Notre fils travaillant en Inde depuis près d'un an, dans la filiale d'une entreprise française à New Delhi, nous avons décidé d'aller lui rendre visite sous ces cieux lointains et de profiter de l'occasion pour nous offrir un circuit en Inde du Sud que nous ne connaissions pas (nous étions déjà allés en Inde du Nord en 1976).

Nous sommes donc partis pour New Delhi où nous sommes restés quelques jours avec lui, puis sommes allés à Madras où nous avons rejoint un groupe français de 15 personnes avec qui nous avons fait notre circuit en car, avons quitté le groupe à Bangalore pour rejoindre notre fils à New Delhi, puis sommes rentrés à la maison.

Mercredi 11 février : de bon matin, un taxi nous emmène à l'aéroport de Montpellier, pour prendre l'avion pour Paris. Là, avec une bonne heure de retard, nous partons sur Air France à destination de New Delhi. Arrivés sur place, après encore une heure et demie d'attente pour récupérer nos bagages, nous retrouvons notre fils venu nous chercher à l'aéroport, qui nous emmène chez lui, dans un quartier résidentiel du sud de la ville.

Jeudi 12 février : après une nuit réparatrice et une grasse matinée, nous prenons notre repas de midi à l'appartement de notre fils, aujourd'hui au travail, puis allons faire un tour en ville.

Pour ce faire, nous prenons un rickshaw à moteur, c'est-à-dire un taxi construit sur une Vespa à trois roues de fabrication locale, pétaradante et polluante, comme on en voit des milliers à New Delhi, et partout ailleurs dans la majorité des pays du tiers monde. Le conducteur se faufile tant bien que mal dans une circulation démentielle, un gigantesque embouteillage permanent, en essayant avec peine d'ouvrir son chemin au klaxon dans un vacarme épouvantable et en slalomant entre les diverses files de véhicules qui s'entrecroisent dans un désordre total. Il faut beaucoup de culot, d'inconscience et de virtuosité pour le conducteur, et une bonne dose de patience et de résignation à un sort incertain pour les passagers, pour enfin arriver à notre première destination, les Lodhi Gardens situés à environ 5 km de notre point de départ.

Nos étapes

 1 - Madras  2 - Mamallapuram  3 - Pondichéry   4 - Tanjore   5 - Madurai  6 - Kumarakom
 7 - Cochin  8 - Calicut  9 - Mysore 10 -  Hassan 11 - Bangalore  


Ecureuil

Dans ces jardins très verts et fleuris gambadent quantité de petits écureuils, et volent de nombreux oiseaux, en particulier une espèce d'oiseau appelé "common myla", ressemblant un peu à un merle,  très abondant en Inde, et des perruches vertes. 


Common myla


Shish Gumbad

Plusieurs tombes des sultans de la dynastie des Lodhi, qui a régné sur Delhi au XVème siècle, se trouvent dans ces jardins.

On rencontre, dans l'ordre, la tombe de Muhamad Shah (1434 - 1444), puis celle appelée Shish Gumbad (dôme de verre) dont on ignore l'identité des occupants, enfin la tombe de Sikandar Lodhi (1489 - 1517), dernier sultan qui a laissé un mauvais souvenir dans le pays, remarquable par sa forme octogonale. 


Tombe de Sikandar Lodhi


Mausolée d'Humayun

Un autre rickshaw nous emmène au mausolée de l'empereur moghol Humayun, achevé en 1576 à la demande de Bega Begum, son épouse. Ce monument de grès rose, situé dans un grand jardin et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, a été bien restauré depuis notre visite précédente. C'est le plus beau bâtiment moghol de Delhi dont le style annonce le célèbre Taj Mahal, construit quelques décennies plus tard à Agra.

Juste à côté est érigée la tombe d'Isa Khan, un noble proche d'Humayun.


Tombe d'Isa Khan

La soirée étant bien avancée, nous hélons un nouveau rickshaw pour rentrer à l'appartement. A cette heure de sortie des bureaux, la circulation est encore pire qu'au début de l'après-midi, et c'est à grand peine et au prix de nombreuses acrobaties de la part de notre chauffeur, que nous arrivons enfin à destination. Un peu plus tard, notre fils rentre du travail et nous fait profiter de ses découvertes en matière de cuisine locale.

Vendredi 13 février : notre fils a pris sa journée pour nous faire visiter la ville et a retenu une voiture avec chauffeur à cet usage. Nous nous dirigeons d'abord vers Connaught Place, dans une circulation toujours très dense, bruyante et désordonnée.


Connaught Place

Cette place circulaire bordée d'arcades où convergent les plus grandes avenues de la ville marque le centre de New Delhi. Un joli jardin occupe le centre de la place, autour duquel tourne la circulation plutôt calme à cette heure-ci. Nous faisons tout le tour de la place (c'est long) avant de dénicher LE restaurant qu'on nous a recommandé... et nous mourons de faim !

Après le repas, nous allons à la Jama Masjid, la "grande mosquée du vendredi" terminée en 1655 par l'empereur moghol Shah Jahan, le constructeur du Taj Mahal. Mais comme c'est l'heure de la prière, son accès nous est interdit. 


Entrée de la Jama Masjid


Rue devant la Jama Masjid

En marchant dans les rues avoisinantes, étroites et remplies par une foule compacte, nous ressentons une certaine hostilité de la part de la population, en quasi totalité musulmane dans ce quartier, et préférons ne pas nous attarder plus longtemps. 

Notre chauffeur nous emmène vers le Gurudwarat Bangla Sahib, le plus grand temple sikh de la ville construit au XVIIème siècle. Nous devons d'abord quitter nos chaussures et mettre un couvre-chef, et pouvons ensuite entrer après un cérémonial complexe qui serait trop long à décrire.


Jean-Claude et Jocelyn à l'entrée du temple Sikh


Temple sikh et bassin sacré

Construit sur l'ancien palais de Mirza Raja Jai Singh, un des grands généraux de l'empereur moghol Aurangzeb, qui avait hébergé le huitième gourou Guru Harkrishan, c'est un grand bâtiment en marbre avec plusieurs coupoles dorées à la feuille. A l'intérieur, un exemplaire du Grand Livre Sacré des Sikhs est présenté à l'adoration des fidèles. Un grand bassin, où les Sikhs viennent faire leurs ablutions, occupe une part importante du complexe cultuel.


Adorateurs du Livre Sacré

Notre chauffeur nous ramène maintenant à l'appartement, en faisant un détour par le Mall, la grande avenue joignant l'India Gate au Palais présidentiel, avec une circulation toujours aussi folle. Comme la nuit tombe, il est impossible de faire des photos correctes.

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette première partie

Samedi 14 février : repos le matin. Après le repas de midi, nous partons pour l'aéroport. La route qui y conduit est en travaux, une nouvelle ligne de métro qui joindra Gurgaon, la nouvelle ville des hautes technologies (surnommée Cybercity) au centre de Delhi en passant par l'aéroport, est en construction. Le trafic est très dense et la circulation extrêmement difficile. Là, nous prenons l'avion pour Madras (appelée maintenant de son ancien nom indien Chennai) où, tard dans la soirée, nous allons rejoindre le groupe avec lequel nous allons visiter le sud de l'Inde. Après une longue attente due au retard de l'avion d'Air France, le confortable car climatisé qui transportera notre groupe pendant tout le circuit nous conduit à notre hôtel. Avec surprise, et plaisir, Jean-Claude retrouve dans le groupe son ancien professeur de physique des plasmas à l'Institut Polytechnique de Grenoble pendant l'année universitaire 1966 - 1967.

