Mardi 11 octobre : de bon matin, nous allons à l'aéroport de Montpellier pour y prendre un avion d'Air France en direction de Roissy, d'où nous devons ensuite nous envoler vers l'Extrême-orient


Notre avion avant le départ de Roissy

Nous partons avec 1h30 de retard, à cause d'un mouvement de grève. 

Arrivés à Roissy, nous faisons connaissance avec nos futurs compagnons de voyage (huit personnes) et rejoignons notre avion de la compagnie Cathay Pacific qui va nous emmener à Hongkong à 9600 km de Paris, avec 1h de retard pour la même raison, après 11h de vol. L'avion est bondé et le trajet est assez fatiguant. 

Mercredi 12 octobre : il a fait froid pendant la nuit à cause de la climatisation exagérément forte, ce qui a occasionné un rhume pour Jean-Claude (ça commence bien !). Nous avons survolé l'Europe du nord, la Russie, le Kazakhstan puis la Chine et sommes arrivés à l'heure à Hongkong sous une pluie battante, l'avion ayant rattrapé son retard. Là, nous avons une correspondance pour Hanoi que nous atteignons au bout d'une heure et demie de vol, en fin de matinée (décalage horaire avec la France : + 5 heures) ; il fait gris, chaud et très humide quand nous arrivons. 


Pagode Tran Quoc

Un minibus et un guide local nous attendent pour nous conduire à notre hôtel en plein centre ville, puis au restaurant pour le déjeuner. Après le repas, nous commençons nos visites de la ville, capitale du Vietnam unifié depuis 1975. 

En premier, la pagode de la Défense Nationale, en vietnamien Tran Quoc, située sur un îlot au bout d'une digue dans le lac ouest. Construite en 514 au bord du Fleuve Rouge, elle serait une des plus anciennes pagodes du Vietnam. Elle a été transportée sur le site actuel au XVIIème siècle ; elle contient plusieurs statues de Bouddha et de personnages mythiques taoïstes.

Actuellement, elle est encore habitée par une vingtaine de moines ; d'importants travaux de restauration sont en cours. Un gros banian, l'arbre de l'éveil chez les bouddhistes, pousse dans la cour.


Statues à l'intérieur de la pagode

Nos étapes

1 - Hanoi 2 - Along 3 - Hoian 4 - Hué 5 - Saigon
6 - Canthô 7 - Chaudoc 8 - Phnompenh 9 - Siem Reap

Mausolée de Ho Chi Minh

Théâtre municipal

Nous repartons avec notre minibus vers le mausolée de Ho Chi Minh, lourd monument de style stalinien rappelant le mausolée de Lénine à Moscou, dans lequel repose le corps embaumé de l'ancien président du pays réunifié. Il est gardé par des soldats en tenue d'apparat.

A proximité immédiate, nous allons visiter la Pagode à pilier unique ; construite vers 1049, cette pagode en bois est posée sur un pilier en béton depuis 1955, au milieu d'un petit bassin. Détruite pendant la guerre d'Indochine, elle a été reconstruite à l'identique et abrite la statue de la déesse de la Miséricorde.

Nous repartons vers le Théâtre municipal ; construit en 1914 sur le modèle de l'Opéra de Paris, il repose sur 35000 pieux de bois enfoncés dans le sol marécageux. 

Puis nous rentrons à l'hôtel par des trottoirs transformés en parkings à scooters, le principal moyen de transport motorisé du pays.

Pagode à pilier unique

Parking à scooters

Peau de tambour Dong Son

Temple de la Littérature

Jeudi 13 octobre : nous continuons nos visites de Hanoi par le musée des Beaux-arts situé dans l'ancien internat Jeanne d'Arc. Il présente des oeuvres d'art anciennes comme des tambours Dong Son et des statues Champa. On y trouve aussi des statues bouddhiques plus récentes et des peintures contemporaines d'artistes locaux.

Juste en face du musée, nous allons visiter maintenant le temple de la Littérature. Datant de 1070, sous la dynastie Li, ce temple dédié à Confucius est considéré comme la première université du pays. Le jardin est divisé en cinq cours séparées par des portes ; la troisième cour est bordée par des bâtiments qui abritent des stèles du XVème siècle posées sur des tortues, listant les lauréats aux concours de recrutement des mandarins. Dans la quatrième se dresse le temple principal qui abrite des statues dont celle de Confucius en bois laqué. Et dans le bâtiment suivant, les trois rois de la dynastie Li ont chacun leur statue.

Statue de la déesse de la Miséricorde

Statue de Confucius dans le temple de la Littérature

Après la visite, nous allons déjeuner à l'école hôtelière où des étudiants très stylés nous servent un agréable repas dans les règles de l'art. Après le repas pendant lequel la pluie s'est mise à tomber, nous allons visiter le musée ethnographique.

