Vendredi 31 août : nous partons de Montpellier pour un voyage de trois semaines en camping-car en Italie du nord ; au programme les grandes villes du bassin du . Nous prenons l’autoroute, malgré le prix élevé du péage (29,30 €), jusqu’à sa fin provisoire à proximité de Gap, où nous prenons la D 942, puis la N 94, traversons Briançon où nous nous arrêtons dans un Hyper Champion pour faire quelques courses, et escaladons le col du Montgenèvre par lequel nous entrons en Italie. Par la SS 24, puis la A 32, nous redescendons le col le long de la Dora Riparia, en passant sous de nombreux tunnels.

 

Nos étapes

 1 - Turin  2 - Milan  3 - Bergame  4 - Vérone
 5 - Vicence  6 - Venise  7 - Ferrare  8 - Modène
 9 - Parme 10 - Pavie 11 - Remollon   

Bref arrêt pour faire une photo des ruines de l’abbaye fortifiée de Sacra de San Michele, véritable nid d’aigle perché sur un piton rocheux difficile d’accès, puis nous arrivons à Turin. Nous traversons toute la ville par le cours de la Reine Marguerite, et arrivons au Camping Villa Rey perché sur une colline, un peu spartiate, et cher (27 € la nuit avec 10 % de réduction grâce à la Camping Card International), mais unique camping de Turin, situé dans les jardins de la Villa Rey, autrefois belle maison seigneuriale aujourd’hui bien fatiguée.


Sacra de San Michele

Samedi 1 septembre : première journée de visite de Turin. Cette ville a la réputation, non justifiée, d’être sans intérêt touristique, alors qu'il y a beaucoup de choses à voir. Du camping, nous prenons le bus N° 56 dont l’arrêt, Hermada Sud, est à environ 400 m, (fortement en contrebas, facile à descendre, plus dur à remonter) qui nous emmène au centre-ville en moins d’une demi-heure. Nous allons jusqu’à Piazza Solferino, où se trouve l’office de tourisme de Turin, pour prendre une TP (Torino + Piemonte) Card pour deux jours à 18 € par personne (1 € de réduction possible avec la carte FNAC, malheureusement restée à la maison !) qui donne accès à tous les musées de la ville, aux transports publics, et quantité d’autres choses dans la région.


La citadelle

Nous commençons par prendre un circuit d’une heure avec le TurismoBus Torino, partant en face de l’office de tourisme toutes les heures, ce qui nous permet d’avoir une vue d’ensemble de la ville. Au retour, après avoir fait le tour de ce qui reste de l’ancienne citadelle, nous allons sur la Piazza San Carlo, dessinée en 1642-1650 par l’architecte Carlo di Castellamonte, et réputée être l’une des plus belles places d’Italie. Ensuite nous prenons notre repas de midi à proximité dans une sandwicherie bio recommandée par notre guide. 


Piazza San Carlo


Vue générale de Turin (avec les jardins et le Palais Royal)

Après le repas, nous allons au Mole Antonelliano, énorme coupole surmontée d’une flèche culminant à 167 m et symbole de Turin. Construit au XIXème siècle, et prévu à l’origine pour être une synagogue, cet étrange édifice abrite aujourd’hui le musée national du cinéma, très pédagogique et bien présenté ; en particulier, la salle principale, où sont présentés des extraits de grands films italiens, est équipée de chaises longues très confortables dans lesquelles il est agréable de se reposer un moment. Du haut du bâtiment, où l’on monte avec un ascenseur, on a une vue panoramique exceptionnelle sur la ville.


Façade du Palazzo Madama

Après, nous allons visiter les jardins royaux, puis marchons vers la place du Palais Royal. Sur cette place se trouvent plusieurs des principaux monuments de la ville tels que le Palais Royal, occupé par la famille régnante de Savoie de 1646 à 1865, le Palazzo Madama, bâtiment étrange avec une structure de château fort médiéval et une façade baroque, construit à l’emplacement d’une ancienne porte romaine, habité autrefois par Christine de France, et l’église San Lorenzo, chef d’œuvre baroque du XVIIème siècle avec sa coupole à nervures croisées.


Coupole à nervures de l'église San Lorenzo

Après avoir flâné un moment dans la rue Garibaldi, rue piétonne et commerçante très animée, nous rentrons au camping par le bus 56, et escaladons avec peine à pied les 400 derniers mètres.

Dimanche 2 septembre : suite de la visite de Turin - le service de bus pour les jours « festivi » est en application : la ligne 55 remplace les autres lignes pour aller au centre-ville, avec une fréquence réduite (voir note à la fin du journal). Nous allons d’abord visiter le Musée des antiquités égyptiennes, le plus riche au monde après celui du Caire, où sont exposés les objets rapportés d’Égypte par les archéologues italiens Drovetti (début XIXème siècle), Schiaparelli et Farina (début XXème). Les collections du rez-de-chaussée et du sous-sol sont remarquablement bien mises en valeur, tandis que celles du premier étage sont présentées dans un aimable désordre. En particulier, la reconstitution de la tombe de l’architecte Kha et de son épouse Merit vaut à elle seule la visite par la richesse des objets découverts et leur état de conservation.


Statue égyptienne


Façade du Palais Carignan

Après avoir pris le repas de midi dans une pizzeria voisine, nous sommes allés visiter le Palais Carignan situé juste à côté ; ses façades, baroque blanche d’un côté et de brique rouge avec une entrée de plan elliptique de l’autre, lui donnent un aspect assez surprenant. Ensuite, nous traversons la Galerie de l’Industrie Subalpine, élégant passage couvert en fer et verre typique du style « art nouveau » réalisé par Pietro  Carrera en 1873, pour arriver sur la Piazza Castello, centre de la ville de Turin.


Galerie de l'Industrie Subalpine


Antique pharmacie

Nous allons dans la partie la plus ancienne de la ville, la Contrada dei Gardinfanti,  où on rencontre des boutiques originales, et dont la structure des rues est restée fidèle au plan romain de l’antique Augusta Taurinorum. 

Nous faisons l’impasse sur le musée du « Saint Suaire » où se trouve l’une des plus belles impostures de tous les temps (un linge dit avoir enveloppé le corps du Christ après sa mort, et ayant gardé son image, mais daté du Moyen Âge au carbone 14 par plusieurs laboratoires indépendants !), et allons à l’église de la Consolata, édifice baroque flamboyant tout à fait étonnant. 


Buffet d'orgues de l'église de la Consolata


Porte Palatine

Nous passons ensuite par la Porte Palatine, porte bien conservée des remparts romains, faisons un bref arrêt au Duomo – la cathédrale St Jean Baptiste – où il n’y a rien à voir, puis arrivons au Palais Royal, où nous voyons partir la visite guidée de 15h30 ; la suivante étant à 17h, nous ne visitons pas l’intérieur du palais.

Nous nous dirigeons ensuite vers la place Vittorio Veneto, immense place rectangulaire bordée par le sur l’un de ses petits côtés puis allons faire une promenade au bord du fleuve.


Place Vittorio-Veneto


Le Pô à Turin

Après l’avoir traversé par le pont Victor-Emmanuel II, nous allons voir l’église ronde Gran Madre de Dio inspirée du Panthéon de Rome, puis rentrons fourbus au camping où une bonne douche nous revigore.


Pont Victor-Emmanuel II et église Madre de Dio

Lundi 3 septembre : nous prenons l’autoroute A 4 pour Milan, capitale de la Lombardie, capitale économique de l’Italie et capitale mondiale de la mode. Tout le long du trajet, deux heures environ, on assiste à une véritable frénésie de construction d’infrastructures : élargissement de l’autoroute, nouveaux ponts, et surtout nouvelle ligne de chemin de fer à grande vitesse Turin-Milan-Bologne. Nous allons nous installer au camping Città di Milano (21 € la nuit avec la réduction Camping Card International), unique camping de Milan situé à l’ouest de la ville, un peu à l’extérieur, confortable et très bien aménagé avec tous les services nécessaires (4 *). Son adresse postale est via Gaetano Airaghi, mais on y accède en réalité par la via Vittorio de Sica, au carrefour des deux rues.


