Samedi 29 mai : il fait beau ce matin. Nous partons de Montpellier avec notre camping-car direction plein nord, destination la Pologne et les Pays Baltes. Comme nous voulons arriver le lendemain soir à Berlin chez une amie allemande, nous prenons l'autoroute malgré la cherté excessive des péages appliqués aux camping-cars. Donc A 9 puis A 7 dans la vallée du Rhône. En arrivant à Vienne, nous tombons sur un gros bouchon qui nous fait perdre environ une heure et demie, sans cause apparente. Nous contournons Lyon par l'est, A 42 / E 611, A 40 / E 21 / E 62, puis nous prenons la A 39 / E 62 jusqu'à la sortie Poligny où nous prenons la N 83 vers Besançon. Nous contournons la ville par la rocade ouest et allons faire le plein de gazole au Carrefour d'Ecole-Valentin. Là nous prenons la A 36 / E 80 plein est, contournons Mulhouse puis traversons le Rhin à Ottmarsheim (péage total depuis Montpellier 74 € !). Nous prenons maintenant l'autoroute A 5 / E 35, gratuite en Allemagne, et nous arrêtons pour passer la nuit sur le parking de la station service d'Urloffen (N 48,33771, E 7,57540) remarquablement bien aménagé, avec des places pour stationner suffisamment loin de la route pour atténuer très fortement le bruit. Distance parcourue 775 km.

Dimanche 30 mai : nous sommes réveillés par la pluie en plein milieu de la nuit ; elle dure jusqu'au matin et nous retrouvera plusieurs fois dans la journée. Par contre, la circulation a été totalement inaudible et donc ne nous a pas gênés. 

Départ matinal sous un ciel bien gris par la même route jusqu'au sud d'Heidelberg où nous prenons la A 6 / E 50 vers l'est puis la A 9 / E 49 / E 51 vers le nord à partir de Nuremberg, où nous nous retrouvons sous un très violent orage ramenant la visibilité à quelques dizaines de mètres. Nous arrivons sur le "ring" de Berlin, la A 10 / E 30, puis prenons la pénétrante A 115 / E 51, suivie de quelques avenues et rues moins importantes et arrivons chez notre amie dans le sud de la ville en fin d'après-midi. Distance parcourue 710 km.

Nos étapes

  1 - Urloffen   2 - Berlin   3 - Potsdam   4 - Kolozbreg   5 - Gdansk   6 - Malbork
  7 - Gierloz   8 - Kaunas   9 - Panemune 10 - Nida 11 - Pilsrundale 12 - Staldzene
13 - Riga 14 - Turaida 15 - Nedrema P. 16 - Saare 17 - Tallinn 18 - Ulvi
19 - Rouge 20 - Jekabpils 21 - Palusé 22 - Vilnius 23 - Grutas 24 - Varsovie
25 - Wieliczka 26 - Oswiecim 27 - Bautzen 28 - Wirzberg 29 - Beaume les Dames

Lundi 31 mai : il a plu presque toute la nuit sans interruption et ce matin, la pluie s'est un peu calmée mais ça ne va pas durer. Notre amie nous emmène visiter rapidement la ville que nous avions déjà visitée en 1989 (avant la chute du mur) avec elle de manière plus complète, utilisant les transports en commun très bien organisés qui la maillent de manière très serrée.

Ruines d'une ancienne église sur le Kurfürstendamm

Porte de Brandebourg vue du côté ouest

Opéra de la ville

Nous allons d'abord vers le Kurfürstendamm, la grande avenue commerçante qui était le centre-ville de l'ancienne Berlin-ouest, l'équivalent local des grands boulevards parisiens. La pluie, froide et très désagréable continue de plus belle.

Nous allons déjeuner dans un restaurant sympa de ce quartier très animé puis reprenons le bus pour aller vers la Porte de Brandebourg, symbole de la ville, autrefois juste au bord du mur du côté est, à côté de l'ancien Reichstag, restauré après la réunification de l'Allemagne, et maintenant siège du parlement fédéral. Le quartier a beaucoup changé depuis notre dernière visite en 1989, quelques mois avant la chute du tristement célèbre mur qui coupait la ville en deux. De nombreux édifices modernes ont été construits depuis, plusieurs grandes ambassades aussi (USA, GB, F,...), et de nombreux chantiers sont encore en cours.

Nous avons aussi visité le mémorial de l'Holocauste situé juste à côté, impressionnant.

Ensuite, petite promenade sur la grande avenue Unter den Linden, la principale avenue de l'ancienne Berlin-est où se trouvait la grande majorité des monuments historiques et musées de l'ancienne Berlin prussienne. 

Reichstag

Mémorial de l'Holocauste

Cathédrale

En fin de journée, sous la pluie et dans le froid qui se fait plus vif, nous rentrons avec notre amie par le bus.

Mardi 1 juin : il a plus toute la nuit et il fait froid ce matin. Dans la matinée nous quittons notre amie et prenons la route 1 puis un morceau d'autoroute A 115 et arrivons à Potsdam où nous voulons visiter le parc Sanssouci et les palais des anciens rois de Prusse. Nous nous arrêtons sur un parking bien placé près du Nouveau Palais, sans nous douter de la douloureuse qui nous attendait pour le soir (18 € pour environ 7 heures de stationnement - nous avions l'intention d'y rester pour la nuit, mais quand nous avons vu les tarifs en revenant de nos visites, nous avons préféré aller voir ailleurs).

Prix d'entrée du parc : 19 € par personne pour l’ensemble des bâtiments, et 3 € le permis de photographier.

Façade côté jardin du palais de Sanssouci

Salle de concerts

Galerie de peinture

Orangerie

Le parc de Sanssouci rassemble plusieurs palais et jardins commencés par Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand, au XVIIIème siècle. D'abord le palais de Sanssouci lui-même terminé en 1748 après trois ans de travaux, où Voltaire a résidé trois ans, construit dans le style rococo sur un colline  plantée d'un vignoble ; on visite aujourd'hui la plus grande partie des pièces du palais et les cuisines. 

Ensuite, le nouveau palais, terminé en 1769, une immense bâtisse qu'il n'a jamais habitée, fermée à la visite le mardi (pas de chance !), puis d'autre bâtiments comme la galerie de peinture qui rassemble les collections royales de peinture, le pavillon chinois et les maisons d'hôtes.

Une deuxième vague de constructions, sous Frédéric-Guillaume IV environ 130 ans plus tard, en particulier l'orangerie et le château de Charlottenhof, compléta l'ensemble.

Tout cela a été fortement endommagé lors des bombardements alliés à la fin de la deuxième guerre mondiale, et laissé à l'abandon par le régime communiste de la RDA. Depuis 1990, de vastes programmes de reconstruction et de restauration ont rendu au site une partie de sa grandeur d'antan. Il est aujourd'hui inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

En fin d'après-midi, après avoir bien marché et visité beaucoup de choses tout en n'ayant vu qu'une partie du complexe, nous revenons fourbus à notre camping-car.

