition des rôles, tout en écoutant France-Musique à la radio.

Mercredi 23 septembre : silence absolu pendant la nuit, il fait bien frais ce matin au lever avec une épaisse brume.



Ruines de l'abbaye


Nous quittons notre bivouac pour aller à Mazan, petit village de 160 habitants situé à côté des ruines d’une ancienne abbaye cistercienne fondée entre 1119 et 1122 et agrandie du XIIème au XIVème siècle ; elle a beaucoup souffert à la fin de la guerre de cent ans, pillée plusieurs fois par les Grandes Compagnies (mercenaires au chômage que Du Guesclin a ensuite expédiés en Espagne où ils ont continué à sévir), puis pendant les guerres de Religion et a été abandonnée à la Révolution. Elle est à l’origine de la fondation des abbayes cisterciennes de Sylvanès, Le Thoronet, Sénanque et Bonneval.



Ancienne abbatiale


Nous passons une bonne heure et demie à la mairie, ouverte seulement le matin, pour poursuivre nos recherches sur les ancêtres puis allons visiter les ruines de l’abbaye avant de déjeuner dans notre camping-car stationné juste à côté.

Après le repas, nous allons d’abord par une étroite route au hameau de Vernazon où l’arrière grand père a habité autour de 1875 (un vieil habitant du hameau nous montre la maison familiale, sérieusement transformée depuis), puis reprenons la D 239 jusqu’à Saint Cirgues en Montagne où nous reviendrons demain matin, et allons à Coucouron, seule mairie des environs supposée être ouverte le mercredi après-midi. Pas de chance, elle est fermée pour cause de vacances de la secrétaire de mairie.



La Loire près d'Issarlès


Nous décidons donc de réserver cet après-midi au tourisme. Nous prenons la D 16 vers le nord-est, route sinueuse et pentue qui traverse la Loire sur un beau viaduc un peu avant d’arriver au lac d’Issarlès. Ce lac volcanique est d’allure similaire à celui du Bouchet mais plus ancien et de formation géologique un peu différente. Nous en faisons le tour à pied en un peu plus d’une heure, en marchant d’un bon pas. Nous avons voulu acheter de la charcuterie locale dans une boutique réputée que nous connaissions déjà mais elle était fermée.



Lac d'Issarlès


Nous repartons par la D 116 qui franchit le col de Gage à 1066 m, puis redescend en très forte pente au fond de la vallée du Gage pour remonter aussitôt et redescendre ensuite dans la vallée de la Loire. Juste avant d’arriver au barrage de La Palisse sur la Loire, nous repérons un site potentiellement propice pour passer la nuit. Après avoir pris quelques photos du barrage et de son lac, au niveau très bas actuellement, nous faisons demi-tour et allons nous installer dans cet endroit tranquille, en sous bois et en contrebas de la route, près du chemin vicinal qui conduit au hameau des Combes (lieu où ont habités des ancêtres), au bord de la falaise qui surplombe la Loire à environ 500 m en aval du barrage (N 44° 47' 23", E 4° 5' 23"). Et, comme les soirs précédents, chacun de nous s’attelle à sa tâche.

Jeudi 24 septembre : tranquillité totale pendant la nuit, aucun bruit à part celui plutôt discret de la Loire au fond de la vallée ; il fait bien frais ce matin, nous sommes dans un épais brouillard et avons quelques soucis avec notre batterie de cellule qui s’est un peu trop déchargée.



Place centrale


Nous prenons la D 160 et traversons la Loire sur un pont qui enjambe le lac du barrage ; son niveau est très bas actuellement car l’été a été bien sec dans le secteur. Nous continuons ensuite sur cette même route pour aller à Saint Cirgues en Montagne, joli petit village de 300 habitants et lieu de naissance du grand père. Là, deux grosses heures de travail sur les registres d’état civil de la commune nous permettent de bien avancer dans nos recherches.



Église romane


Après avoir fait quelques photos du village puis quelques courses alimentaires chez les commerçants locaux, nous rebroussons chemin par la D 160 pour retraverser le pont de la Loire puis prenons un peu plus loin la D 302 jusqu’à Cros de Géorand, où les ancêtres ont vécu de 1730 à 1870. Nous finissons notre matinée à la mairie de ce village, puis y revenons après avoir déjeuné pour y passer tout l’après-midi. Notre moisson d’informations est impressionnante et augure d’une soirée de travail intense pour tout mettre en forme. En fait, nous sommes loin d’avoir terminé nos recherches à 17 h, heure de la fermeture, et devrons revenir demain matin.



Vue générale du village de Cros de Géorand


Nous nous installons pour la nuit au petit camping du village (N 44° 47' 31", E 4° 7' 43" - 17 € la nuit, électricité comprise, aucun service pour camping-car) situé au bord de la rivière, le Gage, affluent de la Loire, puis allons faire une petite promenade apéritive dans le village, avec visite du vieux cimetière à l’abandon où nous ne trouvons rien d’intéressant, et quelques photos du village sous le soleil couchant. Après le dîner, nous nous remettons au travail comme les soirs précédents.