Intérieur de la Scala

Après avoir pris notre repas de midi au camping, nous prenons le bus à l’arrêt Madonna Providenza, situé à environ 300 m du camping, où deux lignes, la 64 et la 72, un bus toutes les 12 mn, conduisent à la ligne 1 du métro, qui permet d'aller directement au centre ville, station Duomo (durée du trajet environ ¾ d’heure, 1 € par personne). On peut aussi prendre la 423, dont l’arrêt est plus proche, mais la fréquence d’un bus par heure en heure creuse n’est pas pratique.

Nous faisons d’abord un bref passage à l’office du tourisme situé sur la place du Duomo pour compléter les informations dont nous disposons, puis partons faire un grand tour de la place, et prenons ensuite une rue adjacente pour aller visiter le musée de la Scala qui présente de nombreux souvenirs rappelant les artistes, compositeurs, musiciens et chanteurs qui se sont produits dans ce très célèbre théâtre. On accède aussi à une loge qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur la salle et la scène, où se tenait, au moment de notre visite, une répétition du ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski.


Galerie Victor-Emmanuel II

Ensuite, nous traversons la Galerie Victor-Emmanuel II, ouverte en 1877, qui forme une immense croix dont la voûte de verre et d’acier culmine à 50 m de haut et abrite de nombreux magasins de luxe.

Nous finissons notre après-midi par une visite de l’intérieur du Duomo, la troisième plus grande église catholique d’Europe, majestueux édifice gothique flamboyant construit à partir du début du XVème siècle jusqu’au XVIème, dont la façade n’a été terminée que sous Napoléon Ier et les portails en 1950. La façade, en restauration, est en partie cachée. Comme il se fait tard, nous décidons de reporter la visite du toit au lendemain.  


Façade du Duomo

Et nous rentrons, avec un métro aussi bondé qu’à Paris en heure de pointe, et par la ligne 72 plus directe que la 64, faisons quelques courses au supermarché COOP situé à côté de l’arrêt du bus près du camping et retournons à notre camping-car.


Sur le toit du Duomo

Mardi 4 septembre : suite de la visite de Milan - nous retournons au Duomo pour visiter les terrasses (6 € par personne en montant avec l’ascenseur). Il fait très beau aujourd’hui avec un bon vent du nord plutôt frais qui dégage bien toute nébulosité ; la vue du haut du toit est splendide, jusqu’aux Alpes enneigées, et la promenade parmi les pinacles, les arcs-boutants, les statues et les gargouilles est inoubliable, à ne manquer sous aucun prétexte.

Ensuite, nous faisons le tour de la place, prenons la via Dante en direction du château Sforza. Cette grande avenue piétonne est très animée, avec de nombreuses boutiques et restaurants. Nous prenons notre repas de midi dans une pizzeria de l’avenue.


Vue du toit du Duomo


Entrée du château Sforza

Après le repas, nous allons visiter le Castello Sforzesco, château fort construit par la famille Visconti, première famille ducale, à partir de 1450, et habité ensuite par la seconde famille ducale, les Sforza. Aujourd’hui, une dizaine de musées se répartit dans diverses allées de la forteresse (3 € par personne pour l’ensemble des musées). Nous visitons le musée d’art antique dont certaines salles sont décorées par des fresques de Léonard de Vinci, la pinacothèque (mais les grands tableaux de Canaletto ont été prêtés pour une exposition) et le musée des instruments de musique, très intéressant.


Cour intérieure du château Sforza


Basilique Saint Ambroise

Après un bref tour dans le parc derrière le château, nous repartons pour aller visiter la basilique Saint Ambroise, saint patron de Milan, mais elle est fermée pour restauration.

Nous flânons ensuite un moment dans le quartier des boutiques, via Correnti et via Torino, puis retournons à la station Duomo, pour prendre le métro, puis le bus, et rentrer au camping. Et pendant que nous prenions notre repas devant notre camping-car, un petit troupeau de chèvres et boucs appartenant au camping a fait un passage dans notre quartier, jouant le rôle de la tondeuse à gazon.


Chèvres et boucs au camping


Bibliothèque de la Pinacothèque

Mercredi 5 septembre : suite de la visite de Milan - nous allons directement à la Pinacothèque dans le Palazzo di Brera, siège de l’académie des beaux-arts inaugurée par Napoléon Ier en 1809. Une imposante statue de l’empereur, en tenue d’Adam, trône au milieu de la cour d’honneur du XVIIème siècle. Une splendide bibliothèque, fermée au public, est visible depuis le grand couloir. Dans ce musée sont exposées des œuvres des écoles vénitiennes et lombardes, en particulier de Mantegna, Raphaël, Bellini, Véronèse, Piero della Francesca, Hayez et bien d’autres ; deux salles sont aussi réservées au legs de la famille Jesi, avec des Modigliani, Picasso et Braque et autres peintres modernes moins connus.


Fresque de la forge de Vulcain


Villa Reale

Après la visite, nous flânons un moment dans le quartier et allons manger dans l’une des nombreuses pizzeria de la via Brera. Puis nous allons au grand jardin public que nous traversons pour aller à la Villa Reale.

Cette villa est l’un des plus beaux édifices de la ville ; construite de 1786 à 1790, elle fut le résidence occasionnelle de Napoléon Ier durant ses années de règne sur l’Italie de 1805 à 1815. Elle abrite le Museo dell’Ottocento, consacré aux peintres du XIXème siècle et du début du XXème ; il y a surtout des œuvres de peintres et sculpteurs italiens inconnus mais aussi des œuvres d’artistes célèbres comme Sisley, Manet, Gauguin, Cézanne, Boudin, Corot et Canova.  


Grande salle d'apparat de la Villa Reale

Ensuite, nous prenons la via Venezia, la plus belle avenue de Milan avec ses nombreux palais des XVIIème, XVIIIème et XIXème siècles et allons à la station de métro pour finalement rentrer au camping, bien fatigués après de nombreux km de marche.  


Via Venezia

Jeudi 6 septembre : nous partons de Milan en direction de Bergame, et la journée commence mal ; nous avons pris la mauvaise décision de partir par la route provinciale P 11 et non par l’autoroute, et mettons plus d’une heure et demie pour faire 20 km et sortir de la ville alors que le camping est proche de l’autoroute. Il nous faut à nouveau plus d’une heure pour parcourir les 40 km qui nous séparent de Bergame, et enfin plus d’une demi-heure pour trouver l’aire de stationnement et de services que nous cherchons, via Corridoni, qui n'est indiquée nulle part (il y a cinq aires répertoriées à Bergame et pas de camping). Nous la trouvons enfin, à l’extérieur du boulevard circulaire, sur la via Corridoni, juste à la limite entre Bergame et Torre Boldona


Vue sur la ville haute de Bergame

Nous prenons notre repas de midi (il est 13h30 !) dans le camping-car puis prenons le bus (1 € par personne) juste en face de l’aire, qui nous emmène à Porta Nuova en plein centre de la ville basse d'où l'on a une belle vue sur la ville haute. Nous marchons un peu et allons prendre le bus 1A pour y monter jusqu'à la Citadelle, son terminus. 


Citadelle

Nous entrons dans la ville haute par la porte de la Citadelle, traversons la place Mascheroni et déambulons dans la rue Colleoni jusqu’à la magnifique Piazza Vecchia, cœur historique de la ville haute.

Cette place est fermée d’un côté par le Palazzo della Ragione du XIIème siècle, le plus ancien hôtel de ville d’Italie, entièrement reconstruit par les vénitiens au XVIème siècle.


