Lundi 24 août : nous partons de Montpellier avec notre camping-car par l'autoroute européenne E 80 : A9, A 54, A 7 et A 8 en France, puis A 10 et A 12 jusqu’à Livourne en Italie (péage en France 43 €, et 33 € en Italie pour le même nombre de km dans chaque pays). En arrivant à Livourne, nous suivons les indications «Porto», puis «Stazione maritima» et enfin «Embarcamento di passageri». Vers 19 h, nous arrivons à la barrière d’entrée dans le port des ferries ; là, des gardiens nous indiquent où aller nous installer pour la nuit, sur un petit parking situé à environ 100 m de cette barrière et où se trouve une borne de services pour camping-cars (eau non potable), juste en face du quai d’embarquement vers Bastia des Moby Lines (chez qui nous avons réservé nos traversées aller - retour pour la Sardaigne, pour 260 €) . Ce parking étant aussi envahi par les voitures, il est plus prudent de ne pas arriver trop tard si on veut espérer avoir une place. Distance parcourue 690 km.

Mardi 25 août : nuit calme après l’arrivée du dernier ferry à 22h30, mais il a fait très chaud. Nous partons à 6h30 pour aller embarquer 200 m plus loin, départ du bateau à 8 h. Du haut du pont du bateau, on a une belle vue sur la vieille ville et les fortifications de Livourne.

 


Fortifications de Livourne vues du bateau

 

La traversée se fait sur une « mer d’huile » avec un grand soleil et nous accostons à Olbia vers 15 h, où les lointains sont un peu brumeux.

 


En doublant le Cap de Golfo Aranci à l'arrivée à Olbia

 

Nous débarquons et prenons la SS 125 vers le sud - direction aéroport - et nous arrêtons dans un grand centre commercial Auchan à la sortie de la ville pour faire nos courses alimentaires (fruits et légumes 10 à 20 % plus chers que chez nous, le reste à peu près pareil avec un vaste choix).

Nos étapes

  1 - Posada   2 - Serra Orios   3 - S.M.Navarrese   4 - Cagliari   5 - Sant'Antioco
  6 - Barumini   7 - Fordongianus   8 - Bosa   9 - Alghero 10 - Stintino
11 - Platamona 12 - Bulzi 13 - Valle Erica 14 - Cugnana   


Vue sur l'île de Tavolara

Après, nous continuons sur la SS 125 jusqu’à Lutturai, où l’on a un magnifique point de vue sur un énorme rocher en forme de chapeau de gendarme, l’Île de Tavolara ; là, nous prenons une petite route à gauche en cul-de-sac qui nous conduit jusqu’au cap Coda Cavallo 5 km plus loin ; le paysage sur la côte et sur les îles est splendide. Ici, tous les parkings sont interdits au stationnement nocturne pour les camping-cars.


La côte à Capo Coda Cavallo


Posada

Nous rebroussons chemin et reprenons la SS 125 vers le sud, à la recherche d’un bivouac. Un parking pour camping-cars est disponible près du stade à San Teodoro, jolie petite station balnéaire envahie par les touristes, pour 20 € la nuit (dissuasif) avec des espaces «riquiqui» serrés les uns contre les autres et aucun service. Nous continuons vers le sud par la SP 1 puis à nouveau la SS 125, mais notre recherche est vaine, tous les parkings de bord de plage sont interdits aux camping-cars pour le bivouac (nous verrons plus tard que c'est quasiment partout ainsi sur la zone côtière en Sardaigne). De guerre lasse et fatigués, nous nous arrêtons au camping Ermosa à Posada, camping en bord de plage minimaliste pour les services et maximaliste pour les prix (30 € sans l’électricité). Distance parcourue 70 km.

Mercredi 26 août : il a encore fait très chaud et très humide cette nuit, le vent du sud apporte des nuages précurseurs d’orage.


Carrières de marbre à Orosei

Nous rejoignons la SS 125 que nous prenons plein sud en direction d’Orosei. A la sortie sud de cette ville se trouvent toute une série de carrières de marbre activement exploitées. Nous continuons par la même route, beaucoup plus accidentée et pittoresque jusqu’à Dorgali, grosse bourgade construite sur la pente d’une montagne. A la sortie sud, nous prenons la SP 26 qui traverse la montagne par un tunnel et descend en forte pente à Cala Gonone, station balnéaire très active située sur la commune de Dorgali.


Dorgali

Partout, des panneaux interdisant toute forme de camping libre sont plantés, et les camping-cars ne sont pas autorisés à s’approcher du port, les rues étant trop étroites.


Vue sur Cala Gonone

Nous prenons un petit bout de route côtière au sud qui conduit à une plage ; elle est barrée un peu plus loin, nous obligeant à faire demi tour. Au retour, nous nous arrêtons en plein soleil au bord de la route en corniche pour déjeuner, puis revenons à Cala Gonone nous garer près du camping, l'un des rares lieux où c’est autorisé.

A pied, nous allons au port pour retenir une excursion en bateau (18 € par personne) à la grotte de Bue Marino, puis nous promenons un moment dans l'attente du départ.


Le port de Cala Gonone


Sortie du port de Cala Gonone

Cette vaste grotte karstique avec plusieurs sorties sur la mer a été creusée par un système de rivières souterraines où vivaient autrefois des phoques aujourd’hui exterminés par les pêcheurs (visite guidée comprise dans le prix du bateau). La promenade en bateau est magnifique, la grotte elle-même est intéressante, son originalité étant que l’eau de mer y pénètre profondément.


Grotte du Bue Marino

Sur le chemin du retour, les premières gouttes de pluie tombent et l’orage éclate juste comme nous arrivons à notre camping-car. Il pleut si fort que nous devons attendre une accalmie avant de repartir. Nous remontons par la même route, retournons à Dorgali où nous prenons la SP 38 vers l’ouest, et allons à Serra Orrios une dizaine de km plus loin, village nuragique que nous visiterons demain matin. Nous nous installons pour la nuit sur le parking visiteurs alors qu’à nouveau un très violent orage s’abat sur nous. Distance parcourue 90 km.

Jeudi 27 août : l’orage a duré deux bonnes heures puis la pluie s’est arrêtée. Pendant la nuit, beaucoup plus fraîche, d’autres averses nous ont réveillés ; et le matin, la circulation sur la route proche nous a tiré de notre sommeil assez tôt.


Porte d'entrée du village

A l’ouverture à 9 h, nous sommes allés visiter le village nuragique où nous étions les seuls visiteurs si matinaux (6 € prix standard, 2,5 € pour seniors de plus de 60 ans). Ce village date de l’âge du bronze moyen soit environ 1500 ans avant JC ; il a été construit par des peuples autochtones dont on ignore l'origine. On y trouve deux temples dits « mégaron » de structure rectangulaire en pierres brutes qui rappellent l’influence mycénienne, et de nombreuses cabanes rondes aussi en pierres brutes, autrefois recouvertes de toits en bois et branchages enduits de boue ; celles-ci sont groupées probablement par familles ou clans. Une cabane de réunion était le lieu d’où s’exerçait la puissance publique.


