Ce voyage d'un mois en camping-car, au cours des vacances d'été 2006, nous aura mené dans quatre pays : la Suisse, l'Autriche, la Hongrie et l'Allemagne, aux sources et le long d'une portion du cours de trois grands fleuves européens, le Rhône, le Rhin et le Danube.


Nos étapes
1 - Murs et Géligneux
2 - Le Bouveret
3 - Mörel
4 - Somvitg
5 - Zernez
  6 - Innsbruck
  7 - Krimml
  8 - Ferleiten
 9 - Klagenfurt
10 - Graz
11 - Kesztelhy
12 - Budapest
13 - Szentendre
14 - Fertödt
15 - Vienne
16 - Melk
17 - Schlögen
18 - Niederalteich
19 - Donauwörth
20 - Donaueschingen
21 - Rouffach
22 - Cuiseaux

Vendredi 14 juillet : départ de Montpellier par la RN 113 vers Nîmes puis la RN 86 jusqu'à Pont Saint Esprit. Nous commençons ici notre remontée du Rhône. La vue de la petite ville le long du fleuve, avec son vieux pont, est splendide. Puis nous le suivons par la RN 7 jusqu'à une vingtaine de km au nord de Vienne


Le Rhône à Pont-Saint-Esprit

Nous contournons Lyon par l'Est par l'autoroute A 46, et retrouvons le Rhône à Pont de Chéruy. Par la D 65 sur la rive droite puis la D 19 sur la rive gauche, nous le remontons en admirant les paysages de la vallée et les aménagements tels que Sault-Brenaz, traversons le très joli village de Serrières-de-Briord, passons en face de la centrale nucléaire Superphénix à Creys-Malville et nous arrêtons pour la nuit sur le vaste parking de la base nautique de Murs et Gélinieux, au bord de la RD 992.


Le Rhône à Sault-Brenaz


Le plan d'eau de Massignieu

Samedi 15 juillet : nuit tranquille, quelquefois perturbée par la circulation nocturne, très beau temps ce matin. Nous poursuivons notre remontée du Rhône par la RD 991 puis la RD 24 qui suit le fleuve et la voie ferrée jusqu'à Belley. Nous continuons par la RD 992 vers le plan d'eau de Massignieu, et la RD 921 qui traverse le joli village perché de Lucey, et ensuite Chanaz, puis Ruffieux et Seyssel où nous retrouvons la RD 992.


Pont sur le Rhône à Seyssel


Le Rhône en aval du barrage de Génissiat

Par la RD 14 nous arrivons au barrage de Génissiat, le plus ancien sur le Rhône ; le site est impressionnant. Après avoir déjeuné sur l'aire de pique-nique attenante, nous repartons par la RD 25 vers Bellegarde, où nous prenons la RN 206. Quelques km plus loin, nous traversons l'étroit défilé de l'Écluse, surplombé par une forteresse, où le Rhône se fraie un passage dans les roches calcaires. Puis nous nous éloignons du fleuve pour contourner Genève, traversons Annemasse et prenons la RN 5, jusqu'à Evian. Arrivés au bord du lac Léman nous trouvons une place de stationnement et en profitons pour flâner un peu sur l'agréable front du lac.


Evian les bains

Nous reprenons la même route jusqu'à St Gingolf, où nous passons en Suisse. Achat pour 40 FS (28 €), dans une station-service, d'une vignette obligatoire pour circuler sur les autoroutes ; nous découvrons que le gazole est plus cher qu'en France d'environ 10 cts. Nous continuons jusqu'à Le Bouveret, au bord du lac, où nous nous arrêtons pour la nuit au camping "Rive Bleue", très proche de l'embouchure du Rhône dans le lac (inaccessible car transformée en carrière). 25 € la nuit.

Dimanche 16 juillet : nous poursuivons notre remontée du Rhône par la RN 21 jusqu'à Bex où nous rejoignons la RN 9 et nous traversons le défilé de Saint Maurice, où le fleuve s'insinue dans un étroit passage entre des sommets à plus de 3000 m.


Le canal au Bouveret


Abbaye de Saint Maurice

Saint Maurice est un agréable village avec une abbaye médiévale.

Plus loin, juste avant l'entrée de Martigny, nous prenons une petite route à droite très pentue qui mène au village de Salvan-Les Marécottes, une petite station de ski ; dans la montée en lacets, nous franchissons le pont moderne du Gueuroz qui enjambe l'étroit et profond canyon de la rivière Trient, et avons tout le long des vues magnifiques sur la vallée du Rhône.


Pont du Gueuroz et vallée du Rhône


La rue principale à Sion (et le camion stationné)

De retour dans la vallée par la même route, nous continuons jusqu'à Sion, parmi les vergers d'abricotiers et de poiriers, et les vignes qui produisent le célèbre Fendant. Cette ville de taille moyenne, évêché fondé au IVème siècle, est très intéressante et vaut la visite. Elle est dominée par deux forteresses médiévales, le château du Tourbillon et l'église fortifiée ND de Valère. Sa cathédrale, avec son clocher roman des XI et XIIIème siècles et sa nef achevée au XIIIème est belle, et ses vitraux modernes sont splendides.


Une enseigne d'atelier de peintre à Sion


Le Rhône devant le camping de Mörel

Notre remontée du Rhône continue. Nous arrivons à Brigue, ville industrielle et nœud ferroviaire majeur à l'entrée du tunnel du Simplon, puis continuons notre route, maintenant sur la RN 19. Fatigués, nous nous arrêtons dans un petit camping sympa (15 € la nuit) à Mörel, juste au bord du Rhône, qui n'est plus ici qu'un tumultueux torrent alpin.


Petit déjeuner au camping de Mörel


Le cimetière de Blitzingen

Lundi 17 juillet : par très beau temps, nous continuons notre montée vers la source du Rhône.

Arrêt au charmant village de Blitzingen, avec son joli cimetière aux tombes fleuries et ornées de croix de bois sculptées.

Puis arrêt à Münster, gros village alpin où nous faisons quelques courses alimentaires à la COOP ; les prix sont sensiblement plus élevés que chez nous, de 20 à 30 % plus cher pour les produits que nous avons achetés.


Münster


Glacier et source du Rhône

Maintenant, le fleuve devient de plus en plus étroit et bouillonnant. Voici Gletsch au fond d'un ancien cirque glaciaire, important carrefour routier d'où part un très joli petit train à vapeur qui monte vers le col. Encore une dernière montée en lacets serrés et nous arrivons à la source du Rhône, qui jaillit bruyamment du dessous d'un glacier. Ici se trouve l'hôtel Belvédère, qui surplombe le bas du glacier, la source du grand fleuve, et  toute la haute vallée. Il donne aussi accès, moyennant 5 €, à une grotte taillée dans la glace où se ruent des hordes de touristes japonais ou chinois. Encore quelques km et nous arrivons à la Furkapass, à 2431 m d'altitude, col qui sépare le bassin du Rhône de celui du Rhin.

Nous redescendons dans des paysages grandioses jusqu'à Andermatt, en suivant la Tieffen, affluent de la Reuss, elle-même tributaire du lac de Lucerne et affluent du Rhin. Andermatt est une jolie petite ville, très propre et bien décorée.

Et nous remontons jusqu'à l'Oberalppass, à 2044 m, où nous trouvons la source du Rhin, ou plutôt celle de l'un des deux Rhin, le Rhin antérieur (Vorrhein) ; l'autre, le postérieur (Hinterrhein), prend sa source au sud, au col San Bernardino, aussi dans le massif du St Gothard.


Andermatt


Source du Rhin antérieur


Haute vallée du Rhin en amont de Somvitg

Nous descendons la haute vallée du Rhin jusqu'à Somvitg, 30 km plus bas où nous nous arrêtons dans un camping proche de la gare pour passer la nuit (16 €).

Mardi 18 juillet : notre descente continue le long du Rhin, souvent peu visible car caché par les arbres, mais dans un cadre agréable bien que moins grandiose que la haute vallée du Rhône. Difficile de s'arrêter le long de la route, car il y a très peu d'espaces de rangement, même aux plus beaux endroits, et les places de parking sont rares dans les villages et la plupart du temps privées.