Piazza Vecchia et Palazzo della Ragione


Palazzo Scamozziano

En face s’élève l’élégant Palazzo Scamozziano, du XVIème siècle, qui abrite la bibliothèque municipale. En passant sous les arcades du Palazzo della Ragione, on accède à la Piazza Duomo, où se trouvent la cathédrale et le baptistère octogonal du XIVème siècle, fermés pour cause de travaux, la Capella Colleoni et l’église de Santa Maria Maggiore.

Santa Maria Maggiore est une vaste basilique du XIIème siècle, qui allie les styles roman, renaissance et baroque. La richesse de sa décoration surprend : peintures, fresques, tableaux, dorures à foison et des tapisseries florentines illustrant la vie de la Vierge. Elle abrite le tombeau du compositeur Gaetano Donizetti.


Intérieur de Santa Maria Maggiore


Façade de la Capella Colleoni

La Capella Colleoni est encastrée dans la basilique, à l’extérieur. Sa façade en marbre polychrome est ornée de colonnettes et de sculptures évoquant la Bible ; l’intérieur est décoré de fresques de Tiepolo. Elle a été réalisée de 1470 à 1476 par l’architecte Amadeo pour servir de mausolée au condottiere Bartolomeo Colleoni, et abrite son tombeau et celui de sa fille Médéa.  


Petite place avec fontaine

Nous continuons notre promenade dans les rues de la ville haute et sur les remparts d’où l’on à une vue splendide sur le ville basse et les Alpes. Nous redescendons ensuite par la via San Alessandro (saint patron de la ville) et les rues commerçantes de la ville basse, et rejoignons en bus notre camping-car. 


Vue depuis les remparts

Vendredi 7 septembre :  après une nuit tranquille, nous reprenons l’autoroute A 4 en direction de l’est, prochaine étape Vérone, la ville de Roméo et Juliette, à 120 km ; nous évitons Brescia, grosse ville industrielle sans intérêt. L’autoroute est très chargée, avec un véritable mur de camions sur la voie de droite. 

Nous arrivons à Vérone, ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, construite dans un méandre de l’Adige ; comme nous prévoyons d’y passer deux nuits, nous allons au camping Castel San Pietro, situé à côté du château du XIXème siècle qui domine la ville ; du camping la vue sur la ville est panoramique. Ce camping, pas facile à trouver, est très minimaliste, avec des services réduits (pas de vidange des eaux grises, eau propre difficile d’accès, pas d’électricité), juste une dizaine de très petites places pour camping-car, et cher à 25,5 € la nuit (ils font payer la vue probablement !).


Vue générale de Vérone


La montée d'escaliers vers le camping

Après avoir pris notre repas de midi dans le camping-car, nous allons commencer nos visites. On accède à la ville par une descente d’escaliers un peu raide en dix mn environ, avec l’arrivée au bord de l’Adige, au Ponte Pietra, pont romain reconstruit au Moyen Age et à nouveau reconstruit à l’identique en 1959 après les destructions de la seconde guerre mondiale. 


Ponte Pietra


Le balcon de Juliette

Nous suivons l’Adige jusqu’au Ponte Nuovo, puis, par des petites rues moyenâgeuses, nous allons voir la « Maison de Juliette », maison ayant appartenu à la famille Capulet, où rien ne permet d’affirmer que Juliette, si elle a vraiment existé, a réellement vécu là ; mais le fameux balcon est bien là, et la foule des touristes du Monde entier aussi, ainsi que des milliers de messages (collés avec des chewing-gums) d’amoureux de tous pays.

Juste à côté, la Piazza delle Erbe, avec son marché permanent, la plus belle place de Vérone, est une vraie merveille, avec ses nombreux bâtiments médiévaux.


Piazza delle Erbe

Nous allons maintenant vers les arènes, fermées à la visite car un concert pop y est prévu pour le soir. En face, à côté de l’office du tourisme, nous prenons une « Verona Card » qui, pour 12 € par personne pour trois jours, nous donne l’accès à tous les musées et les transports publics de la ville.  


Entrée du Castelvecchio - pont-levis

Nous allons visiter le Castelvecchio, château fort du XIVème siècle construit entièrement en briques par la famille Scaliger qui régnait sur Vérone à cette époque, détruit lors de la deuxième guerre mondiale et reconstruit à l’identique  dans les années 60. Il abrite un musée avec des peintures  du XIIème au XVIIIème siècle, essentiellement religieuses, des grands peintres italiens tels que Tiepolo, Mantegna, Pisanello, Bellini, Caroto, Carpaccio, Tintoret, Titien et de peintres hollandais comme Rubens.  


Retable du XIVème siècle

Puis nous prenons un bus pour aller faire quelques courses à un supermarché Migross, et rentrons au camping, en montant avec peine les escaliers qui y conduisent, et admirons un magnifique coucher de soleil sur la ville.  


Façade du Duomo

Samedi 8 septembre : suite de la visite de Vérone, nous descendons vers la vieille ville et commençons nos visites par le Duomo, la cathédrale, construit sur des fondations paléochrétiennes et consacré en 1187. A l’extérieur, on peut admirer la façade de 1138 à double portique en marbre blanc et rose de Nicolo et le portail orné de sculptures. A l’intérieur, les deux buffets d’orgues ciselés et plaqués or, les deux maître-autels avec un déambulatoire semi-circulaire et le retable de l’Assomption de Titien.


Intérieur du Duomo - l'un des deux buffets d'orgues


Vue sur le Castelvecchio et le pont Scaliger

Ensuite, nous suivons l’Adige en direction des arènes romaines. Sur le trajet, nous pouvons admirer la vue sur le Castelvecchio et le pont Scaliger. Arrivés aux arènes, nous entrons pour visiter ; et là, grosse déception, on ne voit quasiment rien car tout est recouvert par des fauteuils métalliques de mauvais goût, et une grande scène moche barre toute la vue. Nul !  


Intérieur des arènes


Basilique Saint Zenon

Après avoir mangé une pizza sur la place des arènes, nous repartons, à nouveau sur le bord de l’Adige, vers la basilique Saint Zénon, admirable édifice roman du Xème siècle construit sur le site d’une basilique paléo- chrétienne qui abritait la tombe de Saint Zénon, évêque de Vérone de 362 à 380. Partiellement détruite par un tremblement de terre en 1117, elle a été reconstruite en 1132. Le double portique a été conçu par Nicolo. A l’intérieur, une porte recouverte de bronze, avec des sculptures représentant des scènes bibliques, date des XI et XIIèmes siècles. De nombreuses fresques couvrent les murs et une statue de Saint Zénon - saint patron de Vérone - du XIIIème siècle est très aimée des Véronais.  


Statue de Saint-Zenon


La tombe de Juliette

Un bonne marche à pied nous conduit au musée construit autour de ce qui est réputé être la tombe (vide) de Juliette, où de nombreuses fresques de grands maîtres locaux sont conservées.

En suivant l’Adige, nous arrivons à l’église San Fermo, église du XIVème siècle qui abrite de nombreuses fresques et un plafond en forme de coque de navire exceptionnel, ainsi que la chapelle Alighieri où reposent les descendants du grand poète Dante.  


Plafond de l'église San Fermo


Statue de Dante sur la Piazza dei Signori

Encore un peu de marche et nous arrivons à la Piazza delle Erbe, où nous faisons un peu de shopping dans les boutiques du quartier, puis allons sur la Piazza dei Signori contiguë, centre administratif de la ville au Moyen Âge ; cette place est entourée de palais aussi aristocratiques les uns que les autres, et comporte une statue de Dante en son milieu. Juste à côté, on trouve le mausolée de la famille Scaliger.  


Tombe Scaliger


Vue sur le Castel San Pietro

Dernier monument de la journée à une centaine de mètres, l’église Sainte Anastasie édifiée à partir du XIVème siècle et jusqu’au XVIème, est un bon exemple du gothique italien. C’est la plus vaste église de Vérone, pourtant bien pourvue, mais nous n’avons pu en voir qu’une partie pour cause de restauration.