Intérieur d'un temple mégaron


Façade de la tombe de géants de S'Ena'e Thomes

Nous continuons par la SP 38 vers le nord et arrivons quelques km plus loin à la Tombe des Géants S’Ena’e Thomes, grand menhir sculpté associé à un dolmen.

 


Intérieur de la tombe de géants de S'Ena'e Thomes

Nous rejoignons la SS 138 dcn, voie rapide nord – sud, que nous quittons à la sortie suivante pour prendre la SP 45 qui va à Nuoro, capitale de la province construite sur une crête commune à plusieurs collines. Juste avant d’arriver, nous prenons la SP 42 qui grimpe en lacets au sommet du Mont Ortobene, dominant la ville de ses 885 m d’altitude. Nous nous installons pour prendre notre repas de midi, et dès que nous repartons, la pluie, qui menaçait depuis un moment, se met à tomber et cache le magnifique point de vue signalé dans notre guide. Nous redescendons en ville à la recherche de l’aire de service pour camping-cars située place de l’amphithéâtre, que nous ne trouvons pas.


Nuoro


Vue générale d'Oliena

Nous prenons la SP 22 en direction d’Oliena puis d’Orgosolo, réputée la capitale du banditisme sarde, où se trouvent de très nombreuses peintures murales faites dans un style naïf par des artistes locaux. Arrivés là, un camping-cariste italien nous indique que l’on ne peut pas passer un peu plus loin dans la direction de Mamoiada où nous souhaitions aller. L’orage éclate violemment à ce moment-là, avec une forte pluie et même de la grêle, limitant fortement la visibilité. Nous pensons prendre une autre route pour rejoindre Mamoiada, et nous retrouvons en fait sur la SP 22 dans l'autre sens sans nous en rendre compte ce qui nous ramène à Oliena, où nous ne souhaitions pas retourner.


Peinture murale à Orgosolo


Col de Genna Cruxi sur la SS 125

Nous décidons de changer nos plans, retournons à Dorgali par la SP 46 et prenons la SS 125 vers le sud. Ce choix involontaire nous permet de nous éloigner de la zone orageuse et de rouler sur une belle route sinueuse qui franchit quatre cols au milieu de splendides paysages. Nous la quittons 65 km plus loin et prenons la SP 98 pour aller au bord de mer à Santa Maria Navarrese nous installer dans une aire pour camping-cars aménagée au bord d’une agréable plage, en fait une sorte d’ersatz de camping bien plein, à 23 € la nuit, tous services compris, incluant l’électricité. Distance parcourue 180 km.


La baie de Santa Maria Navarrese


Rocher de grès rouge et granite

Vendredi 28 août : il a plu dans la nuit mais il fait beau ce matin. Après avoir vidangé et fait nos pleins à la borne de services (et oublié une montre heureusement sans grande valeur sur la borne), nous revenons vers la SS 125 que nous prenons vers le sud. Quelques km plus loin, nous prenons la SS 125 dir vers l’est pour aller à l’extrémité de la presqu’île au village d’Arbatax où l’on trouve des rochers de grès rouge entourés de granite travaillés en des formes bizarres par l’érosion marine.


Rocher de grès rouge


La baie côté nord de Capo Ferrato

Nous revenons à la SS 125, par endroits refaite comme une route express, ailleurs restée dans son état d’origine, sinueuse et étroite, jusqu’à Olia Speciosa où nous prenons la SP 97 qui nous emmène à Capo Ferrato, une pointe rocheuse qui s’avance sur la mer vers l’est. Au bout de la partie goudronnée, nous stationnons sur un vaste terrain planté d’odorants eucalyptus pour déjeuner (stationnement nocturne interdit sur ce terrain). Après le repas, nous continuons pendant quelques km sur la mauvaise piste en « tôle ondulée » qui nous permet de découvrir de belles vues de la côte, mais ne trouvons pas la piste qui conduit à l’extrémité du cap. Nous rebroussons chemin, et voyons cette piste, impraticable avec un camping-car.


Costa Rei

Nous prenons la route côtière SP 18 vers le sud qui longe la Costa Rei, la plupart du temps dans des lotissements de vacances, mais offrant parfois de belles vues sur la côte. Arrivés à Villasimius, nous prenons la route qui mène à Capo Carbonara où l’on a de belles vues sur la mer, mais ne montons pas jusqu’au sommet de la colline, la route étant trop étroite, et la forte chaleur nous dissuade de faire la trajet à pied..


Baie de Villasimius et Capo Carbonara

Nous revenons vers Villasimius et prenons la route côtière SP 17 qui traverse de nombreuses stations balnéaires très urbanisées, mais en petits bâtiments seulement ce qui ne détruit pas trop le paysage. A Quartu Santa Elena, banlieue est de Cagliari, nous faisons une halte dans un grand centre commercial Carrefour pour nous réapprovisionner en nourriture, sensiblement plus chère que chez nous en hypermarché. Après, direction Cagliari et son cimetière derrière lequel se trouve l’aire aménagée pour camping-cars, 13 via Caboni (16 € la nuit sans électricité pour une place dans un parking et une borne de services). Distance parcourue 200 km. L’environnement n’est pas terrible mais la radio (RAI 3) nous offre un bon programme pour la soirée avec Don Giovanni de Mozart.

Samedi 29 août : il a encore fait très chaud cette nuit mais pas d’orage. La journée d’aujourd’hui est réservée à une visite rapide de Cagliari (167 000 habitants), capitale régionale de la Sardaigne.

Eglise paléochrétienne

Façade de la cathédrale

Palais du vice-roi

Vue sur la ville depuis la tour Saint Pancrace

Front de mer

Nous marchons 10 minutes pour aller de notre parking au centre historique, en passant près des ruines d’une église paléochrétienne aujourd’hui transformée en centre culturel. Nous arrivons place de la Constitution, au pied du bastion Saint-Rémy, ancien poste névralgique des fortifications de la ville ancienne appelée « Il Castello ». Nous grimpons près de 200 marches pour arriver sur la partie haute du bastion d’où l’on a une large vue sur la ville et la baie.

De là, par des petites rues, nous allons jusqu’à la cathédrale Santa Maria construite au XIIIème siècle en style roman et largement remaniée en style baroque au XVIIème siècle, et à nouveau au début du XXème pour la façade en style néoclassique. Elle est ouverte car un mariage va y être célébré ce qui nous permet de la visiter.

Juste à côté se trouve le palais du vice-roi construit au début du XIXème siècle par les ducs de Savoie, rois de Piémont-Sardaigne. C’est aujourd’hui le siège de l’administration de la province de Cagliari ; quelques salles, dont celle du conseil provincial, sont ouvertes gratuitement au public.

