Nous sommes partis au début de cet été pour un voyage de six semaines en Scandinavie avec notre camping-car jusqu'au Cap Nord, en montant par le Danemark, la Suède et la Finlande, et en redescendant par la Norvège. L'un de nous deux (Jean-Claude) était déjà allé dans ces pays en 1970 et 1971, en camping avec voiture et tente canadienne, mais pas jusqu'au Cap Nord. Pour l'autre (Bertille), c'était une première.

Samedi 31 mai : nous partons de Montpellier sous un ciel gris par l'autoroute A 9 vers le nord ; malgré notre réticence à utiliser l'autoroute, comme nous voulons arriver au bord de la mer Baltique le lendemain soir, nous n'avons pas le choix. Donc A 9 puis A 7 jusqu'à Lyon, A 46 et A 49 pour le contournement est de la ville, ensuite A 40 et A 39 (sous un violent orage) que nous quittons près de Poligny pour prendre la N 83 jusqu'à Besançon afin de faire le plein de gazole en grande surface. Puis nous empruntons l'A 36 jusqu'à la frontière allemande sur le Rhin à Ottmarsheim (péage total 68,80 €). Nous trouvons le beau temps seulement après avoir traversé le Rhin.

En Allemagne, nous prenons l' A 5 (gratuite comme partout dans ce pays) jusqu'à 30 km au nord de Karlsruhe où nous nous arrêtons pour la nuit sur le grand parking de la station service de Bruchsal-Ost. Distance parcourue : 860 km.

Dimanche 1 juin : nuit tranquille malgré un peu de bruit dû à la circulation, grand beau temps le matin. Nous repartons par la même autoroute vers le nord. Nous avons choisi de traverser l'Allemagne un dimanche pour avoir moins de circulation et le trafic y est plutôt faible. Comme il n'y a pas de limitations de vitesse sur les autoroutes (sauf dans certaines zones urbaines ou dans des cas exceptionnels), il faut être extrêmement vigilant pour conduire, en particulier pour effectuer un dépassement, car les nombreuses voitures lancées à plus de 180 km/h arrivent très vite derrière, et nous avons perdu l'habitude de la circulation rapide en France depuis bien longtemps.

Nous contournons Mannheim puis Francfort toujours sur l' A 5, et prenons ensuite l' A 7 vers Kassel, Hanovre et Hambourg, et enfin l' A 1 et la N 207 jusqu'à Puttgarden d'où partent les ferries vers le Danemark. Distance parcourue 740 km. Là, nous cherchons l'aire de stationnement pour camping-cars signalée sur Internet. Nous trouvons dans le village un panneau l'indiquant, et arrivons en fait dans un camping sommaire où nous passons la nuit (14 €)

Lundi 2 juin : il fait grand beau temps ce matin. Nous allons embarquer sur le ferry qui joint l'Allemagne au Danemark (un ferry toutes les demi-heures, 61 € la traversée pour les véhicules de moins de 6 m) sur l'île de Lolland. Au Danemark, nous prenons la E 47 direction Copenhague. Un peu plus loin, nous accédons à l'île de Sjaelland par un magnifique pont au pied duquel se trouve un grand parking qui offre une très belle vue, et qui aurait été un bien meilleur bivouac pour la nuit.

Nos étapes

   1 - Puttgarden    2 - Copenhague    3 - Ödeshoög    4 - Stockholm    5 - Rättvik
   6 - Örnsköldsvik    7 - Gammelstad    8 - Rovaniemi    9 - Kaamanen  10 - Cap Nord
 11 - Olderfjord  12 - Alta  13 - Tretten  14 - Tromso  15 - Heia
 16 - Fiskefjord  17 - Steinland  18 - Gimsoy  19 - Ullsvag  20 - Straumen
 21 - Mosjoen  22 - Jorkstad  23 - Trondheim  24 - Mittet  25 - Valldal
 26 - Geiranger  27 - Lom  28 - Hafslo  29 - Breistein  30 - Trengereid
 31 - Skarde  32 - Notoden  33 - Krokstrand  34 - Varberg  35 - Oldenburg


Pont entre l'île de Lolland et l'île de Sjaelland

Nous continuons notre route jusqu'à Copenhague, où nous nous installons au camping Absalon sur la commune de Rodovre, à 8 km du centre ville (25 € la nuit). Distance parcourue 160 km.

Après avoir pris notre repas de midi dans le camping-car, nous allons en ville avec nos vélos (trajet facile, environ une demi-heure). Nous sommes déjà venus à Copenhague en 2000 avec notre caravane et avons visité la ville en détail à ce moment-là. Nous ne restons qu'une journée et demie cette fois-ci pour revoir cette ville que nous aimons beaucoup.

Hôtel de ville

Sur un canal

Après avoir parqué nos vélos sur la grande place de l'hôtel de ville, nous commençons par aller dans la très célèbre Stroget, l'une des plus anciennes rues "piétonnisées" dans le monde. Comme toujours, cette rue est très animée, avec ses magasins chics et sa foule bigarrée. 

Au bout de cette rue, nous arrivons sur la place Kongen Nytorv d'où nous allons au mondialement célèbre quartier de Nyhavn, l'ancien port de commerce de la Hanse, avec ses bâtiments anciens très colorés et ses nombreux vieux gréements.

Depuis Nyhavn, nous embarquons pour une très intéressante mini-croisière sur les canaux de la ville (5 € par personne), pendant laquelle nous pouvons admirer quantité de bateaux anciens ou récents, ainsi que de nombreux beaux bâtiments et palais, certains datant de l'époque hanséatique de la ville, d'autres tout à fait contemporains.

Après cette promenade, nous rejoignons nos vélos en redescendant Stroget, et rentrons au camping.

Nyhavn

Le nouvel opéra royal

Château de Rosenborg

La petite sirène

Relève de la garde

Mardi 3 juin : grand beau temps mais un peu frais car le vent est assez fort. Nous repartons vers Copenhague avec nos vélos, contre le vent, jusqu'au château de Rosenborg. Nous l'avions visité en 2000, mais sous la pluie. Aujourd'hui, le château en briques rouges construit en 1633 dans le style renaissance hollandaise a belle allure sous le soleil ; dans son parc, les fleurs et en particuliers les massifs de rhododendrons, sont magnifiques.

Nous reprenons nos vélos et allons vers le quartier de Langelinie très proche pour revoir la fameuse petite sirène, symbole de Copenhague et du Danemark. Elle est toujours là, avec comme d'habitude des dizaines d'admirateurs venus de tous pays et bardés d'appareils photos.

A ce moment-là, un splendide vieux gréement à trois-mats sort du port toutes voiles dehors.

Nous traversons l'ancienne citadelle du XVIIIème siècle, toujours utilisée par l'armée, et allons jusqu'au palais d'Amalienborg où réside la reine Marghrete II (couronnée en 1972). Comme elle est actuellement présente dans son palais, il y a chaque jour à 12 h une relève de la garde avec quelques soldats à bonnet à poil sur la grande place octogonale entourée des bâtiments royaux.