Le Rhin à Trun

Confluent des deux Rhin à Reichenau

A Reichenau, tout petit village groupé autour de son château, les deux Rhin confluent pour donner le véritable fleuve qui commence à prendre du volume et du débit.

Située un peu à l'écart, à une dizaine de km en aval, Coire, capitale du canton des Grisons, est une jolie ville de taille moyenne. La vieille ville, entièrement piétonnière, est très colorée; ses rues étroites sont encadrées de maisons décorées de peintures dans le style local ancien.


Coire

Tiefencastel

Nous quittons la vallée du Rhin pour aller vers le sud par la RN 3, passons un premier col, la Lenzerheidepass à 1476 m, et redescendons sur Tiefencastel, très joli village au fond de la vallée. Par la même route, nous traversons d'abord le beau village de Savognin, situé dans un cadre agréable au bord de la rivière Gelgia que nous remontons. Un peu plus haut, cette rivière est barrée par la lourde digue du barrage de Marmorera.


Lac de barrage de Marmorera


En haut de la Julierpass

Et nous montons jusqu'au col suivant, la Julierpass à 2284 m, qui sépare le bassin du Rhin de celui du Danube.

C'est la redescente vers Silvaplana et son plan d'eau, où nous prenons la RN 27 pour St Moritz, située sur l'Inn. Cette petite ville est une station chic et prétentieuse, dont le mauvais goût des constructions des XIX et XXème siècles défigure le magnifique site naturel. Et ses panneaux affichant un camping-car rageusement barré de rouge avec l'inscription "Campieren verboten" plantés un peu partout ne nous incitent pas à rester. Nous continuons donc dans cette magnifique vallée de Haute Engadine, où nous nous arrêtons un peu plus loin, à Zernez, à 1540 m d'altitude, dans un petit camping tranquille et agréable au bord de l'Inn (20 € ).


Ardez

Mercredi 19 juillet : nous reprenons notre descente de l'Engadine, cette fois devenue "basse". Voici d'abord Susch, joli village, puis Garda, village perché et ensuite Ardez, avec sa tour sur un rocher qui domine le village et la vallée. Juste après, c'est par un étroit défilé que l'Inn se fraie un passage entre des montagnes hautes de plus de 3000 m ; la RN 27 le longe, très sinueuse à cet endroit. Puis la vallée s'élargit progressivement, Scuol est un gros village industriel, et les paysages, moins tourmentés, restent toujours très beaux.


Défilé de l'Inn en Basse Engadine

Nous entrons en Autriche sur la RN 180, où l'on constate que le gazole est un peu moins cher qu'en France. Achat, pour 7,6 €, d'une vignette pour autoroute valable 10 jours ; il est obligatoire d'allumer ses feux de croisement le jour. La vallée s'élargit encore, avec des paysages toujours splendides. Petites courses à Pruts au supermarché SPAR, dont les prix sont 10 à 20 % moins élevés que dans nos hypermarchés de Montpellier.


Abbaye de Stams

Juste avant Fliess, nous prenons l'autoroute A 12 / E 60 jusqu'à Stams 35 km plus loin. Nous en sortons pour visiter l'abbaye cistercienne, splendide monument baroque (4 € par personne pour l'entrée et la visite guidée en français) du XVIIIèmesiècle construit sur le site d'une abbaye moyenâgeuse plusieurs fois détruite ; en particulier, la décoration de l'église abbatiale nous a particulièrement impressionnés par sa richesse et sa complexité.


Retable dans l'abbatiale de Stams

Enfin, nous continuons jusqu'au camping d'Innsbruck- Kranebitten, doté de tous les services nécessaires à un camping-cariste, où nous allons rester deux nuits (21 € la nuit).

Jeudi 20 juillet : la journée est consacrée à la visite d'Innsbruck. Nous allons en ville, en prenant le bus à la station Klammstrasse située à 150 m du camping, une demi-heure de trajet. Nous avons pris la carte "Innsbruck card" pour une journée (23 € par personne) qui donne un accès illimité aux transports en commun et à la quasi totalité des musées et autres points d'intérêt pendant 24 h.


Quai de l'Inn
Innsbruck vue du haut de la Stadtturm

Nous entrons dans la vieille ville, zone piétonne, par la Herzog Friedrich Gasse aux hautes maisons décorées de fresques. Puis nous visitons le "Goldene Dachl - Maximilianeum", musée à la gloire de l'empereur Maximilien Ier qui a établi la dynastie des Habsbourg à la tête du Saint Empire Romain Germanique. Nous visitons la Hofkirche où se trouve le mausolée, vide, de Maximilien, entouré de 28 statues de bronze plus grandes que nature de ses "ancêtres", de Clovis à son père en passant par Théodoric, Charlemagne, Godefroy de Bouillon  et le Roi Arthur

Nous prenons notre repas de midi dans un des très nombreux petits restaurants de la Herzog Friedrich Gasse puis escaladons 148 marches jusqu'au sommet de la Stadturm, d'où l'on jouit d'un magnifique point de vue sur la ville et les montagnes alentour. Et c'est la visite du Kaiserliche Hofburg, le palais impérial, magnifique bâtiment réaménagé en style rococo sous le règne de l'impératrice Marie-Thérèse, mère de Marie-Antoinette. Nous passons ensuite deux bonnes heures à visiter le Musée d'Art Populaire Tyrolien, visite passionnante à ne pas manquer.


Goldene Dachl
La Hofburg

Après un petit rafraîchissement dans un café proche, car il fait très chaud, nous prenons le bus pour l'Alpenzoo, où l'on peut voir des animaux de la région (loups, ours, lynx, chats sauvages, castors, bouquetins, ibis noirs, etc.) et rentrons ensuite fourbus au camping, où une douche revigorante nous redonne un peu de tonus.

Vendredi 21 juillet : départ d'Innsbruck par l'autoroute A 12 - E 45 / 60 le long de l'Inn jusqu'à Wiesing où nous la quittons pour prendre la RN 169 vers le sud, en remontant la Zillertal.


Zell am Ziller

Arrêt à Zell am Ziller, joli petit village au bord de la Ziller où le stationnement est facile, et qui possède une église à la décoration baroque un peu surprenante par sa richesse pour un si petit village. Un petit train à vapeur assez folklorique remonte la vallée.

De là, nous prenons la RN 165, étroite et sinueuse, qui remonte la vallée de la Gerlos. Le village de Gerlos un peu plus haut est une agréable station touristique au bord de la rivière, point de départ de nombreux sentiers de randonnée et de téléphériques.


Zillertal vue de la route de la Gerlospass

La Gerlos au village de Gerlos

Nous franchissons la Gerlospass à 1628 m, et y trouvons un péage (7 €) pour la suite du trajet. La route redescend rapidement en lacets jusqu'à 1040 m, aux cascades de Krimml, source de la Salzach, affluent du Danube qui traverse Salzbourg. Arrêt sur le grand parking en face pour aller voir les chutes, trois chutes successives pour une hauteur totale de 380 m, les plus hautes d'Europe. L'accès est payant (1,8 € par personne). Un petit chemin donne l'accès au bas de la dernière chute, impressionnant ! Par un autre petit chemin assez pentu, nous montons jusqu'en haut de la deuxième chute, spectaculaire.


L'une des cascades de Krimml

L'heure étant tardive et l'orage se faisant de plus en plus menaçant, nous décidons de passer la nuit sur le parking (équipé de WC publics), où plusieurs autres camping-cars viennent nous rejoindre peu après.

Samedi 22 juillet : nuit tranquille malgré la pluie assez forte pendant plusieurs heures, mais petit matin très frais.