Transport cycliste de nasses à poisson

Costumes traditionnels viêt

Ce musée, inauguré en 1997 lors du sommet de la francophonie, présente à l'intérieur du bâtiment principal de nombreuses collections d'objets anciens et de scènes de vie courante reconstituées de diverses ethnies, majoritaire comme l'ethnie Viêt, et minoritaires comme les Mon-khmer, Thaï, Hmong, Yao, etc. 

Et à l'extérieur dans les jardins sont exposées des maisons traditionnelles en bois des ethnies Bahnar, Jörai, Edê, etc... qui ont été transportées et remontées par des artisans de leur région d'origine. 

Nos visites terminées, notre minibus nous ramène à l'hôtel.

Maison traditionnelle bahnar

Tombeau collectif joraï


Paysans dans la rizière

Vendredi 14 octobre : il fait gris ce matin et le ciel est bien bouché. Nous partons très tôt par la RN 1 vers le nord en direction de la Chine puis la quittons à Bacninh pour prendre vers l'est en direction d'Along par la RN 18. Nous traversons un paysage essentiellement agricole, des rizières alternant avec des cultures maraîchères. Pendant le trajet, le ciel s'éclaircit et le soleil commence à se montrer entre les nuages.


Train à un passage à niveau

Nous arrivons à Along en fin de matinée, pour visiter sa très célèbre baie  inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1994. L'un des plus beaux sites naturels au monde, elle vient d'être élue comme l'une des "sept merveilles naturelles du monde moderne" juste après notre retour en France ; pour nous qui considérions les fjords de Norvège comme les plus beaux paysages que nous ayons vus jusqu'à maintenant, nous estimons que la baie d'Along est du même niveau, mais pas nécessairement supérieure. Regroupant près de 3000 îles et îlots répartis sur un superficie de 1550 km² (le quart d'un département français), le site s'est formé à la fin du paléozoïque il y a environ 280 millions d'années ; c'est le plus grand site karstique marin au monde, avec de nombreuses grottes dont quelques unes sont aménagées et ouvertes au public.

Jonque pour touristes

Village de pêcheurs au pied des rochers

Îles vues de l'entrée de la grotte

Dans le labyrinthe des îles

Le ciel est maintenant bien dégagé, le soleil brille et la visibilité est excellente, alors que la baie d'Along a la réputation d'être toujours dans la brume. Nous embarquons sur une jonque à moteur réservée pour notre groupe dans le port de Baichai à Along-ouest où les bateaux pour touristes sont très nombreux à attendre le client.

Nous traversons le bras de mer qui nous sépare des premières îles, et arrivons à un village flottant où les pêcheurs font l'élevage de poissons et crustacés, dans des conditions d'hygiène apparente qui n'incitent pas à la consommation de ces produits que nous trouvons pourtant sur les étals de nos supermarchés. 

Nous continuons notre navigation au milieu de toutes ces merveilles naturelles pendant que le repas nous est servi à bord et arrivons à l'île qui abrite la grotte des Surprises (Hang Sug Sot) où nous accostons. Elle est formée de trois grandes salles en enfilade dont l'entrée, en surplomb d'environ 30 m au dessus du niveau de la mer, offre une belle vue sur les îles et la baie ; elles ont très peu de concrétions de calcite, mais possèdent un plafond avec une géologie originale.

Nous reprenons notre navigation dans le labyrinthe des îles. Heureusement que notre capitaine connaît bien le coin car il y a largement de quoi s'y perdre. Après une bonne paire d'heures pendant lesquelles nous en avons pris plein les yeux, le soleil commence à décliner et il est maintenant temps de rentrer au port.

Là, notre minibus nous attend pour nous ramener à notre hôtel dans Along.

Îles et rochers

Ferme de pisciculture

Intérieur de la grotte des surprises

Le soleil va se coucher sur la baie d'Along

Samedi 15 octobre : très tôt sous un ciel bien gris, nous repartons vers Hanoi par la même route qu'à l'aller. La circulation est très chargée et totalement anarchique. Peu à peu, le ciel se dégage. 


Village traversé

Nous traversons plusieurs villages puis faisons une halte dans une sorte de complexe intégrant un "restoroute" avec WC, une sorte "d'usine à souvenirs" qui fait travailler majoritairement des handicapés, mais aussi des valides pour la sculpture sur marbre (avec des outils électriques comme des meuleuses), et une boutique qui vend les souvenirs produits sur le site et peut expédier dans le monde entier. On y trouve de bien belles choses, quelquefois un peu encombrantes et toujours chères.