Grand fourneau de la cuisine

Nouveau palais

Pavillon chinois

Cheminée de malachite dans l'orangerie

Donc, du fait du coût excessif du parking, nous allons nous installer sur un autre parking près du palais Sanssouci, plein de trous remplis d'eau mais gratuit de 20 h à 8 h (N 52,24396, E 13,02638). Distance parcourue 35 km.

Mercredi 2 juin : nuit tranquille, aucun bruit perturbateur pour nous réveiller. Il fait froid ce matin, le ciel est gris mais il ne pleut pas. Nous repartons vers le nord, d'abord par la route  B 273 jusqu'au ring ouest de Berlin la A 10, continuons vers l'est sur cette même autoroute que nous quittons pour prendre plein nord par la A 11 / E 28, à travers la grande plaine agricole du nord de l’Europe. Après un arrêt à la frontière polonaise pour changer des euros en zlotys polonais (1 € = 4 zlotys), nous quittons l'autoroute pour prendre la N 13 qui va à Szczecin. A l'entrée de la ville, arrêt dans un hypermarché Auchan pour faire des courses alimentaires ; nous constatons que les prix des produits que nous achetons sont moins de moitié moins chers que chez nous, mais le rayon fruits et légumes manque de choix (et le gazole est au même prix que chez nous).

Château des ducs de Poméranie

Maisons hanséatiques

Après avoir déjeuné dans notre camping-car, nous repartons pour aller visiter Szczecin, la septième ville de Pologne, capitale de la Poméranie. Nous stationnons notre camion en plein centre ville, sur la grande avenue 3 Maja, près de la Brama Portowa (1,2 Zl pour une heure, 4 Zl jusqu'au lendemain matin) et allons visiter la ville qui s'étend sur les rives de l'Oder.

Un circuit touristique de 7 km, marqué au sol par une ligne pointillée rouge, permet de voir les 42 principaux monuments de la ville, tels le château des ducs de Poméranie, du XIIIème siècle, reconstruit au XVIème, avec sa grande horloge astronomique dans la cour intérieure, la cathédrale, l'église Saint Jean et plusieurs portes des anciens remparts, l'ancien hôtel de ville, des maisons hanséatiques, etc. Tous ces monuments ont été très abîmés pendant la deuxième guerre mondiale, et largement restaurés après la fin du communisme.

Horloge astronomique

Ancien hôtel de ville

Après la visite, incomplète car nous n'avons pas fait la totalité du circuit en environ 3 heures, nous repartons vers l'est par la route nationale 10, puis vers le nord par la N 3 et vers le nord-est par la N 6. Nous quittons cette dernière 75 km plus loin pour prendre la 162 qui va à Kolobrzeg, station balnéaire au bord de la mer Baltique. Comme nous n'avons pas pu trouver de lieu pour bivouaquer sur le trajet, nous finissons notre journée au camping Baltic (N 54,10867, E 15,35673) où nous payons 15 € tout compris pour la nuit, avec 15 % de réduction grâce à notre CCI (Carte de Camping International). Distance parcourue 345 km ; il n'a pas plu de la journée mais le soleil ne s'est pas montré et il fait toujours aussi froid.

Jeudi 2 juin : il fait très beau ce matin, pas un seul nuage pour obscurcir le ciel mais il fait froid. Nous repartons après avoir utilisé les services du camping.


Procession de la Fête-Dieu

Dès sa sortie, nous sommes bloqués avant d'arriver à la route par une procession, curés et enfants de chœur en tête portant des bannières et des statues, et fidèles endimanchés qui suivent en chantant : c’est aujourd’hui la Fête-Dieu, jour férié dans la très catholique Pologne, et il y a des processions dans tous les villages, comme nous en connaissions dans nos campagnes il y a un bon demi-siècle.


La plage

Quand la procession est passée, nous repartons par la route 11 jusqu’à Koszalin, puis la 203 vers Darlowo, proche de la mer. La nous allons à Darlowo Zach (la plage) et nous garons près du port dans un endroit pouvant faire un excellent bivouac nocturne (N 54,26234, E 16,22425).

Petite promenade sur la plage et dans le village très animé, puis repas de midi dans une pizzeria près du canal.  


Canal traversant Darlowo


Destroyer Blyskawyca

Après le repas, nous repartons par la route 205, et retrouvons la grande route 6 à Slawno 20 km plus loin. De là, par cette route, nous allons à Gdynia et nous rendons dans le port, stationnons sur un parking payant (1,5 € l’heure) et allons sur le quai pour voir les deux célèbres bateaux qui s’y trouvent, le destroyer Blyskawyca, vétéran de la deuxième guerre mondiale construit en Angleterre en 1937, et le navire école trois mats Dar Pomorza, construit à Hambourg en 1909 ; ces deux bateaux, habituellement ouverts à la visite, sont aujourd’hui fermés.


Navire école Dar Pomorza

Nous repartons ensuite vers Gdansk par la route côtière, et allons nous installer sur le parking des allées Generala Jozefa Hallera, situé à environ 100 m de la plage (N 54,24589, E 18,37695), recommandé dans les bases de données Internet ; quand nous arrivons, il y a encore de très nombreuses voitures et deux camping-cars polonais sur ce parking, mais au fur et à mesure que la soirée s’avance, les voitures s’en vont. Distance parcourue 260 km.

Il a fait beau toute la journée et la température a bien monté, chose que nous n’avions pas vue depuis notre départ de la maison.

Vendredi 4 juin : notre parking servait aussi pour un bar-discothèque proche, si bien que de nombreux automobilistes sont venus stationner tard dans la soirée et la musique « boum-boum » a duré jusqu’aux environs de 4 h du matin, nous réveillant plusieurs fois dans la nuit. Il fait très beau ce matin mais froid. Comme notre bivouac est situé à 7 km du centre ville de Gdansk, nous repartons et allons stationner au parking Centrum juste à côté de la gare (payant 1,25 € l’heure), très proche de la partie de la ville la plus intéressante. Il faut se rappeler que Gdansk a été à peu près totalement détruite pendant la deuxième guerre mondiale et reconstruite à l’identique après. Elle est aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Porte haute

Grande salle du conseil de la maison d'Artus

Porte verte

Grue médiévale

Armés de notre guide du Routard, nous partons en visite, entrant dans la ville par la porte haute, suivie de la porte dorée juste un peu plus vers l’intérieur. Nous prenons la rue Dluga, la rue principale de la ville ancienne, bordée de belles maisons hanséatiques des XV à XVIIème siècles, construites par des marchands qui voulaient étaler leur richesse et leur puissance. A côté de l’hôtel de ville, nous visitons la maison d’Artus (entrée 2,5 € par personne), siège du tribunal de commerce dont le fonctionnement était calqué sur la cour du roi Arthur de la célèbre légende de la Table ronde.