La Feldber à l'entrée du Feldbertauerntunnel

Nous repartons vers l'est, en suivant la belle vallée de la Salzach. Arrêt à Mittersill pour faire quelques courses, et nous prenons la RN 108 pour remonter la rivière Feldber jusqu'au Feldbertauerntunnel (5,2 km à 1638 m d'altitude). De l'autre côté, au sud, nous redescendons par la vallée de l'Isel, où les paysages sont toujours aussi beaux, jusqu'à Lienz, capitale du Tyrol-Est sur la Drave, grosse bourgade commerçante complètement embouteillée dont la traversée nous prend une bonne heure.


Vallée de l'Isel avant Lienz


Le Grossglockner

De là, nous repartons vers le nord par la RN 100 puis par la route du Grossglockner (RN 107), qui traverse le parc national du même nom (péage à l'entrée 26 €). Le Grossglockner est le plus haut sommet d'Autriche (3798 m), les paysages sont grandioses mais la pluie nous tombe dessus à partir du village d'Heiligenblut. Nous allons au Kaiser Franz-Joseph Höhe, lieu où l'Empereur d'Autriche aurait escaladé la montagne en 1856 avec Sissi son épouse ; là, nous avons quand même eu la chance de voir un moment le sommet dégagé des nuages. Nous repartons sur la même route, franchissons la Grossglockner-Hochalpenpass à 2506 m, où nous 


Bivouac sur le parking à Ferleiten

retrouvons le beau  temps, et redescendons dans des paysages magnifiques.

A la sortie du parc, nous nous arrêtons sur le grand parking du poste de péage, à Ferleiten, pour passer la nuit (il est interdit de passer la nuit dans le parc et des "rangers" veillent à ce que la règle soit respectée), où nous sommes rejoints par plusieurs autres camping-cars.

Dimanche 23 juillet : nuit tranquille, petit matin bien frais. Nous reprenons la RN 107 vers le nord jusqu'à Bruck a.d. Grossglocknerstrasse où nous revenons dans la vallée de la Salzach, belle vallée glaciaire.


Bertille devant la cascade de Bad Gastein

Par la RN 311 vers l'est, nous arrivons à Lend, où nous commençons à remonter la vallée de la Gastein, étroite et sauvage, jusqu'à Bad Gastein par la RN 167. Cette ville est une station thermale réputée, fréquentée autrefois par les têtes couronnées et les célébrités de toute l'Europe et qui s'est maintenant reconvertie au sport (ski, alpinisme, randonnée, rafting, etc.). Le site est splendide, avec la rivière Gastein qui dégringole en une cascade d'une quarantaine de mètres en plein centre ville. Mais la ville fait "vieille splendeur", avec ses grands hôtels de luxe décrépits et souvent fermés. Dommage !


Rappel du séjour de Schubert à Bad Gastein

Quelques km plus loin, nous mettons le camion sur le train pour passer le Tauerntunnel, 5,3 km sous la chaîne des Hohe Tauern, jusqu'à Mallnitz, d'où nous redescendons dans la vallée de la Möll par des pentes à 12 % sur 9 km jusqu'à Obervellach. Là, nous prenons la RN 106, toujours vers l'est. Un peu avant Spittal a.d. Drau, la Möll se jette dans la Drave, gros affluent du Danube ; nous prenons l'autoroute A 10 jusqu'à Villach, puis l'A 2 jusqu'à Klagenfurt.

Klagenfurt - l'Alter Platz

La capitale de la Carinthie est une grosse ville avec un centre ancien intéressant, en particulier l'Alter Platz entourée de nombreux beaux immeubles baroques, et la Neuer Platz avec le nouveau Rathaus, et la Cathédrale ; celle-ci est une église à la décoration baroque ébouriffante, des stucs, des ors, des statues, des marbres, à ne plus savoir où donner du regard. Puis nous nous installons au camping Strandbad Klagenfurt (26 € la nuit, tous services disponibles) situé au bord du lac Wörthersee, grand lac naturel envahi par les touristes.


Wörthersee

Eglise de Maria Saal

Lundi 24 juillet : nous repartons vers le nord, d'abord par l'autoroute A 2, puis prenons la RN 317 que nous quittons quelques km plus loin pour le village de Maria Saal. Il s'agit d'un centre de pèlerinage depuis le VIIIème siècle au moins, et qui a été le point de départ de la contre-réforme en Autriche. Au centre de l'enceinte fortifiée, l'église gothique à double clocher du XVème siècle a une décoration assez chargée qui annonce le baroque.

Quelques km plus loin, sur la même route, on arrive au château de Hochosterwitz, forteresse imprenable construite en 1570 sur un piton rocheux qui domine la plaine. L'accès (depuis le parking à mi-hauteur) se fait par une rampe impressionnante qui passe sous 14 portes.


Château de Hochosterwitz

Par la RN 82, nous rejoignons la vallée et la grande route, la RN 70 et l'autoroute A 2 que nous prenons jusqu'à Wolfsberg, cité industrielle sans intérêt. Nous quittons l'autoroute pour reprendre la RN 70, indiquée comme pittoresque sur notre carte, qui remonte l'étroite vallée de la Lavant, franchit le col de Packsaffel, limite entre la Carinthie que nous quittons, et la Styrie où nous entrons. Redescente très pentue de la vallée de la Fergitsch jusqu'à Edelschrott puis petit col et redescente sur Köflach, gros bourg industriel, et descente plus calme sur Graz. Nous nous arrêtons au Camping Strassgang proche du centre ville, à côté de la piscine municipale, magnifique piscine à débordement de plus d'un hectare de surface où nous nous empressons de nous baigner (30 € la nuit, luxe, services et piscine à volonté compris).


La Lavant à Twimberg

Mardi 25 juillet : journée consacrée à la visite de Graz. L'arrêt de bus se trouve à environ 200 m du camping. La ligne 32 nous emmène à Jakominiplatz, son terminus en plein centre ville, en environ 20 mn. Graz, capitale de la Styrie et deuxième ville d'Autriche, est une ville riche et très ancienne. Si son site, sur la rivière Mur, à un endroit où la vallée s'élargit beaucoup, est sans attrait majeur, la ville est bien plus belle qu'Innsbruck.


La porte de l'Arsenal sur Herrengasse
La Kunsthaus

Le Glockenspiel

Nous commençons notre visite par Herrengasse, la rue principale qui nous emmène à la Hauptplatz, le centre de la vieille ville. De nombreux bâtiments à la décoration baroque s'élèvent des deux côtés de la rue, en particulier le Landhaus (hôtel de région) et l'Arsenal, dont la visite est passionnante, ainsi que la Herzoghof à la façade entièrement peinte de fresques représentant des scènes de l'histoire locale.

Sur la Hauptplatz, s'élève le Rathaus, plusieurs fois détruit, dont la version actuelle date du XIXème siècle.

Un peu plus loin, en traversant la rivière Mur, on voit la Kunsthaus, bâtiment moderne siège d'expositions d'art contemporain, rappelant par sa forme un Zeppelin ou une baleine, un peu étrange mais s'intégrant bien au voisinage. A côté, la Mariahilfekirche, au décor intérieur baroque extravagant, est à voir. Retour dans le centre en retraversant la Mur au-dessus d'une île artificielle ressemblant à un coquillage, puis repas au restaurant.

Après-midi, visite de la cathédrale, édifice gothique baroquisé, avec un orgue splendide sur lequel joua Anton Bruckner pendant plusieurs années. A quelques centaines de mètres, juste avant 15 heures, arrêt sur la Glockenspielplatz, devant le Glockenspiel (le carillon) qui s'apprête a sonner et à offrir un intéressant spectacle d'automates (visible 4 fois par jour).

Puis nous sommes montés au Schlossberg, colline assez haute sur laquelle s'élevait autrefois un fort, détruit en 1815 en application du traité de Vienne, d'où l'on a une belle vue sur la ville et ses environs.


Herzoghof

La Mur et l'île "coquillage"

Tour de l'horloge sur le Schlossberg

Redescente dans la vieille ville, flânerie dans les rues pendant une paire d'heures, en admirant les nombreux bâtiments richement décorés, puis retour au camping où nous "piquons une tête" dans la piscine, opération fort appréciée.