Juste à côté du palais, nous passons devant une étrange église ronde du XIXème siècle puis retournons dans Stroget pour déjeuner.

Massifs de rhododendrons

Vieux gréement quittant le port

Église ronde Saint Frédéric

Après le repas, nous allons faire une promenade, toujours à vélo, dans le quartier de Christiania, ensemble de friches industrielles où se sont installées des communautés de hippies il y a plus d'un demi-siècle, et où vivent toujours aujourd'hui comme hors du temps et du monde de nombreux marginaux.


Le long du canal : l'ancienne Bourse hanséatique

Nous revenons vers le centre en suivant les canaux et pouvons admirer de nombreux bâtiments anciens, puis allons visiter la Glyptothèque Carlsberg, où se trouve la plus riche collection d'œuvres impressionnistes et post-impressionnistes françaises hors de France.

Nous revenons ensuite sur la place de l'hôtel de ville où se déroule une manifestation d'enseignants contre des lois votées par la nouvelle majorité de droite qui, comme partout où celle-ci est au pouvoir, s'attaque en priorité à l'Éducation considérée comme l'ennemi à dominer et à abattre.


L'enterrement de l'Éducation Nationale

  Et, après une journée bien remplie, nous rentrons au camping à vélo.

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette première partie du voyage

Mercredi 4 juin : grand beau temps, un peu venteux. Nous commençons notre journée par quelques courses au supermarché Kwikly situé à environ 300 m du camping, où on trouve un choix de produits acceptable, bien plus étendu que ce qu'on peut trouver chez tous les "hard-discounts" du coin, mais plus limité que ce qu'on trouve dans nos hypermarchés pour des prix similaires. 

Ensuite, nous partons par l'autoroute E 20 vers la Suède. Nous franchissons le détroit entre Copenhague et Malmö par le nouveau pont-tunnel de l'Öresund (36 € pour un camping-car de moins de 6 m) magnifique ouvrage d'art impossible à photographier, aucun arrêt n'étant possible sur le trajet.


Cathédrale de Lund

Nous laissons de côté Malmö, troisième ville de Suède et grosse ville industrielle sans intérêt, et allons un peu plus loin, à Lund, la deuxième plus ancienne ville universitaire de Suède après Uppsala

Lund est surtout connue pour sa splendide cathédrale romane dont la construction a été démarrée en 1080 par le roi Canut II et qui a été consacrée en 1145. Elle est construite en grès de couleur grise dans le style anglo-normand et décorée dans le style lombard. A l'intérieur se trouve une horloge astronomique du XIVème siècle de toute beauté toujours en fonction.


Horloge astronomique dans la cathédrale de Lund

Nous repartons par la même autoroute et nous arrêtons un peu plus loin pour déjeuner sur une aire de station service (1,65 € le litre de gazole !) et centre commercial.

Nous continuons jusqu'à Helsingborg, que nous contournons aussi, et prenons l'autoroute E 4 (gratuite) en direction de Stockholm. Nous roulons pendant plusieurs heures au milieu d'une grande forêt de pins, un peu monotone et ennuyeuse au bout d'un moment. 


Granna

Juste avant Gränna, nous quittons l'autoroute pour prendre la route côtière qui suit le bord du lac Vättern. Gränna est un joli petit village très coloré, célèbre pour son "polkagrisar", sucre d'orge rayé à la menthe. Mais comme il est près de 18 h, tous les magasins sont fermés et nous ne pouvons pas en acheter. 

Toujours sur la route côtière, nous nous arrêtons pour la nuit sur un petit parking un peu en retrait d'où l'on a une belle vue sur le lac, un peu avant le village d'Ödeshög à côté d'une station-service. Distance parcourue 400 km.


Lac Vättern vu de notre bivouac


Pierre runique de Rokstena

Jeudi 5 juin : après une nuit tranquille, nous nous levons avec encore un grand beau temps. Nous repartons vers le nord par la route côtière puis prenons une autre petite route qui nous emmène jusqu'au lieu-dit Rokstena, une grande pierre dressée sur laquelle sont gravés des caractères runiques racontant la vie et la mort du fils d'un chef viking vers l'an 900.

Un peu plus loin, nous visitons les ruines du monastère cistercien d'Alvastra, fondé en 1143 par des moines venus de France, en compagnie d'écoliers qui effectuent leur voyage de fin d'année scolaire et grimpent joyeusement un peu partout


Ruines de l'abbatiale du monastère d'Alvastra


Borghamn

Nous rejoignons la route 50 et la prenons vers le nord. Nous nous arrêtons un peu plus loin dans le petit port de Borghamn. Et nous continuons jusqu'à Vadstena, très joli village médiéval en bordure du lac Vättern

C'est le lieu de naissance de Sainte Brigitte, patronne de la Suède, créatrice de l'ordre des Brigittines et fondatrice d'une abbaye sur ses terres familiales, dont l'abbatiale en pierre calcaire bleue commencée en 1360 et consacrée en 1430 est encore utilisée aujourd'hui comme lieu de culte œcuménique. 


Intérieur de l'abbatiale


Façade sud du château

Le roi de Suède Gustave Vasa, premier roi luthérien du pays, s'est fait construire un château de style renaissance dont les douves communiquent avec le lac. Aujourd'hui, elles servent de port de plaisance.

Nous flânons un moment dans les rues du village puis allons prendre notre repas dans notre camping-car. Nous repartons par la route 50, et rejoignons la E 20 par laquelle nous allons à Stockholm, sans nous arrêter car il n'y a rien à voir sur le trajet au milieu de la forêt de pins. Nous nous installons au camping Bredäng au sud-ouest de la ville (29 € la nuit). Distance parcourue 360 km.


Douves du château

Vendredi 6 juin : grand beau temps plutôt chaud et sans vent. C'est aujourd'hui la fête nationale en Suède, mais  le jour n'est pas officiellement chômé, donc tous les magasins sont ouverts. Nous allons visiter Stockholm toute la journée. Comme il n'y a pas de piste cyclable directe pour le centre ville, et que de plus le terrain est très loin d'être plat, nous laissons nos vélos et prenons le métro à la station Bredäng, à environ 500 m du camping. En 20 minutes, nous sommes au centre de Stockholm (carte-pass pour deux personnes 20 € pour deux jours).

Hôtel de ville

Palais Wrangel

Rue et petite place

Façade principale du Palais Royal

La ville est bâtie sur une vingtaine d'îles du lac Mälaren, reliées entre elles par des ponts, qui communique avec la mer Baltique. Nous commençons nos visites par un tour en bateau sur les canaux. Nous avons choisi le "Historic Canal Tour" à 15 € par personne qui part devant l'hôtel de ville (nous aurions dû choisir "Sous les Ponts de Stockholm" plus complet et à peine plus cher qui part de Nybroplan) et qui fait le tour des îles parmi les plus anciennement habitées de la ville, aujourd'hui surtout des quartiers résidentiels. 