Nous allons ensuite sur les quais de la rivière Motlawa (en fait, un bras de la Vistule à son delta) en passant par la porte verte. Les portes de la ville donnent sur ces quais et de chacune d’entre elles part une rue qui va vers le centre ville. La rue Mariacka, qui accède à la cathédrale est bordée de maisons patriciennes avec de magnifiques perrons.

Nous allons voir la grue, actionnée autrefois par des hommes grimpant sans fin dans des roues similaires à  de grandes cages d’écureuil, qui servait à charger et décharger les bateaux accostés

Nous déjeunons de poisson et de frites (très polonais !) sur un bateau-restaurant amarré un peu plus loin, pour un prix dérisoire puis continuons notre promenade.

Nous allons maintenant visiter la cathédrale Sainte Marie, immense édifice des XIV et XVème siècles, avec un beau buffet d’orgues baroques entièrement refait (entrée 0,75 € par personne). Nous continuons dans les rues médiévales, passons devant le grand arsenal puis allons visiter l’église Saint Nicolas, l’un des rares monuments qui n’a pas été détruit. Ensuite, nous visitons le marché couvert, un peu décevant, passons devant l’ancien hôtel de ville dont la reconstruction paraît trop belle, puis regagnons notre camping-car.

Maisons hanséatiques de la rue Dluga

Fontaine de Neptune devant la maison d'Artus

Quai de la Motlawa

Grand arsenal

Nous sortons de la ville par la N 7 / E 77 vers l’est, prenons la N 55 à Nowy Dwor jusqu’à Malbork. Là, nous allons faire quelques courses alimentaires au supermarché Billa puis nous allons au château que nous visiterons demain matin. Impossible de passer la nuit sur le parking, payant et cher pour la Pologne, et devons aller au camping mitoyen (12,5 € pour la nuit tous services compris, N 54,02724, E 19,01576) où stationnent déjà quatre camping-cars. Distance parcourue 75 km.

Samedi 5 juin : il fait beau et frais ce matin. Nous allons visiter le château de Malbork, réalisant ainsi un rêve datant de plus de vingt ans, après avoir vu à la télévision un documentaire sur ce château qui nous avait passionnés et nous avait donné l’envie d’aller le voir de près. Entrée 9 € par personne, permis de photographier 4 €.


Vue générale du château

Les douves et le pont d'accès au château moyen

Grand réfectoire du château moyen

Cuisine du château haut

Chambre du grand maître dans le château haut

Construit dans les années 1270 au bord de la Naugat, un autre bras du delta de la Vistule, ce château de Marienburg fut, à partir de 1309, le quartier général des chevaliers teutoniques, moines guerriers très actifs au Moyen-Âge. Il a été agrandi plusieurs fois au XIVème siècle pour acquérir sa structure actuelle. C'est le plus grand château en brique du monde, et l'une des plus grandes forteresses d'Europe avec ses 20 ha de bâtiments fortifiés.

Il se compose de plusieurs ensembles distincts, regroupés derrière le mur d'enceinte extérieur : 
- le
château haut, quadrilatère massif siège du couvent, domine l'ensemble du complexe
- le
château moyen, abrite le palais des grands maîtres qui était le centre de l'administration de l'ordre 
- le
château bas, ou avant château, immense ensemble édifié sur la berge de la Naugat.
Le tout est entouré de murs en anneau qui en ont fait une forteresse imprenable. 

Après la bataille de Grünewald en 1410 et l'élimination de l'ordre des Chevaliers Teutoniques qui s'en est suivie, il est passé sous le contrôle des rois de Pologne qui en ont fait un centre administratif et une résidence temporaire pour leurs visites en Poméranie.

Il a connu bien d'autres vicissitudes et destructions au cours de l'histoire jusqu'au XIXème siècle où il a été déclaré bâtiment protégé, et a été restauré. Fortement endommagé au cours de la deuxième guerre mondiale, il a été à nouveau rétabli dans son état d'origine après de longs travaux de restauration.

On peut visiter une grande partie des pièces et bâtiments de l'ensemble du château, une visite qui prend près de quatre heures.

Notre visite terminée, nous déjeunons dans l’un des restaurants en plein air devant le château puis rejoignons notre camping-car.

Cour intérieure du château moyen

Cour intérieure du château haut

Grand réfectoire du château haut

Autel de 1504 exposé dans le château haut

Après avoir utilisé les services du camping, nous reprenons notre route vers l’est, d’abord la N 22 jusqu’à Elblag, puis la N 7 / E 77 jusqu’à Ostroda, la N 16 (en travaux et difficile à parcourir) pour Mragowo où nous prenons la route 592 vers l’est. A la sortie de Ketrzyn, nous prenons une petite route sans numéro qui nous emmène à Wilczy Szaniec – le repaire du loup – à côté du village de Gierloz, où Hitler avait son bunker durant la deuxième guerre mondiale.

Nous nous installons pour la nuit sur le parking, dans une partie aménagée (eau, électricité, sanitaires)  appelée « camping » (N 54,04783, E 21,29664) - 7,5 € pour le stationnement nocturne et le parking demain matin pendant que nous visiterons le site, combiné avec le prix de l’entrée de 3 € par personne. Distance parcourue 245 km.

Dimanche 6 juin : il fait beau ce matin, le ciel est bien dégagé et la température est douce. Nous allons visiter l’immense complexe de bunkers Hitler a eu son quartier général lors de la seconde guerre mondiale, entouré de son état-major militaire. C’est là aussi qu’a eu lieu l’attentat raté contre lui commis par Klaus von Stauffenberg le 20 juillet 1944.

Poste de la division SS Leibstandarte

Bunker des sténos et dactylos

Cet ensemble a été construit par la division Todt à partir de 1940 dans la forêt de Gierloz (Görlitz en allemand), sur une superficie de 2,5 km². Il a été utilisé jusqu'en novembre 1944, date à laquelle le quartier général a été transféré à Bad Neuheim en Allemagne. Il était situé près de la frontière russe et Hitler est venu s'y installer le 24 juin 1941, trois jours après l'invasion de l'URSS, pour y rester près de trois ans.

Il était entouré de champs de mines sur 50 à 350 m, et le déminage ne s'est achevé qu'en 1956. Il était protégé par deux lacs et de vastes étendues marécageuses. Les bunkers étaient camouflés par des revêtements en béton imitant des algues et par la végétation, et n'ont jamais été repérés par les alliés. Les nazis en ont détruit la plus grande partie les 23 et 24 janvier 1945 alors que l'armée rouge n'était plus qu'à 80 km du site.

Durée de la visite environ 1h30, au milieu de centaines de moustiques souvent affamés et voraces.  