Statue de Bouddha en marbre préparée pour l'expédition


Opération d'estampage

En arrivant dans la banlieue nord de Hanoi, nous allons au village d'artisanat de Dongho pour visiter une fabrique d'estampes vietnamiennes. Elles sont fabriquées avec les fibres d'un arbre local transformées en feuilles fines comme du papier, sur lesquelles on vient imprimer des dessins et/ou textes à l'aide d'un tampon gravé dans du bois très dur enduit de couleurs naturelles. Certaines réalisations sont tout à fait remarquables.


Estampe avec un motif traditionnel

L'un des temples de la pagode Chua But Thap

Petit pont de pierre

Toujours dans la même banlieue de Hanoi, nous allons maintenant visiter la pagode Chua But Thap

Formée de cinq bâtiments en enfilade, elle a été construite au XVIIème siècle par la dynastie Lè. C’est l’une des pagodes les plus célèbres de tout le Vietnam, connue en particulier pour la statue à mille yeux et mille bras, œuvre de grande valeur symbolisant à la fois la beauté et le sacré de la religion

La visite terminée, nous allons déjeuner au restaurant dans le centre de Hanoi.


Statue à mille yeux

Petit pont d'accès au temple

Transport avec la palanche

Marchande de canards laqués

Après le repas, nous allons visiter le temple de la Montagne de Jade, (ou Den Ngoc Son) situé sur un minuscule îlot du lac de l'épée restituée (ou Hoan Kiem) en plein centre-ville. Il est dédié à des génies confucianistes et taoïstes, ainsi qu'au héros national Trân Hung Dao, vainqueur des Mongols au XIIIème siècle, à Van Xuong, mythique patron des arts et des lettres, et à La To, père de la médecine vietnamienne. Ce temple, construit entre le XVème et le  XIXème siècle, occupe l'emplacement d'une ancienne pagode du XIIème siècle. Il regroupe les religions asiatiques (confucianisme, taoïsme et bouddhisme) dans un syncrétisme élaboré.

A côté du temple, au bord du lac, des jeunes mariés viennent se faire prendre en photo quelques jours avant leur cérémonie de mariage.

Puis nous rentrons à pied vers notre hôtel assez proche, en passant par les rues et les quartiers les plus anciens de Hanoi, où tout un petit peuple de commerçants et d'artisans s'affaire activement.

Statue du général Trân Hung Dao

Marchande de légumes

Boutique d'articles funéraires

Dimanche 16 octobre : il fait très gris, chaud et humide. Ce matin, nous allons d'abord faire une petite promenade à pied au bord du lac avant de partir pour aller à Hué, l'ancienne capitale impériale, en début d'après-midi.


Statue de Ly Thai Tô

Aujourd'hui dimanche, la circulation est très intense mais moins que les jours précédents. Beaucoup de promeneurs déambulent sur les berges du lac et sur la place où trône la statue de Ly Thai Tô, le fondateur de la dynastie Ly et de l'empire vietnamien au XIème siècle. 

Retour à l'hôtel puis départ avec notre minibus pour aller déjeuner. Après un déjeuner trop rapide et trop tôt, nous prenons la route de l'aéroport. 


Voie ferrée traversant la ville

En arrivant, nous constatons que notre avion est retardé d'une heure à cause des mauvaises conditions atmosphériques à Hué. Nouveau retard annoncé, 3 heures de plus. Finalement nous embarquons, pour entendre une demi-heure plus tard que le vol est annulé, le mauvais temps s'étant aggravé à Hué, et devons donc débarquer.

Notre guide réorganise le programme et nous réserve un passage sur un vol plus tardif en direction de Da-Nang, bien mieux équipé que Hué pour les atterrissages par tout temps. Nous décollons finalement vers 19 h et arrivons une heure plus tard à Da-Nang sous une pluie torrentielle, au bout d'une journée largement gâchée.

Dîner dans un restaurant pas fameux en ville, puis direction Hoian à 30 km, et notre hôtel.

Lundi 17 octobre : il pleut à seaux ce matin et le ciel complètement bouché ne laisse rien espérer de bon. Nous quittons notre hôtel très tôt, avec un minibus pour aller visiter le sanctuaire hindouiste Cham de My Son, regroupant des tours et temples du IVème au XIVème siècle, inscrit au patrimoine de l'UNESCO.