Nous continuons jusqu’à l’entrée nord du Castello marquée par la tour Saint Pancrace, le point culminant de l’éperon rocheux sur lequel est construite la ville médiévale. Du sommet (55 m à grimper, 4 € l’entrée, 2,5 € tarif senior), on a une très large vue sur toute la région ; c’est de là que les mouvements par terre et par mer étaient autrefois surveillés.

Par d’autres petites rues, nous redescendons vers le bastion Saint Rémy en passant par la tour de l’éléphant, autre tour de guet du système de fortifications de la ville dont le nom est dû à une statue d'éléphant, puis vers le front de mer où nous déjeunons dans une pizzeria. Après le repas, nous flânons un moment dans le quartier, agréable avec ses bâtiments majoritairement du XIXème siècle et ses palmiers. Là se trouve aussi l’Hôtel de Région, bâtiment moderne qui s’intègre bien à l’ensemble.

Nous repartons vers le nord, en cherchant l’ombre car il fait très chaud, cette fois en contournant la vieille ville, et allons à la Citadelle des Musées pour visiter le musée archéologique (4 € par personne) ; ses très riches collections présentent des objets de l’âge du bronze découverts dans les divers sites nuragiques de l’île ainsi que des objets plus récents, puniques et romains, et des sites en cours de fouille à Cagliari, en particulier une gigantesque nécropole romaine.

Nous allons ensuite vers l'amphithéâtre romain, mais, comme il est couvert de gradins métalliques, on ne voit rien de la structure ancienne.

Bastion Saint Rémy

Intérieur de la cathédrale

Salle du conseil du palais du vice-roi

Rue de la vieille ville

Bateau votif d'époque nuragique

Notre visite terminée, et la fatigue se faisant sérieusement sentir, nous revenons en passant par plusieurs des endroits visités le matin pour refaire des photos avec un meilleur éclairage, puis, après un arrêt-boisson dans un café, nous rejoignons notre camping-car.

Dimanche 30 août : nuit sensiblement plus fraîche que les précédentes, avec deux ou trois réveils intempestifs par des aboiements de chiens. Après avoir utilisé les services de vidange et d’approvisionnement d’eau, nous repartons en suivant le front de mer direction «Aeroporto» par la SS 130.


Sanctuaire Santa Maria

A un gros échangeur quelques km après l’aéroport, nous prenons la SP 2 sur 9 km puis une petite route sans numéro qui nous emmène à Uta, gros bourg agricole où se trouve le sanctuaire Santa Maria, charmante petite église romane du XIIème siècle construite avec des matériaux récupérés d’une villa romaine. La grande fête de la Nativité de la Vierge, le 8 septembre, est en cours de préparation et de nombreux pèlerins viennent déjà faire leurs dévotions à la statue de la Vierge.


Pèlerins à l'intérieur du sanctuaire Santa Maria

Nous repartons en direction de la SS 130 par d’étroites ruelles à sens unique qui traversent le village. Dans l’une d’entre elles, coincés entre une camionnette mal garée et un toit qui déborde, nous laissons notre feu de gabarit avant gauche (nous avions déjà cassé le droit sur des branches basses quelques jours avant), donc du bricolage en perspective à notre retour !

Plage Sant'Effisio

Thermes

Nous reprenons donc la SS 130 sur une dizaine de km puis prenons la route qui traverse la zone industrielle de Cagliari pour rejoindre la route côtière SS 195 sur laquelle nous roulons jusqu’à Pula 20 km plus loin. Là, par une petite route, nous allons jusqu’au site archéologique de Nora en bord de mer sur une pointe rocheuse ; difficile de trouver une place de parking, tout l’espace étant occupé par des locaux venus à la plage voisine de San Efisio.

Nous déjeunons dans le camping-car puis allons visiter le site (5,5 € par personne). Nora est une ancienne ville phénicienne occupée depuis le IXème siècle avant JC. Elle est ensuite devenue carthaginoise, puis romaine à la fin des guerres puniques ; elle a même été le siège du gouvernorat romain de Sardaigne. Son déclin a commencé avec les Vandales au début du VIème siècle après JC et elle a été ensuite pillée par les Arabes et abandonnée. Des fouilles au XXème siècle ont mis en évidence les restes de nombreux monuments, essentiellement romains, tel qu’un petit théâtre, des thermes et des habitations. Une partie du site est encore sous la mer.

Théâtre romain

Colonnes redressées


Côte sud vue de la SP 71

Après la visite, nous reprenons la route côtière SS 195 puis la SP 71 qui permet de suivre la côte à l’extrême sud de l’île alors que la SS 195 coupe à travers la montagne. Sur ce trajet, nous avons de très belles vues de la côte découpée de rochers qui surplombent la mer.

La boucle terminée, nous retrouvons la SS 195 qui contourne des zones marécageuses et rejoignons la SS 130 pour aller sur l’île de Sant’Antioco. Sur l’île, nous suivons la côte direction sud et le Capo Sperone.


Cap Spartivento vu de la SP 71


Sur la plage

Arrivés au bout de la route goudronnée prolongée par un chemin beaucoup plus étroit, et considérant que nous avions causé assez de dégâts sur notre camping-car pour la journée, nous rebroussons chemin sur quelques km pour aller nous installer sur une aire d’accueil à l’allure de camping au rabais située au bord d’une très agréable plage (15 € la nuit, tous services compris sauf électricité) juste au nord de Torre Canal, où nous allons nous baigner dans une eau presque chaude. Distance parcourue 200 km.

Lundi 31 août : la nuit a été calme, plutôt fraîche. Aujourd’hui lundi, tout ce qui se visite (musées, monuments, églises), ou presque, est fermé. Nous réservons donc notre matinée à la plage et au farniente.


Front de mer à Sant'Antioco

Après le déjeuner, nous reprenons la route vers le nord, bref arrêt dans le port du village de Sant’Antioco, puis prenons la SS 126. Nous la quittons au bout de quelques km pour prendre la SP 77 qui amène à Tratalias, autrefois siège de l’évêché local, maintenant village fantôme abandonné par ses habitants à cause de la remontée des eaux du lac de barrage voisin. On y trouve une très jolie église construite au début du XIIIème siècle dans le style pisan, l’église Santa Maria, aujourd’hui fermée à la visite. Le bourg abandonné est en cours de réhabilitation, et deviendra probablement une cité d’artistes et artisans pour touristes.


Église Santa Maria


Temple romain

Nous rejoignons la SS 126 vers le nord, contournons Carbonia, ancienne ville minière créée par Mussolini, puis Iglesias. Cette route attaque ensuite la montagne par un itinéraire pittoresque, très sinueux et accidenté. Quinze km plus loin, nous la quittons pour aller visiter le temple romano-punique d’Antas, dans un site naturel grandiose (ouvert le lundi d'après notre guide, 3 € par personne). Il s’agit d’un temple romain dédié au dieu local Sardus Pater, construit au IIIème siècle après JC sur les ruines d’un temple punique beaucoup plus ancien dédié au même dieu. Il a été partiellement restauré, six colonnes du pronaos ont été relevées. Juste à côté, on trouve les vestiges d’un ancien village nuragique.