Mercredi 26 juillet : journée de repos au camping de Graz. Farniente, lecture, piscine, bronzage par un temps magnifique ; et un peu de lessive tout de même.

Jeudi 27 juillet : départ du camping, courses à l'hyper hard-discount Hofer situé juste à côté (prix très bas, qualité correcte sans plus, choix très limité).


Osterreicisches Freilichtmuseum - intérieur de ferme

Nous prenons l'autoroute A 9 - E 57 vers le nord et en sortons à Gratwein à environ 20 km, direction l'Osterreichisches Freilichtmuseum (musée autrichien de plein air) par une petite route. Ce très intéressant musée présente des fermes et bâtiments agricoles venant de toute l'Autriche, des quatre derniers siècles (surtout XVII et XVIII, qui y ont été transportés et ont été remontés dans un cadre forestier).


Osterreicisches Freilichtmuseum - école primaire

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette première partie du voyage

Ensuite, direction plein est par l'A 2 - E 66 puis la RN 65 - E 66, dans un paysage agricole vallonné agréable mais sans intérêt majeur, jusqu'à Heiligenkreuz, ville frontière avec la Hongrie où nous entrons. Ici, on doit changer de l'argent car ce pays n'est pas dans l'Euroland (1 € = 260 forints). Le gazole est légèrement moins cher qu'en France, feux de croisement obligatoires de jour, vignette autoroutière aussi.

Nous continuons par la RN 8 jusqu'à Körmend, puis la RN 76, vers l'est, dans une région de plaines agricoles. L'état du revêtement routier se ressent encore du demi-siècle de domination soviétique subi par le pays, mais ça s'améliore grâce aux fonds structurels européens. La circulation est lente du fait des nombreux obstacles rencontrés (tracteurs, vieux camions russes, vieilles "Trabant" et autres "Yugo" qui se traînent, engins de chantier,...) mais nous finissons par arriver à Kesztelhy, jolie ville d'eau située à l'extrémité sud-ouest du lac Balaton où nous nous installons au tout petit Camping Gärtnerhof (une quinzaine d'emplacements et une piscine) proche du centre ville et du bord du lac (12 € la nuit).


Château de Kesztelhy

Vendredi 28 juillet : visite du château de Kesztelhy. La camera qui filme en 16/9 tombe à nouveau en panne au début de la visite d'où aucun film du château (la camera de secours, en 4/3, est restée dans le camping-car).

Construit aux XVIII et XIXème siècles par la très riche famille Festetics qui l'a habité jusqu'en 1945, tout y est luxe et volupté, sa bibliothèque, son magnifique parc et son musée des carrosses valent la visite.


Château de Kesztelhy - carrosse ducal

Le lac Balaton à Kesztelhy

Nous repartons par la RN 71, sur la côte nord du lac Balaton, le plus grand lac d'Europe ; là, c'est la grande déception : le lac est bordé majoritairement de vastes roselières, et aux rares endroits où le bord de l'eau est accessible, il est quasiment impossible de s'arrêter, même pour prendre une photo car tout les accès sont privatisés, payants et bondés. La presqu'île de Tihany, réputée pour sa beauté et avec 3 étoiles sur notre guide, nous a beaucoup déçu car nous n'avons presque rien vu, pour les mêmes raisons.


Petit port de plaisance sur le lac Balaton

Nous continuons notre route par la RN 7, puis la RN 6, jusqu'à Erd, à 20 km au sud de Budapest, où nous avons rencontré le Danube que nous allons maintenant remonter jusqu'à sa source pendant les deux semaines qui viennent. Arrivés à Budapest, nous nous installons au Camping Haller, petit camping propre et sympathique bien qu'un peu sommaire, avec tous les services nécessaires à un camping-cariste ; c'est le camping de Budapest le plus proche du centre ville (24 € la nuit - attention, l'entrée n'est pas sur la Haller Ut, mais se fait par une petite rue parallèle derrière, la Vagohid Ut.)

Samedi 29 juillet : première journée consacrée à la visite de Budapest, à la partie basse de la ville, sur la rive gauche du Danube, c'est à dire l'ancienne Pest. On prend le tram ligne 24 devant le camping, qui amène à la station de métro la plus proche ; de là, il faut 10 mn pour arriver au centre ville (station Deak Ferenc Ter, plaque tournante du réseau).


Façade de la basilique St Istvan

Vaci utca

A 100 m de la station, nous commençons notre visite par la basilique Szt Istvan (St Etienne), immense église ultra- luxueuse construite au XIXème siècle, avec ors, marbres, bois précieux et sculptures à foison ; impressionnant.

Ensuite, direction de la Synagogue, du XIXème siècle elle aussi, fermée pour cause de shabbat, et visite du quartier juif, intéressant mais les beaux immeubles sont bien fatigués, certains gardant encore les traces des combats de 1956 contre l'armée soviétique.

Nous nous dirigeons vers le Danube, Erzebet Hid (pont Elisabeth) où nous voyons vraiment le fleuve dans toute son ampleur.

Flânerie, et repas de midi dans un petit restaurant, dans la Vaci Utca, rue piétonne commerçante et surtout touristique. Après le repas, suite de la flânerie jusqu'au Nagyvasar-Csarnok (grand marché couvert), bâtiment dans le style XIXème des halles Baltard à Paris : c'est une vraie merveille, à la fois sur le plan architectural et en matière de contenu (alimentation, vêtements, artisanat).


Synagogue
Marché central


Pont des chaînes, et le Parlement au bord du Danube 

Nous rejoignons le Danube au pont Elisabeth et le suivons jusqu'au Szécheny Lonchid (le pont des chaînes), le plus ancien pont de la ville, construit en 1839; il est actuellement réservé aux piétons et une représentation de chants et danses traditionnels y est donnée, intéressante malgré la chaleur accablante. Puis un peu de marche jusqu'à la station de métro la plus proche pour aller visiter le musée Franz Liszt, mais pas de chance, il est fermé tout l'été pour cause de travaux.


Château Vajdahunyad Vara

Re-métro jusqu'au Vörösliget (parc de ville) pour voir l'étrange château Vajdahunyad Vara, construction du XXèmesiècle reprenant des éléments de nombreux monuments d'époques diverses du pays. Juste devant, nous traversons la Place des Héros, avec les statues des grands hommes du pays.


Place des Héros

Et c'est le retour au camping, par le métro, où nous arrivons juste avant que l'orage éclate, assez fort, faisant baisser le température d'une bonne dizaine de degrés.

Dimanche 30 juillet : deuxième journée de visite de Budapest, partie haute de la ville sur la rive droite du Danube, c'est-à-dire l'ancienne Buda. Nous prenons le tram puis le métro jusqu'à Bathyany Ter, au bord du Danube, en face du Parlement, au bas de la colline où se trouvent les monuments et sites intéressants.


Bastion des pêcheurs

Eglise Mathias

Nous montons environ 200 marches d'escalier par la Franklin Ut jusqu'en haut de la colline, au Bastion des Pêcheurs (1,2 € par personne pour monter au point d'observation), monument XIXème siècle d'où l'on a une très belle vue sur toute la ville et sur le Danube.

Flânerie dans les rues anciennes où se trouve quantité de beaux immeubles baroques plus ou moins restaurés et un hôtel Hilton ultra-moderne qui intègre une façade baroque et une tour moyenâgeuse, la tour St Nicolas, dans sa construction, ce qui donne un résultat surprenant mais plutôt réussi.

L'après-midi, visite de l'église Mathias, du nom de son constructeur, le roi de Hongrie Mathias Corvin au XIIème siècle, entièrement reconstruite à la fin du XIXème siècle, un bijou néo-gothique à l'intérieur entièrement peint de fresques.

Continuation des flâneries dans les anciennes rues bordées d'immeubles baroques, puis direction le Château, grand ensemble de bâtiments néo-baroques du XIXèmesiècle, détruits pendant la seconde guerre mondiale et reconstruits à l'identique. De là, on a une vue splendide sur le Danube et la ville basse.