Rivière en crue

Regroupement des canards pour le transport

Temple cham

Nous sortons d'Hoian pour prendre la RN 1 vers le sud, traversons la rivière Thu Bon qui est largement sortie de son lit, puis prenons la D 610 vers l'ouest et enfin une route plus petite. Quelques km plus loin, nous arrivons dans une première zone inondée avec environ 40 cm d'eau sur la route sur près de 300 m. Un autre car de touristes, beaucoup plus haut que le notre, franchit l'obstacle sans peine, mais notre chauffeur, connaissant l'existence d'une autre zone inondée plus importante un peu plus loin, attend avant de décider quoi que ce soit . Et environ un quart d'heure plus tard, nous voyons revenir le gros car : il n'a pas pu franchir la deuxième zone inondée. Donc, nous faisons demi-tour.

Sur le chemin du retour, nous voyons des paysans rassemblant des canards en vue de les emporter au marché en ville, puis faisons une halte dans un village où des enfants sortent de l'école primaire. 

Nous arrivons à la RN 1 et allons un peu plus au sud pour visiter, à titre de remplacement et sous la pluie, le site cham de Bang An, où se trouve un temple du XIème siècle dédié à Shiva. Peu restauré et d'un intérêt limité, il est construit entièrement en briques et possède une forme octogonale originale.

Route inondée

Fillettes sortant de l'école

Intérieur du temple

Nous reprenons notre route toujours sous la pluie et allons déjeuner dans un restaurant en forme de gros bateau situé au bord de la rivière Thu Bon (construit suffisamment haut au-dessus de la berge, il n'est pas inondé).


Brodeuse sur soie

Après le repas, nous allons vers le centre ville de Hoian, visiter une "Maison de l'artisanat" où on fait de la production de soie et de la broderie sur soie, de la fabrication de lanternes en papier et de la gravure sur bois (très dur) de jacquier. 

Une guide nous présente l'ensemble du processus du travail de la soie, depuis l'élevage des vers jusqu'à la broderie, en passant par le dévidage des cocons et le tissage. Nous faisons quelques achats de leurs travaux. 


Graveurs sur bois de jacquier

Nous allons maintenant visiter la vieille ville d'Hoian, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Située à 5 km de la mer en amont sur la Thu Bon, Hoian était un grand port du royaume cham au IXème et Xème siècles, puis chinois après que les Chams en eurent été chassés. Au XVIème siècle, les Européens, Japonais et Chinois vinrent nombreux s'y approvisionner en produits locaux, faisant la richesse de la ville. Le port étant aujourd'hui ensablé, le trafic est maintenant pris en charge à Da-Nang, permettant à Hoian de rester l'une des villes les mieux préservées de l'Asie du sud-est.

Pont japonais

La Thu Bon en crue

Porche d'entrée de la pagode Phuc Kien

Pamplemousses et durians en vente au marché

Nous commençons par le pont couvert japonais en dos d'âne. Sa toiture en pagode en tuiles colorées protège de la pluie, souvent abondante à Hoian ; il abrite un petit temple dédié à un mandarin chinois et ses deux extrémités sont gardées par des statues de singes et de chiens.

Juste à côté, nous entrons dans la maison Phung Hung, riche maison patricienne de style sino-japonais qui appartient à la même famille de marchands depuis 1780 ; c'est la plus haute maison de la ville.

Nous allons ensuite déambuler dans les rues de la vieille ville, très colorées malgré la pluie. Malheureusement, les abords de la rivière Thu Bon sont inondés, imposant aux habitants de se déplacer en barque ou de patauger dans l'eau, ce qui ne semble pas trop déplaire aux enfants. Ce quartier est bien joli mais très touristique et fait un peu artificiel.

Nous entrons dans la pagode Phuc Kien, maison communale de la congrégation de Fujian, édifiée par six familles de la dynastie Ming fuyant les Mandchous au milieu du XVIIème siècle ; c'est un temple taoïste chinois dans le style Fukien, qui date de 1697. Elle est dédiée à Thien Hau la déesse de la mer protectrice des pêcheurs et des marins.  

Nous finissons nos visites par le pittoresque marché central, où les étals présentent toutes sortes de produits, essentiellement alimentaires Ensuite, nous rentrons à notre hôtel.. 

Intérieur de la maison Phung Hung

Enfants pataugeant dans la rivière en crue

La déesse de la mer

Étals de légumes

Pour voir le diaporama de cette première partie du voyage cliquer ici 

Mardi 18 octobre : le ciel est gris et très bas, il fait chaud et humide. Nous partons tôt pour Da-Nang à 30 km, et faisons le trajet sous une pluie de plus en plus forte. Nous arrivons au musée d'art cham, ancien musée Henri Parmentier, construit en 1919 par l'École Française d'Extrême-Orient (EFEO), et fortement agrandi en 1939. 