Restes du temple punique


Dans la montagne, montée du Passo Biderdi

Nous continuons toujours par la même route qui franchit deux cols dans de magnifiques paysages de montagne puis descendons dans la plaine à Guspini, où nous prenons la SS 197 plein est, route droite qui traverse une grande étendue agricole. A la sortie de Sanluri, la route part vers le nord, et nous conduit à Barumini où se trouve Su Nuraxi, l’un des plus célèbres sites nuragiques de Sardaigne, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est trop tard pour le visiter, nous nous installons pour la nuit sur la partie du parking visiteurs réservée aux camping-cars et le visiterons demain matin. Distance parcourue 160 km.


Barumini le soir vu de notre bivouac

Mardi 1 septembre : après une nuit bien calme, nous allons visiter Su Nuraxi (10 € par personne, visite guidée obligatoire, prix incluant la visite du musée de Barumini) juste à l’ouverture.

Maquette du site de Su Nuraxi

Village nuragique

Nous sommes seuls sur le site, accompagnés par un guide local qui parle un excellent français ; c’est une chance d’être si peu nombreux car les lieux sont exigus et pas toujours très carrossables (groupes limités à 20 personnes ce qui entraîne paraît-il de longues files d’attente par moment). Cette forteresse nuragique a été construite entre le XIIIème et le IXème siècle avant JC en gros blocs de pierre de lave extraits du plateau voisin, non cimentés entre eux. Au VIIIème siècle avant JC, puis au VIème, le système de défense a été considérablement renforcé. Le village nuragique situé au pied de la forteresse a été habité jusqu’à l’époque romaine puis a été abandonné.

Nous allons ensuite visiter le musée du village installé dans la résidence de campagne construite par la famille espagnole Zapata au XVIème siècle, à qui le roi d’Espagne, qui régnait alors sur la Sardaigne, avait donné toutes les terres environnantes. Ce château est construit sur les vestiges d’un autre village nuragique qui ont été dégagés à l’intérieur. Il présente aussi les trouvailles faites à Su Nuraxi (poteries, bronzes, etc).

Vue générale de la forteresse

Intérieur de la forteresse

Nous partons ensuite vers l’ouest à travers la plaine agricole de Campidano par respectivement la SP 44, SP 46, SP 43, SP 82, SS 442 et SP 47 jusqu’à Terralba puis Arborea. Cette dernière est un gros bourg agricole créé de toutes pièces dans les années 1920, après que cette zone autrefois marécageuse et impaludée a été assainie.

Nous faisons halte sous un énorme ficus pour déjeuner, sur la place de l’église et de la mairie, jolie place fleurie et arborée.


Place de l'église


Basilique romane Santa Giusta

Après le repas, nous continuons sur la SP 47 vers le nord puis prenons un peu plus loin la SP 48 vers Oristano, capitale de la province.

Nous traversons Santa Giusta, bourgade de la banlieue d’Oristano, où se trouve une magnifique basilique romane des X et XIème siècles, l’une des plus belles œuvres d’art roman en Sardaigne. Le style est roman - pisan, avec des influences lombardes. Les colonnes et chapiteaux viennent des sites romains voisins. Elle a été le siège de l’évêché jusqu’en 1512.


Intérieur de la basilique


Vue générale du site

Nous continuons notre route en contournant Oristano par le sud et prenons la SP 1 puis la SP 6 jusqu’à l’extrémité de la presqu’île à San Giovanni di Sinis où se trouve le site romano-punique de Tharros (entrée 5 € par personne), merveilleusement situé sur son éperon rocheux. Fondée à la fin du VIIIème siècle avant JC, la ville a été l’une des plus importantes villes puniques de Sardaigne. Une fois romanisée, elle est devenue un centre important sur les plans militaires et économiques. Siège de l’épiscopat à l’époque paléochrétienne, la cité a été définitivement abandonnée en 1071 avec le transfert de l’évêché à Oristano.


Ruines du château d'eau


Thermes romains

Nous revenons sur nos pas par la SP 6 puis la SP 1 vers Oristano que nous contournons cette fois par le nord puis prenons la SS 388 vers le nord-est. Nous quittons la plaine pour remonter le cours du fleuve Tirso, le plus grand fleuve de Sardaigne et nous arrêtons à Fordongianus (l'ancienne Forum Traiani) où se trouvent des thermes romains datant du Ier siècle après JC (entrée 4 € par personne). Le site visible est de surface relativement réduite car l’essentiel de la ville romaine se trouve sous le village moderne et n’a pas été fouillé. Ces thermes étaient alimentés par une source à 54 ° C, exploitée dans un établissement thermal moderne.


Thermes romains

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette première partie du voyage


Le Tirso à côté de notre bivouac

Après notre visite, nous nous installons pour la nuit à proximité, au bord du Tirso ; un camping-car belge vient partager notre bivouac un peu plus tard. Distance parcourue 130 km.

Mercredi 2 septembre : nuit tranquille et agréable au bord de la rivière, un peu de bruit en soirée causé par un groupe de jeunes venus faire les clowns dans le parc de jeux pour enfants, mais de courte durée. Il fait très beau ce matin.

Nous retournons au centre du village de Fordongianus visiter la Casa Aragonese, demeure d’une riche famille espagnole habitée jusqu’en 1978, aujourd’hui propriété de la commune et transformée en musée historico-folklorique. L’entrée est couplée avec celle des thermes.


Entrée du puits sacré

Nous repartons ensuite vers le nord ouest par la SP 23 puis la SP 11 jusqu’à Paulilatino, où nous prenons la voie rapide SS 131 vers le sud sur 4 km pour aller visiter le Puits Sacré de Santa Cristina (5 € par personne), situé juste en bordure de cette route. Ce site était un lieu majeur du culte de l’eau à l’époque nuragique. Un puits circulaire surmonté d’une fausse coupole appelée tholos, auquel on accède par des escaliers en blocs de basalte taillés parfaitement conservés, est alimenté par la nappe phréatique. Près de ce puits se trouve la chapelle de Santa Cristina, lieu de pèlerinages chrétiens aujourd’hui ; des cabanes servent à accueillir les pèlerins. Un peu plus loin, on rencontre les vestiges d’un village nuragique, avec sa tour fortifiée et des cabanes allongées.


Cabane allongée


Nuraghe Losa

Nous reprenons la SS 131 vers le nord sur une dizaine de km, et sortons au grand échangeur des voies rapides SS 131 et SS 131 dcn pour aller au nuraghe Losa situé juste à côté de cet échangeur (c’est fléché mais pas très facile à voir). Arrivés sur le parking visiteur, nous déjeunons puis allons visiter le site (3,5 € par personne). Il fait très chaud et le soleil tape fort ! Ce nuraghe, situé sur la commune d’Abbasanta, date des XIIIème et XIIème siècles avant JC. Comme tous les nuraghe, il est construit en gros blocs de pierre brute assemblés sans mortier. Il comprend une tour centrale, sorte de donjon, et trois tours qui encadrent ce donjon, plus trois bastions extérieurs.