Après cette promenade en bateau, nous partons vers la vieille ville, Gamla Stan. Nous traversons d'abord l'île des Chevaliers, avec le Palais Wrangel, ancien palais royal et depuis 1756 siège de la cour d'appel de la province de Stockholm, puis allons sur l'île de Stasholmen où se trouvent le Palais Royal et les rues les plus anciennes de la ville. 

Nous entrons d'abord dans la cathédrale, construite en 1279 et réaménagée à l'intérieur aux XIV et XVème siècles. Nous flânons ensuite un moment dans les rues médiévales tout autour puis allons déjeuner sur Stortorget, la grande place au centre de la vieille ville.

Après le repas, nous continuons notre promenade dans les vieilles rues. Comme c'est la fête nationale, il y a beaucoup de monde dans les rues et des animations un peu partout avec des groupes qui jouent de la musique et des gens habillés à l'ancienne. 

Nous arrivons dans une partie ancienne du port où un splendide vieux voilier de commerce qui faisait autrefois la ligne entre la Suède et la Chine, le Gotheborg, est à quai ; il est ouvert à la visite et envahi par les visiteurs.

Nous allons au Palais Royal, aujourd'hui ouvert partout à la visite, et gratuitement. Nous profitons de cette occasion pour visiter une exposition sur Bernadotte, maréchal de Napoléon et fondateur de la dynastie suédoise actuelle, les appartements royaux et les appartements d'état réservés aux visiteurs étrangers de haut rang. Puis nous allons visiter l'exposition des carrosses royaux dans les sous-sols.

Château royal de Marieberg

Intérieur de la cathédrale

Le Gotheborg vu de la poupe

Carrosse du couronnement des rois de Suède

Comme il se fait tard, nous décidons de rentrer au camping. En arrivant à la station de métro Bredäng, nous allons faire quelques courses au supermarché COOP situé juste à côté : le choix est relativement limité, les prix sont beaucoup plus élevés que chez nous pour les fruits et légumes frais et la viande bovine ; pour le reste, c'est à peu près pareil. 

Samedi 7 juin : il fait toujours aussi beau mais plus frais car il vente un peu. Nous repartons à Stockholm pour la journée avec le métro. 


L'épave du Vasa

Nous commençons nos visites par le musée du Vasa situé sur l'île de Djurgarden. Ce musée est construit autour de l'épave du Vasa, le plus beau et le plus grand navire de la marine du roi Gustave II Adolphe, qui a sombré lors de son voyage inaugural le 16 août 1628, juste après avoir quitté le quai. Il a chaviré puis coulé en quelques minutes : chargé trop haut et pas assez lesté il était donc instable car son centre de gravité était situé au-dessus de son centre de poussée. Son épave a été retrouvée par Anders Franzén en 1956 et renflouée en 1961. Long de 69 m et haut de 53 m, il pouvait transporter 145 hommes d'équipage et 300 soldats.


Détail des sculptures du château arrière

Ancienne ferme de Dalécarlie

Élan

De là, après avoir rapidement déjeuné d'un sandwich, nous sommes allés visiter le musée de plein air de Scansen situé à proximité. Ce musée présente des habitations anciennes (fermes, boutiques, échoppes d'artisans, etc), du XVIème au début du XXème siècles originaires des diverses provinces de Suède, qui ont été transportées puis reconstruites sur la colline de Scansen

ll y a aussi un zoo avec les animaux spécifiques du pays tels que rennes, lynx, loups, gloutons, bisons, élans, chouettes, etc.

Après ces deux visites qui ont bien rempli la journée, nous retournons vers la station de métro en passant par Strandwegen, les quais chics de la ville bordés d'immeubles de grand luxe. De là, nous rentrons au camping

 

Intérieur d'une ferme riche

Strandwegen

Cliquer ici pour voir le diaporama ce cette deuxième partie du voyage

Dimanche 8 juin : il y a eu un gros orage cette nuit mais ce matin le ciel est clair et il fait frais. Nous partons vers le nord par l'autoroute E 4 en direction d'Uppsala. Le contournement de Stockholm se fait facilement, le trafic est très fluide. Pendant le trajet, le temps se gâte et il tombe même quelques gouttes. 

En arrivant à Uppsala où le beau temps est revenu, nous avons quelques difficultés à trouver une place de stationnement, les rares places disponibles sont en fait réservées. Finalement, nous nous garons sur le parking de l'église de la Sainte Trinité où aucune interdiction n'apparaît explicitement. 

Uppsala, ville natale d'Ingmar Bergman, est la plus ancienne ville universitaire de Suède ; c'est aussi la capitale religieuse du pays. C'est dans cette ville que le roi Eric IX, considéré comme un saint par les Suédois, a été assassiné en 1160. Et c'est à l'université d'Uppsala que Carl von Linné, le créateur du système de classification des plantes qui porte son nom, a enseigné à partir de 1741 jusqu'à sa mort en 1778 ; sa résidence est aujourd'hui un musée, contigu à son jardin botanique où poussent plus de 1600 variétés de plantes.


Résidence et jardin de Carl von Linné


Cathédrale

Le parking est situé juste à côté de la cathédrale, la plus grande église gothique de Suède, construite de 1270 à 1435, au départ sous la direction du maître d'œuvre parisien Etienne de Bonneuil. Mais, comme les visites sont interdites pendant la grand messe du dimanche matin, nous ne pouvons pas entrer. Nous nous contentons de l'admirer de l'extérieur.

L'autre monument remarquable de la ville est le château, construit par le roi Gustave Vasa. Il a été profondément remanié en 1757 après un incendie. C'est aujourd'hui le siège du gouvernement de la province d'Uppsala.


Château


Paysage de Dalécarlie

Nous flânons un moment dans les jardins de l'Université ; ensuite, nous repartons par la route 72 puis la 70 en direction du nord-ouest vers la province de Dalécarlie et le lac Slijan. Le trajet se déroule dans un paysage de forêts et de lacs entrecoupés de zones agricoles avec des villages dont les églises, et surtout leurs clochers, ont souvent des formes originales.

Nous arrivons au bord du lac, au village de Leksand, sans grand intérêt et ne justifiant pas un arrêt.


Clocher d'église


Maison rouge à Tallberg

De là, nous prenons la route côtière d'où l'on voit à peine le lac, mais qui traverse de charmants villages aux maisons rouges en bois comme Tallberg puis Rättvik

Nous décidons de nous arrêter à Rättvik pour la nuit, mais l'aire de stationnement près de la gare, recommandée sur Internet, est en fait interdite au stationnement nocturne. Nous continuons sur la route 70 et trouvons un bivouac tranquille et agréable 2 km plus loin, sur une aire de pique-nique dans la forêt à flanc de colline. Distance parcourue 320 km. 