Rue ancienne sur la colline du Château

Château

Nous redescendons ensuite vers le Danube, que nous traversons sur le pont des Chaînes, où la fête folklorique continue, et rentrons au camping par le tram.

Lundi 31 juillet : Aujourd'hui lundi, c'est un jour "sans". Tout ce qui se visite est fermé ; il faut pourtant essayer de s'occuper intelligemment ! Nous quittons Budapest pour aller vers l'est, au moins pour voir de l'extérieur le château de Gödölö et visiter le parc. Nous prenons la RN 3, l'une des routes principales de Hongrie ; l'état de son revêtement, plein de trous, d'ornières et de rapetassages jusqu'à la sortie de Budapest, soit sur 20 km environ, rappelle furieusement l'occupation soviétique. Sur le trajet, nous rencontrons un immense centre commercial, avec un Auchan gigantesque, où nous faisons nos courses.


Le château de Gödöllö

Arrivés à Gödölö, nous constatons que même l'accès au parc est fermé et ne pouvons voir qu'une partie de l'immense château seulement de l'extérieur.

Retour à Budapest par la même grande route pourrie pour traverser le fleuve, puis direction nord, la boucle du Danube, par la RN 10, autre grande route dans le même état soviétique, qui passe au milieu d'immenses et tristes cités HLM. Arrêt à Aquincum, la première ville romaine sur le site de Budapest, ouverte le lundi d'après nos guides ; pas de chance, c'est aussi fermé. Nous devons nous contenter d'un bref coup d'œil depuis la clôture.


Ruines romaines d'Aquincum

Le Danube à Szentendre

Nous continuons jusqu'à Szentendre, village au bord d'un des bras du Danube ; parking (payant, 1 € de l'heure) facile, et nous commençons notre visite. Comme ailleurs tous les musées sont fermés, mais le village est vraiment joli ; malheureusement, on se croirait au Mont Saint Michel, en plus grand : foule de touristes venus du monde entier et boutiques de souvenirs (made in China ?) et autres babioles partout. Un peu décevant.


Une rue de Szentendre

Enfin, nous nous arrêtons au camping de Pap Sziget, à la sortie du village, juste au bord du Danube, plein de Hollandais, de sansonnets peu farouches et de moustiques agressifs (18 € la nuit). Vers 20h30, grand bruit de moteur du genre pompe à haute pression se fait entendre : une petite voiture fait le tour du camping, dégageant un nuage blanc compact et malodorant, c'est le traitement anti-moustiques du soir.

Mardi 1 août : le traitement a dû être efficace, nos moustiquaires aussi, car nous n'avons pas été importunés par les sales bêtes durant la nuit. La journée s'annonce orageuse, il fait chaud, très humide et pégueux.


Musée de plein air de Skanzen - moulin à vent

Nous commençons par aller visiter le musée de plein air de Skanzen, situé à quelques kilomètres, avec ses fermes du XIXème siècle transportées depuis les diverses régions de Hongrie et reconstruites sur place. Bien présenté et intéressant.


Musée de plein air de Skanzen - cour de ferme


La boucle du Danube à Visegrad

Nous reprenons la RN 11 le long du Danube jusqu'à Visegrad, située au début de la célèbre boucle du fleuve. Au dessus de la ville se trouvent les ruines d'une forteresse médiévale qui domine la boucle du Danube ; on peut y monter avec le camping-car sans difficulté majeure et y stationner ; la vue y est époustouflante malgré le temps maussade.

Et nous continuons à longer le Danube et à profiter des nombreuses belles vues sur le fleuve jusqu'à Estergom où se trouve une gigantesque basilique du XIXème siècle, la plus grande de Hongrie et l'une des plus grandes


La basilique d'Estergom

d'Europe, toute de marbre rouge et marbre beige, décorée dans un style néo-baroque ; ce n'est pas vraiment beau mais c'est impressionnant.

La RN 11 longe toujours le fleuve et rejoint la RN 10 quelques km plus loin, à Tat. Nous roulons le long d'une zone industrielle quasi ininterrompue située entre la route et le Danube, au milieu des "combinats" de type soviétique, défraîchis et quelquefois en ruines, entourés de villages aux pauvres maisons d'habitants qui n'ont pas encore eu la joie de profiter des délices du libéralisme triomphant, jusqu'à Komarom, où nous rejoignons la RN 1. Et le même type de paysage se poursuit jusqu'à Gyor, deuxième ville du pays et grand centre d'accueil pour les nombreux investisseurs occidentaux qui recherchent une main d'œuvre de qualité à bon marché. Là, nous quittons temporairement le Danube et prenons la RN 85 qui traverse des paysages et des villages agricoles, jusqu'à Fertöd où se trouve le plus beau château de la famille princière Esterhazy. Arrêt pour la nuit sur le parking du château, que nous visiterons demain.

Mercredi 2 août : nuit tranquille, petit matin frais et pluvieux. Le château ouvre à 10 heures (entrée 4 € par personne, plus 4 € pour le "permis photo"). Visite guidée obligatoire, durée 1 h, en hongrois, mais on nous fournit une petite documentation en anglais qui nous est bien utile.


Façade du château Esterhazy

Le château, construit au XVIIIème siècle par le prince Nicolas Esterhazy, fils de Paul Esterhazy, prince et compositeur de musique (Celestes Harmoniae), se veut inspiré de Versailles, en plus petit. C'est un beau château baroque qui a beaucoup souffert, en particulier pendant la seconde guerre mondiale, et a été en partie restauré ces dernières années. Les décorations intérieures sont belles ainsi que le mobilier, d'époques et de styles variés. Le jardin est agréable et doit être beau par temps ensoleillé.

Joseph Haydn y a passé la majeure partie de sa vie.


Masque mortuaire de Joseph Haydn


Sopron : sur la place Fö Ter

Nous continuons par la même route jusqu'à Sopron, jolie cité médiévale qui a eu la chance d'échapper aux destructions mongoles, turques, nazies et soviétiques. La partie ancienne de la ville, piétonne, regorge de bâtiments anciens en plus ou moins bon état, en particulier Fö Ter, la grande place ; on y trouve même les restes d'une voie romaine et d'un forum.

Nous repartons par la RN 84 en traversant de prospères villages habités essentiellement par des dentistes et des médecins ; ceux-ci profitent d'une clientèle autrichienne durement touchée par le démantèlement de "l'État Providence" par la triste équipe qui a dirigé le pays pendant une dizaine d'années et qui vient enfin de se faire jeter aux dernières élections, en offrant leurs services à prix cassés. Et nous arrivons en Autriche.

 

Nous prenons la RN 16 pour Eisenstadt, ancienne capitale des terres Esterhazy où se trouve un autre château. Arrivés là, nous constatons que le parking visiteurs est souterrain et qu'il est impossible pour un camping-car de stationner à une distance raisonnable. Nous ne visiterons donc pas le château, moins beau que l'autre vu de l'extérieur, et ne donnerons pas nos euros à des gens aussi mal élevés. Par l'autoroute A 3, puis A 2, nous rejoignons Vienne, et allons nous installer au camping Vienne Sud, où nous étions déjà venus pour près d'une semaine quatorze ans plus tôt. (25 € la nuit, tous services compris, plus un immense supermarché d'alimentation Merkur juste à côté). Nous y faisons quelques courses, choix très large pour des prix sensiblement inférieurs aux prix français à qualité apparente identique.

Jeudi 3 août : nuit pluvieuse, petit matin bien froid malgré le chauffage dans le camping-car ; il pleut et cette pluie, fine et pénétrante, est très désagréable. Nous allons donc visiter les musées, nombreux à Vienne. Nous prenons au camping une "Wien Karte" pour trois jours, qui nous donne un accès illimité aux transports en commun et des réductions pour la visite de très nombreux sites, pour 17 € par personne. Le bus 62A, qui a son arrêt devant le camping, nous emmène à la station de Philadelphia Brucke, son terminus, en 10 mn ; là, nous prenons le métro pour le centre ville, où nous sommes rendus en 1/4 d'heure.