Après avoir admiré la vue du Castel San Pietro sur la colline, nous traversons l’Adige et remontons avec peine jusqu’au camping, où une bonne douche nous rend un peu de tonus !  

Dimanche 9 septembre : un groupe de fêtards s’est arrêté au milieu de la nuit devant le camping et a fait un maximum de bruit pendant une bonne heure. Le matin, nous repartons par l’autoroute en direction de Vicenza que nous atteignons moins d’une heure plus tard. Nous nous installons sur la zone aménagée pour les camping-cars sur le parking du stade (7,7 € pour 24 h, incluant le billet aller-retour en bus pour le centre-ville), bruyant car situé juste à côté de la voie ferrée.

En arrivant au centre ville, nous commençons nos visites. Vicenza est la ville où Andrea Palladio, grand architecte du XVIème siècle, a passé l’essentiel de sa vie. Il a construit de très nombreux palais dans la ville et ses environs, et a été abondamment copié en Europe et aux États-Unis ; son style, novateur à l’époque, inspire encore les architectes d’aujourd’hui.

Nous passons à l’office du torisme de Vicenza et prenons la « Vicenza Card », 5 € par personne, tarif senior, qui donne accès à la plupart des musées de la ville à des tarifs avantageux.


Décor du Théâtre Olympique

La première œuvre d'Andrea Palladio que nous visitons, et son œuvre ultime terminée par son disciple Vincenzo Scamozzi, est le Théâtre Olympique, une sorte de combinaison du théâtre antique gréco-romain ouvert, et du théâtre de la Renaissance couvert. Le résultat est époustouflant ; le décor permanent est une vue imaginaire de la ville grecque de Thèbes dont la perspective forcée des rues et des palais crée une sensation d’infini. Vraiment extraordinaire et vaut à lui seul le voyage !

A côté, le Palazzo Chierichiati est l’une des œuvres les plus achevées du maître, en particulier sa façade.


Palazzo Chierichiati


Palais palladiens dans Contra Porti

Nous allons ensuite voir le palais Leoni Montanari, lui aussi de Palladio, fastueux palais baroque avec d’innombrables fresques et stucs qui abrite des collections de peinture d’artistes vénitiens, et une fabuleuse collection d’icônes russes.

Une pizza dans une petite rue à proximité fait la coupure, puis nous continuons nos visites. Nous remontons le Corso Andrea Palladio, admirons les nombreux palais qui le bordent, faisons une diversion dans le Contra Porti, bordé des deux côtés de palais en majorité signés Palladio, continuons dans le Corso Palladio jusqu’au Torrione de Porta Castello, ancienne porte de la ville.


Torrione de Porta Castello


Basilique

Nous revenons par la Piazza Duomo, où s’élève la cathédrale, sans intérêt, puis arrivons à Piazza dei Signori, autrefois centre administratif de la ville, où s’élève la Loggia du Capitanat, et surtout la Basilique, grande halle à l’antique avec de nombreux commerces, de Palladio bien sûr, actuellement en restauration.

Un peu plus loin, dans une rue étroite, on voit la Casa Pigafetta, construite par le Cavaliere Pigafetta, un des rares compagnons de Magellan à être rentré chez lui en 1552 après le premier voyage autour du Monde, dont la façade est ornée de sculptures assez surprenantes.  


Fenêtre sculptée de la Casa Pigafetta

Et, après un arrêt prolongé dans un sympathique café, nous rentrons bien fatigués vers notre camping-car.  

Lundi 10 septembre : après une nuit calme et un réveil matinal dû au passage des trains, nous reprenons notre route vers l’est, toujours par l’autoroute, jusqu’à Padoue que nous atteignons au bout d’une heure. Nous nous installons sur l’aire aménagée pour les camping-cars du Prato della Valle (6 € pour 24 h, non découpable), très proche du centre ville et à côté de l'immense place de Prato della Valle, aménagée dans un style faux romain inspiré du Canope de la Villa Hadriana près de Rome. Nous ne prenons pas la Padova Card (14 €) car la majorité des musées est fermée le lundi, et donc la carte ne serait pas intéressante.


Prato della Valle


Fresque dans le Baptistère : Annonciation

Notre première visite est pour le Duomo, sans intérêt. Mais juste à côté se trouve une véritable merveille, le Baptistère de la Cathédrale (entrée 2,5 €), dont l’intérieur est entièrement couvert de fresques de Giusto de Menabuoi, un élève de Giotto qui ici égale véritablement son maître.

Nous allons ensuite Piazza dei Signori, jolie place vénitienne que le lion de Saint Marc domine du haut d’une colonne romaine. Sur l’un des côté on voit l’horloge la plus ancienne d’Italie, sur le bâtiment du Capitanat, aujourd’hui bâtiment de l’Université.


Horloge du Capitanat


Piazza delle Frutta

Juste à côté, la Piazza delle Frutta et la Piazza delle Erbe, séparées par le Palazzo della Ragione, l’ancien palais de justice du XIIIème siècle décoré de fresques d’élèves de Giotto, sont occupées par le marché tous les matins. Puis nous allons sur la Piazza Cavour, en travaux, prendre notre repas de midi chez Brek, unité locale d'une chaîne de restaurants libre service.


Palazzo della Raggione

Après le repas, nous tentons notre chance pour aller visiter la Capella degli Scrovegni, ouverte le lundi mais supposée visitable seulement après des démarches complexes dont une réservation la veille. Coup de chance, nous pouvons la visiter sans réservation et pour 8 € par personne (au lieu de 12 €) car nous arrivons entre 12h et 13h30. Construite par Enrico Scrovegni pour expier les péchés de son père, usurier et fripouille notoire pensionnaire de l’enfer selon Dante dans sa Divine Comédie, cette chapelle aux murs entièrement décorés de fresques peintes par Giotto de 1303 à 1305, avec des scènes de la vie de la Vierge et de la vie du Christ, est une vraie merveille, encore plus belles que celles du baptistère de la cathédrale. La visite ne dure que 15 mn pour ne pas trop abîmer les fresques, mais ce sont 15 mn de bonheur absolu, même pour des mécréants (mais pas de photo pour en faire profiter le lecteur de cette page !).


Façade de la basilique Saint Antoine

Nous allons ensuite visiter la basilique Saint Antoine, où se trouve le tombeau du saint qui a fait la célébrité de la ville, construite au XIIIème siècle. L’édifice est plein de pèlerins, polonais en majorité mais aussi d’autres pays. C’est un chef d’œuvre de kitsch clinquant à souhait, avec du marbre blanc et du rose partout, des dorures à foison du plus mauvais goût et des sculptures tape à l’œil ; dommage qu’il soit interdit de photographier l’intérieur car c’est très drôle ; un joli cloître la jouxte. Tout autour, des dizaines de boutiques vendent des quantités de bondieuseries toutes aussi laides les unes que les autres.


Cloître de la basilique Saint Antoine


Repos au camping de Fusina

Et nous retournons à notre camping-car et repartons vers l’est. A la sortie de la ville, nous faisons quelques courses dans un hypermarché Auchan sur le passage, puis prenons l’autoroute vers Venise. Nous allons nous installer au camping de Fusina, au bord de la lagune juste en face de Venise, avec une vue magnifique sur la ville ; le camping est bien plein et cher (30 € par nuit - tout à Venise est 30 à 40 % plus cher qu’ailleurs en Italie), très bien équipé avec tous les services nécessaires, et bien placé, mais un peu bruyant car situé dans l’axe de la piste de décollage de l’aéroport, au bord du chenal emprunté par les gros bateaux de fret qui vont accoster à la zone portuaire de Marghera, et équipé d’une discothèque

Mardi 11 septembre : à mi-parcours, c’est une journée de repos au camping de Fusina, passée à profiter du soleil et de la vue enchanteresse sur Venise et sa lagune, et à faire aussi un peu de lessive.