Notre bivouac près de Rättvik


Écuries paroissiales

Lundi 9 juin : ciel un peu couvert, fort vent d'ouest. Nous revenons à Rättvik pour visiter la curiosité locale, l'église située au bord du lac Slijan et surtout les écuries paroissiales qui l'entourent ; ces écuries sont de petites cabanes en bois serrées les unes contre les autres dans lesquelles les paroissiens laissaient leurs voitures à chevaux quand ils venaient à la messe. 

Nous reprenons la route 70 le long du lac Slijan jusqu'à Mora, agréable petite station de vacances animée située à l'extrémité nord-est du lac. Le clocher de l'église, érigé à une vingtaine de mètres, est typique de la région.


Clocher de l'église de Mora


Statue de skieur

Mora est le lieu où se tient chaque année le premier samedi de mars la célèbre compétition de ski de fond, la Vasaloppet, de près de 90 km à laquelle participent plus de 14 000 concurrents. Elle commémore l'évasion du roi Gustave I Vasa en 1519, alors qu'il était retenu en otage par le roi Christian II du Danemark après la prise de Stockholm. Une statue de skieur en bronze marque la ligne d'arrivée. 

Dans le jardin avoisinant est exposée une locomotive à vapeur de type 230 de l'ancienne ligne de chemin de fer.


Locomotive à vapeur

Nous repartons vers le nord par la E 45 puis la route 310 en continuant notre parcours à travers la Dalécarlie. Cette province, réputée l'une des plus belles de Suède, est certes intéressante à visiter mais ne vaut pas le détour d'environ 200 km, contrairement à ce qu'affirme le guide vert Michelin, surtout au prix du gazole aujourd'hui en Suède ! Nous sortons de la Dalécarlie par la route 84 qui nous ramène sur la côte, à Udiksvall. Là, nous retrouvons la E 4 que nous allons maintenant parcourir pendant plusieurs jours vers le nord. 


Pont de la Côte Haute

Nous traversons Sundsvall, ville industrielle spécialisée dans la pâte à papier et la chimie (mais qui sent beaucoup moins mauvais qu'en 1970, progrès technique oblige !) et continuons sur Harnösand. Peu après cette ville, un magnifique pont suspendu de 1800 m de portée et surplombant le fleuve Angerman de 40 m, le Pont de la Côte Haute, a été construit en 4 ans et ouvert en 1997, raccourcissant la distance sur la E 4 de 45 km.

Nous continuons notre route jusqu'à Örnsköldsvik où nous quittons la E 4 pour prendre une petite route allant vers la mer, le long de laquelle nous nous arrêtons pour la nuit dans un coin tranquille. Distance parcourue 420 km.


La côte près d'Örnsköldsvik

Mardi 10 juin : le temps a changé pendant la nuit, il a commencé à pleuvoir vers minuit et ça continue quand nous nous levons ; il fait froid !

Nous revenons vers la E 4 et poursuivons notre route vers le nord sous une forte pluie. Nous nous arrêtons à Umea, grosse ville industrielle pour faire quelques courses alimentaires dans un immense hypermarché COOP qui affiche des prix similaires à ceux que nous connaissons en France. Nouvel arrêt sur une aire de repos pour déjeuner, toujours sous la pluie. Impossible de faire la moindre photo tellement tout est bouché.

En milieu d'après-midi et plus de 300 km plus au nord, la pluie s'arrête, le ciel bleu est de retour mais le froid est toujours là (8° C avec un fort vent d'est). Un peu avant d'arriver à Lulea, la plus grande ville du nord de la Suède, nous nous arrêtons à Gammelstad, le plus grand village paroissial suédois édifié il y a 450 ans et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. 


Maisonnettes et église

Ce village est situé à l'emplacement d'origine de Lulea (la ville a été déplacée vers l'est suite au retrait des eaux de la Baltique provoqué par le relèvement de la Scandinavie débarrassée de l'épaisse couche de glace qui la recouvrait autrefois). Il est formé de maisonnettes qui sont occupées par les paroissiens locaux uniquement lors des festivités religieuses importantes, et cela encore aujourd'hui. L'église, consacrée en 1492, est richement décorée à l'intérieur, en particulier la chaire , œuvre d'un charpentier local, Nils Fluur, et le retable sculpté et doré à Anvers pour une véritable fortune payée rubis sur l'ongle par les villageois.


Chaire de l'église


Vieux bâtiment de ferme en rondins

Après avoir visité le petit musée de plein air attenant, situé près du port d'origine, qui expose d'anciens bâtiments de ferme, et la soirée étant bien avancée, nous décidons de rester pour la nuit sur le parking des visiteurs du village. Quatre autres camping-caristes (dont deux français) ont la même idée que nous et partagent notre bivouac. Distance parcourue 370 km.


Pins coupés en attente de transport

Mercredi 11 juin : il fait beau ce matin mais froid. Nous rejoignons la E 4 et continuons notre route vers le nord au milieu de la forêt de pins.


Église de Kalix

Au bout d'une cinquantaine de km, nous nous arrêtons à Kalix, petite ville sur la rivière Kalixälven dont l'église a un clocher original. Nous continuons jusqu'à Haparanda, ville frontière avec la Finlande, où nous traversons la rivière Torniojoki qui marque la frontière. Là nous prenons la E 8 sur une quinzaine de km vers le nord, jusqu'aux impressionnants rapides de Kukkola où la rivière dévale une hauteur de 14 m sur 3,5 km.


Rapides de Kukkola

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette troisième partie du voyage

Nous prenons ensuite la route 927 puis la E 75 vers le nord, jusqu'à Rovaniemi, capitale de la Laponie finlandaise, à quelques km au sud du cercle polaire.


Verrière du Musée de l'Arctique

Nous visitons d'abord le très intéressant Musée de l'Arctique installé dans un splendide bâtiment moderne (10 € par personne) ; il présente des collections sur la vie et la culture des Lapons ainsi que sur l'adaptation des peuples aux grands froids.

Nous faisons ensuite quelques courses dans le centre commercial K-Citymarket (choix et prix similaires aux français) puis allons jusqu'au Village du Père Noël situé juste sur le cercle polaire (Rovaniemi a réussi une remarquable OPA commerciale sur le Père Noël qui fait aujourd'hui sa célébrité dans le monde entier !)


Au cercle polaire arctique

Après avoir visité quelques unes des très nombreuses boutiques de souvenirs et fait quelques achats, nous prenons nos quartiers de nuit sur l'immense parking de ce centre commercial, où une dizaine d'autres camping-cars de nationalités diverses s'installent progressivement pour bivouaquer. Distance parcourue 280 km.