Dimanche 15 février : cette journée est consacrée à la visite de Madras, quatrième ville de l'Inde et capitale de l'état du Tamil Nadu. Cet état est essentiellement peuplé par des Indiens Tamoul, de l'ethnie autochtone dravidienne installée en Inde depuis plusieurs milliers d'années, antérieurement aux invasions aryennes qui les ont chassés des plaines du nord et repoussés vers le sud.


Gopuram

Nos visites commencent avec le temple Kapalishwarar, construit au XVème siècle dans le style typique dravidien et dédié à Shiva. On entre par la grande porte, le Gopuram, sorte de pyramide posée sur un socle en granite dans lequel est taillé l'entrée dans le temple et décorée par une multitude de statues de dieux et déesses du vaste panthéon hindou, toutes peintes de couleurs très vives.

Nous devons nous déchausser avant d'entrer, comme dans tous les temples hindous du pays. 


Détail du gopuram


Drapeau à prières

A l'intérieur de tous les temples shivaïtes, l'adoration dans le sanctuaire principal se fait au "lingam", le principe mâle (phallus), enchâssé dans le "yoni", le principe femelle (photo interdite). Un drapeau à prières montre que le temple est en activité et que l'adoration des fidèles est en cours. De nombreux sanctuaires secondaires, dédiés aussi à Shiva ou à des divinités mineures, sont dispersés sur le site.

Sous une halle se tient un mariage hindou, les mariés et leur famille étant habillés avec les vêtements traditionnels très colorés. 


Mariage traditionnel hindou


Cathédrale Saint Thomas

Changeant de religion, nous allons visiter la cathédrale Saint Thomas, église néo-gothique construite au XIXème siècle. La liturgie, très musicale et en langue vernaculaire, est basée sur le rite syriaque, autorisé par le pape bien que pas très catholique. La messe du dimanche matin se termine, nous pouvons donc visiter. 

A côté, un petit bâtiment abrite un musée et une boutique, ainsi qu'une tombe que l'on dit celle de Saint Thomas (celui qui ne croit que ce qu'il voit).


Cathédrale Saint Thomas

Nous allons maintenant visiter le Fort Saint Georges ; érigé en 1644 par la Compagnie britannique des Indes orientales, reconstruit à partir de 1750 selon la technique de Vauban, il a été le point d'appui principal de l'Angleterre pour la conquête du Bengale. C'est aujourd'hui le siège de l'assemblée législative de l'état de Tamil Nadu ; il n'y a pas grand chose à voir à part la petite église Saint Mary, la plus ancienne église de Madras achevée en 1680, tapissée de plaques commémoratives de la mort de soldats et officiers de l'armée anglaise des Indes


Statue en granite Pallava

Après le déjeuner, nous allons au Pantheon Museum qui couvre l'histoire de l'Inde depuis la plus haute antiquité (civilisation de l'Indus - 2 millénaires avant JC) jusqu'à la période moghole (XVIème à XVIIIème siècles). Il abrite en particulier une magnifique collection de statues de granite de l'époque de la dynastie Pallava (IVème au IXème siècle) et de bronze de l'époque des Chola (Xème au XIIIème siècle).


Nataraja (Shiva dansant) - bronze Chola

Lundi 16 février : nous sortons de la ville en direction de l'ouest ; la circulation est relativement calme. Nous sommes surpris par le nombre important d'instituts de technologie et d'écoles d'ingénieurs ultra-modernes, énormes complexes universitaires, construits le long de la route. Notre guide accompagnatrice nous signale que cette frénésie de construction n'est pas spécifique à la région de Madras mais concerne tout le pays. Ceci est particulièrement impressionnant et laisse mal augurer de l'avenir de l'Europe, et de la France en particulier, où la formation est souvent considérée comme un sujet mineur par nos dirigeants politiques et économiques, en particulier la formation scientifique et technique qui n'attire plus les jeunes aujourd'hui. Un peu plus loin, nous passons devant une immense usine d'automobiles du coréen Hyundai suivie d'une grosse usine du verrier français Saint Gobain.

Un peu plus loin, nous nous arrêtons au mausolée commémorant l'assassinat de Rajiv Gandhi par une kamikaze tamoule, qui a fait sauter sa ceinture d'explosifs à cet endroit précis après s'être approchée de lui en feignant la dévotion.


Mausolée de Rajiv Gandhi

Nous continuons notre route jusqu'à Kanchipuram (la ville d'or) ; capitale royale de la dynastie des Pallava, elle a ensuite été le siège d'un gouvernorat sous l'empire Vijayanagar jusqu'au milieu du XVIème siècle. C'est l'une des sept villes saintes de l'Hindouisme, où sont érigés près d'une centaine de temples.


Gopuram et halle intérieure

Nous en visitons trois, commençant par le temple de Sri Ekambaranathar, le plus vaste de la ville (12 ha).

Construit à l'origine sous la dynastie des Pallava au VIIIème siècle, agrandi sous les Chola, doté de son grand gopuram de 59 m de haut en 1509 par l'empereur Vijayanagar Krisnan Devaraja, son nom est une déformation de "Eka Amra Nathar" ou "seigneur du manguier" car il abrite un manguier à quatre branches maîtresses symbolisant les quatre Veda (textes sacrés hindous).


Brahmane devant un sanctuaire secondaire


Colonnes sculptées de la salle d'accueil

Les 540 piliers de la salle d'accueil, monolithes de granite tous différents, sont couverts de sculptures représentent des épisodes de la légende de Shiva.

De nombreuses statues peintes représentent Shiva, seul ou avec sa parèdre Parvati et sa monture, le taureau Nandi. L'accès au sanctuaire principal est interdit aux non-hindous. 


Shiva et Parvati sur le taureau Nandi


Niches astrologiques

Le second, plus petit, le Kailashanatha, construit au VIIIème siècle par la dynastie Pallava est dédié aussi à Shiva. Son petit gopuram est plus récent. La cour intérieure est bordée par 58 niches astrologiques représentant des animaux fabuleux. Un Ganesh, le dieu éléphant fils de Shiva, est représenté dans un "kudu", motif bouddhique en fer à cheval surmonté par une tête d'animal monstrueux.


Ganesh dans son kudu


Colonnes monolithes sculptées

Le dernier, le temple de Varaharaja Swami, est consacré à la dixième incarnation de Vishnou sous la forme d'un homme-cheval. Son gopuram, en rénovation, est recouvert de feuilles de palmier. Sa galerie de 96 colonnes monolithes toutes différentes date du XVème siècle, époque Vijayanagar. Toutes différentes, ces colonnes sont sculptées de scènes de la vie de Vishnou et d'autres dieux et déesses du panthéon hindou. Sur un vaste podium en pierre sculpté, les danseuses sacrées, les Devadasi (à rapprocher des hiérodules grecques), dansaient autrefois lors des grandes cérémonies.