Vue sur Venise depuis le camping

Mercredi 12 septembre : premier jour de visite de Venise. Nous prenons au camping un passe à 20 € par personne qui autorise autant de trajets par bateau entre Fusina et Venise que ce qu’on souhaite pendant trois jours, et allons prendre le bateau à l’embarcadère à 200 m du camping (un toutes les heures) qui nous emmène en 20 mn à l’arrêt de Zaterre, à côté du Musée de l’Académie et proche de la place Saint Marc.

Par des petites rues très pittoresques, nous allons d’abord à l’office du tourisme, situé juste à côté de la place Saint Marc, où on nous informe des très nombreuses formules de forfaits divers et variés qui existent, tant pour les musées que pour les transports publics.


Sur le trajet : le Grand Canal du haut du pont de l'Académie


Sur le quai

Ensuite, nous traversons cette place, tellement bondée de touristes de tous pays et envahie par des milliers de pigeons que ça en est oppressant (nous la visiterons plus tard) et suivons le quai pour aller au Museo Storico Navale un peu plus loin, installé dans un édifice du XVème siècle juste à côté de l’ancien arsenal. Ce musée (2,5 € par pers) est le plus grand de son genre en Italie ; il présente sur deux étages des expositions concernant les personnages et matériels de la République de Venise et aussi de la marine militaire italienne. Un autre étage présente des plans de l’arsenal, des cartes et des portulans utilisés autrefois par les marins vénitiens.


Bateau d'apparat


Façade du Palais des Doges

Après avoir pris notre repas de midi sur le quai à côté, nous allons visiter le Palais des Doges (billet combiné pour 12 € par personne). Cet immense bâtiment abritait les bureaux de l’administration du Doge et de ses conseillers, ses appartements familiaux, les salles d’apparat où il recevait les ambassadeurs étrangers, et les nombreuses salles où était rendue la justice, ainsi qu’un complexe de prisons qui est un véritable labyrinthe. L’édifice d’origine date du IXème siècle, et la façade date du XIVème siècle. Les salles sont décorées par de nombreux tableaux de grands maîtres vénitiens, en particulier de Véronèse, Tintoret, Tiepolo et Bassano ; on voit dans la salle du Grand Conseil une immense toile, la plus grande du monde, signée Tintoret représentant le Paradis.


Cour intérieure du Palais des Doges


Façade de la cathédrale Saint Marc

De là, nous allons juste à côté visiter la cathédrale Saint Marc. Après avoir fait la queue une bonne vingtaine de minutes, nous entrons dans l’édifice, construit au XIIIème siècle. Il est couvert de magnifique mosaïques dorées, dans le style byzantin, mais la luminosité étant faible, elles sont mal mises en valeur ce qui déçoit un peu. La façade, très ouvragée, témoigne des liens et des affinités artistiques entre Venise et Constantinople.


Mosaïque de l'entrée de la cathédrale Saint-Marc


Petit canal dans le quartier des Mercerie

Ensuite, nous faisons un tour de la Place Saint Marc, toujours bondée ; elle était le centre historique de Venise, et une véritable mise en scène de la puissance vénitienne. Nous repartons à travers les petites rues du quartier des Mercerie, autrefois quartier des boutiquiers, aujourd’hui royaume des magasins de luxe où toutes les grandes marques sont représentées, pour aller jusqu’au pont du Rialto sur le Grand Canal, cœur marchand de Venise, puis rejoignons l’embarcadère par les petites rues, et le camping, fourbus d’avoir beaucoup marché, mais contents de notre journée.


Pont du Rialto


Tombes d'Igor et Vera Stavinsky

Jeudi 13 septembre : deuxième jour de visite  ; nous partons du camping vers Zaterre. Là, nous prenons un billet permettant des trajets illimités par bateau pendant 12 h (13 € par personne) et prenons un autre bateau de la ligne circulaire 51 pour l’île de Murano. Nous faisons un bref arrêt au cimetière San Michele, très fleuri et agréable où nous allons voir les tombes de Serge de Diaghilev, le grand chorégraphe russe, d’Igor Stravinsky, compositeur russe, et de son épouse Vera, tous ayant fini leurs jours à Venise. Puis nous prenons un autre bateau pour Murano.


Arrivée à Murano


Canal principal dans l'île de Murano

Avec ses maisons très colorées, Murano est la plus grande et la plus douces des petites îles de la lagune. Elle est surtout célèbre pour le travail du verre qui s’y fait depuis près d’un millénaire. Nous flânons un moment le long du canal qui traverse l’île et dans les ruelles adjacentes, une agréable promenade, puis allons visiter l’église San Pietro Martire ; cette église, reconstruite à la Renaissance après un incendie, abrite quelques chefs d’œuvre de Bellini, Tintoret et Véronèse.

Après nous allons visiter le musée du verre (prix compris dans notre billet pour le Palais des Doges), qui présente une intéressante collection de verres anciens, depuis le Ier siècle, jusqu’à aujourd’hui. 


Tableau de Véronèse dans l'église San Pietro Martire

Nous allons ensuite dans un restaurant déguster la grande spécialité culinaire vénitienne, les spaghetti con vongole (petites palourdes appelées tellines dans notre région) puis visitons une fabrique d’objets en verre soufflé, visite intéressante mais peu compréhensible car aucune explication n’est donnée. Nous faisons quelques achats de ce type d’objet comme souvenirs (c’est assez cher) et reprenons le bateau par la ligne directe qui nous ramène près du Palais des Doges


Grand Canal

De là, nous repartons à pied en direction du Grand Canal, et reprenons un autre bateau, bondé, qui fait l’omnibus. Ceci nous permet d’admirer les très nombreux palais construits le long de cette voie. Nous descendons à proximité de l’ancien Ghetto (c’est le nom de cet ancien quartier de fonderies, « i guetti », qui a donné le nom commun de ghetto), très intéressant à visiter avec ses maisons toutes en hauteur, les nombreux juifs de la ville étant autrefois confinés dans un espace réduit, et ses cinq synagogues.


Dans le Ghetto

Puis nous reprenons un autre bateau qui nous emmène à Zaterre, d’où nous embarquons à nouveau pour rentrer au camping.

Vendredi 14 septembre : troisième jour de visite ; nous repartons avec le bateau, et en arrivant en ville, nous allons visiter le musée Correr, situé sur la place Saint Marc (prix d’entrée inclus dans celui du Palais des Doges). Dans ce musée, legs d’une collection privée qui propose un parcours très complet à travers l’art et l’histoire de Venise, sont présentés des sculptures de Canova, des tableaux des grands maîtres vénitiens comme Carpaccio, Tintoret et Véronèse, ainsi que des globes terrestres du XVème siècle, des plans de Venise de la même époque et de nombreux tableaux et documents présentant la vie et le fonctionnement de la république vénitienne à sa grande période.


Une ambulance part en mission

Ensuite, nous mangeons une pizza sur le quai du Canal San Marco, puis repartons flâner dans les petites rues très pittoresques et le long des petits canaux, jusqu’au nord de la ville, près de l’hôpital général. Là nous voyons le SAMU local partir en intervention en bateau, et les urgences recevoir les clients par le même moyen. Et, organisation italienne oblige, le cimetière se trouve juste en face, sur une autre île. L’entrée de l’hôpital est une ancienne église avec une magnifique façade. 

A côté, on trouve l’église San Zanipolo, construite du XIIIème au XVème siècle et inachevée, avec ses murs en brique rouge plutôt austères.


Façade de l'entrée de l'hôpital


Loggia

Nous reprenons nos flâneries, toujours par les petites rues, en admirant les nombreux palais, jusqu’au pont de l’Académie sur le Grand Canal. Nous allons visiter le Musée de l’Académie (6,5 € par personne), où tous les grands maîtres vénitiens tels que Tiepolo, Bassano, Tintoret, Véronèse, Carpaccio, Bellini, Guardi, Bellotto et Canaletto (pas suffisamment pour ce dernier que nous aimons beaucoup !) sont très largement représentés, ainsi que de nombreux petits maîtres moins prestigieux.