La façade d'entrée de la Hofburg

Première étape, la Hofburg, le palais impérial en centre ville, que nous avions déjà visité lors de notre précédent voyage. Devant le palais, des jeunes gars déguisés en Mozart comme dans le film Amadeus de Milos Forman, cherchent à nous vendre des places de concert pour le soir ou le lendemain ; vu de plus près, il s'agit de concerts donnés par des petits orchestres de seconde ou troisième catégorie, dirigés par des chefs inconnus, vendus bien cher (80 € la place, même au Musikverein, c'est dissuasif). A l'intérieur, un nouveau musée consacré à l'impératrice Sissi vient d'ouvrir, ainsi que des salles montrant la vaisselle et l'argenterie impériales ; très intéressant. Les appartements impériaux n'ont pas changé depuis François-Joseph.

Puis nous prenons notre repas de midi dans un petit restau turc du quartier, pizzas turques, bon et original.

Tout l'après-midi est consacré au Kunsthistorisches Museum et à ses merveilleuses galeries de peinture qui étaient fermées lors de notre précédent voyage. Le style du bâtiment, construit pour abriter les collections des Habsbourg, rappelle le Grand Palais à Paris et lui est contemporain. Tous les grands peintres du XVème  au XVIIIème siècles sont là, Van Eck, Clouet, Poussin, Le Lorrain, Véronèse, Titien, Tintoret, Canaletto, Arcimboldo, Dürer, Caravage, Raphaël, Breughel, Ruysdael, Rembrandt, Rubens, Vermeer, Velázquez, Murillo et bien d'autres ; c'est un enchantement, le plaisir des yeux absolu, on sort ébloui par tant de merveilles. Et c'est le retour au camping, métro et bus, sous la pluie qui n'a pas arrêté de la journée.

Vendredi 4 août : deuxième journée à Vienne, toujours sous la pluie.


Kunsthistorisches Museum et statue de Marie-Thérèse


L'Oberbelvedere

Façade de l'Église St Charles

Nous commençons notre visite par les deux Châteaux du Belvédère, construits pour le prince Eugène de Savoie à la fin du XVIIème siècle, très grand stratège qui s'était mis au service de l'Autriche après avoir été refusé par l'armée française du fait de sa petite taille ! L'Oberbelvedere, grand et beau bâtiment baroque, est maintenant un musée consacré à la peinture des XIX et XXème siècles.

L'Unterbelvedere, plus petit, est fermé pour restauration. Entre les deux s'étend un jardin à la française, créé par un élève de Le Notre.

Nous marchons quelques centaines de mètres pour aller visiter l'église Saint Charles (6 € par personne), dédiée à St Charles Borromée par l'empereur Charles VI au début du XVIIIème siècle pour célébrer la fin de l'épidémie de peste. C'est un édifice baroque "flamboyant" d'une richesse de décoration inouïe ; un ascenseur intérieur permet de monter en-haut de la coupole pour voir les fresques de plus près.


L'Unterbelvedere
La loge impériale dans l'église Saint Charles

 La pluie s'étant sensiblement intensifiée, nous nous réfugions dans une galerie commerciale sur le Ring, où nous en profitons pour prendre notre pizza de midi.


Maison de Beethoven

Après, nous prenons le métro pour aller à Heiligenstadt, au nord de Vienne, visiter la maison où habitait Beethoven (2 € par pers). C'est là qu'il a écrit son fameux testament à l'âge de 26 ans, texte poignant dans lequel il avoue sa surdité à ses frères, et affiche son désespoir et ses idées suicidaires.

Retour au centre ville, et visite de la Cathédrale St Etienne, immense monument gothique, baroquisé mais sans excès.


Cathédrale Saint Etienne

Ensuite, lassés d'être mouillés et frigorifiés; nous rentrons nous mettre au chaud dans notre camping-car.

Samedi 5 août : troisième journée à Vienne; la pluie s'est arrêtée mais il fait toujours aussi froid. Le matin, grosses courses à Merkur puis un peu de lessive.

Nous reprenons nos visites l'après-midi, en décidant de ne pas aller au château de Schönbrünn - construit en 1683 en prenant Versailles pour modèle - où nous sommes déjà allés lors de notre précédent voyage, à cause du temps maussade. Nous allons au Prater, très célèbre parc et champ de foire avec toute sortes d'attractions foraines, ancienne réserve de chasse impériale, ouvert au public en 1766 par Joseph II. A ne pas manquer, le tour sur la grande roue, construite en 1896, haute de 65 m (7,5 € par personne) d'où l'on a un panorama fantastique sur la ville.


La grande roue du Prater

Puis nous allons voir le Danube, qui se divise en deux bras principaux autour de la Donau Insel. Il est beau, large et majestueux mais il n'est pas bleu contrairement à ce qu'écrivait Johann Strauss, plutôt un mélange de gris et de jaunâtre.


Quai du Danube à Vienne

Et nous retournons au centre ville pour flâner dans les rues, où on trouve beaucoup de monde, des touristes bien sûr mais surtout des Viennois. Cette ville est merveilleuse, avec une vie originale et attrayante, et avec quantité de splendides bâtiments baroques et même des constructions plus modernes du plus bel effet. Notre court séjour à Vienne se termine, demain nous repartons, mais nous reviendrons lors d'un prochain voyage, il nous reste encore tant à y découvrir et redécouvrir. Nous rentrons au camping, juste à temps avant que la pluie reprenne, pour ranger la lessive du matin.

Dimanche 6 août : pluie ininterrompue pendant toute la nuit. Au matin, ça a fini par se calmer un peu, ce qui nous a permis de partir sans nous mouiller.


Vienne vue du haut du Kahlenberg

Nous traversons Vienne entièrement, facilement car nous sommes un dimanche, du sud au nord pour monter au fameux Kahlenberg, le Mont Chauve des légendes viennoises. De là, on a un panorama sur la ville et le Danube qui doit être magnifique par beau temps ; aujourd'hui, c'est moyen car la pluie a repris.


Abbaye de Klosterneubourg

Nous continuons le long du Danube par la B 14 jusqu'à Klosterneubourg, immense abbaye cistercienne fondée au XIIème siècle par le Margrave de Babenberg (dynastie fondatrice de l'Autriche) Léopold III, entièrement transformée et agrandie par Charles VI de Habsbourg au XVIIIème siècle. Parking gratuit et facile devant l'abbaye. Visite guidée (7 € par pers) obligatoire, en allemand (que nous ne comprenons ni ne parlons), mais on nous a prêté un petit livre en anglais. Très intéressant !


Intérieur de l'abbatiale


Le Danube au pont de Tulln

Nous repartons vers l'ouest, toujours sous la pluie, par la B 14, puis la voie rapide S 3 à partir de Tulln, petite ville où Konrad Lorentz fit ses grandes découvertes sur le comportement animal avec ses oies du Danube. Nous nous arrêtons pour visiter Krems, très jolie petite ville médiévale. Sur la route B 3, juste au bord du Danube, nous repartons par le défilé de Wachau, resserré entre deux collines assez élevées, offrant de très beaux paysages malgré la pluie et le brouillard. 


La rue principale de Krems

Nous arrivons à l'abbaye de Melk, où nous nous installons sur l'immense parking visiteurs, toujours sous la pluie, pour passer la nuit.

Lundi 7 août : pluie ininterrompue toute la nuit et toute la journée ; nous commençons à en avoir "ras le bol". Matinée consacrée à la visite de la gigantesque abbaye bénédictine de Melk. Située sur un éperon rocheux où se trouvait un fortin romain, c'est un château de la famille Babenberg, donné aux moines en 1106 par Léopold III, qui a été transformé en abbaye. Durement éprouvée par les guerres, elle a été reconstruite totalement en 1702 dans le style baroque. Umberto Ecco s'est inspiré de cette abbaye, et en particulier de sa bibliothèque, dans son roman "Le nom de la Rose".