Podium de danse pour les Devadasi


Tisserand dans l'atelier de soieries

Après un déjeuner dans un restaurant proche, nous allons visiter un atelier de tissage de la soie, la grande spécialité de la ville, qui utilise des métiers à tisser manuels programmés par cartes perforées selon la technique Jacquard. Une boutique attenante vend toutes sortes de pièces et de vêtements de soie à des prix très avantageux.

Nous reprenons la route vers l'est et notre étape suivante, Mamallapuram, appelée aussi Mahabalipuram (la ville du grand Bali).


Ratha de Draupadi

A l'entrée de la ville, nous nous arrêtons pour voir les Cinq Rathas, temples en forme de chars processionnels sculptés chacun dans un gros rocher. On a attribué à chacun le nom de personnages de la grande épopée du Mahabarata.

Le premier, celui de Draupadi, dédié à la déesse Durga, représente une maison d'ascète avec son toit en chaume. Le deuxième, celui d'Arjuna évoque un temple dédié à Shiva


Ratha d'Arjuna


Ratha de Yudhishthira

Le troisième dit de Bhima, est consacré à Vishnou et rappelle par sa forme les huttes que construisent les tribus Todas dans les montagnes Nilgiri au nord du Dekkan. Le quatrième, le plus haut, est le char de Yudhishthira, fils de Dharmaraja, dédié à Shiva. Le dernier, dit de Sahadeva et Nakula, est dédié à Indra.


Ratha de Sahadeva - Nakula, et de Bhima


Temple du rivage

Enfin dans la lumière dorée du soir qui tombe, nous découvrons un petit bijou, le Temple du Rivage, petit temple du VIIème siècle construit en bord de mer par Rajasimha Narasimhavarman II, prince de la dynastie des Pallava. Dédié à Shiva, il est entouré par un mur d'enceinte couronné de taureaux Nandi, la monture de Shiva. Archétype du temple dravidien couronné par la kailasha qui symbolise le mont Kailash dans l'Himalaya, demeure de Shiva, il est fortement érodé par le vent et la mer ; c'est le seul reste d'un ensemble de temples qui bordait autrefois la côte et l'ancien port complètement ensablé.


Nandis couronnant le mur d'enceinte

A la nuit tombante, nous allons à notre hôtel, luxueux établissement autour d'un ensemble de piscines, reconstruit après le passage du tsunami en 2004, qui a fait d'énormes ravages matériels et humains sur cette Côte de Coromandel, droite et plate, qui opposait aucun obstacle à la vague.


Bas-relief du Krishnamandapam

Mardi 17 février : départ matinal pour aller tout d'abord visiter le Krishnamandapam, un petit temple du VIIIème siècle creusé dans le granite et consacré à Krishna, avatar de Vishnou. De nombreux bas-reliefs représentent des scènes de la vie du dieu, inspirées de scènes de la vie quotidienne à l'époque dans la région

A côté se trouve la grotte des cinq Pandava, elle aussi creusée dans le rocher et inachevée, et une falaise sculptée en immense haut-relief. 


Grotte des cinq Pandava


L'ascèse d'Arjuna

Improprement appelé l'ascèse d'Arjuna, ce panneau de 30 x 12 m, divisé par une fissure naturelle par laquelle s'écoulait autrefois de l'eau symbolisant le Gange, met en scène toutes sortes de personnages mythologiques et d'animaux par couples, comme pour l'Arche de Noé. Au centre de la fissure, Shiva est le médiateur qui apporte le Gange à la Terre.  


Shiva apportant le Gange


La motte de beurre de Krishna

Dans le jardin voisin, un gros rocher en équilibre apparemment précaire est dit représenter la motte de beurre que Krishna enfant aurait dévorée contre le gré de sa mère. 

Dans ce même jardin, un sanctuaire autrefois dédié à Shiva, est maintenant dédié à Ganesh depuis que le lingam en a été retiré. 


Ratha de Ganesh


Bas-relief dans la grotte Varaha

Sur une colline à proximité se trouvent plusieurs temples rupestres. La grotte Varaha, dédiée à Vishnou, est couvert de bas-reliefs représentant des scènes de la vie de l'avatar sanglier de Vishnou.

Une porte monumentale en granite est encadrée de colonnes représentant les dix avatars de Vishnou.


Porte monumentale en granite


Grotte de Trimurti

Une autre grotte, la grotte de Trimurti, est dédiée à la trinité hindoue : Brahmâ, Shiva et Vishnou

Enfin, une autre grotte creusée dans le granite est dédiée à Maisha Suramardini, avatar de Parvati dans une version très courroucée qui tue un démon dissimulé dans un taureau.


Maisha Suramardini poursuivant le démon


Échoppes de sculpteurs de granite

Nous repartons maintenant, passant devant les très nombreux ateliers de sculpture de bloc de granite, la grande spécialité de Mamallapuram où les écoles de formation de sculpteurs sont très actives. 

Nous allons un peu à l'extérieur de la ville voir la grotte du Tigre, creusée à l'époque Pallava dans un gros rocher de granite, entourée de têtes de tigre. Le roi y tenait assemblée en trônant à l'entrée de la grotte.


Grotte du Tigre


Buckingham Canal

Nous prenons maintenant la route vers le sud. Nous faisons un premier arrêt le long du Buckingham Canal, très large canal utilisé pour approvisionner en eau les canaux d'irrigations alentour. Un peu plus loin, nouvel arrêt au milieu d'une zone de marais salants.

Nous arrivons finalement à Pondichéry, qui a repris son ancien nom de Pudducherry, l'un des cinq anciens comptoirs français en Inde, et allons à notre hôtel pour prendre notre repas de midi.


Marais salants

Après le repas, nous partons à pied faire une visite de la ville. Nous commençons par une fabrique de papier de luxe par des méthodes traditionnelles, qui appartient au célèbre Ashram de Sri Aurobindo (en fait, cet ashram, construit à Auroville dans la banlieue de Pondichéry, et tous ses satellites est devenu un véritable business, apparemment bien éloigné de l'esprit à l'origine de sa fondation). La fabrique est en grève et la visite n'a aucun intérêt. 


Joueurs de pétanque

Nous nous promenons un moment dans les rues du quartier français, dont les plaques portent encore des noms français, à côté de noms tamouls. C'est une promenade très agréable où l'on retrouve un petit air de France, largement mâtiné d'Inde. Mais les joueurs de pétanque sont bien là, et il ne manque plus que le pastis !

Notre promenade nous emmène jusqu'à la maison, un palais en fait, construit pour Dupleix lorsqu'il était gouverneur des Indes françaises ; c'est aujourd'hui le siège du gouvernement de la province. 


Maison de Dupleix


Statue de Gandhi

Après un arrêt à l'Alliance Française, riche d'une très belle bibliothèque, nous arrivons sur le front de mer le long de la Côte de Coromandel où se trouvent une statue de Dupleix et une autre de Gandhi. En ce début de soirée, la foule locale déambule tranquillement sur la digue qui protége la ville des colères de l'océan, le long duquel il n'y a pas de plage mais seulement des gros blocs de rochers apportés comme brise-lame. 