Jeudi 12 juin : le ciel est complètement couvert ce matin et il fait froid (5 ° C). Après avoir fait le plein en face (1,46 € le litre de gazole), nous reprenons la E 75 vers le nord, dans un paysage de taïga, forêt dense de bouleaux et de conifères, entrecoupée de zones de prairie avec quelques villages agricoles (élevage bovin et exploitation forestière). Au bout de quelques km, la pluie se met à tomber ; elle ne nous lâchera plus de la journée.


Église en bois

Nous roulons jusqu'à Sodankylä, gros village intéressant par sa vieille église au milieu du cimetière. Cet extraordinaire monument en bois brut construit en 1689, au toit de tuiles en bois goudronné et mâts sculptés, est l'un des rares de Laponie que les nazis n'aient pas détruit pendant la deuxième guerre mondiale. L'intérieur sombre et bas de plafond, est décoré simplement d'une Cène peinte au début du XVIIIème siècle. 

Pour la première fois, nous voyons des tas de neige, dans le parc de la nouvelle église en face du cimetière !


Cène peinte sur panneau de bois


Paysage lacustre

Nous reprenons notre route vers le nord, toujours dans la taïga ; les habitations se font de plus en plus rares. Nous nous arrêtons sur un parking au bord d'un lac pour déjeuner. 

Un peu plus loin, nous rencontrons nos premiers rennes paissant paisiblement dans le sous-bois. Notre arrêt pour les prendre en photos en trouble quelques uns qui s'éloignent, mais deux d'entre eux, moins peureux sans doute, se laissent tirer le portrait avant de s'éloigner à leur tour.


Rennes


Maison same

Nous continuons vers le nord jusqu'à Ivalo, gros bourg situé au bord du lac Inari, le plus grand lac de Finlande

Nous longeons ce lac pendant une vingtaine de km et arrivons à Inari, autre gros village au bord du lac, où se trouve un très intéressant musée présentant la vie et la culture des Same (le nom que se donnent les Lapons). A l'extérieur, un village same a été reconstitué à partir d'éléments venant de villages alentour qui n'ont pas été détruits par les nazis et qui étaient encore utilisés après la guerre. 


Intérieur d'une maison same

Après notre visite, toujours sous la pluie, nous continuons vers le nord jusqu'à proximité de Kaamanen, village situé 30 km plus loin, où nous nous arrêtons sur un parking au bord d'un lac pour passer la nuit. Distance parcourue 340 km.

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette quatrième partie du voyage


Paysage de la Laponie finlandaise

Vendredi 13 juin : il a plu une bonne partie de la nuit, mais au matin la pluie a cessé ; malgré cela, il fait froid. Nous reprenons la E 75 sur quelques km puis empruntons la route 92 vers l'ouest, toujours dans un paysage de forêt et de lacs où vivent seulement des rennes, en remontant la rivière Kaamasjoki. A Karigasniemi, nous atteignons la frontière avec la Norvège matérialisée par la rivière Teno. Toujours sur la route 92, en voyant au loin des montagnes en neigées, nous remontons la Karasjakka jusqu'à Karasjok, capitale de du pays Same pour l'ensemble de la Scandinavie.


Haute vallée de la Karasjakka


Petite église en bois

Karasjok, petite ville de 2900 habitants peuplée à plus de 90 % de Sames a été complètement détruite en 1945 à l'exception d'un petite église en bois datant de 1807, la plus ancienne de la Laponie norvégienne. Karasjok abrite aujourd'hui le parlement same, un magnifique bâtiment moderne construit en bois et verre, dont l'auditorium rappelle la forme des huttes sames.


Parlement same


Montagnes enneigées

Nous prenons maintenant la E 6 vers le nord. Un peu plus loin, nous nous arrêtons sur un petit parking au bord d'un lac pour déjeuner. Puis nous continuons notre route, le long de laquelle la végétation se fait rare et qui monte jusqu'à un col situé à environ 300 m entre deux montagnes enneigées de plus de 1000 m d'altitude, et nous redescendons jusqu'à Lakselv, petite ville située au fond du Porsangenfjord


Porsangenfjord


Rennes paissant le long de Porsangenfjord

Toujours plus vers le nord, nous arrivons à Russenes où nous prenons la E 69 pour notre dernière longueur vers le Cap Nord. Nous suivons la côte du fjord, laissant à notre gauche des étendues de plus en plus désolées où ne pousse qu'une végétation rase d'arbustes et de lichens et où paissent de nombreux rennes. 

Un peu plus loin, c'est Solberg, un village de pêcheurs avec ses séchoirs pleins de poissons en cours de séchage.


Séchoirs à poissons

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette cinquième partie du voyage

Paysage de Mageroy

La falaise du Cap Nord

Finalement, nous franchissons le tunnel qui sépare l'île de Mageroy, où se trouve le Cap Nord, du continent. A la sortie nous rencontrons un péage où on nous réclame 192 Kr (24 €) pour deux personnes et un camping-car de moins de 6 m de long. 

Sur l'île, la route monte et descend des côtes très raides dans un paysage splendide de montagnes enneigées et de baies profondes et étroites.

Et nous arrivons au Cap Nord sous un ciel très couvert et un froid vif. De très nombreux autres camping-cars sont déjà alignés sur l'immense parking où nous nous installons (200 Kr d'entrée, soit 25 € par personne, valable 48 heures, avec possibilité de partir et revenir). Là, un "visitor center" avec boutiques et restaurant attend les touristes. Tard dans la soirée, une vingtaine de cars amènent leur cargaison de touristes pour admirer le soleil de minuit qui est en fait invisible à cause des nuages, mais lance quand même des traînées lumineuses sur la mer.

Paysage de Mageroy

Nous devant le monument du Cap Nord


Camping-cars alignés pour la nuit sur le parking du Cap Nord

Après avoir nous aussi vainement attendu le soleil de minuit, nous nous installons dans notre camping-car pour la nuit. Distance parcourue 370 km, distance totale depuis notre départ de Montpellier 4720 km.

Samedi 14 juin : temps couvert, grand froid et vent violent sont les conditions météo que nous constatons à notre réveil. Nous retournons au "visitor center" pour poster quelques cartes postales et jeter un coup d'œil aux diverses expositions sur le Cap Nord. Puis nous repartons pour compléter notre visite de l'île de Mageroy.


Le fjord et le village de Skarsvag

Nous partons d'abord vers le petit port de pêche de Skarsvag à une douzaine de km du Cap Nord ; situé au fond d'un fjord, il est réputé être le village de pêcheurs le plus septentrional au monde. Dans le village, des rennes broutent tranquillement devant les maisons sans se préoccuper des humains qui les habitent ! 

Nous revenons sur nos pas pour rejoindre la E 69. Arrêt dans une aire de pique-nique en plein vent mais avec une belle vue malgré le ciel très couvert pour déjeuner.