Le pont sur le Gage et l'église


Vendredi 25 septembre : l’angélus nous réveille à 7 heures, il fait froid et humide ce matin et nous sommes dans les nuages ; le chauffage dans le camping-car est très apprécié. Nous faisons nos remplissage et vidanges de manière « artisanale » (jerrican et bidon pour les eaux, cassette dans les WC) puis retournons à la mairie pour continuer nos recherches qui nous prennent toute la matinée.



Lac de La Palisse


Nos travaux terminés, encore riches en nouvelles trouvailles, nous reprenons la D 302 puis la D 160 jusqu’au pont sur la Loire que nous traversons. Juste après avoir traversé, nous faisons halte pour déjeuner sur un large terre-plein qui surplombe le lac de La Palisse puis reprenons la D 160 et revenons à Saint Cirgues en Montagne. Là, nous prenons la D 110, qui franchit le col de Fioulebise à 1249 m dans les nuages, et arrivons à Coucouron, où se trouve le seul supermarché du canton, pour faire nos provisions pour la fin du voyage.



Vieille ferme abandonnée à Rognon


Nous prenons ensuite la D 16 vers le nord-est, arrivons au Béage où nous prenons la D 122 sur quelques km. Nous stationnons le camping-car au carrefour avec un chemin vicinal ; nous marchons un bon km dans la brume sous le regard intéressé d'une cinquantaine de vaches peu habituées à voir des visiteurs et arrivons au hameau de Rognon, partie de la commune de Cros de Géorand où est né l’arrière grand père, ainsi que ses ancêtres qui ont transmis le nom. Il ne reste bien sûr plus grand chose de cette époque (avant 1850) sauf quelques vieux bâtiments bien fatigués et des ruines de maisons qu’il n’est pas possible d’identifier précisément.



Taureau et vaches à Rognon


Après ce «pèlerinage» aux origines de la famille, nous revenons sur la D 122 et prenons la D 116 en direction du Gerbier de Jonc. Le parking du Gerbier n’étant pas propice au stationnement nocturne car trop en bord de route (D 378) et en pente, nous rebroussons chemin sur environ 2 km pour prendre une petite route forestière qui conduit à un centre de vacances de l’ASPTT fermé et totalement désert. Un peu avant ce centre, nous trouvons un emplacement agréable en pleine forêt domaniale de Bonnefoi où nous nous installons pour la nuit (N 44° 50' 3", E 4° 13' 5").



Samedi 26 septembre : après une nuit bien tranquille, nous nous réveillons dans les nuages, avec une visibilité quasi nulle. Aujourd’hui, plus de recherches généalogiques, la journée est consacrée au tourisme dans cette belle région. Au bout d’environ deux heures, le plafond nuageux commence à s’élever, la vue se dégage très lentement et nous entrevoyons le Gerbier de Jonc dans le brouillard. Nous revenons à la D 116 puis la D 378 et nous arrêtons sur le parking du Gerbier ; mais le cône volcanique est encore en partie dans le brouillard et les nuages continuent à arriver ; nous décidons donc de ne pas l’escalader, ce qui ne nous prive pas car nous l'avons déjà escaladé plusieurs fois dans le passé.



Le Gerbier de Jonc dans le brouillard


Couleurs d'automne sur le plateau ardéchois


Nous reprenons la D 378 qui traverse de magnifiques paysages d’anciens volcans couverts d’une végétation aux couleurs automnales ; une dizaine de km plus loin, nous prenons la D 377 pour aller voir les ruines de la Chartreuse de Boutières, beau bâtiment du XVIIème siècle dont il ne reste que le clocher de l’abbatiale, un morceau de la façade principale, et une aile, propriété d'un fermier et habitée.



Ruines de la Chartreuse de Boutières


Le sommet du Mézenc dans le brouillard


Nous revenons à la D 378 et prenons la D 400 et nous arrêtons un peu plus loin au col de la Croix de Boutières (1508 m) où nous laissons le camping-car pour monter au sommet du Mont Mézenc (1753 m, le troisième sommet du Massif Central). La marche (1h30 aller-retour) sur le sentier bien fléché est un peu fatigante mais pas vraiment difficile. Les nuages sont toujours bien présents et limitent très fortement la visibilité, alors que le panorama vu du sommet est supposé être fabuleux par temps clair.



Bertille au sommet du Mézenc

Sur la route touristique du pied du Mézenc

Au sommet du col de Joux


Nous redescendons vers notre véhicule pour déjeuner. Après le repas, nous prenons la D 410 - appelée route touristique du pied du Mézenc - sur quelques km. Les nuages commencent à bien s’effilocher et la visibilité à s’améliorer, offrant ainsi de belles vue sur le Mézenc et les montagnes avoisinantes.