Bunker d'Hitler

Bunker de Göring

Nous revenons à la route 592 que nous prenons vers l’est jusqu’à Gysicko, puis la 63 vers le sud sur quelques km, et continuons vers l’est par la 655, la N 65 et la 653 qui nous conduit à Suwalki. La, nous prenons la grande route 8 / E 67 vers le nord en direction de la Lituanie, très chargée de camions, lituaniens en majorité, qui partent en masse vers l’Europe occidentale.

A la frontière, nous changeons des euros en monnaie lituanienne (1 € = 3,3 litas) puis repartons sur la même route, devenue la A 5 / E 67 jusqu’ Kaunas. En arrivant, nous allons à l’aire pour camping-cars qui se trouve à l’entrée de la ville sur la grande avenue Jonatvos Gatve au bord de la Neris affluent du Niémen, à 4,5 km du centre ville (N 54,56080, E 23,55050 – 16 € la nuit, électricité, sanitaires, eau et vidanges comprises) ; cette aire est le parking d’un concessionnaire de véhicules de loisir ; elle est considérée comme étant le camping de la ville de Kaunas. Distance parcourue 250 km.

Lundi 7 juin : grand soleil ce matin et fond de l’air assez doux ; la journée se présente bien. Nous partons visiter Kaunas en prenant le bus N° 13 juste devant le camping (0,6 € par personne, aller simple) ; il nous emmène à proximité immédiate du centre ville en 10 minutes. Kaunas est aujourd’hui la deuxième ville de Lituanie, située au confluent du Niémen et de la Néris. Elle a été la capitale du pays de 1920 à 1939, quand les polonais ont annexé Vilnius.  

Ruines du château en restauration

Église Vytautas

Cathédrale Saints Pierre et Paul

Tour reste des anciens remparts

Nous commençons par le château, construit au XIIIème siècle et détruit plusieurs fois par la suite. Il n’en reste qu’une petite partie, aujourd’hui en restauration. De là, nous allons voir l’église Saint Georges toute proche, très abîmée par plusieurs incendies mais toujours utilisée ; un programme de restauration financé par l’Union Européenne est en cours.

En traversant les jardins du Séminaire, nous arrivons sur la place de l’hôtel de ville, grand bâtiment blanc de 1542 surmonté d’une tour de 43 m de haut. Nous continuons vers le bord du Niémen en passant devant plusieurs bâtiments anciens comme le lycée jésuite, la maison Parkunas, bâtiment gothique du XVIème siècle ancien comptoir de marchands, puis l’église Wytautas juste au bord du fleuve.

Retour vers la place de l’hôtel de ville où nous prenons la rue de Vilnius, artère piétonne animée et axe principal de la ville. Au début de la rue s’élève la cathédrale St Pierre et St Paul, la seule grande église gothique du pays, construite à partir de 1410 sous le roi Vytautas ; très sobre à l’extérieur, elle cache un intérieur baroque richement décoré.

Un peu plus loin dans la rue, on arrive à l’ancien palais présidentiel, joli bâtiment relativement discret.

Nous continuons sur l’allée Laisvès, grande perspective plantée de tilleuls, où déambule la population locale. Arrêt dans un restaurant pour le repas de midi (1/3 moins cher qu’en France), et nous repartons voir les monuments du quartier : un reste des remparts, le musée de la musique traditionnelle (fermé le lundi comme tous les musées du pays) et l’église Ste Gertrude, minuscule église gothique soigneusement dissimulée au milieu des bâtiments d’habitation.

Nous allons maintenant au bord du Niémen et revenons jusqu’au pont Aleksoto que nous franchissons. De ce côté du fleuve, un funiculaire (0,6 € aller et retour) conduit au sommet de la colline verte d’où l’on a un splendide point de vue sur la ville.

Hôtel de ville

Rue de Vilnius

Intérieur de la cathédrale

Vue sur Kaunas depuis le haut de la colline verte

Nous redescendons et nous dirigeons vers l’arrêt de bus pour rejoindre notre camping-car. Après avoir utilisé les services de l'aire, nous prenons l’autoroute A 5 / E 67 puis la route 141qui longe le Niémen en traversant plusieurs villages.


Cimetière de Bubiai

Arrêt à la sortie de Bubiai pour admirer les tombes fleuries du joli cimetière, puis à Vilkija, village aux maisons en bois.

Nous continuons sur la 141 puis prenons une très petite route à droite pour aller au château de Panemune, qui surplombe la vallée. Mais il est en grands travaux de restauration, son parking où nous comptions passer la nuit (N 55,05980, E 22,59180) est fermé. Après avoir pris quelques photos de ce qu’on pouvait voir, nous redescendons vers la 141. 


Château de Panemune

Juste en face de la route d’accès au château se trouve une aire de pique-nique au bord du Niémen dont l’accès n’est pas goudronné ; comme un gros orage se préparait, nous avons craint de ne pas pouvoir repartir le lendemain à cause de la boue et sommes allés sur une autre aire que nous avions repérée 5 km avant, éloignée et peu visible de la route, avec l’accès goudronné (N 55,06360, E 23,03680). Distance parcourue 80 km.

Peu après notre arrivée, l’orage a éclaté, très fort mais de relativement courte durée, ce qui nous a laissé espérer ne rien craindre d’une éventuelle montée des eaux du fleuve. Par contre, difficile de sortir du camping-car à cause des moustiques, nombreux et affamés.

Mardi 8 juin : il a plu pendant une bonne partie de la nuit et le vent a soufflé très fort, ce matin il ne pleut plus mais le ciel est gris et il fait froid et venteux. 

Bureau du parc régional de Panemune

Cigogne dans son nid à Pakalne

Maison à pignon décoré à Syskranté

Nous poursuivons notre route vers l’ouest sur la 141 (nombreuses possibilités de bivouac le long de cette route) et nous arrêtons un peu plus loin à Siline où se trouve le bureau du parc régional de Panemune, au milieu d’un  groupe de maisons en bois apparemment abandonnées et en cours de réhabilitation, peut-être pour en faire un musée.

Nous continuons sur la même route, dans des paysages de forêts nordiques entrecoupées de villages agricoles jusqu’à Siluté. Là, nous prenons la route 206 en direction de Rusné située au bord de l’Atmata, le bras principal du delta du Niémen. Arrêt pour déjeuner sur un grand parking au bord du fleuve, qui pourrait aussi faire un très bon bivouac nocturne (N 55,18030, E 21,23080) avec même une plage de sable à proximité. Nous faisons ensuite une boucle dans les zones marécageuses du delta, prenant une route en partie non goudronnée passant par Pakalne, petit village aux maisons à pignon décoré, puis Uostadvaris, et revenons à Rusné en longeant l’Atmata ; sur ce trajet, nous voyons plusieurs cigognes dans leur nid.