Front de mer

A la nuit tombée, nous affrétons une demi-douzaine de rickshaws pour rentrer à l'hôtel. Bien entendu, les conducteurs ne peuvent pas s'empêcher de faire la course entre eux dans d'une circulation très dense et complètement désordonnée au milieu de laquelle déambulent quelques vaches totalement indifférentes à ce qui les entoure. Par chance, tous les membres du groupe arrivent indemnes !

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette deuxième partie

Mercredi 18 février : la route nous conduit maintenant plein sud, traversant de riches zones agricoles où l'on cultive principalement du riz. Au bout de près de deux heures, nous arrivons à Chidambaram, petite ville connue pour son temple du Nataraja, le Shiva dansant.


Gopuram

Le premier temple a été construit sur ce site au VIème siècle par les Pallava, puis agrandi plusieurs fois jusqu'au XIVème siècle, époque où Chidambaram était la capitale du royaume Chola ; avec une superficie de 22 ha, il comporte quatre grands gopurams (deux dépassent 50 m de haut) ornés de statues de divinités hindoues très colorées et représentant les quatre points cardinaux. Devant l'entrée sont rangés plusieurs rathas, des chars en bois transportant les statues sacrées, tirés et poussés par de nombreux fidèles lors de processions.


Ratha


Salle hypostyle

Les colonnes de la salle hypostyle dite des mille piliers, en fait 984, sont toutes différentes : leurs sculptures sont des variations sur les 108 poses différentes décrites dans le Natya Sastra, le traité de la Danse sacrée, écrit au IIème ou IIIème siècle.

Les plafonds sont couverts de peintures représentant des scènes des grandes épopées hindoues, en particulier du Mahabarata. Certaines ont été rénovées récemment. 


Peintures du plafond


Cour intérieure

Plusieurs cours intérieures, fermées par des enceintes, entourent le sanctuaire principal où trône une statue de Shiva (inaccessible aux non hindous). 

Un grand bassin sacré est utilisé par les fidèles pour faire leurs ablutions et se purifier.

Après la visite du temple, nous allons prendre notre repas de midi dans un restaurant de la ville


Bassin sacré


Cargaison de canne à sucre

Après le repas, nous reprenons notre route vers le sud. Nous nous arrêtons dans un village d'agriculteurs  formé de petites maison en briques crues couvertes d'un toit de paille. L'activité agricole principale est la culture de la canne à sucre et du riz ; de nombreux tracteurs chargés de cannes circulent sur la route en direction de la sucrerie la plus proche car c'est la période de la récolte. 

Très bien reçus par les habitants, souriants et avenants, nous pouvons pénétrer dans quelques maisons, d'une remarquable propreté, affichant un confort sommaire.


Femmes devant une maison


Sanctuaire principal

Nous continuons jusqu'à Gangakondacholapuram, ancienne et éphémère capitale Chola, où se trouve le temple de Brihadishvara  dédié a Shiva, érigé au XIème siècle par l'empereur Chola Rajendra I. Ce temple n'est plus en activité mais il est encore sacré. Devant l'entrée trône un énorme Nandi, le taureau sacré de Shiva. Plusieurs sanctuaires secondaires, dédiés à Ganesh et à Parvati, entourent le sanctuaire principal.


Nandi


La Cauvery River

Un peu plus au sud, nous traversons la Cauvery River, le plus grand fleuve du sud de l'Inde qui traverse les états de Karnataka et Tamil Nadu. Son niveau est très bas, nous sommes en saison sèche, mais surtout la plus grosse partie de son eau est détournée pour l'irrigation, ce qui entraîne des conflits entre les deux états.

Nous arrivons maintenant à Kumbakonam, antique lieu de pèlerinage, devant le grand bassin sacré Mahamakham qui symbolise la confluence de toutes les rivières du monde, lieu de purification pour les Hindous.


Bassin Mahamakham


Temple Airavatishwara

Nous visitons aussi l'un des nombreux temple de la ville,  Airavatishwara, d'époque Chola dédié à Shiva. A l'entrée, un Nandi sous un toit soutenu par des colonnes monolithes en granite, a été habillé par les prêtres. L'avant salle à l'entrée représente un ratha, un chariot sacré. Un brahmane est en train d'officier dans le sanctuaire. 

A la nuit tombée, nous repartons toujours vers le sud jusqu'à Tanjore, appelée maintenant de son ancien nom Thanjavur, où nous nous installons à l'hôtel.


Brahmane officiant dans le sanctuaire


Avis de crémation

Jeudi 19 février : nous remontons la Cauvery River en direction de Tiruchirapalli, ville moyenne (847 000 hab) plus connue sous son nom britannique de Trichy, par une mauvaise route bordée de rizières et d'écoles d'ingénieurs. A l'entrée de la ville, arrêt sur un site de crémation où des intouchables préparent des bûchers avec des galettes de bouses de vache séchées et des morceaux de bois ; de nombreuses chèvres mangent les fleurs fanées, restes de cérémonies précédentes.


Intouchables préparant un bûcher funèbre

Nous voici maintenant au centre ville, très animé avec beaucoup de circulation. Une citadelle du VIIIème siècle, époque Pallava, et qui a connu bien des vicissitudes au cours de l'Histoire changeant de mains de nombreuses fois, domine la ville et la plaine. Deux temples sont construits sur ce rocher, le Sri Thayumanasami à mi-hauteur et le Vinayaka, dédié à Ganesh, au sommet.


Éléphant bénisseur

Nous devons enlever nos chaussures, comme dans tous les temples hindous, pour grimper les 420 marches menant au sommet. A l'entrée, une femelle éléphant "bénit" les visiteurs quand ils lui donnent un billet qu'elle remet aussitôt à son maître. 

Du sommet, on a une vue magnifique sur la ville.


Vue sur la ville du haut de la citadelle


Grotte Pallava

Au pied du rocher, un peu sur le côté, une grotte dédiée à Vishnou a été creusée au VIème siècle, au début de l'époque Pallava

Nous flânons un moment dans les rues autour de la citadelle avant de rejoindre notre car.


Scène de rue


Brahmanes

A la sortie de la ville, au bord de la Cauvery River, se tient une cérémonie d'offrande aux brahmanes, où un groupe de brahmanes assis par terre reçoit des petites offrandes en échange de bénédictions. 

Quelques km plus loin, nous arrivons au temple de Sri Jambukeshwara, petit temple du XIIème siècle d'époque Pallava consacré à Shiva et Parvati. Son petit gopuram est très décoré. 


Gopuram


Grands gopuram

Nous terminons nos visites à Trichy par le temple de Sri Ranganathasami, gigantesque ensemble religieux dédié à Vishnou, l'un des plus grands d'Inde (60 ha), construit au Xème siècle, et que toutes les dynasties qui se sont succédé ont voulu agrandir. La structure actuelle date de l'époque Vijayanagar mais la construction continue : le plus grand gopuram, de 73 m de haut, très coloré mais avec une décoration peu recherchée, a été achevé en 1987. Il comporte sept enceintes concentriques et il est surmonté de 21 gopuram. La coupole du sanctuaire principal est entièrement dorée à la feuille.