Ensuite, c’est par la D 228 que nous allons à Borée où nous prenons l’étroite et très sinueuse D 215 c puis la D 237 qui nous emmène à Saint Martial, joli village construit à flanc de montagne au-dessus d’un lac artificiel. A la sortie du village, nous reprenons la D 215 c qui franchit le col de Joux (1011 m) et redescend à Saint Andéol de Fourchade, ensuite la D 281 qui descend tout autant et enfin la D 578, route beaucoup plus importante, qui remonte fortement pour arriver au col de Mézilhac (1148 m).


Saint-Martial

Le Gerbier de Jonc dans le brouillard vu du col de Mézilhac


Cascade du Ray-Pic


Là, nous prenons la D 122 qui continue à monter pour arriver à Lachamp-Raphael, la plus haute commune de l’Ardèche à 1329 m d’altitude, puis à nouveau la D 215 qui descend très fort dans l’étroite vallée de la Bourges. Nous nous arrêtons au belvédère qui surplombe la cascade du Ray-Pic ; il n’y a pas beaucoup d’eau et la cascade est bien décevante. Un peu plus bas, le sentier d’accès à la cascade est fermé au public suite à un accident grave cet été.



Vallée de la Bourges


Nous continuons à descendre dans la vallée jusqu’à Burzet. Nous prenons un très étroit chemin vicinal qui est supposé remonter à Rieutord, mais 800 m plus loin, une habitante du lieu nous indique que nous ne pourrons pas passer et franchir le col avec notre camping-car et qu’il serait donc plus sage de faire demi-tour dès que possible, ce que nous faisons. Cet imprévu nous oblige à modifier notre itinéraire. Nous revenons à Burzet, descendons vers la vallée de l’Ardèche par la D 26, puis prenons la D 5 pour Jaujac et enfin la D 19 qui monte au col de La Croix de Bauzon (1308 m). Arrivés au col, nous allons à la station de ski distante d’environ 1 km et nous installons pour la nuit sur son immense parking où nous sommes seuls (N 44° 37' 51", E 4° 5' 23" - il y a aussi une borne de services gratuite pour camping-cars).

Dimanche 27 septembre : la nuit a été particulièrement calme, sans la moindre visite sur notre parking ; il fait très beau ce matin et les couleurs d’automne sont splendides, mais les lointains sont encore un peu brumeux.


Au sommet du col de Meyrand

Dans la vallée de la Thines


Nous redescendons vers la D 19 que nous prenons vers l’ouest jusqu’à la D 24 que nous prenons vers le sud. Nous montons le col de Meyrand à 1370 m d’où l’on a une vaste vue sur les montagnes environnantes.

Nous continuons sur la même route en forte descente et prenons à Loubaresse la D 403 qui traverse la forêt de Chambaud et remonte ensuite au col de Chap del Bosc (1169 m) et rejoint la D 4, petite route qui descend très fort (12 %) dans la vallée de la Thines qui a creusé une profonde gorge dans le massif schisteux. Nous prenons la D 513, très étroite et très sinueuse en descente et nous retrouvons progressivement la chaleur au fur et mesure que nous descendons. Nous nous arrêtons sur un petit parking pour aller à pied au petit village médiéval de Thines ; le village est bien fatigué et un peu décevant : malgré son site et sa belle église romane du XIIème siècle, les deux étoiles que lui donne le guide vert Michelin nous paraissent un peu généreuses.

Après avoir déjeuné sur ce parking, nous continuons notre descente par la même route dans l’étroite vallée de la Thines et rejoignons la D 113 au confluent avec le Chassezac, juste en amont du barrage de Malarce. La vallée est là beaucoup plus large et s’élargit encore quand on s’approche des Vans.


Thines

Lac de barrage de Malarce


Nous prenons la D 901, traversons Les Vans et rejoignons la D 104 aux Avelas que nous prenons en direction d’Alès. Nous nous arrêtons à la borne de service des Mages pour faire nos vidanges, juste à l’entrée nord du village (elle est mal indiquée et pas pratique à l’usage), puis rentrons à Montpellier par la D 610.


       

Distance totale parcourue 820 km, consommation de gazole 90 litres pour 90 €, budget total 570 € pour 9 jours de voyage.

Informations générales et documentation

Informations générales :

- dans la quasi-totalité des communes où nous avons circulé, à chaque entrée de village est planté un panneau bleu portant l'inscription «camping sauvage interdit sur toute la commune». Nous n'avons pas pu savoir si cette interdiction s'applique aussi au stationnement nocturne (et habité) des camping-cars, mais tous nos bivouacs libres ont été suffisamment discrets pour limiter le risque de problèmes avec la maréchaussée locale.
- il y a plusieurs aires d'accueil pour camping-cars, aussi-bien en haute qu'en basse Ardèche, suffisamment bien réparties pour qu'il y en ait toujours une à proximité de l'endroit où on se trouve.

Documentation :

- guide vert Michelin Lyon - Drôme - Ardèche
- carte Michelin 331 Ardèche - Haute-Loire
- guide et carte des aires de service pour camping-car de Camping-car Magazine
- reportage sur la visite du Puy en Velay sur Camping-car Magazine N° 180 mai 2006


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