Uma, la déesse de la lumière

Taureau Nandi, la monture de Shiva

Il rassemble des objets trouvés lors des fouilles dans la région, en particulier à My Son. Sont exposées des statues et des bas-reliefs en grès, essentiellement des objets d'art religieux du Royaume du Champa, fondé au IIème siècle après JC. 

Ce royaume a été créé par des pêcheurs et des montagnards de langue malayo-polynésienne écrite en sanskrit, d'abord hindouistes puis bouddhistes ; ses habitants ont été progressivement repoussés vers le sud jusqu'au delta du Mékong ; intégrés au Vietnam depuis 1832, ils ne forment aujourd'hui qu'une petite minorité ethnique (environ 100 000 personnes), avec une diaspora au Cambodge et en Malaisie.

Lingam et yoni

Garuda, la monture de Vishnou

Barques de pêcheur rondes

Boutiques au col des Nuages

Nous repartons vers le nord avec  notre minibus par la RN 1 qui suit la côte, d'abord le long de l'immense plage de la ville où de nombreuses barques de pêcheurs en forme de panier rond sont échouées, puis escaladons le Col des Nuages à 450 m par la route qui grimpe en lacets. Au sommet, fortifié par les rois successifs du pays puis par les Américains qui y ont implanté des nids de mitrailleuses à la fin des années 1960, le col porte bien son nom car on ne voit rien. De nombreuses boutiques attendent les touristes pour leur vendre des souvenirs et de l'alimentation.

La route redescend en forte pente vers le lagon de Câu Hai jusqu'à un passage à niveau où l'arrivée d'un train nous impose un arrêt. 

Jean-Claude au col des Nuages

Train à Câu Hai

Muraille extérieure et tour du Drapeau

Tambour à l'étage de la porte du Midi

Salle du trône

Porte intérieure dans la cité pourpre

Nous continuons notre route jusqu'à Hué, l'ancienne capitale impériale, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Nous rejoignons d'abord notre hôtel puis allons déjeuner.

Après le repas, nous allons visiter la ville. Capitale d'une province chinoise au IIème siècle avant JC, elle a changé de mains plusieurs fois au cours de l'histoire : les Chams du IIIème au Vème siècle après JC, puis à nouveau les Chinois vers 450, elle est devenue la capitale du royaume Cham au XIème siècle, et a été rattachée au royaume d'Annam au XIVème. Au XVIème siècle, la famille Nguyen en a fait sa capitale jusqu'à la destitution du dernier empereur Bao Dai en 1945.

La Citadelle, entourée de douves et de remparts de 20 m d'épaisseur rappelant la technique de Vauban, a été édifiée de 1804 à 1832 par la premier empereur Gia Long. On y entre par l'une des dix portes surmontées d'une tour de guet percées dans la muraille. La tour du Drapeau est une sorte de bastion surmonté d'un mât avec un grand drapeau vietnamien. Devant cette tour, la porte du Midi, construite en 1834, est le seul accès au palais impérial lui-même, à l'intérieur de la deuxième enceinte ; de la terrasse, l'empereur et les dignitaires venaient assister aux parades.

Ce palais, appelé Palais de la Suprême Harmonie, ou Palais de la Concorde Absolue, est un grand bâtiment couvert d'un toit à tuiles vernissées ; à l'intérieur, la salle du trône servait aux cérémonies officielles. 

Derrière, dans la troisième enceinte, nous entrons dans la cité pourpre interdite, où vivait l'empereur, sa famille, ses concubines et ses serviteurs. Très abîmée lors de l'offensive du Têt en 1968, elle est en cours de reconstruction à l'identique.

 

Porte du Midi

Palais et jardins impériaux

Trône impérial

Autel pour le culte de l'un des empereurs


Marchand de vaisselle

Nous terminons notre journée par une visite du grand marché Dong Ba, sale et malodorant, puis nous rentrons à notre hôtel.


Marchande de graines de lotus

Mercredi 19 octobre : il a plu très fort pendant la nuit, ça continue ce matin et la journée se présente mal. Nous continuons nos visites de Hué et des principaux monuments historiques situés aux environs, tous inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO..

Escalier d'accès et tour de la Félicité

Sanctuaire principal

Première visite, la pagode de la Vieille Dame Céleste, ou Thien Mu au village de Kim Long en amont de Hué le long de la rivière des Parfums, à proximité de la Citadelle.

Érigée en 1601 sur l'emplacement d'un ancien temple cham, sa tour de la Félicité de 21 m de forme octogonale avec sept étages a été reconstruite en 1840. La grosse cloche en bronze, sonnée lors des cérémonies et audible à 15 km, date de 1710. En franchissant le porche à trois entrées, on arrive au temple principal dit du Grand Héroïsme. Deux autres sanctuaires suivent dans l'enfilade. Une école attenante forme les jeunes bonzes ; aujourd'hui, une soixantaine d'entre eux fréquentent cette école. Sous un auvent contigu est garée la petite voiture du moine Thich Quang Duc, le premier bonze à s'immoler par le feu en 1963 à Saigon.