Intérieur du nuraghe

Vue sur la baie de Bosa et Bosa Marina

Ruines du château de Serravalle

Nous repartons vers le nord ouest, toujours dans la plaine de Campidano, par la SP 15 jusqu’à Santu Lussurgiu, puis la SP 19 qui escalade le plateau volcanique par une route en lacets et redescend dans la zone côtière pour rejoindre la SS 292 à Cuglieri ; nous la prenons jusqu’à Suni, traversant des paysages accidentés de falaises et pitons basaltiques. A Suni, nous prenons la SP 49 jusqu’à Bosa, bourgade médiévale construite à 2 km de la mer sur le fleuve Terno et surplombée par les ruines du puissant château de Serravalle (note : l'accès au front de mer à Bosa Marina est interdit aux camping-cars bien que la largeur des rues le permette sans problème).

Nous allons d’abord faire quelques courses alimentaires au supermarché local puis allons nous garer sur le parking réservé aux camping-cars (sans services), bien indiqué très proche du centre et au bord du fleuve (on peut y passer la nuit, mais nous ne le faisons pas car nous avons besoin de services de vidanges et de remplissage ce soir). Nous visitons Bosa, son quai le long du fleuve, ses rues pittoresques et sa cathédrale baroque.

Vue générale

Intérieur de la cathédrale

Nous prenons ensuite la SP 49 vers le nord pour aller trois km plus loin sur l’aire de stationnement et de services de S’Abba Drughe Spiagge, en bord de mer, pour la nuit (20 €, tous services compris, dont électricité). Cette aire, en fait un camping sommaire uniquement pour camping-cars, très bien placée avec plusieurs plages voisines, connaît une forte affluence, même maintenant, mais nous trouvons à nous installer sans trop de difficultés. Distance parcourue 110 km.

Jeudi 3 septembre : nous revenons à Bosa par la SP 49, où nous constatons que la route pour aller visiter l’église de Saint Pierre extra-muros est interdite aux camping-cars.


Vue sur Padria

Nous prenons la route de Suni puis la SS 292 qui traverse de beaux paysages de moyenne montagne plantés de chênes-liège jusqu’à Padria puis Pozzomaggiore. Là, nous prenons la SP 8 qui va à Bonorva. Sur le trajet, arrêt à San Nicolo de Trullas, charmante petite chapelle romane du XIIème siècle construite au milieu des champs.


Chapelle San Nicolo de Trullas


Intérieur d'une tombe

A Bonorva, gros bourg agricole animé, nous prenons la SP 43 pour aller visiter quelques km plus loin la Nécropole San Andrea Priu (3,5 € par personne, visite guidée obligatoire - accès bien fléché), hypogées creusées dans la falaise de trachyte vers 2400 - 1800 avant JC appelées aussi Domus de Janas (maisons de fées) et servant de tombe aux populations locales à l’époque nuragique. La plus grande d’entre elles a ensuite été transformée en église paléochrétienne puis byzantine, utilisée jusqu’au XIVème siècle (photos de cette tombe interdites).


Statue du dieu taureau


Nuraghe de Santu Antine

Nous déjeunons sur le parking situé à 1km du site (permet de faire demi-tour facilement) puis repartons par la SP 43 puis la SP 21 pour aller à Torralba visiter le nuraghe de Santu Antine (3 € par personne), le deuxième plus grand site nuragique après celui de Barumini. Il a été largement restauré et donne une bonne idée de ce type de monument. Sa tour centrale, la plus grande connue, atteignait 20 m de hauteur avant d’être endommagée, et fait aujourd’hui 17,5 m. Elle est entourée de trois autres tours plus petites ; toutes communiquent entre elles par d’étroits couloirs. L’ensemble daterait des XVème à XIIème siècles avant JC ; des constructions romaines ont été ajoutées, et on pense que le site a été occupé jusqu’au haut moyen-âge.


Reconstitution du nuraghe de Santu Antine

Nous prenons ensuite la SS 131 bis, puis la SS 127 bis pour aller jusqu’à Alghero où nous nous installons pour la nuit sur le parking réservé aux camping-cars au nord de la ville en face de l’hôpital civil (très bien fléché, parking gratuit tous les jours, interdit le mercredi de 8 h à 15 h à cause du marché, pas de services). Distance parcourue 130 km.

Front de mer à Alghero

   

Remparts

Porte de la Terre

Nous allons à pied visiter la vieille ville (40 mn de marche agréable le long du front de mer). Les principaux points d’intérêt sont les restes des remparts, avec les portes de la Mer et de la Terre, les vieilles rues médiévales très animées le soir, la cathédrale (difficile à photographier à cause du manque de recul) avec son clocher catalan et sa décoration intérieure baroque-kitsch, et son port.

Nous dînons au restaurant Nettuno avec vue sur la mer d’un bon repas de poissons (40 € par personne), puis retournons à notre camping-car après avoir fait une dernière promenade dans les vieilles rues et le port, et pris quelques photos de nuit.

Piazza Civica

Le port de nuit

Vendredi 4 septembre : peu après que nous soyons revenus, un camping-cariste voisin a mis en route son groupe électrogène et l’a laissé fonctionner jusqu’à une heure tardive dans la nuit sans se soucier de ses voisins qui se sont tous tenus coi, nous y compris. Il a fait très chaud cette nuit ce qui n’a pas arrangé les choses.

Capo Caccia

Baie de Porto Conte

Ce matin, nous partons vers l’ouest en suivant la côte par la SS 127 bis puis la SP 55 jusqu’à l’extrémité du Capo Caccia d’où l’on a un splendide panorama sur la baie. Il est quasi impossible de stationner sur le microscopique parking du cap, et donc de descendre par l’escalier jusqu’à la grotte de Neptune. De plus, les 650 marches à remonter après la visite de la grotte ont eu un certain effet dissuasif ; nous sommes donc revenus en arrière d’environ un km pour descendre à l’embarcadère voisin et aller à la grotte en bateau. Mais le départ du prochain bateau étant trop tardif, ne voulant pas l’attendre nous sommes repartis.

Retour vers Alghero par la même route et arrêt à Porto Conte où l’on a de belles vues sur le Capo Caccia et la baie, et où se trouve une tour de guet bien conservée datant des Espagnols.

Jean-Claude sur un rocher à Capo Caccia

Tour espagnole à Porto Conte


Entrée d'une tombe

Nous contournons Alghero par le nord et prenons la SP 42 plein nord. Une dizaine de km plus loin, nous arrivons à la nécropole Anghelu Ruiu au bord de la route. Une trentaine de grottes du type Domus de Janas ont été creusées dans la roche à partir de l’époque pré-nuragique dans la première moitié du IIIème millénaire jusqu’à 1800 – 1500 avant JC. Après la visite, nous déjeunons sur le parking du site.