Et l’heure ayant bien avancé, nous reprenons le bateau pour rentrer au camping.

Samedi 15 septembre : nous partons vers le sud par la S 309. A quelques km, arrêt dans un hypermarché iperLANDO pour acheter à manger pour quelques jours. Toujours par la même route, nous arrivons à l’abbaye de Pomposa. Après avoir pris notre repas de midi dans le camping-car sur le grand parking visiteurs, nous allons visiter l’abbaye.


Façade de l'abbaye

Située au milieu de nulle part, Pomposa est l’une des plus belles abbayes du nord de l’Italie (entrée 5 € par personne). Fondée au VIème siècle, le splendide porche de l’abbatiale est orné de sculptures d’animaux fantastiques du XIème siècle et le campanile est d’une grande élégance. L’intérieur est couvert de magnifiques fresques XIVème siècle représentant des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Dans l’abside on voit un Christ en majesté et au-dessus de l’entrée, un Jugement Dernier. Les autres bâtiments conventuels (réfectoire, dortoir, salle capitulaire) sont eux aussi couverts de fresques, mais en moins bon état.


Détail d'une rosace en pierre taillée

Par la P 68 puis la P 15, nous traversons une partie du vaste delta du Pô, et nous arrivons à Ferrare, capitale de la province du même nom, où nous nous installons sur l’aire aménagée pour les camping-cars (avec une borne de services payante - 2 €), sur le grand parking situé à l’angle des Via Darsena et Via Isonzo, à 10 mn de marche du centre historique (classé au patrimoine mondial de l’UNESCO) de la ville, entièrement piétonnier (et cycliste). 


Via delle Volte

Nous commençons notre visite par la Via delle Volte, la plus ancienne rue de Ferrare, avec ses nombreuses voûtes des XIII et XIVème siècles faisant communiquer entre eux par dessus les deux côtés de la rue. Ensuite, nous parcourons le ghetto où ont été parqués plus de 2000 juifs quand la famille d’Este régnait sur la ville. Et nous arrivons sur la place du Duomo, la cathédrale commencée au XIIème siècle et achevée au XVIème. Son admirable portail est orné de sculptures représentant le Jugement Dernier. Son campanile, très fin, est dans le plus pur style Renaissance. L’intérieur, sans grand intérêt, est assez lourd, mais l’acoustique y est remarquable : l’organiste répétait pendant notre visite, quelques œuvres de JS.Bach que nous avons beaucoup appréciées.


Façade du Duomo


Boutiques le long du Duomo

Le long de l'un des côtés du Duomo s'aligne toute une rangée de boutiques qui montre que tous les marchands n'ont pas été chassés du Temple !

En face se trouve le Palazzo Communale, la mairie, reconstruit au XIXème siècle dans le style médiéval. Les rues autour, très commerçantes avec beaucoup de monde en ce samedi après-midi, ont beaucoup de cachet. 


Cour intérieure du Palazzo Communal


Palais des Diamants

A une centaine de mètres dans la même quartier, s’élève le château de la famille d’Este qui a pris le pouvoir sur la ville au XIIIème siècle par un coup de force contre la république des marchands et régna durant quatre siècles. Il est fermé à cette heure tardive de l’après-midi, nous le visiterons demain matin.

Nous continuons vers le nord  de la ville, dans la partie Renaissance, où se trouvent d’admirables palais, en particulier le Palais des Diamants, construit par Ercole Ier d’Este, dirigeant visionnaire qui, avec l’aide d’ingénieurs et d’architectes compétents comme Biaggio Rossetti, a organisé le développement de la ville et lui a donné la forme qu’elle a aujourd’hui ; ce palais doit son nom à la forme de la taille des pierres sur ses façades et contient la Pinacothèque nationale de la ville.

Et nous retournons rejoindre notre camping-car pour la nuit.


Palais Bentiviglio

Dimanche 16 septembre : nous retournons au centre ville pour visiter le château ducal. Sur le trajet, nous passons devant le palais de la famille Bentivoglio qui a régné sur Bologne, la grande voisine, et la région pendant quelques siècles ; trois ingénieurs hydrauliciens membres de cette famille ont dirigé l’aménagement du delta du à la demande de Napoléon Ier. Juste après, voici l’église Saint Dominique, immense édifice baroque sans grand intérêt.


Église Saint Dominique


Château ducal

Et nous arrivons devant le château ducal, immense forteresse médiévale en briques, plus conçue pour protéger la famille ducale contre les révoltes de la population que pour protéger cette population contre d’éventuels ennemis. Constituée de quatre hautes tours crénelées reliées entre elles par des douves toujours en eau, elle fut la résidence de la famille d’Este. On commence par la visite des sous-sols, et des sinistres prisons où furent enfermés, entre autres, Parisina, jeune deuxième épouse de Nicolo III et son amant Ugo, fils de ce dernier, avant d’être décapités ; leur histoire tragique a été le thème d’un poème de Lord Byron et deux opéras, l'un de Donizetti, l'autre de Mascagni


Pugilat

Aux étages, les pièces vides sont magnifiquement décorées, comme par exemple la salle des jeux avec des fresques représentant les jeux et sports pratiqués à l’époque, tous les hommes en tenue d'Adam.


Drapeaux et fanfares du Borgo di San Giovanni

Quand nous terminons notre visite, nous voyons un rassemblement de gens en tenue Renaissance dans la cour intérieure. Après enquête, nous apprenons qu’une représentation va avoir lieu, évoquant l’hommage au duc d’un des quartiers de Ferrare, le Borgo di San Giovanni. Le thème de l’hommage est l’offre au duc des produits de la terre (céréales, vin, légumes, fruits). Cela dure une demi-heure, de 11h30 à 12h00 et c’est très joyeux et coloré, avec des danses et de la musique ; c’est organisé tous les dimanches de mi-septembre à fin octobre par l’Association du Palio de Ferrare, chaque fois par un quartier différent de la ville.


Paniers déposés devant le duc

Après avoir mangé une pizza dans une trattoria en face du château, nous retournons à notre camping-car et prenons l’autoroute pour Bologne. Nous n’allons pas à Ravenne, très belle ville médiévale, avec de merveilleuses mosaïques dans ses églises, car nous y sommes déjà allés deux fois.

Quand nous arrivons à Bologne, nous essayons de trouver une place de stationnement proche du centre historique, imaginant que ce serait plus facile un dimanche ; mais que nenni, impossible de trouver quoi que ce soit et la circulation y est abominable ! Nous allons donc à l’aire de stationnement pour camping-car de la Chartreuse, en fait du cimetière, non sans mal, pour découvrir qu’elle est maintenant interdite aux camping-cars  24h/24, comme le seraient paraît-il toutes les aires officiellement répertoriées pour Bologne sur les listes sur internet. On se sent tout à fait les bienvenus dans cette ville !!!


Palazzo Communale

Palais du Podestà

Nous y stationnons quand même, la police ne faisant pas trop de zèle le dimanche en Italie, et allons au centre-ville par la ligne de bus 19 , à partir de la station Marzabotto située à 300 m dans une rue transversale. 

Le centre historique est assez compact, sa visite est donc rapide : tout, ou presque, se passe autour de la Piazza Maggiore. D’abord le Palazzo Communale construit du XIIIème au XVème siècle, avec différents styles ; au-dessus du portail trône une statue du pape Grégoire XIII. A gauche de ce palais s’élève le Palais des Notaires, de style gothique tardif. En face, de l’autre côté de la petite place de Neptune, où trône une fontaine avec une statue du dieu de la mer et des sirènes dont les tétons émettent quatre jets d’eau chacun, on trouve le Palais du Podestà. De l’autre côté de la Piazza Maggiore s’élève le Duomo, la cathédrale San Petronio, édifiée à la fin du XIVème siècle et jamais achevée ; cette église a des proportions impressionnantes. 