Abbaye de Melk- façade intérieure

On visite (7 € par pers) l'extérieur, cours et jardins, puis les appartements impériaux, transformés en musée présentant des objets religieux et historiques liés à l'abbaye, la salle de marbre qui est une salle d'apparat, ensuite la merveilleuse bibliothèque qui contient plus de 85 000 volumes, tous plus beaux et plus précieux les uns que les autres, et enfin l'église abbatiale, sommet de l'art baroque religieux, qui surpasse en richesse et en ostentation tout ce qui existe ailleurs en Europe ; quand on connaît un peu la situation économique de la population "de base" à l'époque, sa richesse en devient même obscène.


Intérieur de l'abbatiale de Melk


La Hauptplatz à Linz

Et nous repartons par la route B 3 le long du Danube, franchissons le défilé de Strudengau, qui doit être splendide par beau temps et arrivons à Linz. Troisième ville du pays, cette grosse ville industrielle a un joli vieux centre, vite visité sous la pluie.

Nous continuons à remonter le Danube, d'abord par la B 127, puis la B 131 et enfin la B 130; nous nous arrêtons pour la nuit à Schlögen, dans un agréable petit camping au bord du fleuve (21 € la nuit).


Le Danube à Schlögen

Mardi 8 août : la pluie s'est arrêtée pendant la nuit, au matin le soleil est de retour malgré les nombreux nuages qui encombrent le ciel et il fait froid. Nous reprenons la B 130 le long du Danube, franchissons un nouveau défilé avec de beaux paysages ensoleillés, et arrivons à Passau, en Allemagne.


Le Danube et la forteresse à Passau

La ville est située au confluent du Danube, de l'Inn et de l'Ilz. Nous tournons une bonne heure dans la ville pour  trouver un endroit où garer le camping-car (la majorité des parkings sont couverts). C'est l'heure du repas de midi que nous prenons dans le camion, puis nous allons visiter la ville. Le site est splendide : au confluent, les eaux du Danube, brun sombre, se mêlent à celles de l'Inn, beaucoup plus abondantes en cette saison, à la limite du débordement, et jaunâtres (l'Ilz n'est qu'un appoint marginal). La vieille ville, située entre les deux, est intéressante, avec ses ruelles bordées de bâtiments médiévaux ou baroques.


L'Inn à Passau

La cathédrale St Etienne, reconstruite à partir de 1668 dans le style baroque, est un très ample édifice avec des décorations surabondantes ; l'orgue, de 1928, est l'un des plus grands orgues d'église connus. Nous ne sommes pas montés à la forteresse qui domine la ville, la longueur et la difficulté du trajet à pied nous en ont dissuadés, et la petite route qui y monte est inaccessible aux camping-cars (maxi 2,8 T, pente 22 %).

Nous continuons à remonter le Danube par la B 8 jusqu'à Wilshofen, où nous le traversons pour prendre la B 12 jusqu'à l'entrée d'Hengersberg. Là, nous prenons une toute petite route à gauche vers Niederalteich, au bord du Danube, où se trouve une ancienne abbaye. Nous nous arrêtons pour la nuit sur un petit parking tranquille totalement invisible de la route. La radio Bayern 4 retransmet en direct le festival de Bayreuth, Parsifal de Wagner, un régal ; mais la pluie est de retour !

Mercredi 9 août : nuit calme mais réveil tôt par les cloches de l'abbaye sonnant matines. Temps maussade mais pas de pluie. Nous repartons par la petite route qui suit le Danube sur la rive gauche, par Deggendorf et Bogen jusqu'à Straubing où nous traversons le Danube. Nous souhaitions nous y arrêter pour faire quelques photos et film mais il ne nous a pas été possible de trouver une place de stationnement pour notre camping-car. Dommage ! De là, nous prenons la B 8, au milieu des champs de pommes de terre, de seigle et de betteraves sucrières, jusqu'à Regensburg (Ratisbonne), où nous ne nous sommes pas arrêtés, ayant visité la ville dans tous les sens 14 ans plus tôt. Courses chez ALDI à la sortie de la ville (dans cette région, on ne trouve apparemment que des supermarchés des groupes hard-discount) où malgré le choix réduit, nous arrivons à nous approvisionner correctement.


Essing dans la vallée de l'Altmühl

Nous prenons maintenant la B 16, puis une petite route au bord du fleuve jusqu'à Kelheim, où nous quittons le Danube temporairement pour remonter la belle vallée de l'Altmühl jusqu'à Riedenburg par une route pittoresque, puis rejoignons le Danube à Pförring, et le suivons jusqu'à Ingolstadt par la B 16 A, en traversant les champs de houblon.


Champs de houblon le long de la route près d'Ingolstadt


Riedensheim

Nous traversons Ingolstadt, ville industrielle sans intérêt siège d'Audi, jusqu'à Neubourg a.d. Donau où nous prenons une petite route sur la rive gauche traversant de charmants villages, jusqu'à Donauwörth. Nous nous y arrêtons pour passer la nuit sur une grande aire de stationnement et de services pour camping-cars, Festplatz, près de la gare.


Donauwörth

Jeudi 10 août : nous repartons sous un ciel couvert et peu engageant, continuant notre remontée du Danube par la B 16, très chargée. Peu après, re-voici la pluie qui ne nous quittera plus jusqu'à environ 17 h, avec quelques rares moments d'accalmie, rendant la prise de photos ou de film à peu près impossible.


Le château Hohenzollern à Sigmaringen

Nous contournons Ulm (que nous avons aussi visitée 14 ans plus tôt) sous une pluie battante et continuons notre remontée par la B 311 puis la B 32 jusqu'à Sigmaringen, ville où Pétain et Laval s'étaient réfugiés à la fin de la 2ème guerre mondiale avec leur gouvernement fantoche. Et là, miracle, la pluie s'est arrêtée.

Stationnement facile près de la gare, la ville est agréable, dominée par un gros château plus ou moins baroque construit par la branche locale de la famille Hohenzollern ; l'église, juste à côté, est intéressante, décorée dans un style baroque "raisonnable".

Maintenant, la vallée du Danube se rétrécit fortement, et la petite route qui remonte le fleuve, guère plus qu'un gros ruisseau, est assez accidentée et pittoresque. Nous traversons plusieurs villages tels Gutenstein, puis Beuron avec son pont couvert et son immense abbaye bénédictine, et Mülheim avec son vieux centre plein de maisons à colombages et son Rathaus du XVème siècle.


Le Danube à Gutenstein


L'abbaye de Beuron


Le vieux Rathaus de Mülheim

 

Arrivés à Tuttlingen (où nous ne trouvons pas l'aire de stationnement de Donaupark, indiquée nulle part), grosse bourgade industrielle en travaux partout, nous prenons la B 311 qui suit le Danube. Un peu plus loin, à Möhringen, un phénomène bizarre se produit : le Danube, quand il est en période de basses ou moyennes eaux, disparaît dans le sol karstique, et son lit aval est à sec ; sa résurgence est l'Aach, qui se jette ensuite dans le lac de Constance.

Nous continuons par la B 33 jusqu'à Donaueschingen, où nous nous arrêtons pour la nuit sur l'aire de stationnement (sans services) de Sportzentrum, bien indiquée à l'entrée de la ville, presque saturée à notre heure d'arrivée tardive (19h30).


Lit du Danube à sec à Möhringen


Source symbolique du Danube

Vendredi 11 août : ce matin, le soleil brille malgré quelques nuages. Un petit tour à pied dans Donaueschingen pour voir la "source symbolique" du Danube, une résurgence devant laquelle chaque pays traversé par le fleuve a posé une plaque.

Le Danube commence officiellement son existence dans cette ville, par la réunion de la Breg, de la Brigach et de ladite résurgence.