Porche à trois entrées

Jeunes bonzes en salle d'étude

Bertille marche dans l'eau pour accéder au mausolée

Pavillon de la Grâce immense

Nous reprenons notre minibus sous une pluie battante pour aller visiter le mausolée de Minh Mang, deuxième roi fils du fondateur de la dynastie impériale Nguyen, qui a régné de 1820 à 1840 et a mené une politique antieuropéenne et antichrétienne. Sa construction a été commanditée  par son fils Thieu Tri entre 1841 et 1843. Le chemin d'accès étant inondé, nous devons parcourir environ 300 m en pataugeant dans 40 cm d'eau pour arriver sous une pluie battante à la porte d'entrée puis à la cour d'honneur avec des statues de mandarins et de militaires. 

La première porte abrite la stèle qui chante les louanges du roi défunt. Dans l'enfilade, on rencontre le pavillon de la Grâce immense entouré du lac de la Clarté pure. A la porte suivante, on domine un portique de bronze situé à l'entrée du pont sur le lac de la Lune nouvelle en forme de croissant qui marque la séparation entre le monde des vivants et celui des morts où se trouve le tumulus tombeau du roi.

Cour d'honneur et porte avec la stèle

Portique de bronze et tumulus tombeau du roi


Temple du culte de l'empereur

La pluie s'est calmée. Nous allons visiter un autre mausolée situé à proximité, celui de Khai Dinh, le père adoptif de Bao Dai, qui a régné de 1916 à 1925. Situé au sommet d'une colline, on y accède par un escalier en béton menant à trois terrasses. Le temple du culte, blanc et noir pour symboliser le deuil en vietnamien et en français, très kitsch, abrite un dais sous lequel trône la statue de l'empereur. Son cercueil est situé au-dessous d'une autre statue, en pied et en bronze, en arrière du dais.


Dais avec la statue de l'empereur sur son trône

Nous allons ensuite déjeuner dans très joli un restaurant sur pilotis au bord de la rivière, bien décoré dans le style traditionnel vietnamien. Après le repas, nous allons un peu plus loin voir le mausolée de Tu Duc

Pavillon de pêche sur le lac Luu Khiem

Salle du trône dans le palais de l'Humilité

Quatrième roi de la dynastie Nguyen, Tu Duc a régné de 1847 à 1883 ; il fut un grand persécuteur de chrétiens et un combattant actif pour chasser les Français du Tonkin, avec l'aide des Chinois.

Le mausolée, construit entre 1864 et 1867, comporte un lac et plusieurs pavillons d'agrément. Il a été une résidence secondaire du roi de son vivant, qui venait y pêcher dans le lac. Un escalier monumental conduit au Palais de l'Humilité réservé au culte du roi, où se trouve le trône impérial. Derrière, le cénotaphe du roi est posé sur un petit tertre à l'intérieur d'une enceinte, le mur précieux, censé protéger la dépouille royale des mauvais esprits.

Palais de l'Humilité

Cénotaphe du roi


Rivière des parfums

Nous retournons maintenant à notre hôtel. Comme il fait encore jour et que la pluie s'est arrêtée, nous allons faire une petite promenade à pied le long de la rivière des parfums jusqu'à proximité du pont Phu Xuan qui raccorde la citadelle à la ville moderne. La pluie menaçant de faire son retour, nous faisons demi-tour et rentrons vite nous mettre à l'abri.


Vue sur la ville depuis la fenêtre de l'hôtel

Jeudi 20 octobre : le ciel est très gris ce matin, mais il ne pleut pas. Nous partons de bon matin en direction de Da-Nang où nous devons prendre l'avion pour Saigon en début d'après-midi.


Paysan labourant avec son buffle

Sur la route, nous nous arrêtons plusieurs fois au début du trajet, d'abord pour voir des paysans labourant de manière traditionnelle avec leur buffle, ensuite des pêcheurs associés dans une pêche au filet dans la lagune et enfin un mariage bouddhiste, où plusieurs invités nous font entrer dans la salle encore vide pour prendre des photos. Nous continuons notre route en franchissant un tunnel construit par les Japonais sous le col des nuages, et arrivons à l'aéroport.

Trois heures plus tard, nous atterrissons à Saigon.