Retour à la 141 par la 206 en contournant Siluté par l’ouest.

Nous continuons sur cette route et arrivons à Klaïpeda, l’ancienne Memel prussienne maintes fois détruite, troisième ville de Lituanie et grand port sur la Baltique. Après un arrêt à l’entrée de la ville à l’hypermarché Maxima pour réapprovisionner le frigo, nous prenons le ferry pour rejoindre la presqu’île de Courlande (33 € aller et retour).

Pont sur l'Atmata et plage de sable à Rusné

Marécage à Uostadvaris

Traversée vers la Courlande à Klaïpeda

Là, nous allons plein sud par la route 167 qui va jusqu’à la frontière russe. Péage de 21 € pour entrer dans le parc national de Courlande un peu plus loin. Nous arrivons à Nida, et allons au Nidos Kempingas (N 55,17900, E 20,58860), bien aménagé avec tous les services nécessaires, mais trop cher pour cette partie de l’Europe (24 € la nuit avec la réduction CCI). Distance parcourue 260 km. Note : il est à peu près impossible de bivouaquer librement en Courlande, le stationnement diurne et nocturne étant très sévèrement réglementé et la police omniprésente.

Mercredi 9 juin : le ciel est voilé ce matin et la température est douce. C’est une journée de repos, nous restons à Nida, centre touristique de la presqu'île de Courlande. Ce matin, un peu de lessive et quelques opérations de bricolage sur le camping-car sont au programme, puis repas de midi au camping.

Grand cadran solaire au sommet de la dune de Parnidis

Départ d'un bateau de pêche devant l'ancien kolkhoze

L’après-midi est réservé à la promenade à pied, escalade de la dune de Parnidis (52 m d’altitude) d’où l’on a un beau point de vue sur la péninsule, en particulier sur la partie russe, et sur Nida et la lagune.

Ensuite descente vers la mer et marche au milieu de nuages d'insectes le long d’un sentier aménagé sur le sable jusqu’au vieux village de Nida, avec ses maisons rouges et bleues aux pignons décorés et aux girouettes originales plantées dans les jardins. Le port, aujourd’hui essentiellement réservé à la plaisance, a aussi une petite activité de pêche ; à l’époque soviétique, un grand kolkhoze de pêche aujourd’hui abandonné employait une population importante.

Front de mer

Girouettes

L’orage devenant menaçant, nous revenons ensuite au camping en suivant le long de la route. A l'arrivée, nous sommes accueillis par les moustiques qui nous agressent sauvagement alors que nous nous installons sur nos fauteuils de camping car le ciel s’est à nouveau dégagé et il fait presque chaud.

Jeudi 10 juin : il fait beau ce matin, avec une température agréable. Après avoir utilisé les services du camping, nous reprenons la route 167 vers le nord et reparcourons la presqu’île de Courlande dans l’autre sens.


Dune de Nagliai et lagune

Arrêt sur un parking au pied de la dune de Nagliai (53 m d’altitude) pour l’escalader. Cette dune s’est beaucoup déplacée au cours des siècles et a enseveli depuis 1675 quatre fois le village de Nagliai qui a fini par disparaître.


Dune de Nagliai

Pour voir le diaporama de cette première partie du voyage, cliquer ici

Nous repartons et allons prendre le ferry qui nous ramène à Klaïpeda. Là, nous prenons d’abord l’autoroute A 1 / E 85 vers l’est sur une vingtaine de km, puis la route 166 nord-est jusqu’à Plungé et la route A 11 plein est (plusieurs aires de pique-nique sur cette route, bivouacs potentiels), en traversant des paysages de forêt nordique entrecoupés de villages agricoles, chacun avec un ou plusieurs nids de cigogne.

Nous contournons Siauliai par l’ouest et prenons la A 12 / E 77 vers le nord. Dix km plus loin, nous prenons à droite une petite route qui nous conduit sur deux km à la célèbre Colline des croix.


Vue d'ensemble de la colline des croix


Colline des croix

Sur cette colline, la seule hauteur alentour dans l’immense plaine baltique, les lituaniens élevaient autrefois des symboles sculptés dans du bois de chêne comme offrande à leurs dieux ; à partir de 1831, ils ont planté des croix comme symbole de résistance à l’occupation tsariste puis soviétique, qui ont tenté en vain de les en empêcher. Aujourd’hui, plus de 100 000 croix sont plantées dans un joyeux désordre par des croyants venus du monde entier ; le pape Jean-Paul II a planté la sienne en 1993. La colline est maintenant inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO (visite gratuite, parking 3 € pour les camping-cars, possibilité d'y passer la nuit).


Colline des croix

Nous reprenons la A 12 vers le nord et franchissons la frontière lettonne 40 km plus loin ; il n’y a aucun bureau de change sur cette frontière. La route devient la A 8 / E 77, en bien mauvais état sur le territoire letton. D’une manière générale, la partie de la Lettonie dans laquelle nous entrons paraît beaucoup plus pauvre que la partie lituanienne voisine. A Eleja, nous prenons la P 103 à droite jusqu’au palais de Pilsrundale que nous visiterons demain matin.

A la réception du château, on nous indique que nous pouvons passer la nuit sur le parking visiteur gratuit malgré l’indication de disponibilité de ce parking seulement de 8 h à 18 h, et que nous devons aller à Bauska, la ville située 12 km à l’est sur la P 103 pour changer nos euros. Nous y allons, le bureau de change (ouvert de 8h30 à 20h30) se trouve dans la galerie marchande du supermarché Rimi à l’entrée de la ville après avoir franchi la rivière (1 € = 0,70 Las). En passant, nous voyons la forteresse de Bauska sur la rivière Musa, monument restauré en véritable toc, sans aucun intérêt.

Retour vers le parking du palais de Pilsrundale (N 56,24990, E 24,01800) où nous nous installons pour la nuit. Distance parcourue 310 km.

Vendredi 11 juin : le parking ayant été fermé toute la nuit, nous avons été bien tranquilles et personne ne nous a dérangés. Le ciel est voilé ce matin et il fait doux. Nous allons visiter les jardins et le palais (1,4 € par personne pour les jardins, 5 € pour le château et 1,4 € pour le permis de photographier).

Façade nord du palais

Escalier d'honneur de l'aile est

Salle blanche

Salle à manger

Ce palais a été construit à partir de 1735 par l’architecte Bartolomeo Rastrelli, constructeur du Palais d’hiver à Saint Petersbourg, comme résidence d'été d'Ernst Johann Biron, duc de Courlande, aventurier sans scrupule favori tout puissant de la tsarine Anna Ioanovna veuve du tsar Pierre. Sa conception, ainsi que celle du parc, a été inspirée de celle du château de Versailles. Interrompue pendant un quart de siècle, après le décès de la tsarine, période pendant laquelle Biron a été disgracié et en exil, la construction a été terminée en 1767 après le retour en grâce de Biron à la demande de Catherine II

Le château a appartenu ensuite successivement à plusieurs familles nobles de Russie, puis a subi de nombreuses vicissitudes après la révolution bolchevique. Rénové à partir de 1972 et transformé en musée, sa restauration se poursuit encore aujourd’hui. Il compte 138 pièces mais seules 48 d’entre elles, situées à l’étage noble c’est-à-dire le premier étage, sont ouvertes au public. 