Coupole dorée du sanctuaire principal


Nataraja en bronze

Après ces visites, nous allons prendre notre repas de midi au restaurant puis retournons avec peine à Tanjore, le trafic étant encore plus intense que le matin. 

Nous allons maintenant visiter l'ancien palais royal construit au XVIème siècle. Une partie du bâtiment est en restauration ; une autre partie a été aménagée en musée où est exposée une magnifique collection de bronzes de la dynastie Chola. en particulier des nataraja (Shiva seigneur de la danse)


Nataraja en bronze

Nous rentrons à notre hôtel pour assister à un petit spectacle de danse classique du Tamil Nadu avant le repas.


Vimana et Nandi sous la colonnade

Vendredi 20 février : lever très matinal pour aller visiter le temple et fort de Brihadishwara, érigé en 1010 par le roi Chola Raja Raja et dédié à Shiva. Ce temple, immensément riche, jouait le rôle d'usurier du royaume. Plus de quatre cents devadasi y résidaient en permanence.

De nombreuses constructions de chapelles secondaires sont venues compléter cet édifice jusqu'au XVIIIème siècle. Surnommé le "Grand Temple", l'ensemble est maintenant classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. 


Colonnade le long du mur d'enceinte


Lingam et yoni, et peinture murale

Il comprend de nombreux sanctuaires secondaires alignés sous une colonnade qui fait le tour complet de l'ensemble, avec 250 lingam et yoni dans des petites salles aux murs peints des XVIème et XVIIème siècles, réparties le long de la muraille d'enceinte. Contrairement aux autres temples du Tamil Nadu, il n'y a pas de grands gopuram, l'édifice le plus haut, le vimana, tour qui surplombe le sanctuaire principal, a une hauteur de 66m.

Ici aussi sévit un éléphant bénisseur.


Éléphant bénisseur


Fonderie du bronze

Nos visites terminées, nous reprenons la route. Arrêt à la sortie de la ville chez un artisan qui fait des moulages en bronze à la cire perdue. Nous assistons à une démonstration du procédé puis faisons quelques achats à la boutique attenante.

Et nous continuons vers le sud-ouest. Au bout d'une bonne heure, arrêt au bord de la route, devant des paysans qui écossent et font griller des noix de cajou ; dégustation et achat. 


Grillade des noix de cajou

Après un trajet long et difficile à cause de travaux de construction d'une nouvelle route et de fort trafic, nous arrivons à Madurai, l'une des plus anciennes cités d'Inde du Sud, connue des Romains et citée par Strabon et Pline, et la deuxième ville du Tamil Nadu moderne. Nous allons tout d'abord à notre hôtel pour déjeuner puis découvrons les principaux monuments de la ville. 


Grand hall d'apparat du palais

Du palais de Tirumalai Nayak, de style indo-italo-musulman édifié au début du XVIIème siècle par le souverain qui lui a donné son nom, il ne reste qu'une petite partie du monument d'origine, aujourd'hui en restauration, si bien qu'il n'y a pas grand chose à voir, même si de nombreux écoliers y viennent sous la conduite de leurs professeurs.

 


Écolières en visite


Temple Sri Minakshi

Pour accéder au temple de Sri Minakshi, immense temple construit au XVIIème siècle par le même souverain dans le style architectural dravidien, il faut passer un contrôle très symbolique et quitter même ses chaussettes. 

Il est lui aussi en restauration avec des échafaudages partout, et ses nombreux gopuram sont tous dissimulés sous des tentures en feuille de palmier. Les plafonds sont peints de scènes mythologiques avec des couleurs souvent criardes.


Plafond peint


Lotus d'or

Ce temple est toujours un lieu de pèlerinage fréquenté. Chaque soir a lieu la cérémonie du mariage de Shiva et de Parvati, ici célébrée sous la forme Minakshi (la  déesse aux yeux de poisson). Le bassin sacré du Lotus d'or occupe le centre du sanctuaire de Minakshi. Selon la tradition, on y jetait les nouveaux ouvrages littéraires ; ils ne flottaient que s'ils avaient de la valeur.

A quelques km de là s'étend l'immense bassin de Mariamman Teppakkulam creusé en 1645 par Tirumalai Nayak.


Bassin de Mariamman Teppakkulam

Après la visite, nous avons droit à l'inévitable séance de présentation de tapis, une des spécialités de la ville, dans une boutique voisine (sans aucun intérêt). A la nuit tombante, nous rentrons à l'hôtel par des rues complètement embouteillées, un peu déçus par cette ville pourtant réputée très intéressante.

Samedi 21 février : lever avant l'aube pour un long trajet en car, nous allons maintenant rejoindre la côte ouest de l'Inde dite Côte de Malabar. Pour cela, il faut traverser les Ghats occidentaux, chaînes de montagnes culminant à plus de 2000 m, que nous franchirons par plusieurs cols. 


Vignoble

Nous traversons plusieurs vallées agricoles, où sont cultivés majoritairement le riz, la canne à sucre et la noix de coco, mais aussi, ce qui nous a un peu étonnés, la vigne pour faire du raisin de table et du jus de raisin (depuis quelques années, certaines régions de l'Inde se lancent aussi dans la vigne pour produire du vin). 

Arrivés à Gudalur, au sommet d'un col qui sépare les états du Tamil Nadu et du Kerala, nous faisons halte dans le Parc National de Peryiar ; nous visitons un jardin d'épices où un guide local nous montre les diverses espèces cultivées dans la région  


Poivrier


Le restaurant dans la forêt

Après la visite, nous allons déjeuner dans un agréable restaurant dans la forêt et puis nous continuons sur notre difficile route de montagne. 

L'arrivée vers le troisième col se fait au milieu de luxuriantes plantations de théiers. Au sommet du col est construite une église moderne, l'église Saint François, entourée de collines couvertes de théiers. 


Nous à Mont Saint François et plantations de théiers


Paysage de moyenne montagne

Arrêt une heure plus tard à Pullupara Checkpost, en redescendant le col, dans un splendide paysage de moyenne montagne.

Plus bas dans la descente, nouvel arrêt dans une plantation d'hévéas : le caoutchouc est une des ressources principales du Kerala, l'un des états les plus riches de l'Inde, dirigé par le seul gouvernement "communiste" (l'équivalent de nos socio-démocrates européens) du pays, avec un taux d'alphabétisation de 97 %, le record absolu en Inde.


Plantation d'hévéas

Et nous poursuivons notre descente jusque dans l'étroite bande côtière, où l'essentiel de la population de l'état se concentre. Nous arrivons enfin à Kumarakom, station balnéaire au bord des "backwaters", enchaînement d'étangs d'eau douce séparés de l'océan par un étroit cordon littoral, assez similaire à ce qu'on trouve dans notre région du Languedoc-Roussillon.

Nous nous installons dans un hôtel super-luxe et, comme il n'est pas encore trop tard, nous profitons de la splendide piscine à débordement avant d'aller dîner.  