Mariage bouddhiste

Gros trafic dans le centre ville

Cathédrale Notre Dame de Saigon

Poste centrale

Théâtre municipal

Petit comptoir commercial au XVIIème siècle, qui a pris de l'ampleur aux siècles suivants, Saigon est devenue la métropole de la colonie française de Cochinchine au XIXème. Aujourd'hui officiellement appelée Ho Chi Minh Ville (personne n'utilise ce nom à part quelques personnages officiels et les cartographes), elle est la capitale économique du Vietnam avec un niveau de vie deux fois plus élevé que dans le reste du pays. La circulation, en particulier de motos et scooters, dans les grandes avenues du centre ville est extrêmement dense avec de gigantesques embouteillages.

Nous allons d'abord voir l'ancien palais construit par Ngo Dinh Diem, le premier président de la république du Vietnam en 1954, qui ne l'a jamais habité car il a été assassiné avant que la construction en soit terminée. Ce bâtiment moderne est un monument historique pas ouvert à la visite. 

Puis nous allons voir la cathédrale Notre-Dame de Saigon, bâtiment néo-roman avec deux clochers de 40 m de haut construit de 1877 à 1880 par les Français. Les briques de la façade proviennent de Toulouse et les vitraux les plus anciens de Grenoble

En face, la Poste centrale a été construite entre 1886 et 1891 dans le style second empire de la gare d'Orsay à Paris, sa verrière en fonte a été réalisée par l'atelier de Gustave Eiffel

Nous arrivons devant le Théâtre municipal, construit en 1899 pour les colons. Siège de l'Assemblée nationale du Sud Vietnam de 1954 à 1975, il est redevenu aujourd'hui un théâtre jouant essentiellement le répertoire vietnamien. Et nous terminons nos visites par l'Hôtel de ville, construit dans le style des bâtiments de la troisième république française ; l'intérieur ne se visite pas.

Et c'est en progressant péniblement dans un énorme embouteillage, au milieu d'un chahut de klaxons assez impressionnant, que nous arrivons à notre hôtel après la tombée de la nuit. 

Ancien palais de Ngo Dinh Diem

Intérieur de la cathédrale

Verrière Gustave Eiffel

Hôtel de ville

Groupe d'étudiantes à l'entrée du musée

Statue de Bouddha

Vendredi 21 octobre : nous allons visiter le Musée national d'histoire, installé dans un bâtiment colonial conçu en 1929 par l'architecte français Ernest Hébrard. Il regroupe une grande partie des fouilles faites par l'EFEO au début du XXème siècle. 

Un groupe d'étudiantes en uniforme de leur université et de nombreux enfants des écoles viennent aussi visiter le musée, ces derniers créant un niveau sonore très élevé. 

Plusieurs salles de ce musée ont été rénovées avec l'aide du musée Guimet à Paris. Ici sont exposés des objets d'art de la préhistoire et de l'âge du bronze, tels que des tambours en bronze vieux de 2500 ans. On y voit aussi des objets plus récents comme des statues de Bouddha de diverses époques, quelques statues cham ou khmer comme des danseuses et des Garuda, la monture de Vishnou.

Tambour Dong Son en bronze

Garuda Oc Eo

Intérieur de la pagode Giac Lam

Marchande de chapeaux

Entrée de la pagode Thien Hau

Un peu à l'écart du centre-ville, dans le quartier chinois de Cholon, nous allons visiter la pagode Giac Lam, en activité depuis 1744 et rénovée vers 1900. Une trentaine de moines y vit encore aujourd'hui. A l'intérieur, on y trouve de nombreuses statues en bois de moines décédés, des statues de Bouddha et de la déesse Quan Am, ainsi que 500 tablettes de neuf générations de bonzes ayant vécu dans la pagode. 

A proximité, nous allons au marché de Cho Bin Tay, le plus grand marché de Cholon, marché de gros et de détail pour toutes sortes de produits alimentaires et non alimentaires, très animé à tout moment de la journée. De nombreux commerçants, certains venus de loin, viennent s'y approvisionner, et des expéditeurs se chargent ensuite d'envoyer les marchandises jusqu'à l'autre bout du pays.

Toujours dans le même quartier, nous allons visiter la pagode Thien Hau,. Cette pagode du XVIIIème siècle est dédiée à Thien Hau, la déesse de la mer protectrice des marins. La décoration en bois est très chargée, avec quantité de figurines en céramique peinte. A l'intérieur brûlent des quantités de serpentins d'encens créant une atmosphère enfumée et oppressante. Au-dessus de l'autel principal, trois statues superposées de la déesse

Statue de la déesse Quan Am

Étal de concombres de mer

Autel principal avec statues de la déesse de la mer

Nous allons maintenant déjeuner dans un restaurant du quartier. Quand nous sortons de ce restaurant, la pluie est de retour. Nous repartons dans un gros embouteillage, aggravé par la pluie, en direction de la pagode Chua Phoc Hai.