Intérieur d'une tombe


Vue sur l'île d'Asinara depuis le Cap del Falcone

Nous repartons vers le nord toujours par la SP 42, SP 34 puis la SP 57 et à nouveau la SP 34 jusqu’au Capo del Falcone à l’extrémité nord-ouest de la Sardaigne. Ici, impossible de s’approcher de la mer, tout est accaparé par des demeures de riches avec de grands jardins qui bloquent tout accès et gênent la vue.

Nous allons à Stintino, ancien petit port de pêche devenu marina de luxe, assez joli quand même, puis nous arrêtons un peu plus au sud sur la plage des Salines, recouverte de fin gravier de marbre, pour un bain dans une eau délicieusement tiède.


Barque de pêche sortant du port de Stintino

Nous allons ensuite nous installer pour la nuit à l’aire pour camping-cars de Pineta (19 € la nuit tous services compris) un peu plus au sud, camping bien équipé réservé aux camping-caristes, un peu éloigné des plages mais offrant un service de navettes pour y accéder. Au camping, on nous a précisé qu’il était autorisé de passer la nuit gratuitement sur le parking de la plage des Salines mais nous avons préféré rester au camping ombragé et profiter des services. Distance parcourue 120 km.

Samedi 5 septembre : le vent de nord-ouest s’est levé pendant la nuit et a bien rafraîchi l’atmosphère. Nous décidons quand même de profiter du service de navettes pour aller passer la matinée à la plage, au même endroit qu’hier. L’eau est bonne mais le vent se fait un peu trop sentir à notre goût.

Après avoir déjeuné et fait nos vidanges et remplissages, nous reprenons la SP 34 puis la SS 131 jusqu’à proximité de Sassari, à l’hypermarché Auchan pour faire nos courses.


Monument de Monte d'Accodi

Nous reprenons l’autre SS 131 (il y en a deux entre Porto Torres et Sassari et la bonne est celle située le plus à l’est) pour aller visiter l’étrange site archéologique de Monte d’Accoddi (entrée gratuite). Ce monument, une sorte de terrasse entourées de gradins, unique dans tout le bassin méditerranéen, rappelle les ziggourats mésopotamiennes. Il a été érigé au début du IIIème millénaire avant JC par une civilisation pré-nuragique dont on ne sait pas grand chose, et a été agrandi après, puis abandonné vers 1800 avant JC, au moment de l’émergence de la civilisation nuragique. A côté s’étendait un village de cabanes de forme quadrangulaire.


Reconstitution du site dans sa phase finale

Après la visite, nous allons à Platamona par la Strada Vicinale Monte Rasu, petite station balnéaire située à quelques km de là, à l’aire pour camping-cars « Campsite International », où nous nous installons pour la nuit (19 € tous services compris).

Avant de dîner, nous allons jusqu’à la plage, à 200 m, pour faire quelques photos de la mer plutôt agitée. Distance parcourue 50 km.

Dimanche 6 septembre : après utilisation des services du « camping », nous repartons par la même route vicinale puis la SS 131 pour aller à Sassari, très proche. Nous garons notre camping-car sur l’avenue Madonna dei Mercedi, juste en face du cimetière et proche de la gare, à 10 mn de marche du centre historique.

Église Santa Maria de Betlem

Duomo

Bâtiment du conseil provincial

Mosaïque romaine

Nous commençons nos visites par l’église Santa Maria de Betlem, construite au XIIIème siècle dans le style roman, transformée en style gothique catalan au XVème siècle par les Aragonais et baroquisée au XVIème siècle. Une messe est en cours de déroulement, avec très peu de fidèles, ce qui rend la visite de l’intérieur impossible.

Ensuite, nous allons visiter le Duomo, la cathédrale Saint Nicolas construite à la fin du XVème siècle, située à quelques centaines de mètres. Sa façade du XVIIème siècle en pierre calcaire locale est très ouvragée, dans le style colonial espagnol. A l’intérieur, c’est aussi la messe ; un curé noir officie, ce qui montre que l’Italie est aussi touchée par la baisse des vocations autochtones.

Nous allons ensuite sur la grande place Monsignor Arcangelo Mazzotti voisine, en fait un vaste parking très laid, déjeuner d’une pizza dans le seul restaurant de la ville ouvert le dimanche (d’après notre guide).

Après le repas, nous flânons un moment dans les rues désertes du centre ville, où se trouvent quelques magnifiques hôtels particuliers. Mais, d’une manière générale, le centre historique, à l’exception de la Piazza d’Italia de style XIXème siècle où se trouvent les principaux bâtiments de l’administration de la province, fait «vieille splendeur» et donne l’impression gênante d’un appauvrissement du centre historique.

Nous allons ensuite visiter le Musée archéologique G.A.Sanna, qui présente les trouvailles faites dans la région depuis 35000 ans avant JC jusqu’au haut moyen âge, surtout ce qui a été découvert dans les fouilles du Monte d’Accoddi que nous avons visité hier. Un schéma très intéressant et bien documenté avec des maquettes le reconstituant montre l’évolution du site depuis sa construction jusqu’à son abandon par ses habitants. A côté, plusieurs objets romains (mosaïques, sarcophages, statues) illustrent la colonisation romaine de la région.

Intérieur de l'église Santa Maria de Betlem

Hôtel particulier sur le Corso Vittorio Emmanuele II

Musée archéologique G.A.Sanna

Linteau décoré avec des têtes de taureau (époque nuragique)


Santa Trinità di Saccargia

Nous revenons à notre camping-car, un peu fatigués par les km parcourus à pied dans la ville, et reprenons la voie rapide SS 131 vers l’est, puis la SS 592, sur le circuit dit des chapelles romanes du Logudoro. Juste avant d’arriver à Ploaghe, nous nous arrêtons à l’église Santa Trinità di Saccargia, l’une des plus belles églises de style roman pisan en Sardaigne. Construite au XIIème siècle en utilisant une alternance de pierres calcaires blanches et de blocs de basalte noirs, elle faisait autrefois partie d’un grand complexe monastique dont il reste peu de choses. Le chœur est décoré de fresques romanes de la fin du XIIème siècle (entrée 2 € par personne).


Christ Pantocrator dans le chœur de l'église


San Michele di Salvenero

Moins d’un km plus loin sur la même route, nous nous arrêtons à la petite chapelle de San Michele di Salvenero, aujourd’hui abandonnée et fermée.

Un peu plus à l’est, à un km de la SS 592 sur une petite route à gauche, c’est l’église Sant'Antioco di Bisarcio, construite aux XIème et XIIème siècles en trachyte rose, loin de tout en plein milieu de la campagne. Elle a été la cathédrale jusqu’en 1503, date de la disparition du diocèse. L’intérieur (3 € par personne) divisé en trois nefs, est d’une grande sobriété. Du clocher, décapité par la foudre, on a une vaste vue sur la campagne.