Rennes broutant devant une maison


Port de pêche de Gjesvaer

Après le repas, nous allons vers l'autre village de pêcheurs de l'île, Gjesvaer, situé à environ 30 km au fond d'un autre fjord. Pendant le trajet dans des paysages sauvages d'une grande beauté où paissent quantité de rennes, le ciel a quelques velléités d'amélioration et il y a même un peu de soleil quand nous arrivons. 

Nous faisons une petite promenade dans le village, où nous rencontrons deux pêcheurs qui traitent leurs prises au retour de la pêche.


Pêcheurs découpant des filets de cabillaud

Le ciel ne s'éclaircissant pas, nous jugeons inutile de retourner au Cap Nord pour essayer de voir le soleil de minuit et décidons de repartir. Après avoir fait un plein de gazole à 1,85 € le litre (plus cher qu'un bon petit vin de pays du Languedoc !) à Honningsvag, la "grande" ville de l'île, nous prenons la E 69 vers le sud jusqu'à Olderfjord où nous retrouvons la E 6. Quelques km plus loin, nous nous arrêtons sur un parking au bord d'une jolie petite rivière pour passer la nuit. Distance parcourue 180 km.

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette sixième partie du voyage


Rapides de la Repparfjordelva

Dimanche 15 juin : ciel toujours couvert, temps frais. Nous reprenons la E 6 direction sud, remontant la vallée de la Repparfjordelva et traversant des paysages de lande et de montagne enneigées, avec des lacs encore partiellement gelés. La rivière descend en formant des rapides et des chutes bouillonnantes. Nous franchissons une sorte de col très aplati et descendons une autre rivière, franchissons un autre col puis descendons sur la ville d'Alta, capitale de la Laponie norvégienne, située au fond d'un fjord


Lac partiellement gelé


L'Altaelva à la sortie de son canyon

Nous prenons la route 93 en direction de Kotokeino, puis une petite route pour le lieu-dit Gargia à 30 km d'Alta d'où l'on peut aller à pied jusqu'au canyon de l'Altaelva. Nous commençons à grimper sur la plateau, le froid devient plus vif et la végétation plus rase au fur et à mesure que nous montons. Finalement, au bout d'environ 4,5 km, nous sommes bloqués par des congères de neige qui barrent le chemin, et comme nous ne sommes pas équipés pour marcher dans la neige, nous rebroussons chemin sans avoir vu le canyon. 


Chemin recouvert par une congère de neige

Nous retournons à Alta et allons nous installer au camping Alta Strand (25 € la nuit avec la Carte de Camping International) où nous en profitons pour faire un peu d'entretien et de nettoyage. Distance parcourue 150 km.

Lundi 16 juin : il fait grand beau temps ce matin mais un peu frais. Nous allons faire quelques courses alimentaires au supermarché COOP de la ville. Les prix sont dans l'ensemble beaucoup plus élevés que chez nous, en particulier les légumes frais et les fruits, quasi inabordables, mais plutôt moins élevés qu'en Écosse l'an dernier ; par contre, le choix est bien plus limité.


Humains sur un bateau

Après avoir fait nos achats, nous allons visiter le musée d'Alta (10 € par personne, tarif senior) qui présente l'historique de la région depuis le paléolithique jusqu'à nos jours. Mais ce qui est surtout très intéressant, c'est le circuit extérieur parmi les rochers décorés d'une multitude de gravures rupestres datant en majorité de la période allant de 6500 à 5200 avant JC. Ces gravures, rituelles selon les archéologues, représentent majoritairement des animaux (rennes, élans, ours et poissons), des bateaux et des humains. Peintes pour être rendues plus visibles, elles sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.


Femelles gravides de renne


Fond de l'Altafjorden à Alta

Après la visite du musée, nous reprenons vers le sud la E 6 qui suit la rive ouest de l'Altafjorden. Un peu plus loin, nous nous arrêtons pour déjeuner sur un parking. 

Après le repas, nous continuons notre route, longeant le fjord jusqu'à l'extrémité nord de la presqu'île, d'où l'on voit les îles Stjernoya et Seiland couvertes de neige.


Vue sur l'île de Seiland depuis l'embarcadère des navettes


Langfjorden

Nous remontons ensuite le Langfjorden sur toute sa longueur, fjord beaucoup plus étroit avec des montagnes le surplombant à plus de 1000 m. Après avoir passé un col, nous redescendons sur le fjord de Sorstraumen, que nous contournons jusqu'au fond par l'ancienne route, sans prendre le nouveau pont. 

Nous passons le col de Sameleir à 402 m au milieu d'une végétation rabougrie comme au Cap Nord d'où l'on a une vue splendide sur le fjord de Kvaenangen malgré un ciel plutôt chargé.


Vue sur le fjord de Kvaenangen depuis le col

Nous redescendons vers le Straumfjorden ; nous nous arrêtons pour la nuit sur une aire de pique-nique, au bord d'une petite rivière passant à côté du village de Tretten et arrivant dans la mer au fond du Straumfjorden. Distance parcourue 210 km. Une famille de caravaniers hollandais est venue nous rejoindre peu après.

Mardi 17 juin : nuit calme et tranquille ; au matin, le ciel est couvert avec quelques zones plus claires et il fait froid. 


Reisafjorden

Nous continuons notre route sur la E 6, passons un col à basse altitude et arrivons à Storslett, petit village de pêcheurs au fond du Reisafjorden. Nous longeons ce fjord pendant quelques km avant de nous enfoncer dans l'intérieur pour franchir un autre col à basse altitude et redescendre sur le Lyngen, fjord très profond que nous allons côtoyer pendant plus de 100 km, d'abord le long d'un bras secondaire séparant l'île d'Uloya (dont les sommets sont cachés par les nuages) du continent, puis le long du fjord principal.


Vue sur l'île d'Uloya


Le fjord de Lyngen vu de notre lieu de pique-nique

Nous nous arrêtons pour déjeuner juste à l'endroit où le bras secondaire fusionne avec le bras principal. Le ciel est à nouveau dégagé maintenant.

Pendant notre repas, nous avons la compagnie d'un huitrier-pie, oiseau marin mangeur de coquillages particulièrement bruyant avec son sifflement aigu, très fréquent sous ces latitudes


Huitrier-pie


Vue sur le village de Kvalvik sur le Lyngen

Après le repas, nous continuons à rouler le long de la côte de Lyngen, faisons le tour complet d'un fjord secondaire qui s'enfonce de près de 20 km sur le côté et poursuivons jusqu'au fond du fjord à Oteren, petit village de pêcheurs.


Cabanes de pêcheurs à Oteren


Balsfjorden

Nous franchissons à nouveau un col pour arriver au fond du Balsfjorden, à Nordkjosbotn, où nous prenons la E 8 qui le suit pendant une vingtaine de km, s'en éloigne pour "prendre un raccourci" par l'intérieur des terres et rejoint un branche secondaire jusqu'à Sandvik où nous retrouvons le fjord principal. De là, nous arrivons à Tromsø, la plus grande ville du nord de la Norvège. La première chose que nous voyons est son splendide pont sur un bras du Balsfjorden, qui joint au continent l'île sur laquelle la ville de Tromsø est construite.