Deux rues plus loin s’élèvent deux tours, parmi les rares qui restent des plus de deux cents tours de la ville au Moyen-Âge ; celles-ci datent des XIème et XIIème siècles et penchent de manière inquiétante.


Sirène de la fontaine de Neptune

Les deux tours

L’orage se faisant très menaçant, le premier depuis notre départ de la maison, nous retournons rapidement au camping-car avec le bus. De là, nous reprenons l’autoroute en direction de Modène à environ 40 km, essuyons pendant le trajet un orage sévère qui perturbe fortement le trafic très intense sur l'autoroute, et allons stationner pour la nuit sur le grand parking du parc Ferrari, à moins de 1 km du centre ville.

Lundi 17 septembre : grosse surprise vers 1 h du matin - un grand bruit le long du camping-car, comme si on essayait de le scier en deux, nous réveille en sursaut. Une observation plus approfondie de la situation nous montre que l’arrosage automatique du parking (des dalles creuses à travers lesquelles pousse de l’herbe) s’est mis en route et que nous sommes sur la trajectoire du jet d’une des buses, qui nous arrose copieusement. Après ¼ d’heure de ce traitement énergique, tout s’arrête, et, comme nous avons la preuve que notre camping-car est étanche et que le silence est revenu, nous nous rendormons.

Le matin, nous allons en ville faire nos visites. Modène est le paradis du vélo, on a l’impression que toute la ville circule avec ce sympathique moyen de transport ; et la circulation motorisée au centre ville est très sévèrement limitée. 


Rue piétonne

Nous entrons en ville par la célèbre et historique via Emilia, passons devant le Palais des Musées, où tout est fermé car nous sommes lundi, et, par des petites rues pittoresques, allons jusqu’au Duomo dont la façade est partiellement couverte d’échafaudages. Cette église, édifiée à partir de 1099 pour abriter les reliques de San Geminiano est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO ; c’est l’une des plus belles réalisations de l’art romano-lombard. La porte latérale réservée aux personnalités importantes de l’époque est ornée de splendides bas-reliefs montrant des épisodes de la vie du saint. 


Porte latérale réservée


La Sainte Famille

L’intérieur, grandiose et solennel, est impressionnant, en particulier le majestueux jubé sur lequel est sculpté une Cène originale où Jésus distribue des hosties au lieu du pain. Sous le chœur, la crypte renferme le tombeau de San Geminiano et une Sainte Famille en terre cuite du XVème siècle du plus bel effet.

Sur la place du Duomo s’élève le Palazzo Communale surmonté d’une magnifique horloge dans une tour.  


Palazzo Communale


Palazzo Ducale

Un peu plus loin se trouve le Palazzo Ducale, commencé en 1634 par François Ier d’Este ; il a été la résidence de la famille d’Este après qu’elle a été chassée de Ferrare quand cette ville est tombée entre les mains du Pape. Il abrite aujourd’hui l’Académie Militaire, unique école de formation des officiers en Italie.

La ville pleure actuellement son grand homme, le ténor Luciano Pavarotti natif de Modène, qui vient juste de mourir, et de nombreuses affiches rappellent cet évènement un peu partout.


Faire-part de la famille Pavarotti

Puis, par l’enchevêtrement de rues médiévales du quartier Sant’Eufemia, nous rejoignons la via Emilia et notre camping-car, et repartons par l’autoroute en direction de Parme. Bref arrêt sur le grand parking d’une station service pour prendre notre repas de midi, et nous entrons dans Parme ; nous nous installons sur l’aire de stationnement et de services pour camping-car en face du centre commercial Centro Torri.

Nous prenons le bus (ligne 13, mais on peut aussi prendre la ligne 2) à son arrêt Centro Torri à 150 m et arrivons au centre ville en 10 mn. Parme a été la capitale de la famille Farnese, le duché ayant été donné par le pape Paul III à son fils Pier Luigi en 1545. Marie-Louise, veuve de Napoléon Ier, y a fini sa vie.


Palais ducal

Nous commençons nos visites par le jardin et le palais ducal habité par les Farnèse jusqu’au XVIIème siècle. Le jardin, créé par l’architecte français Petitot, rappelle Versailles. Le palais, qui ne se visite pas, est destiné à recevoir l’Autorité Alimentaire Mondiale de l’ONU quand elle sera établie. Juste à côté, la maison natale d’Arturo Toscanini a été transformée en musée, fermé le lundi, comme tous les musées d’Italie.

Nous repartons vers le centre ville en traversant le Rio Parma, complètement à sec, et arrivons place Garibaldi où se trouve le Palazzo del Commune, la mairie, et le Palazzo del Gobernatore, aujourd’hui la préfecture de la province


Palazzo del Gobernatore


Baptistère

Et par d’étroites ruelles, nous arrivons devant le Duomo et le Baptistère. Cet édifice de forme octogonale, commencé en 1196 et construit en marbre rose, est une merveille d’art médiéval. A l’intérieur, il est totalement couvert de fresques évoquant la vie du Christ, les travaux saisonniers et les signes du zodiaque.  


Plafond du Baptistère


Porche avec les lions stylophores

Le Duomo , monument de style roman-lombard, fut consacré en 1106 ; le porche repose sur des statues de lion, comme on le voit pour beaucoup d’églises italiennes. L’intérieur est décoré de fresques, dont une du Corrège dans la coupole représentant l’Assomption de la Vierge. Dans le transept droit, on voit une déposition de croix sculptée par Antelami en 1178.  


Déposition de croix


Cloître et son puits

Derrière, l’église Saint Jean Evangéliste abrite une suite de cloîtres pleins de charme.

Et, à travers les ruelles moyenâgeuses, nous allons vers le Palazzo della Pilotta, édifice austère des XVI et XVIIème siècle qui abrite aujourd’hui plusieurs musées.  

Et, à nouveau par la ligne 13, nous rejoignons notre camping-car à son stationnement pour la nuit.


Palazzo della Pilotta

Mardi 18 septembre : un violent orage, heureusement de courte durée, nous a réveillés en pleine nuit. Le matin, après avoir fait les vidanges et remplissages nécessaires à la borne de services (gratuite), nous allons faire quelque courses à l’Ipercoop  juste en face, et nous repartons par l’autoroute, puis la P 35, en direction de Pavie à 120 km. En arrivant sur place, nous allons à l’aire pour camping-cars de la Piazza Ferrucio Ghinaghia dont nous avions trouvé les coordonnées sur internet ; nous constatons qu’elle n’existe pas, et que la place est minuscule sans aucun espace de stationnement disponible. Mais nous trouvons à nous garer un peu plus loin, Via 25 Aprile, au bord du Tessin, très proche du pont couvert et du centre ville.

Pavie, ancienne capitale de la Lombardie avant que Milan le devienne, est surtout connue des Français pour la pâtée qu’y a prise François Ier en 1525 (« Tout est perdu fors l’honneur » écrivait-il à sa mère, régente du royaume en son absence) contre Charles Quint et ses alliés. C’est une petite ville tranquille qui donne une impression de langueur et d’abandon, et pour laquelle l’enthousiasme du guide du Routard paraît un peu excessif.

Après avoir pris le repas de midi dans le camping-car, nous entrons dans la vieille ville par le pont couvert  sur le Tessin, reconstruit après la deuxième guerre mondiale dans le style de l’ancien pont médiéval, lui-même construit sur un ancien pont romain. Puis nous continuons par le Corso Strada Nuova, l’ancien Cardo Maximus romain, en direction de la Place Léonard de Vinci et l’Université, l’une des plus anciennes d’Italie commencée en 1361 par Galeazzo II Visconti et achevée en 1389. 