Coucher de soleil à notre hôtel à Kumarakom

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette troisième partie

Dimanche 22 février : la journée commence par une mini-croisière d'environ deux heures et demie sur les backwaters, direction sud, jusqu'à Allepey. C'est une promenade calme et agréable dans un paysage très paisible, mais finalement un peu monotone car on ne voit pas grand chose et le décor manque un peu de variété. 

Ces backwaters s'étalent sur environ 120 km de longueur, sur une largeur de 3 à 4 km, avec une profondeur moyenne de 3 m. Elles constituent un axe de communication majeur pour l'état du Kerala, à la fois pour les marchandises et pour les voyageurs. Quarante quatre rivières et canaux se jettent dans cet ensemble qui se jette à son tour dans la mer.


Cocotiers et jacinthes d'eau

Comme partout dans les régions tropicales, ces eaux douces et calmes sont envahies par les jacinthes d'eau, une nuisance majeure qui étouffe les zones humides. Contrairement à ce qu'on pourrait s'attendre, les oiseaux sont peu nombreux (quelques canards, hérons, cormorans et aigrettes). 

Les petits canaux sont bordés sur toute leur longueur de maisons abritées du soleil sous des cocotiers. Derrière s'étendent des rizières à perte de vue.


Femme faisant sa lessive devant sa maison


Bateau-habitation

Sur ces eaux peu profondes croisent de nombreux bateaux-habitations à fond plat, en bois et paille de palmier, tous équipés de moteur ; certains paraissent même luxueux. On y voit aussi des barques de pêcheurs et quelques bateaux de touristes.

Nous débarquons à Allepey, dans un hôtel similaire à celui de notre point de départ.


Petite barque et passagers


Affiche électorale vus le long de la route

Après le repas, nous repartons vers le nord sur la grande route nationale qui va du nord au sud le long de la côte. En fait, il s'agit d'une route étroite et en mauvais état, enchaînant les virages, dans une zone urbanisée en permanence, et surchargée de trafic. 

Comme nous sommes en période électorale, les élections à la Lok Saba, l'équivalent de notre Assemblée Nationale, étant prévues fin mars, les affiches électorales fleurissent partout.

Au bout d'environ cinq heures de circulation difficile, nous arrivons enfin à Cochin, notre nouvelle étape. 


Les personnages du Kathakali

Dans la soirée, le Cochin Cultural Centre nous permet d'assister à un spectacle de Kathakali, danse traditionnelle du Kerala. Après avoir assisté au maquillage des acteurs, nous allons dans une petite salle remplie de touristes où se tient le spectacle. 

C'est d'abord, une présentation des mouvements de la danse (yeux, sourcils, tête, bras,...) accompagnés d'un tambour, chacun ayant une signification précise. Ensuite, deux acteurs (l'un jouant le rôle d'une femme) interprètent une scène moralisante du Mahabarata avec un accompagnement par deux percussionnistes.


Spectacle : le prince et le démon déguisé en femme

Lundi 23 février : la journée commence par la visite de Cochin, aujourd'hui appelée Kochi, son nom d'avant la colonisation. C'est un grand port et la plus grande ville du Kerala construite sur une multitude d'îles et sur le continent ; le quartier d'Ernakulam, le cœur moderne situé sur le continent, est la partie la plus peuplée de la ville. On y trouve de nombreuses influences : européennes (portugaise, hollandaise, anglaise), mais aussi juive, arabe et chinoise. 


Carrelets chinois

Nous commençons notre visite par le quartier des pêcheurs le long des backwaters. La pêche, peu productive, est faite à l'aide de grands carrelets manipulés par plusieurs hommes, introduits autrefois par les chinois.

Très proche, voici l'église Saint François, construite en 1503 par les Portugais. Vasco de Gama y a été inhumé en 1524 pendant 14 ans avant que sa dépouille ne soit transférée à Lisbonne ; reste la pierre tombale.


Intérieur de l'église Saint François


Le restaurant

Nous allons ensuite visiter Fort Cochin avec son Palais Hollandais, en restauration. A l'intérieur se trouvent de splendides fresques représentant des scènes du Ramayana et du Mahabarata (photos interdites), les grandes épopées de la mythologie hindoue. Nous allons ensuite déjeuner dans un agréable restaurant installé dans une ancienne grande demeure coloniale datant de l'époque hollandaise.

Après le repas, nous reprenons notre route vers le nord, qui traverse une succession ininterrompue de villes et de villages surpeuplés. Nous arrivons en fin d'après-midi à Calicut, appelée aujourd'hui de son ancien nom Kozhikode, et nous installons dans un magnifique hôtel en pleine forêt tropicale.

Mardi 24 février : départ matinal vers le nord-est, d'abord dans des zones très peuplées, puis nous montons à l'assaut des Ghâts occidentaux par une route difficile, en lacets très courts et très serrés entaillés dans la roche volcanique  - le basalte des célèbres Trapps du Dekkan répandus à la fin du crétacé par un système volcanique de "point chaud" sur plus de 1,5 millions de km² (ils pourraient avoir une part de responsabilité importante dans la disparition des dinosaures à la fin du mésozoïque). Nous nous arrêtons à un "point de vue" proche du sommet du col, mais à cause de la brume nous ne voyons qu'à courte distance, les lointains sont complètement brouillés. Quantité de petits marchands attendent les touristes pour leur proposer souvenirs, boissons et glaces. 


La route entaillée dans le basalte


Serre et jacquier au sommet du col

Nouvel arrêt un peu plus loin au sommet du col, entouré de plantations de thé, où se trouvent des boutiques de souvenirs et des serres.

Deux heures plus tard, en traversant la Mudumalai Wildlife Reserve, nous voyons un petit groupe d'éléphants sauvages qui broutent sous les arbres ; en particulier une mère et son petit sont proches de la route et à portée d'appareil photo.


Mère éléphant et son petit

Entrée dans l'état de Karnataka et nouvel arrêt à Gundlupet, où il n'y a rien à voir. Une heure plus tard, nous arrivons à Mysore, notre nouvelle étape ; nous allons directement à notre hôtel pour déjeuner.

Deuxième ville du Karnataka, Mysore était le siège de la dynastie Wodeyar, l'une des plus puissantes de l'Inde à l'époque coloniale. Le maharadjah de Mysore est devenu le gouverneur de l'état du même nom en 1956. L'état a été rebaptisé Karnataka en 1972, avec Bangalore comme capitale, et l'actuel maharadjah n'a plus aucun rôle politique. Le plus grand écrivain indien en langue anglaise, R.K.Narayan, né à Madras, y a passé la plus grande partie de sa vie et écrit l'essentiel de son œuvre.


Palais du maharadjah

Après le repas, nous allons visiter le palais. L'ancien bâtiment en bois précieux ayant été détruit par un incendie en 1897, il a été reconstruit en 1912 dans un style néo-moghol pompeux qui fait penser à un décor de cinéma en carton pâte. Il est toujours habité par la famille du maharadjah, mais ses salles d'apparat, au décor un peu kitsch et tape-à-l'œil, sont ouvertes au public (photos interdites).