Pont de Tromso


Cathédrale arctique

Avant de franchir le pont et d'entrer dans la ville, nous nous arrêtons pour visiter la cathédrale arctique, très beau bâtiment moderne de béton et de verre (entrée 3 € par personne). Le monument est splendide, mais les nombreuses fissures traversantes dans sa structure de béton lui laissent augurer une courte durée de vie.

Ensuite, nous partons à la recherche de l'unique station-service de Tromsø qui fournit aussi du GPL. Nous la trouvons et faisons remplir la bouteille de gaz fixe de notre camping-car.


Dans le port de Tromso

Nous terminons la journée par une promenade dans les rues de Tromsø, où étant donné l'heure tardive pour les Norvégiens (17h05), tout est fermé. 

Nous reprenons notre camping-car pour chercher un bivouac pour la nuit, ne souhaitant pas dormir sur un parking de la ville. Nous le trouvons à quelques km, sur l'île de Kvaloya juste en face le long de la route 863, au bord du fjord d'où nous avons une bien belle vue. Distance parcourue 250 km.


L'express côtier dans le fjord vu de notre bivouac

Mercredi 18 juin : la pluie a commencé à tomber au milieu de la nuit, pour durer jusqu'au début de l'après-midi ; il fait froid. Nous revenons vers le centre de Tromsø à travers un dédale de tunnels et de ronds-points souterrains et venons stationner notre véhicule près du pont (2 € de l'heure), à deux pas du centre ville. 

Nous commençons par visiter le Polarmuseet (5 € par personne, tarif senior) qui présente la chasse en Arctique (renard, phoque, ours, baleine, renne, morse, oiseaux divers) et surtout une exposition particulièrement intéressante sur les expéditions du grand explorateur norvégien Roald Amundsen, la plupart lancées au départ de Tromsø, disparu le 18 juin 1928, soit 80 ans aujourd'hui. 


La Sparbank

Ensuite, nous allons changer des euros en couronnes norvégiennes, opération complexe et chronophage, à la Sparbank, située dans un splendide bâtiment du XIXème siècle que nous avions photographié hier, avec le soleil !

Nous retournons à notre camping-car en suivant les quais du vieux port, très coloré mais un peu triste sous la pluie.


Le vieux port


Pont vers l'île de Sommaroy

Nous prenons la route 862 qui fait le tour de l'île voisine de Kvaloya. Arrêt pour déjeuner au bord du Kalfjord, la pluie s'est arrêtée et le ciel commence à se dégager lentement. Après avoir franchi un petit col, nous redescendons sur le village de Sandneshamn, situé au fond d'un autre fjord. De là, on a une belle vue sur l'île de Sommaroy et le pont qui y conduit. Nous arrivons sur l'île où se trouve un très joli petit village de pêcheurs, et d'où l'on a des vues magnifiques sur les îles voisines et le continent (il y a une aire de stationnement et de services pour camping-cars, bien signalée, à Sommaroy).


Village de pêcheurs

Nous repartons par la route 862 en longeant le Rystraumen, détroit qui sépare l'île de Kvaloya du continent jusqu'à Larseng où nous prenons le ferry (12 €) pour Vikran, suivons le Balsfjorden et passons ensuite un petit col pour arriver le long du Nordfjorden. Nous continuons sur cette route jusqu'à ce que nous traversions la E 6 pour prendre la 857 et nous arrêtons un peu plus loin, juste après Heia, en un endroit tranquille dans la forêt, avec un sol suffisamment dur pour le camping-car, pour passer la nuit. Distance parcourue 190 km.


Chutes de la Malselva

Jeudi 19 juin : il a plu toute la nuit et il pleut encore ce matin. Nous reprenons la route 857 puis la 87 et arrivons aux chutes de la Malselva au bout d'un vingtaine de km. Il pleut sans discontinuer mais, malgré la pluie, le spectacle de la rivière dévalant une hauteur d'une cinquantaine de mètres sur environ 600 m est impressionnant. Le long des chutes, une échelle à saumons a été aménagée car la violence des eaux est telle qu'un saumon a peu de chance de pouvoir aller contre, mais comme nous sommes un peu tôt en saison, nous ne voyons aucun poisson la remonter.


Chutes de la Malselva


Gratangenfjord

Nous continuons par une petite route jusqu'au village suivant (Andselv selon notre carte, Bardufoss dans la réalité) où nous faisons quelques courses alimentaires au supermarché COOP, et reprenons la E 6 vers le sud. Arrêt au bord d'un lac pour déjeuner, toujours sous la pluie, et poursuite de la route. Une bonne heure plus tard, après que nous ayons franchi un col à 428 m, le ciel commence à se dégager, et nous avons une belle vue sur le Gratangenfjord. Nous redescendons jusqu'à Bjerkvik, au fond du Herjangsfjord, où nous prenons la E 10 vers l'ouest. 


Herjangsfjord


Vue sur Hinnoya depuis le continent

Ce fjord rejoint l'Ofotfjord (le fjord de Narvik), et nous le longeons, toujours sur la E 10, puis nous éloignons pour traverser le pont sur le Tjelsundet, le détroit qui sépare du continent l'île d'Hinnoya, la plus grande des îles Vesteralen. Nous roulons encore une trentaine de km jusqu'au village de Fiskefjord, au fond d'une profonde baie sur le détroit, où nous trouvons un endroit sympathique pour passer la nuit, au pied de la montagne et à côté de la rivière. Distance parcourue 240 km.


Pont sur le Tjelsundet

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette septième partie du voyage


Vue sur le Tjelsundet depuis Lödingen

Vendredi 20 juin : temps mitigé, température agréable ce matin, peu de vent. Nous continuons notre route par la E 10 puis la 85 jusqu'à Lödingen, joli petit port de pêche et de plaisance (il y a une grande aire de stationnement pour camping-cars, avec une borne de services, dans le port de plaisance, au pied du phare), d'où l'on a une belle vue sur le Tjeldsundet


Le port de plaisance de Lödingen


Gullesfjord

Nous revenons sur nos pas vers la E 10 qui monte un petit col (avec une côte à 11 %) et redescend vers le Gullesfjorden, fjord très long et étroit que nous longeons pendant un vingtaine de km, avant d'entrer à à nouveau à l'intérieur de l'île pour aller vers le pont qui nous emmène sur l'île de Langoya, une autre île des Vesteralen

Là, nous prenons la route 820 puis la 821 vers le nord de l'île. Nous nous arrêtons pour déjeuner au bord du Steilandfjord, sur une aire de pique-nique qui offre une très belle vue sur le fjord. 