Nous remontons le cours de la Breg jusqu'à Fürtwangen où nous prenons le Katzensteiger (le chemin des chats) vers sa source, appelée Donauquelle (source du Danube) ; nous devons nous arrêter à 6 km de cette source et finir à pied, mais, comme la pluie est de retour, forte et dissuasive, nous faisons demi-tour vers Furtwangen, sous la pluie qui s'intensifie. Là, nous prenons la B 500 vers le sud, traversons des paysages probablement beaux, dans les nuages jusqu'à Titisee. Cette petite ville, très touristique, est située au bord d'un lac dans un cadre enchanteur (d'après le guide), mais nous ne voyons rien (pluie et brouillard). Nous repartons par la B 31, dévalons 600 m de dénivelé en quelques kilomètres dans la Höllertal (vallée de l'enfer), paysage sauvage où nous ne voyons pas grand chose, jusqu'à Fribourg.


Petit pont-barrage sur la Breg


Place de la cathédrale

La pluie s'est arrêtée, nous garons notre camping-car et visitons la ville, sa magnifique cathédrale gothique (enfin une église non surchargée de décorations baroques) et le vieux centre, très joli, avec le Rathaus, l'évêché, et bien d'autres bâtiments qui doivent être très beaux et colorés par grand soleil. Retour au camping-car pour découvrir une contravention (10 €) sur notre pare-brise pour stationnement interdit (place réservée aux bus de touristes, chose que nous n'avions pas vue car très mal indiquée).


Rathaus

Nous repartons, assez mécontents avec la ferme intention de ne rien payer, par une petite route vers Breisach, ville frontière franco-allemande, traversons le Rhin, bien grossi depuis que nous l'avons quitté à Coire en Suisse, puis, par les N 415, D 2 et D 18bis, allons jusqu'à Rouffach où nous nous arrêtons pour passer la nuit sur l'agréable aire municipale de stationnement et de service (à côté du stade, de la piscine et du camping municipaux).

Samedi 12 août : nuit tranquille, réveil matinal par l'angélus à 7 h, le soleil est là. Nous allons d'abord à Pfaffenheim, à 3 km de là, nous réapprovisionner chez notre fournisseur habituel de vin d'Alsace depuis plus de 30 ans. Ensuite, nous faisons quelques courses à l'Intermarché de Rouffach puis prenons la direction sud sur la RN 83, traversons Belfort et Besançon, et faisons un petit crochet par Arc-et-Senans pour visiter la saline royale. Depuis le matin, c'est un régime de giboulées que nous subissons, avec alternance de violentes averses et de périodes de soleil.

La visite de la saline royale, oeuvre utopique de l'architecte Claude-Nicolas Ledoux à la demande de Louis XV, est une construction tout à fait extraordinaire. N'ayant que peu de temps, nous prenons une visite guidée qui nous en donne un aperçu et nous convainc qu'il nous faudra revenir lors d'un prochain voyage dans la région, et y consacrer au minimum une demi-journée.


Saline royale d'Arc et Senans

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette seconde partie du voyage

Nous reprenons la RN 83 vers le sud, toujours sous les giboulées et avec un faible trafic, alors que "bison futé" annonce les pires conditions de circulation pour ce samedi, traversons Lons le Saunier sous une averse particulièrement violente, et nous arrêtons quelques km plus loin pour passer la nuit sur l'aire municipale de Cuiseaux (71), minuscule espace boueux en face de la caserne des pompiers, avec une bouche d'égout en guise de borne de services ; quatre autres camping-cars partagent notre halte précaire, sous la pluie.

Dimanche 13 août : la pluie n'a pas arrêté de tomber pendant toute la nuit et continue au matin quand nous repartons vers le sud, toujours par la RN 83. Elle nous accompagne jusqu'à Bourg en Bresse puis se calme, mais il fait toujours aussi gris. Nous traversons Lyon quasiment vide, où nous retrouvons le Rhône, et prenons l'A 7 jusqu'à Vienne, la RN 7 ensuite jusqu'à Bollène, et retraversons le Rhône à Pont St Esprit pour prendre le RN 86. Petit écart pour Chusclan, à côté de Bagnols sur Cèze, pour aller à la cave coopérative, où se trouve une borne de services gratuite, faire nos vidanges avant d'arriver à la maison et acheter un peu de vin AOC Côtes du Rhône, et nous reprenons la RN 86 jusqu'à Nîmes, puis la RN 113 jusque chez nous où nous retrouvons enfin le beau temps.. 

Et c'est la fin du périple, 4460 km, 466 l de gazole consommés pour 450 €, budget total 3000 € pour 30 jours de voyage.

 Documentation et informations pratiques :

 France Cartes Michelin 333 - Isère, Savoie et 328 - Ain, Haute Savoie
Atlas routier et touristique Michelin 2006
Carte des aires de stationnement et de service "Le monde du camping-car". Mention spéciale à l'aire de stationnement et de services aménagée à côté de la cave coopérative de Chusclan (30) par les vignerons : aire agréable, très bon accueil à la cave et prix raisonnable du vin.
 
 Suisse Carte Michelin N° 427
Guide vert Michelin "Suisse"
Site et brochures de l'Office de Tourisme Suisse
Brochure et site Internet des campings du Valais
Camping Atlas et son site Internet
Site Internet du Camping Car Club Suisse Romande
Récit de voyage de Clément et Christine Candela.

Le bivouac libre est interdit partout en Suisse. Il est généralement difficile de stationner dans la journée pour un camping-car et encore plus la nuit ; les  parkings sont rares et le plus souvent privés. Les campings, même les plus petits, sont bien équipés et pas trop chers ; attention, le format de prise 3  fiches 230 V est spécifique à la Suisse et totalement incompatible avec le format français, mais on trouve des adaptateurs - Suisse/Allemagne (format  Schuko) et Suisse/Europe (grosse prise bleue et grise) - à la réception des campings.
Les produits alimentaires et le gazole sont sensiblement plus chers que chez nous.
 

 Autriche Carte Michelin N° 730
Guide Hachette - Évasion 2006 
et guide du Routard 2006/2007
Plan de Vienne collection Cartoville
Brochures et site Internet de l'Office National Autrichien de Tourisme, en particulier la carte des campings pour tout le territoire autrichien
Récits de voyage de Bernard Tartois, Stéphane Herrent

Peu de difficultés pour stationner, y compris la nuit. Dans les villes, il vaut mieux utiliser les campings et les transports en commun, avec les cartes  forfait (à la journée ou pour plusieurs jours). Mention spéciale pour le camping Strassgang à Graz, relativement cher, mais super luxe.
On trouve des supermarchés à peu près partout, même dans les petits villages, mais majoritairement des chaînes "hard discount", avec des prix très  bas, un choix réduit et une qualité minimum. Coût de la vie courante assez similaire à ce qu'on connaît chez nous.
Aucun problème de communication quand on parle anglais.
 

 Hongrie

Carte touristique IGN 
Guide Hachette - Évasion 2006 et guide du Routard 2006/2007 

Plan de Budapest collection Cartoville
Brochures et site Internet de l'Office National Hongrois de Tourisme, en particulier la carte des campings en Hongrie
Camping-car en liberté bons coins en Hongrie
Récits de voyages de Solange et Michel, Philippe, et Simon et Catherine.

Pas toujours facile de communiquer, l'anglais n'étant pas très répandu et le français encore moins. Il est bien utile de "baragouiner" un peu  l'allemand. Pas de difficulté pour stationner sauf autour du lac Balaton.
Nombreux supermarchés un peu partout, surtout chaînes "hard discount", coût de la vie courante et du gazole sensiblement plus bas qu'en France.
 

 Allemagne Cartes Michelin N° 545 - Bavière - et 546 - Bade Wurtemberg
Guide vert Michelin Allemagne
Brochures et site Internet de l'Office Allemand de Tourisme

Aucune difficulté pour trouver à stationner pour la nuit, et comme en France, nombreuses aires de stationnement et de services pour camping-car.
   
 Tous pays Atlas des routes d'Europe Michelin 2006
Guide officiel étapes camping car 2006 en France et en Europe édité par Camping-car Magazine
Guide 2006 "carte de camping international".

La carte de camping international est bien utile dans les campings : elle est acceptée partout comme document d'identité, ce qui évite de laisser sa  carte d'identité à la réception et apporte souvent des réductions (10 % à peu près partout en Autriche). 

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