Plusieurs sanctuaires hindous sont disséminés dans les grands jardins, le plus important étant le temple de Sri Shweta Varahaswami dédié à Vishnou


Temple de Sri Shweta Varahaswami


Temple de Sri Chamundeswari

A grand peine, dans une circulation chaotique et parmi les vaches sacrées plus nombreuses ici qu'ailleurs, nous allons à Chamundi Hill, colline surplombant la ville, où se trouve le temple de Sri Chamundeswari du XVIIème siècle dédié à Shiva. De nombreux petits singes escaladent le monument. 

Un Nandi, le taureau de Shiva, haut de 5 m taillé dans un bloc de granite attire quantité de fidèles. Il est enduit d'une couche noire de charbon, beurre clarifié et coque de noix de coco, et décoré de guirlandes. 


Nandi

Après ces visites et à la nuit tombante, nous rentrons à notre hôtel, dans une circulation toujours aussi intense, bruyante et désordonnée. 


Marchands de légumes

Mercredi 25 février : de bon matin, nous allons d'abord visiter le marché Devaraja, réputé être l'un des plus animés et pittoresques de toute l'Inde. On y trouve toutes sortes de légumes locaux bien ordonnés sur leurs stands, des épices multicolores et très odorantes, des monticules coniques de kumkum (poudres colorées pour divers symboles et rituels religieux), des savons et parfums, des couronnes fleurs qui embaument. A cette heure matinale, on voit très peu de touristes, mais presque uniquement des chalands locaux encore peu nombreux qui viennent faire leurs courses.


Marchand de couleur et sa cliente


Femmes arrachant le riz pour le repiquage

Après le marché, nous allons faire quelques visites dans les environs. La route traverse des zones agricoles où l'on cultive du riz, de la canne et des cocotiers. 

Les travaux des champs vont bon train : labourage et préparation des champs avant la plantation, et repiquage du riz. 


Labourage du champ avant le repiquage du riz


Sanctuaire principal

Nous arrivons à Somnathpur situé à une trentaine de km, au temple de Keshava dédié à trois avatars de Vishnou. Le sanctuaire du XIIIème siècle en stéatite en forme d'étoile à seize branches, chef d'œuvre de l'architecture de la dynastie Hoysala, est couvert de sculptures représentant des scènes du Ramayana, du Mahabarata et de la vie des rois Hoysala. Les colonnes à l'intérieur ont été tournées en utilisant des cordes trempées dans de l'eau et de la poudre abrasive, et tirées par des éléphants. Au XVème siècle, lors des invasions musulmanes par les sultans de Delhi, les statues ont été mutilées (nez coupés), et le temple a été désacralisé.


Intérieur du sanctuaire principal

La visite terminée, nous retournons à Mysore. Après un bref arrêt dans une boutique d'artisanat à prix fixe agréée par le gouvernement, nous allons prendre notre repas de midi à notre hôtel.

Après le repas, un "magicien" local nous fait un petit spectacle de magie pendant lequel il nous montre ses talents d'illusionniste. Ensuite, nous repartons vers Sriranganapatnam, au bord de la Cauvery River à une quinzaine de km de Mysore.


Palais et jardin d'été de Tipu Sultan

Nous visitons d'abord le Daria Daulat Bagh, le pavillon d'été (photos des splendides décorations intérieures interdites) et le grand jardin de Tipu Sultan, fils de l'usurpateur Hyder Ali, qui a régné sur la région à la fin du XVIIIème siècle et qui a vainement attendu le secours de Bonaparte contre les Anglais, jamais arrivé à cause de la destruction de la flotte française à Aboukir par Nelson. Ce palais a été la résidence de Wellington après sa victoire sur Tipu Sultan et la mort de ce dernier.

Sur le même complexe a été érigé un mausolée où sont enterrés Tipu Sultan, Hyder Ali et son épouse, et quantité d'autres personnes.


Mausolée de Tipu Sultan et de ses parents

Nous circulons ensuite avec notre car dans la forteresse de Srirangapatnam dont il ne reste que quelques ruines interdites d'accès et la Water Gate, la porte devant laquelle Tipu Sultan a été tué. L'ensemble du site est maintenant occupé par un village.


Vue sur la ville et le bassin sacré depuis le temple

Jeudi 26 février : départ matinal et cap au nord. Nous montons en altitude et le ciel devient de plus en plus brumeux.

Au bout de deux heures de route, nous arrivons à Sravanabelagola, petite ville où se trouve un temple Jain au sommet d'un promontoire rocheux, Vindhyagiri Hill, que l'on escalade sans chaussures par 614 marches creusées dans le granite. Il est aussi possible de se faire véhiculer par des chaises à porteurs, ce que font certains membres de notre groupe. Du sommet, on a une vue splendide sur la ville et ses environs, un peu brouillée à cause de la brume.


Colonnade à l'intérieur du temple

Au centre de ce temple du Xème siècle se trouve une statue de 17,5 m de hauteur de la divinité jaïne Gomateshvara, nom donné à Bahubali (fils de l'empereur Vrishabhadeva de la dynastie Ganga) l'un des fondateurs divinisé du jaïnisme. Il devint le premier "Tirthankar", le "maître jaïn vénéré" ; il est représenté nu, envahi par les lianes du fait de son immobilité prolongée. Cette statue a été taillée dans le roc, qui a été ensuite arasé autour pour construire le temple. 

Sous les colonnades sont alignées de nombreuses statues d'autres Tirthankara plus récents, aussi représentés nus. 

Nous repartons maintenant vers le nord pour arriver à Hassan deux heures plus tard, et nous installons à notre hôtel, assez rustique mais plutôt agréable, avant d'aller déjeuner.

Statue de Bahubali 


Gopuram

Après le déjeuner, nous allons à Belur situé à une trentaine de km, où se trouve le temple de Channekeshava, érigé au XIème siècle par la dynastie Hoysala et dédié à Vishnou.

l'extérieur du sanctuaire, construit en stéatite, est entièrement et délicatement sculpté de scènes de la mythologie hindoue liées à la vie de Vishnou et de ses nombreux avatars.  Son gopuram à sept étages, de construction plus tardive, date du XIVème siècle, époque vijayanagar.


Sanctuaire principal


Colonne tournée et sculptée

A l'intérieur, les colonnes en stéatite, toutes différentes,  sont tournées selon la technique hoysala. Chaque caisson du plafond est formé d'un bloc de stéatite qui a été excavé et sculpté.

Un brahmane attend les offrandes devant l'autel du sanctuaire principal.

Plusieurs sanctuaires secondaires sont disséminés dans la cour intérieure, autour du sanctuaire principal.


Brahmane attendant les offrandes

Nos visites terminées, nous rentrons péniblement (trafic très dense et désordonné comme partout en Inde) à Hassan et à notre hôtel.

Vendredi 27 février : nous allons ce matin à Halebid, petite ville proche d'Hassan, ancienne capitale de la dynastie Hoysala de 1108 à 1343. Plusieurs temples y ont été érigés pendant cette période ; nous en visitons trois.


Vue extérieure du temple

Le premier est le temple jaïn de Parshvanatha édifié au début du XIIème siècle sous Hoysala Visnuvardana, un des premiers souverains de la dynastie, de foi jaïn passée ensuite à l'hindouisme, ce qui explique que les sculptures extérieures soient inachevées. Ce temple a été désacralisé au XIVème siècle à la suite des dommages qui lui ont été infligés par les invasions musulmanes. 