Steinlandfjord


Le port de Myre

Après le repas, nous continuons sur la même route, faisons un arrêt à Myre, port de pêche moderne et très actif, puis allons jusqu'à l'extrême nord de l'île, au petit port de Stö. Nous avions l'idée de passer la nuit à cet endroit afin de voir le soleil de minuit, que nous avions manqué au Cap Nord. Mais pas de chance, le ciel se couvrait déjà depuis un bon moment, et la pluie s'est mise à tomber. Espérant que le temps s'arrangerait, nous avons quand même entrepris le long de la côte une promenade de plus de 4 h, un peu acrobatique (Bertille y a fait une chute qui a réveillé une vieille entorse à la cheville). 


La côte à Stö

Mais il n'y a eu aucune amélioration, au contraire la pluie s'est intensifiée, donc nous n'avions aucun espoir de voir le soleil de minuit. Les possibilités de bivouac à Stö se limitant à un camping sommaire mais payant, nous avons repris notre route en sens inverse, sous la pluie, pour revenir à Steinland, à l'endroit où nous avions déjeuné, et nous installer pour la nuit, toujours sous la pluie. Distance parcourue 150 km.

Samedi 21 juin : la pluie a cessé pendant la nuit et le ciel est partiellement clair ce matin ; la nuit a été calme, perturbée à plusieurs reprises par la circulation sur la route, assez proche. Nous repartons par la 821 puis la 820, direction Sortland, la "grande ville" de l'île. L'office du tourisme, où nous voulions réserver un passage sur le ferry Moskenes - Bodo n'ouvre que le 23 juin, donc pas de réservation possible.


Sortlandsundet à Grytting

Nous reprenons la E 10 vers le sud en direction des îles Lofoten, en longeant le Sortlandsundet qui sépare Langoya d'Hinnoya Le ciel se couvre de plus en plus pendant ce trajet. 

Nous franchissons le détroit par un pont qui nous emmène sur l'île d'Hadseloya, la plus au sud des Vesteralen, à Stokmarknes, lieu de naissance du célèbre express côtier norvégien Hurtigruten (hurtig ruten = routes côtières). Nous ne visitons pas le musée Hurtigruten, construit dans l'un des tout premiers bateaux de la ligne, pour cause de cheville blessée.


Musée Hurtigruten


Extérieur de l'église de Hadsel

Quelques km plus loin, nous nous arrêtons pour admirer l'église d'Hadsel de forme octogonale et en bois. Édifiée en 1824 sur un site habité depuis la préhistoire, elle a succédé à des monuments médiévaux aujourd'hui disparus, mais son retable date de 1520 et son lustre du XIIème siècle.

Comme un mariage venait juste d'y être célébré, elle était encore ouverte.


Retable polychrome


Le port d'Henningsvaer

Nous continuons notre route, toujours sur la E 10 jusqu'à Melbu, où nous prenons le ferry pour Fiskebol (15 €), sur l'île d'Austvagoy, la première des Lofoten, de l'autre côté du Hadselfjorden ; le ciel se couvre à nouveau. La première ville rencontrée, Svolvaer, capitale des Lofoten, ne présente aucun intérêt et nous poursuivons notre route sans nous arrêter. 

Nous prenons la 816 et allons jusqu'à Henningsvaer, très joli village de pêcheurs qui perd son authenticité à cause de son invasion par les touristes. 


Poissons en cours de séchage à Henningsvaer


Gimsoy Kirke

Comme il se fait tard, nous décidons de chercher un bivouac, exposé nord-ouest car il fait encore beau dans cette direction, et c'est par là que l'on peut espérer voir le soleil de minuit. Nous nous installons devant une petite église en bois, au bord d'une plage, à Gimsoy Kirke, loin de tout dans un endroit perdu. Mais les nuages arrivent, de plus en plus nombreux et de plus en plus épais, nous ne verrons pas le soleil de minuit ce soir non plus. Pas de chance ! Distance parcourue 170 km.


Vue depuis notre bivouac avant l'arrivée des nuages


L'église de Valberg

Dimanche 22 juin : ciel très couvert, plafond nuageux bas. Après une nuit particulièrement calme, nous reprenons notre toute petite route qui bientôt n'est plus goudronnée en continuant la boucle sur l'île de Gimsoya jusqu'à ce que nous rejoignions la E 10. Juste après le pont qui nous amène sur l'île de Vestvagoy, à Smorten, nous prenons la route côtière 815. Nous traversons Valberg, petit village à la jolie église en bois peint en jaune, et suivons la côte jusqu'à Stramsund, village de pêcheurs.


Le port de Stramsund


Église de Napp et son clocher à bulbe

Nous arrivons à Leknes, port en eau profonde où font escale les grands bateaux de croisière pour la visite des Lofoten, où nous rejoignons la E 10. Par un tunnel sous le détroit, nous atteignons l'île de Flagstadoya et le village de Napp, avec son église à clocher à bulbe, la seule de ce style que nous ayons vue en Scandinavie jusqu'à maintenant.

Puis voici le sympathique petit port de Hamnoy, sur la petit île d'Hamnoya, qui en plus de sa beauté, offre une borne de services gratuite pour camping-cars.


Port de pêche d'Hamnoy

Nous franchissons deux ponts successifs sur un détroit et nous voici dans Moskenesoya, la dernière et la plus jolie des îles Lofoten pouvant être atteinte par la route. Reine, charmant petit port de pêche, est en train de devenir un centre touristique majeur de l'archipel. 

Nous souhaitions ensuite prendre le ferry de 14 heures de Moskenes à Bodo. Mais, comme deux rotations sur six dans la journée avaient été annulées, et que le ferry est tout petit, il y avait largement de quoi remplir deux bateaux dans la file d'attente. Sans surprise, après que nous ayons pris notre repas dans le camping-car en attendant un hypothétique départ, nous avons vu la barrière se fermer et le ferry partir sans nous. L'employé de Hurtigruten en charge nous ayant confirmé l'annulation de la rotation suivante et l'impossibilité de nous garantir une place sur celle d'après (21h30), nous sommes repartis pour tenter notre chance ailleurs.


Reine


Maison de pêcheur et morue séchée à A

Avant de revenir sur nos pas, nous sommes allés au village de A, extrémité de la route. Nous avons ensuite repris la E 10 en sens inverse jusqu'à Fiskebol où nous avons pris la nouvelle E 10, route ouverte en 2007 qui traverse l'île d'Hinnoya dans des paysages grandioses mais quasiment sans possibilité de s'arrêter pour prendre des photos (de toutes façons, comme le ciel était noir, ça n'aurait rien donné !). A Lödingen, nous avons pris un ferry pour Bognes sur le continent (27 €). Après une vingtaine de km sur la E 6 vers le sud, nous nous sommes arrêtés pour la nuit à Ullsvag. Distance parcourue 400 km (trop à notre goût !). Et il fait très beau maintenant.


Vue du ferry

Cliquer ici pour voir le diaporama de cette huitième partie du voyage

 

LIRE LA SUITE DU VOYAGE

 

hit counter