Un grand jardin à la française, lui aussi conçu par Rastrelli, s'étale sur 10 ha au sud du bâtiment. Dans l'un des bosquets le théâtre de verdure est utilisé pour donner des concerts lyriques. Au-delà du jardin s'étend le Parc de chasse où sont enterrés des soldats français et russes de la guerre de 1812.

La visite se fait librement, un petit guide très bien fait et bien utile peut être acheté à l'entrée pour 5 €.

Façade sud du palais

Salle dorée

Chambre à coucher du duc

Cabinet de toilette de la duchesse

Après notre visite, nous reprenons la route P 103 dans le sens inverse de celui de notre arrivée hier jusqu’à Eleja, puis continuons vers l’ouest par la même route au revêtement encore plus pourri. Arrêt à côté de Tervete (possibilité de bivouac nocturne ici), près d’une petite usine désaffectée et d’un transformateur, pour déjeuner dans le camping-car. A Annenieki nous rejoignons la A 9, grande route est-ouest du pays, en meilleur état. Nous la quittons à Saldus pour prendre la P 108 vers le nord-ouest, qui traverse des zones de forêt nordique alternant avec des villages agricoles tous dotés d’au moins un nid de cigogne.


Nid de cigogne le long de la route

Chutes de la Venta

Vieille maison en bois

Cette route, en bien mauvais état, nous emmène à Kuldiga, l'une des deux anciennes capitales du duché de Courlande et cité hanséatique à partir de 1378. Nous allons d’abord voir les chutes de la Venta, la rivière qui traverse la ville, dites les plus larges d’Europe (249 m de large, mais seulement 2 m de haut).

Après, nous allons faire une promenade à pied dans la vieille ville où l’on trouve de nombreuses belles maisons anciennes en bois.  

Ensuite, nous allons faire quelques courses alimentaires au grand supermarché Rimi (prix environ 40 % moins chers qu'en France).  

Pont sur la Venta

Vieille maison en bois

Nous continuons par la P 108 en direction de Ventspils, important port pétrolier et station balnéaire sur la Baltique. En arrivant dans la ville, des travaux de reconstruction du pont et une déviation affolent notre GPS qui ne sait plus trop où nous diriger. Finalement, après avoir traversé la Venta par un pont provisoire, nous trouvons la route P 124 qui va vers le nord. Nous avons les coordonnées d’un bivouac possible dans le secteur, en principe en bord de plage au nord de Staldzene, mais notre GPS nous emmène sur le parking d’une raffinerie de pétrole ! Il faut donc se débrouiller pour trouver un bivouac. Nous trouvons la route de Staldzene que nous prenons puis suivons la direction de la base de loisirs toute proche. Quand nous arrivons sur place, le gardien nous envoie vers un camping situé plus au nord, par un chemin sablonneux et malaisé où nous avons failli nous ensabler plusieurs fois. De guerre lasse, nous faisons demi-tour avec difficulté, revenons à l’entrée de la base de loisirs et négocions avec le gardien l’autorisation de passer la nuit sur le petit parking goudronné attenant (N 57,27190, E 21,37750). Distance parcourue 255 km.

Samedi 12 juin - le vent a soufflé très fort cette nuit, accompagné de quelques gouttes de pluie. Il continue ce matin, le ciel est gris mais il commence à se dégager. Nous prenons la route côtière P 124 vers le nord en direction du cap Kolka ; quelques km plus loin, nous découvrons deux parkings voisins un peu en retrait de la route qui auraient pu faire chacun un bon bivouac. Nous roulons dans la forêt, sur une route en mauvais état, avec par endroit des parties neuves ; mais la moitié environ de la distance n'est pas goudronnée. Nulle part il est possible de voir la mer ; nous quittons la route pour aller au village de Mazirbe proche de la côte mais là aussi elle est invisible. 


Monument aux morts en mer

Nous arrivons au cap Kolka qui ferme le golfe de Riga au sud (parking payant, 3 €). Là, le vent est encore plus fort et la mer remue beaucoup. Ce cap était un lieu stratégique pour l'armée rouge à l'époque de l'occupation soviétique, contrôlant l'accès à la grande base navale de Riga. Aujourd'hui, il reste encore quelques ruines de cette occupation, et les Lettons ont construit un monument à toutes les victimes de la mer.


Nous à l'extrême pointe du cap


La plage à Gipka

Nous prenons maintenant la route côtière P 131 vers le sud-est en direction de Riga. A la sortie de Gipka, nous nous arrêtons pour déjeuner sur un parking en bord de plage (annoncé comme payant, mais sans personne pour collecter les paiements), dans un cadre agréable à environ 300 m de la route. Ce parking pourrait faire un excellent bivouac (N 57,33860, E 22,40040).


Le port de Roja

Nous continuons sur la même route  et nous arrêtons un peu plus loin à Roja, joli petit port de pêche situé à l'embouchure de la rivière du même nom.

Nouvel arrêt quelques km plus loin à Kaltene pour voir une curiosité géologique locale : des rochers ronds ont été charriés par les glaciers et déposés sur la plage et dans la mer.


La plage de Kaltene avec des rochers glaciaires

Toujours plus au sud-est, nous arrivons à Jurmala où nous devons nous acquitter d'un péage de 1,4 € devant un poste de police pour entrer dans la ville. Jurmala est une grande station balnéaire, regroupement de plusieurs villages sur une distance d'environ 20 km. Nous n'avons pas trouvé l'accès à la mer et avons passé notre chemin.

Nous arrivons enfin à Riga, capitale de la Lettonie et allons nous installer au Riga city camping, proche du centre ville sur la rive gauche de la Daugava (il ne faut pas traverser le fleuve, mais s'échapper à droite juste avant le pont) ; ce camping bien aménagé et équipé est situé sur le site du parc des expositions, à 20 minutes de marche de la vieille ville (18 € la nuit tout compris, N 56,57360, E 24,04650). On trouve aussi une aire pour camping-cars 300 m avant, un peu moins chère (4,5 € de moins) dans un site moins agréable et juste en bord d'une avenue très passante. Distance parcourue 230 km.


Panorama de Riga vu du pont sur la Daugava

Ancien château, aujourd'hui palais présidentiel

Immeuble Art Nouveau construit par M.Eisenstein

Après nous être installés, nous allons faire une promenade en ville. Nous commençons par admirer la panorama de la vieille ville depuis le pont qui franchit la Daugava, très bien éclairée en cette fin de journée.