Sant'Antioco di Bisarcio

Nous continuons vers l’est par la SS 597 sur quelques km, puis prenons la SS 132 vers le nord. Cette route franchit le plateau basaltique par une section sinueuse à souhait et très pittoresque, en particulier près de Chiaramonti. Mais, comme bien souvent sur les routes sardes, il est impossible de s’arrêter dans des conditions de sécurité acceptables pour prendre des photos.


Église romane San Pietro di Simbranos

A Martis nous prenons la SS 127 jusqu’à Laerru où nous quittons cette route pour prendre la SS 134 vers le nord ouest et nous arrêtons un peu plus loin à l’église San Pietro di Simbranos, construction typiquement pisane du XIIème siècle en une alternance de calcaire blanc et de basalte noir, perdue en pleine campagne juste avant Bulzi. Elle est malheureusement fermée et devons faire un peu d’acrobatie au dessus de la plaque de bois qui tient lieu de porte pour photographier l’intérieur.


Intérieur de l'église

Le petit parking à côté de cette église étant complètement désert, situé dans un site agréable et invisible de la route pas trop proche, nous décidons de nous y arrêter pour la nuit. Distance parcourue 110 km.

Lundi 7 septembre : après une nuit tranquille et un peu fraîche dans un environnement idyllique, nous allons faire quelques photos de notre petite église avec un éclairage différent de la veille. Nous quittons à regret notre bivouac et reprenons la SS 134 qui serpente dans de beaux paysages de moyenne montagne et de falaises calcaires.


Le village de Sedini au sommet du col

A la sortie du village de Sedini, magnifiquement positionné sur la crête d’un col, une déviation est en place car la route est coupée un peu plus loin. Nous prenons une petite route sans numéro puis la SP 17 et la SP 15 à Tergu et arrivons au bord de la mer à l’entrée de Lu Bagnu, agréable petite station balnéaire où nous pouvons enfin faire le plein de gazole, chose impossible la veille car toutes les stations-services étaient fermées. Le vent est assez fort et la mer est bien agitée, difficile d'envisager de s'y baigner.


La mer à Lu Bagnu

Le village et le château sur le rocher

Rue du village médiéval

Nous prenons ici la route côtière nord SS 200 jusqu’à Castelsardo, très joli petit village perché sur un rocher qui surplombe la mer. Nous stationnons d’abord dans le port à l’entrée ouest du village pour faire quelques photos puis reprenons notre route vers le centre.

Arrivés à un croisement, l’accès au centre du village est interdit aux camping-cars (ruelles trop étroites) et nous devons prendre à droite, toujours sur la SS 200. Nous garons notre camion sur un petit parking un peu plus loin, à 10 mn de marche (plus tard, nous avons constaté qu’il y avait un grand parking pour bus et camping-cars 200 m après où il est même possible de passer la nuit). Nous allons visiter le village, ses petites rues médiévales qui grimpent au flanc du rocher et conduisent au château du XIIème siècle qu’occupait autrefois la famille Doria. Nous allons visiter ce château (2 € par personne) dont il ne reste qu’une partie des murs, et d’où l’on a un point de vue fantastique sur le village et son port, et la mer tout autour.

Nous flânons un moment dans les ruelles et allons visiter l’église Santa Maria, autrefois cathédrale construite au XVIème siècle en pierre de lave et recouverte de plaques de calcaire blanc à l’intérieur.

Vue sur le port depuis le château

Intérieur de l'ancienne cathédrale

Nous redescendons vers la partie basse du village, faisons une halte dans une pizzeria pour déjeuner et rejoignons notre camping-car. Nous prenons la SS 134 sur quelques km jusqu’au rocher de l’éléphant, célèbre bloc de pierre volcanique qui évoque la forme d’un éléphant, grande attraction touristique.

De là, nous reprenons la route côtière SP 90 vers le nord-est qui serpente le long des flancs montagneux et surplombe la côte.


Bertille sous le rocher de l'éléphant


Rochers à Isola Rossa

Après Badesi, petite cité vinicole fière de sa production, nous prenons la SP 39 qui descend au bord de la mer à Isola Rossa, station balnéaire sans intérêt construite dans un site splendide de rochers de granite rose très découpés.

Nous reprenons la SP 90 vers le nord est où nous avons de très belles vues sur la Corse et les falaises de Bonifaccio.


Vue sur les falaises de Bonifaccio

La route se termine à Santa Teresa Gallura, petite ville chic farouchement hostile aux camping-cars, qui leur interdit tous les accès, y compris à la route qui conduit au Capo Testa et les oblige à stationner loin du centre et de la mer. A éviter absolument, ne mérite ni notre attention ni nos dépenses éventuelles.


Sur la plage de la Lucciola à Valle Erica

Nous prenons la SS 133 vers le sud est sur quelques km, puis prenons à gauche un chemin de terre qui conduit à Valle Erica au bord de la mer. Dans la descente, nous prenons un chemin à gauche qui nous emmène à la plage de la Lucciola ; nous nous installons pour la nuit sur le petit parking de la plage (sans panneau d'interdiction de stationnement nocturne) où nous sommes seuls dès la nuit tombée. Distance parcourue 130 km.

Mardi 8 septembre : après une nuit un peu agitée à cause d’un fort vent qui secouait le camping-car et faisait grincer les rideaux des lanterneaux, nous allons faire quelques photos de la côte sous un autre éclairage.


Le rocher de l'ours

Nous reprenons la SS 133 jusqu’à Palau, grosse station balnéaire embouteillée, où nous prenons la route côtière SP 123 qui nous emmène au Capo d’Orso. Là se trouvent les rochers de la Gallura, un ensemble de blocs de granite rose qui présentent d’étranges formes sculptées par l’érosion depuis une centaine de millions d’années, en particulier celle d’un ours au sommet, ce qui lui a donné son nom. L’entrée pour la visite est payante (2 € par personne plus parking 3 € de l’heure). D’en haut, on a une vue panoramique sur Palau et la côte, et sur les îles de l’archipel de la Maddalena, parc national protégé, mais dont l’île principale est colonisée par la jet-set mondiale.


Vue sur Palau et la côte du haut du rocher


Tombe de géants de Li Lolghi

Nous revenons à Palau où nous prenons la SS 125 vers le sud jusqu’à Arzachena. A partir de la rocade ouest de la ville, nous prenons à droite la SP 115 fléchée en direction des sites préhistoriques voisins de Li Lolghi et Li Muri, que nous allons visiter (11 € par personne pour ces deux sites plus deux autres sites). Li Lolghi est une «tombe de géants», l’une des plus grandes de Sardaigne datant de la première moitié du IIème millénaire avant JC. Li Muri est un ensemble de quatre tombes collectives datant probablement d’environ 3500 avant JC formées de cases rectangulaires entourées de dalles disposées en cercle (le parking de Li Muri, non fermé, peut être un lieu de bivouac nocturne).