Comme dans les autres temples de style hoysala, on retrouve une colonnade intérieure formée de colonnes en stéatite tournées et sculptées.


Colonnade intérieure


Shiva et Parvati sur le Nandi

A proximité, nous visitons un plus petit temple jaïn datant de la même époque consacré à Shiva, le temple de Kedareshwara. Il a été désacralisé lui aussi au même moment que le précédent. Il est couvert de sculpture extérieures très fines. Le lingam et le yoni, symboles de l'adoration de Shiva, sont encore présents mais n'ont plus de valeur sacrée.


Lingam et yoni


Mur sculpté

Nous terminons par le temple principal d'Halebid, le temple de Hoysaleswara, dédié à Shiva, inachevé malgré plus de 80 ans de travail au XIIème siècle. Il comporte deux sanctuaires jumeaux reliés entre eux, l'un pour le roi et l'autre pour la reine. Il est aussi désacralisé, mais l'un des sanctuaires est encore actif, et un brahmane y attend les offrandes.


Porte d'accès au sanctuaire


Brahmane attendant les offrandes

L'intérieur et l'extérieur sont couverts de sculptures représentant des divinités et des sages hindous, des animaux et des scènes du Ramayana et du Mahabarata, et des scènes de la vie des souverains Hoysala. Les piliers de la colonnade intérieure, tournés selon la même technique hoysala, sont sculptés et tous différents.

Un gros Nandi monolithe se trouve sous une halle hypostyle dans la cour du complexe cultuel.


Gros Nandi

Retour à Hassan pour déjeuner, et nous repartons vers l'est par la route qui mène à Bangalore. Au début, nous roulons sur le plateau dans la forêt tropicale, ponctuée de villages d'agriculteurs faisant principalement de l'élevage et des plantations (cocotiers et tecks). Après une centaine de km, les villages deviennent plus nombreux et plus grands, la population et la circulation se densifient. Nous nous arrêtons dans un village où poussent d'immenses banians dont les racines aériennes forment un tunnel au-dessus de la route.

Un interminable chantier de construction routière rend la circulation de plus en plus difficile au fur et à mesure que nous nous approchons de Bangalore. A une trentaine de km de la ville, tout est bloqué et nous avançons à grand peine. La ville, la cinquième du pays, connaît un développement extrêmement rapide, basé sur les nouvelles technologies de l'informatique et de la communication. C'est un grand chantier, avec des constructions nouvelles partout, immeubles, usines, universités, autoroutes, etc. Nous arrivons enfin à un hôtel dans la ville moderne où nous dînons avec notre groupe pour la dernière fois. Après le repas, nous le quittons pour aller nous installer dans un autre hôtel plus proche de l'aéroport.


Banian au bord de la route

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette quatrième partie

Samedi 28 février : lever très matinal, pour aller au nouvel aéroport ultramoderne situé à 25 km, et symbolisant bien les grandes ambitions de Bangalore, et de l'Inde d'une manière plus générale, en matière de développement économique. La circulation est très fluide à cette heure. Nous prenons notre avion pour Delhi (2h30 de vol) où notre fils vient nous accueillir à l'aéroport.


Boutique du marché de Dilli Hatt

Quelques heures plus tard, nous allons au marché de Dilli Hatt, proche de chez notre fils. Ce marché, organisé par le gouvernement, comporte un grand nombre de boutiques et de restaurants qui représentent tous les états de l'Inde. Nous commençons par déjeuner à la boutique représentant l'état de Hyderabad, puis allons faire quelques achats de souvenirs. 

Le soir, nous sommes invités à une soirée avec des amis de notre fils, celui-ci fêtant son anniversaire aujourd'hui avec deux jours de retard sur la date réelle.

Dimanche 1 mars : nous allons déjeuner dans un restaurant proche avec notre fils puis allons visiter le site de Qutub Minar au sud de la ville. On y trouve les ruines d'un ensemble de monuments des XIIème et XIIIème siècles construits par les Sultans de Delhi, d'origine turco-afghane, qui régnaient sur la majeure partie du nord de l'Inde


Le grand minaret

Le grand minaret, haut de 73 m et situé dans un angle de la mosquée, symbolise la victoire de Qutub-ud-Din sur l'infidèle Prithvi Raj en 1192. Commencé par Qutub-ud-Din en 1189 et continué par son gendre et successeur Iltutmish, il a été ébranlé par un tremblement de terre à la fin du XIVème siècle et réparé peu après, mais a gardé sa légère inclinaison depuis. Les sculptures de chacun de ses cinq étages sont différentes.

L'Alai Minar, construit un siècle plus tard dans un autre angle pour être deux fois plus haut, n'a jamais été achevé.


Alai Minar


Colonnade de la mosquée

La mosquée Quwwat-ul-Islam a été construite sur les fondations d'un temple hindou détruit par les musulmans. Les pierres ayant servi à la construire proviennent de la destruction d'une vingtaine de temple hindous et jaïns avoisinants. Elle n'est plus active aujourd'hui.

La grande cour centrale est entourée de colonnes sculptées. Au milieu se trouve une colonne en fer qui daterait du Vème siècle dont on ignore la provenance ; étrangement, ce pilier ne rouille pas. 


Jean-Claude et Bertille à Qutub Minar

Ces visites terminées, nous revenons chez notre fils pour nous préparer en vue de notre retour en France. Puis nous allons à Gurgaon, située à une trentaine de km de Delhi, proche de l'aéroport, où sont concentrées la majeure partie des filiales locales des entreprises étrangères. Après que notre fils nous a montré son lieu de travail, nous allons dîner et nous prenons ensuite le chemin de l'aéroport d'où notre avion pour Paris doit partir dans la nuit.

Lundi 2 mars : trajet aérien Delhi - Paris, suivi de quelques heures d'attente à Roissy pour notre correspondance et direction l'aéroport de Montpellier ; et  nous arrivons chez nous en début d'après-midi, un peu fatigués mais ravis par ce beau voyage tout à fait passionnant.


Documentation et bibliographie :

- guide Inde du Sud Lonely Planet
carte India South, dans la collection Nelles Map
- l'Inde, collection "Peuples et Nations" Time - Life
- l'Hindouisme par Louis Renou, Que sais-je ?
- les littératures de l'Inde par Louis Renou, Que sais-je
- Mes jours : mémoires d'un Indien du sud par R.K.Narayan, Le serpent à plumes
- le Râmâyana conté selon la tradition orale, Albin Michel
- le Mâhâbharata conté selon la tradition orale, Albin Michel
- sur internet, journaux de voyage en Inde du Sud : http://www.mackoo.com/inde_sud/, http://www.baudelet.net/voyage/inde/inde-sud.htm, http://www.3semaines.info/indedusud/
- site de l'Ambassade d'Inde en France : http://www.amb-inde.fr/fr/index.asp,
- demande de visa pour l'Inde : http://www.visas-pour-inde.com/, ou http://www.vfs-in-fr.com/french/index.aspx

 

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