Puis nous allons dans le quartier des immeubles « art nouveau », du côté des rues Elisabeth et Alberta où nous voyons des constructions toutes plus ahurissantes les unes que les autres, en particulier celles de Mikhail Eisenstein (le père du cinéaste), qui n’ont rien à envier aux œuvres de Gaudi et ses confrères à Barcelone, pourtant beaucoup plus connues.

Immeuble Art Nouveau

Détail d'un immeuble Art Nouveau

Nous allons maintenant dans la vieille ville, dîner dans un restaurant recommandé par le guide du Routard (prix similaires à ceux de chez nous à Montpellier à qualité égale), puis rentrons au camping.

Dimanche 13 juin : il plu cette nuit, ça continue ce matin avec un ciel complètement bouché, et il fait froid. Nous envisagions de prendre un tour de ville en bus (14 € par personne au départ du camping) mais le mauvais temps nous en a dissuadé.

Intérieur du marché couvert

Cathédrale orthodoxe

La petite guilde des artisans

Vue sur le clocher de l'église Saint Pierre

Maison des têtes noires et statue de Roland

Cathédrale

Nous partons donc à pied pour le centre ville, traversant le pont sur la Daugava, et allons au marché couvert situé un peu à l’extérieur, installé dans cinq anciens hangars à Zeppelin reliés entre eux. Il est  très bien approvisionné, très coloré et actif, avec des prix d'environ la moitié de ceux pratiqués chez nous.

A proximité se trouve un grand bâtiment typiquement stalinien abritant aujourd’hui l’université de la ville.

Nous revenons vers le centre ville sous la pluie, passons devant l’Opéra national, puis le Monument de la Liberté et allons voir la cathédrale orthodoxe, construite à la fin du XIXème siècle ; elle possède une belle iconostase. Nous allons ensuite vers la vieille ville pour déjeuner dans un restaurant tout près du centre.

Après le repas, nous allons voir quelques belles constructions néo-gothiques comme les immeubles de la Grande Guilde des marchands et celui de la Petite Guilde des artisans, et la maison des chats, construite en 1903 dans le style art nouveau par un riche marchand ayant eu maille à partir avec la Grande Guilde.

Nous allons ensuite à l’église Saint Jean construite au XVIème siècle, puis à l’église Saint Pierre du XVème siècle largement complétée par la suite, avec son clocher de 123 m de haut terminé par un coq. Nous visitons la maison Mentzendorff située juste à côté (3 € par personne), belle maison bourgeoise typique des XVII et XVIIIèmes siècles.  

Toujours sous la pluie, nous continuons vers l’Hôtel de ville, bâtiment construit en 1750, rasé par les soviétiques et reconstruit à l’identique. Sur cette place se trouve la maison des Têtes noires, érigée en 1334 et modifiée plusieurs fois jusqu’à la fin du XVIIIème siècle par la confrérie des têtes noires propriétaire des lieux, détruite par les soviétiques en 1948 et reconstruite à l’identique. Sur cette place se dresse une statue de Roland de Roncevaux, symbole de la résistance à l’oppression et point zéro de toutes les routes lettones.

Juste à côté, sur la place Latviesu Strelnieku, sont érigés deux monuments soviétiques qui ont été conservés depuis l’indépendance en 1991, le monument aux fusiliers lettons héros de la première guerre mondiale datant de 1971, et le musée des occupations, gros parallélépipède sombre construit en 1970.

Nous marchons maintenant vers la cathédrale, commencée au XIIIème siècle, agrandie et remaniée plusieurs fois jusqu’au XXème siècle (entrée 3 € par personne), et son cloître attenant, en travaux de restauration et contenant un joyeux bric-à-brac.

Par les petites rues avoisinantes, nous allons voir la maison des trois frères, ensemble de trois maisons hanséatiques des XVème à XVIIIème siècles ayant appartenu à trois frères marchands.  

Nous passons devant le Parlement, bâtiment du XIXème siècle point de départ de la révolte de 1991 contre les soviétiques, ayant conduit à l’indépendance de la Lettonie, puis à son entrée dans l’Union Européenne en 2004.

L'université de Riga

La grande guilde des marchands

La maison des chats

Hôtel de ville

Musée des occupations

Maison des trois frères

La journée se termine et le ciel commence enfin à se dégager. Mais comme il se fait tard, nous rentrons au camping, fatigués d’avoir beaucoup marché. A côté de nous est installée une douzaine de camping-caristes français de l’ACCCF, de retour d’un voyage en Russie.

Lundi 14 juin : le ciel est très gris ce matin et il fait froid. Après avoir utilisé les services du camping, nous partons par la A 2 en direction de l'est. 

Chœur d'une église de Courlande

Maison d'habitation de pêcheurs de Courlande

A la sortie de la ville, après avoir franchi le pont sur le lac Jugla, nous faisons halte au Musée ethnographique letton de plein air (2,8 € par personne, parking payant mais personne ne nous a fait payer - bivouac nocturne possible sur place). 

Dans la forêt au bord du lac ont été transportés et reconstruits des bâtiments de ferme originaires de chacune des quatre régions du pays regroupés par région, quelques églises et croix de bord de route, ainsi que des moulins à vent. Mais la plupart d'entre eux était fermée, ce qui réduisait l'intérêt de la visite.

Maison d'un paysan russe du Latgale

Intérieur d'une maison d'habitation de pêcheurs de Courlande

Après le repas de midi pris sur le parking dans le camping-car, nous reprenons la A 2 vers l'est, et la quittons à Sigulda pour prendre la P 8 qui nous emmène quelques km plus loin au château de Turaida, édifice médiéval qui surplombe un méandre de la rivière Gauja (grand parking payant 1,4 € sans limite de durée, entrée du château et de son parc 4,2 € par personne).  

Chemin d'accès au château

Vue sur la château et la vallée de la Gauja depuis la tour

Construit en bois au début du XIIIème siècle par un chef livonien, c'est aujourd'hui un monument médiéval en brique plusieurs fois détruit et reconstruit. Le bâtiment actuel est une reconstruction partielle de celui qui a été incendié en 1776 par ordre de l'évêque de Riga. Il reste la tour principale haute de 38 mètres, une des parties les plus anciennes du château, ainsi que deux autres tours plus petites et quelques pans de mur. De nombreuses expositions présentent la vie du château et de ses environs dans le cadre de l'histoire plus générale de la Lettonie.

A côté du château, sur le même promontoire se trouve la colline des Dainas, un ensemble de sculptures modernes d'Indulis Ranka qui évoque les chansons traditionnelles lettones. Un petit musée ethnographique de plein air présente quelques maisons plus ou moins anciennes et une église de bois de 1753, la plus ancienne de Lettonie. A côté se trouve la tombe de Maija, la rose de Turaida, jeune fille de 19 ans morte tragiquement d'après la légende.  