Tombe collective ronde de Li Muri

Nous allons ensuite au troisième site, la tombe de géants de Coddu Vecchiu situé un peu plus loin. Comme elle est dotée d’un grand parking, nous en profitons pour déjeuner, puis allons visiter le site.


Tombe de géants de Coddu Vecchiu

Coddu Vecchiu est une autre des plus grandes tombes de géants de Sardaigne avec son grand mégalithe central composé de deux blocs de granite en équilibre l’un sur l’autre ; elle a été largement restaurée, ce qui donne une bonne idée de ce qu’était ce type de monument.

Puis nous roulons quelques centaines de mètres sur une mauvaise piste pour aller voir le quatrième site, La Prisgiona, ensemble assez complexe formé d’un nuraghe à trois tours, dont un donjon, renforcé par trois bastions, avec un village de cabanes rondes autour, le tout datant du XIVème au XIème siècles avant JC.

Nous revenons à Arzachena vers la SS 125 et prenons un peu plus loin la route côtière SP 162 qui va jusqu’à Porto Cervo, au cœur de la Costa Smeralda. Les paysages le long de cette route sont très beaux mais il est impossible de s’arrêter en sécurité pour faire des photos. En arrivant au surplomb de Porto Cervo, ville artificielle développée par l’Aga Khan avec l’aide d’un architecte français pour ses amis milliardaires, on trouve un parking ou on peut s’arrêter pour contempler l’étalage de la richesse arrogante de tas de gens plus ou moins recommandables, dans la marina avec des yachts de très grand luxe, et sur terre avec des villas tout aussi luxueuses. Nous allons faire le tour de la marina : cette ville sans intérêt est aussi peu accueillante pour les camping-cars que Saint Tropez, Cannes ou Menton chez nous, donc à éviter.


La marina de Porto Cervo

Nous continuons le long de la côte par la SP 59, puis la SP 94, où les paysages sont toujours aussi beaux et aussi difficiles à photographier, jusqu’à la SS 125 que nous quittons immédiatement pour prendre la SP 16 vers Golfo Aranci, commençant à nous préoccuper de trouver un bivouac ou un camping pour la nuit. A Golfo Aranci, station un peu moins luxueuse, nous trouvons un terrain vague à côté de l’église moderne où on peut bivouaquer, mais la propreté très douteuse du lieu ne nous incite pas à rester. Nous repartons donc vers le sud par la SP 82 jusqu’à l’entrée d’Olbia ; nous prenons la SS 125 puis la SP 94 vers le nord jusqu’à Cugnana où se trouve le seul camping des environs (28 € la nuit, sans électricité) et où nous nous arrêtons. Distance parcourue 130 km.

Mercredi 9 septembre : après avoir fait un peu de ménage dans le camping-car, changé un fusible qui avait sauté et fait les vidanges et remplissages, nous repartons par la SP 94 puis la SS 125 vers le sud pour Olbia. Nous voulions visiter la seule curiosité de la ville, l’église San Simplicio. Impossible de trouver à garer le camping-car à une distance raisonnable de cette église située en plein centre ville, dans un quartier aux rues étroites sans aucun parking. Finalement, nous stationnons sur le parking du complexe sportif un peu à l’extérieur et commençons le trajet à pied. Manque de chance, l’unique passerelle sur le canal a été enlevée pour travaux, nous obligeant à faire un grand détour. Vu l’heure, retour au camping-car pour déjeuner, puis nous allons au port pour embarquer pour Livourne. Distance parcourue 20 km.


Notre bateau en manœuvre de retournement

Il fait très beau pendant la traversée ce qui nous permet de faire quelques photos en sortant du port d’Olbia.

Le bateau est bondé, heureusement nous avions réservé deux fauteuils quand nous avions pris notre billet. En arrivant à Livourne vers 22h30, nous nous installons pour la nuit sur le même parking qu’à l’aller.


Île de Tavolara et le phare vus du bateau

Jeudi 10 septembre : après une nuit calme, nous reprenons l’autoroute (route européenne E 80) comme à l’aller mais dans l’autre sens. Après un arrêt à la station service de Lançon de Provence (équipée d'une borne de service gratuite pour camping-cars) afin de faire nos vidanges, nous arrivons à Montpellier en fin de journée. Distance parcourue 690 km (et même péage, tarif toujours aussi prohibitif côté français).

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette seconde partie du voyage

Distance totale parcourue 3200 km, consommation de gazole 360 litres pour 410 €, budget total 2200 € pour 18 jours de voyage (ce qui en fait un voyage relativement cher).

Informations générales et documentation

Informations générales :
- contrairement à ce que dit la légende, la Sardaigne est une région pas vraiment accueillante pour les camping-cars : le stationnement nocturne des camping-cars est interdit à peu près partout en zone côtière, seuls de très rares endroits ne semblent pas interdits. La circulation des camping-cars est très réglementée dans toutes les stations balnéaires et à leurs abords ; c'est souvent justifié par l'étroitesse des rues mais pas toujours et les stations chics nous sont franchement hostiles. Il y a beaucoup d'aires d'accueil (stationnement et services) mais ce sont en réalité des campings au rabais pratiquant un tarif élevé (au moins 20 € la nuit si on inclut l'électricité). Par contre, dans l'intérieur de l'île, c'est beaucoup plus libre et les panneaux d'interdiction sont rares
- d'une manière générale, le réseau routier est en bon état, y compris les routes secondaires qui peuvent être étroites. Mais la signalisation est souvent fantaisiste et incertaine
- le dimanche, tout est fermé, y compris la quasi-totalité des stations services, il est donc prudent de prendre ses précautions le samedi. Le lundi tous les musées sont fermés comme à peu près partout en Italie.
- le contact avec la population locale ne pose pas de difficultés ; il est encore plus facile si l'on parle italien ce qui est notre cas, mais les personnes ayant des activités liées au tourisme parlent souvent anglais, et quelquefois même français.

Documentation :
- carte Michelin de la Sardaigne N° 366 (contient de nombreuses erreurs)
- guide Bleu Italie du Sud
- guide Lonely Planet Sardaigne
- carnets de voyage Sardaigne Le Petit Futé
- nombreux documents fournis par les offices de tourisme locaux
- site internet de Moby Lines pour les réservations de ferry
- aires d'accueil pour camping-cars : Camper on line - Sardegna On WebTurismo itinerante (et rechercher sur la région Sardaigne), camping-car.org
- campings et agrotourisme en Sardaigne
- sites Internet d'autres camping-caristes qui ont fait le voyage en Sardaigne : Alain et Hélène, Lionel GirardFrank DichampJean-Christophe MayonnaylCharisma45
- office du tourisme de Sardaigne

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