Pont couvert sur le Tessin


Château ducal

Nous continuons vers le château ducal, une imposante et austère bâtisse carrée à quatre tours, dont deux ont été détruites par l’artillerie française en 1527, construite par le même Galeazzo ; François Ier y a été emprisonné quelques années suivant sa défaite. Il contient aujourd’hui plusieurs musées. Devant le château s’étend un beau jardin arboré très fréquenté par les jeunes de la ville.


Place des Victoires

Nous poursuivons notre visite par les petites rues moyenâgeuses, jusqu’à la Place des Victoires, véritable centre historique de la ville et continuons jusqu’au Duomo. Érigé en 1488 sur l’emplacement de deux églises plus anciennes, sur des plans de plusieurs architectes, dont Léonard de Vinci et achevé seulement en 1933, il est dans un état de délabrement avancé et seule une petite partie est accessible au public.

Nous allons ensuite visiter l’église San Théodoro, bâtie au XIIème siècle, qui abrite une magnifique fresque de 1522 représentant la ville à cette époque. D’autres fresques décorent les murs.


Fresque représentant la ville de Pavie en 1522

Une autre église est à voir, San Michele, aussi du XIIème siècle, avec sa remarquable façade en pierre calcaire sculptée de divers motifs religieux et profanes. Et nous retournons sur la place des Victoires déguster une excellente glace, avant de reprendre la rue principale et le pont couvert en direction du camping-car.

De là, nous allons vers la très célèbre Chartreuse de Pavie ; nous nous installons sur le parking visiteurs pour la nuit et nous la visiterons demain matin.

Mercredi 19 septembre : après une bonne nuit de sommeil, nous allons visiter la Chartreuse. Ce monument, conçu par le duc de Milan, Gian Galeazzo Visconti, en 1396 pour en faire le mausolée de sa famille, complété en 1450 par les Sforza qui ont remplacé les Visconti à la tête du duché de Milan, est l’un des plus remarquables monuments d’art lombard.


Façade de l'abbatiale (d'après une carte postale)

En entrant dans la cour, on s’attend à voir la remarquable façade de l’abbatiale, commencée en 1450 et achevée en 1560, en marbres polychromes couverts de sculptures et de médaillons inspirés de l’Antiquité, vantée par nos guides ; et nous ne voyons que des échafaudages. Quelle déception !

L’intérieur, de style gothique tardif mâtiné de renaissance et couvert de fresques, principalement l’œuvre d’Ambrogio da Fossano, est absolument remarquable. Une imposante grille baroque ferme la triple nef et tous les autels sont en marqueterie de marbre. La sacristie abrite un polyptyque en ivoire du sculpteur florentin Baldassare degli Embriachi de toute beauté.


Détail d'une sculpture de la façade


Maître-autel


Gisants de Ludovic Sforza et Béatrice d'Este


Polyptique en ivoire


La Cène

Dans le transept sud se trouve le mausolée de Galeazzo Visconti, et dans le transept nord celui de Ludovic Sforza dit le More et son épouse Béatrice d’Este.

Nous allons ensuite dans le petit cloître entouré de fines colonnettes de marbre supportant d’admirable motifs de terre cuite. Le réfectoire, qui donne sur le cloître, est orné d’une belle fresque de la Cène.

Le grand cloître, juste à côté, est interdit d’accès au public. Dommage, ça a l’air très beau vu de loin.


Petit cloître

Et c’est un peu déçus du fait des nombreuses restrictions à la visite (gratuite, nous ne payons que 4 € pour le parking), que nous repartons pour rentrer à la maison.

Nous reprenons la route de Pavie, faisant quelques complexes détours en suivant les panneaux indicateurs, puis, par la P 35, nous rejoignons l’autoroute que nous quittons à Asti pour prendre la SS 231 en direction de Cuneo. Repas de midi au bord de la route dans un village, puis, après Cuneo, nous prenons la SS 21, route du col de Larche par lequel nous rentrons en France. Nous redescendons le col par la D 900 en suivant l’Ubaye et nous arrêtons à Remollon, juste après le barrage de Serre-Ponçon sur la Durance, dans un grand parking en contrebas de la route, en face d’Intermarché, pour y passer la nuit.

Jeudi 20 septembre : nuit calme, petit matin froid. Nous repartons par la même route et rejoignons l’autoroute par laquelle nous rentrons à Montpellier en fin de matinée après un très agréable voyage au cours duquel nous avons presque toujours eu du beau temps.

 
Informations générales et documentation

Trajet total 2050 km, 220 litres de gazole pour 250 € ; budget total 2100 € (dont 120 € de péage) pour 21 jours de voyage.

Informations générales :

Note sur Turin : il existe une ligne de bus, la ligne 54, qui part juste devant le camping pour aller au centre ville. Mais sa fréquence est très faible : un bus par jour dans chaque sens en semaine, aux heures de pointe, et quatre par jour dans chaque sens le dimanche et les jours fériés (giorni festivi). Les horaires de ce bus sont affichés sur le poteau matérialisant l'arrêt.

Le coût de la vie courante en Italie est 15 à 20 % moins élevé qu'en France en moyenne, surtout les légumes et les fruits qui sont environ 40 % moins chers. On trouve le même type de produits alimentaires qu'en France, avec un choix un peu plus limité pour les laitages et la poissonnerie ; on trouve des bons vins à des prix raisonnables, de la très bonne grappa (eau de vie de marc) de divers cépages, d'excellents fromages et de la très bonne charcuterie.. Le gazole est plus cher (1,17 à 1,20 € le litre), les campings aussi.

Les informations que l'on trouve sur Internet concernant les aires de stationnement et/ou de services pour camping-car sont à prendre avec précaution car elles ne sont pas toujours fiables ni précises.

Les billets d'entrée des monuments et sites touristiques ne sont pas trop chers en général, à l'exception de Venise ; les possibilités de forfaits et de tarifs combinés sont nombreuses dans toutes les villes. Les photos sont interdites dans la très grande majorité des musées et des églises ; dans les rares lieux où c'est autorisé, le flash est interdit. La quasi-totalité des musées sont fermés le lundi en Italie.
Les contacts avec la population locale sont faciles et il n'y a pas de problème de communication, beaucoup de gens parlant français ou anglais. Mais si on parle italien, ça facilite encore plus ces contacts.

Il est un peu dommage de ne pouvoir terminer le voyage par la visite de Venise car tout ce que l'on peut voir après avoir visité cette magnifique ville paraît un peu fade, même si c'est très beau, comme Ferrare par exemple !

Documentation utilisée :

- guide Italie du Nord et Venise - Voyager pratique Michelin 2007
- guide du Routard Italie du Nord 2007
- guide du Routard Venise 1997 (encore à peu près à jour en 2007 !)
- cartes Michelin N° 561 et 562 Régional Italie
- atlas Michelin : routes de France, routes d'Europe
- guide des aires de stationnement et de service 2007
- guide des campings d'Europe du sud 2006

- itinéraires et plans d'accès aux campings et aires de stationnement : Via Michelin
- guide et site Internet de la Camping Card International
- site Internet de l'Office National Italien de Tourisme
- site du Guide des Campings Italiens, Easy camping Italie 
- sites perso de camping-caristes qui sont allés récemment en Italie du Nord : Martine et Michel Pichet, Jean-Pierre Rossi, Marie-France et Jean Marc Avond
- reportages récents de « Camping Car Magazine » et « Le Monde du Camping Car », et plus anciens de « Le Caravanier »
- circuit en Italie du Camping Car Club (C.C.D.F)
- sites du Camping Villa Rey à Turin, du Camping Città di Milano, du Camping Fusina

- aires de stationnement et de service : CamperOnLine (clic sur Sosta puis sur AA Italia), Turismo Itinerante, site de Marc Petremann, rubrique aires, un site en allemand, très complet mais assez rébarbatif
        

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