Cour intérieure

Sculpture moderne sur la colline des Dainas

L'heure étant bien avancée, nous décidons de rester pour la nuit sur le parking visiteurs du château (N 57,11210, E 24,50670). Distance parcourue 60 km.

Mardi 15 juin : il fait très beau quand nous nous réveillons mais ça ne dure pas. Nous repartons sous un peu sympathique ciel gris et chargé avec un vent bien frais. Nous prenons la route P 7 puis la P 6 à travers une verte campagne agricole vallonnée surtout cultivée de céréales. Nous arrivons sur la côte du golfe de Riga à Saulkrasti où nous prenons la grande route A 1 vers le nord.


La plage à Zvejniekciems

Cette route chargée, surtout par des camions, frôle par moment le bord de mer ; nous faisons un arrêt sur une aire de pique-nique en bordure de la plage juste avant Zvejniekciems pour faire quelques photos.

Nous poursuivons notre route vers le nord, et passons la frontière avec l’Estonie (1 € = 15 krooni). environ 40 km plus loin, nous prenons une petite route à gauche en vue d’un nouvel  arrêt en bord de mer, à Tahkuranna juste devant une petite église orthodoxe apparemment désaffectée, pour déjeuner dans un site tranquille et agréable (bivouac nocturne possible). Mais il est impossible d’accéder à la mer, la côte étant un marécage impénétrable.


Église orthodoxe désaffectée à Tahkuranna

Vieille maison en bois

Villa Ammende

Après le repas, nous repartons et arrivons à Parnu, quatrième ville d’Estonie et grande station balnéaire. Nous faisons d’abord nos courses dans un hypermarché Rimi situé à l’entrée de la ville (prix environ 40 % plus bas que chez nous) puis allons stationner notre camping-car sur le parking du centre commercial Port Artur recommandé par le guide vert Michelin (1 € l’heure par horodateur, mais nous n’avons pas payé, n'ayant pas de pièces). 

De là, nous sommes allés faire une promenade dans la ville, voir ses nombreuses maisons en bois très colorées mais quelquefois un peu fatiguées, et deux vieilles églises (Ste Elizabeth, et Ste Catherine – en travaux) dans le centre ancien. Ensuite, direction le quartier balnéaire avec ses villas art nouveau, la plus connue étant la villa Ammende aujourd’hui un hôtel, et la magnifique plage, très peu fréquentée du fait des conditions atmosphériques peu favorables.  

Rue de maisons en bois et église Ste Élisabeth

Plage


Bivouac à Nedrema Puisniit

Retour au camping-car, un peu loin. En repartant, nous constatons que nous aurions mieux fait de nous garer à l’aire pour CC sur le quai au pied du pont, bien plus proche du centre ville et apparemment gratuite.  

Nous prenons la route 60 vers le nord-ouest et prenons environ 30 km plus loin une petite route sur la droite pour aller vers un site remarquable, Nedrema Puisniit situé à 1 km, un exemple de l’écosystème le plus ancien du nord de l’Europe appelé la prairie arborée. Alors que le ciel se dégage complètement, nous nous installons pour la nuit sur le petit parking (N 58,32380, E 24,04220). Distance parcourue 210 km.

Mercredi 16 juin : nuit tranquille, sans le moindre bruit sauf la pluie qui est tombée au milieu de la nuit ; ce matin le ciel est gris mais commence à se dégager. Nous rejoignons la route 60 puis la route 10 sous un ciel maintenant clair et arrivons à Virtsu où nous prenons le ferry de 10 h pour l'île de Muhu (15 € aller simple pour le CC plus 2 personnes), une traversée d'une demi-heure.  


Église Sainte Catherine de Muhu

Arrivés dans l'île, nous continuons par la route 10. Arrêt à Liiva pour voir l'église Sainte Catherine de Muhu du XIVème siècle sans clocher ; son intérieur, sans grand intérêt, est bien abîmé. A la sortie de Liiva, nous prenons une petite route à droite pour aller à Koguva, village réputé être l'un des plus beaux d'Estonie avec ses maisons de granit taillé et de bois. Encore habité, il est devenu un village musée, arrêt inévitable des tour-operators.  


Maisons en bois à Koguva


Le port d'Orissaare

Nous revenons sur la 10, franchissons la digue et arrivons sur la plus grande île, Saaremaa. Nous allons d'abord à Orissaare par une route en chantier, petit port plutôt endormi où nous nous arrêtons pour déjeuner.

Après le repas, nous voulons prendre la route côtière en direction de Triigi mais elle est actuellement interdite à la circulation pour cause de réfection complète. Nous retournons donc vers la 10 que nous prenons sur une vingtaine de km, puis une route sans numéro à droite vers Parsama et Angla, situé sur la route 79, où se trouvent quatre moulins à vent, parmi les derniers de l'île (site bien fléché depuis la 10).  


Les moulins à vent d'Angla


Cratère météoritique

Nous poursuivons notre route par la 79 vers le sud, que nous quittons pour prendre une petite route vers Kaali (directions bien indiquées). Ici se trouve une curiosité géologique exceptionnelle en Europe, un cratère de météorite d'environ 110 m de diamètre et profond de 22 m occupé par un lac ; la météorite est tombée il y a environ 7000 ans, époque où la région était inhabitée. 


Jean-Claude au bord du cratère météoritique


Pont sur les douves pour accéder au château

Nous revenons vers la 10 et allons à Kuressaare, capitale de l'île, petit port de plaisance et station balnéaire. Nous stationnons sur l'aire aménagée pour les camping-cars (électricité disponible mais pas de service de vidange ni remplissage), proche du centre ville. La ville s'est développée autour du château épiscopal, monument de la première moitié du XIVème siècle aujourd'hui très bien restauré ; il abrite le musée régional de Saaremaa que nous n'avons pas visité.  


Château épiscopal


Le phare vu de la bande de terre au bout de l'île

Nous repartons ensuite vers le sud, sur la péninsule de Sorve, par la route 77 qui longe la mer, invisible à cause de l'épais rideau d'arbres ; quelques parkings aménagés le long de la route permettent d'y accéder. A l'extrémité de la route, à Saare, un phare se dresse sur la pointe sablonneuse sud de la péninsule. 


Bertille sur la bande de terre au bout de l'île

Pour voir le diaporama de cette deuxième partie du voyage, cliquer ici

Nous nous installons sur son parking pour la nuit ; juste à côté, un camping fermé (avant la saison ou peut-être désaffecté) a des toilettes rudimentaires que nous pouvons utiliser (N 57,54660, E 22,0350). Distance parcourue 215 km. Peu après, un couple de camping-caristes allemands vient partager notre bivouac.

 

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