Entrée de la pagode

Bouddha Maitreya, déesse Quan Am et Bouddha Sakyamuni

Construite à la fin du XIXème siècle par la congrégation de Canton, cette pagode de style chinois dédiée à l'Empereur de Jade, divinité suprême du taoïsme qui règne sur les trois mondes (ciel, terre et eau), est très active, les fidèles y venant en nombre pour prier. Elle présente un syncrétisme entre le taoïsme et le bouddhisme, avec des statues et une imagerie venant du panthéon de chaque "religion". 

Dans une pièce à l'écart, des panneaux en bois sculptés illustrent les supplices promis en enfer aux humains qui ont mal agi.

Autel et statue de l'Empereur de Jade

Supplices de l'enfer


Polissage de boîtes laquées

A proximité, nous allons visiter une fabrique d'objets en laque. Le processus de fabrication est complexe, à partir d'une sorte de résine extraite du laquier, coloration et peinture sur des plaques de bois, intégration éventuelle de nacre et polissage final. Et, bien évidemment, nous achetons quelques pièces en laque.


Peinture d'un tableau laqué


Orchestre accompagnant le spectacle

En fin d'après-midi, nous allons voir un spectacle de marionnettes sur l'eau, spectacle traditionnel du Vietnam depuis plus de 1000 ans, mettant en scène les activités et les légendes de la campagne vietnamienne ; ce spectacle est accompagné par un petit orchestre qui chante et joue sur des instruments locaux qui émettent des sons stridents auxquels nous ne sommes pas habitués. Puis nous rentrons à l'hôtel.


Marionnettes sur l'eau

Samedi 22 octobre : il fait beau et chaud aujourd'hui, malgré l'heure très matinale. Nous nous apprêtons à quitter Saigon pour aller dans le delta du Mékong. Au petit déjeuner dans le restaurant de l'hôtel où nous logeons, et que nous allons quitter, nous avons la surprise de rencontrer un de nos plus proches voisins et sa femme ; ils sont arrivés hier soir de France et logent dans le même hôtel que nous, dans le cadre d'un circuit assez similaire au nôtre, mais dans un ordre différent. "Il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent jamais" (proverbe français, ou peut-être chinois, ou...?) et encore : voir la tectonique des plaques.

Pour voir le diaporama de cette deuxième partie du voyage cliquer ici


Bungalows autour du lac

Nous sortons de Saigon avec un trafic intense et prenons l'autoroute vers le sud-est, au milieu des rizières et des palmiers, dans la partie la plus peuplée du pays. Arrêt "technique" un peu plus loin, dans un restaurant-hôtel-station-service-boutique-de-souvenirs qui a un magnifique jardin fleuri avec un petit lac serpentant entre les bungalows.


Fleur de strelizia

Façade d'entrée

Nous reprenons la route et arrivons à My Thô, grosse ville située sur l'une des branches du delta du Mékong. Nous allons d'abord visiter rapidement la pagode Thanh That Mytho, temple de la secte caodaïste fondée en 1926 à Saigon par un petit fonctionnaire de l'administration française, Ngo Van Chieu, après des séances de spiritisme. Cette religion qui adore Cao Daï, l'Être suprême, est assez répandue au sud Vietnam avec plus de deux millions d'adeptes. C'est un syncrétisme entre les principales religions connues dans le pays, vénérant à la fois Bouddha, Confucius, Moïse, Jésus, Mahomet ainsi que Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Churchill et Sun Yat Sen !

L'architecture de ce temple est à la fois inspirée de celle des cathédrales, des mosquées et des pagodes de tradition chinoise. 

Intérieur du temple

Sun Yat Sen, Victor Hugo et Ngo Van Chieu

Pont à haubans

Jean-Claude et le serpent python

Cocotiers et bananiers

Charrettes à touristes

Nous allons maintenant à l'embarcadère Rach Mieu sur le Mékong , point de départ de l'ancien ferry remplacé aujourd'hui par un grand pont à haubans et deux ponts plus petits en enfilade, pour faire une excursion en bateau dans les îles voisines.

Nous traversons le bras du Mékong en contournant deux petites îles, et allons de l'autre côté sur la grande île de Ben Tre. Nous atterrissons en pleine mangrove un peu en aval de l'autre terminal de l'ancien ferry. 

Là, nous allons visiter une fabrique artisanale de caramels à la noix de coco, ainsi que d'autres confiseries. Juste à côté, un paysan vient nous montrer son serpent python d'environ 3 m de long, et le passe autour du cou de Jean-Claude, qui n'est pas spécialement effrayé, l'animal étant inoffensif. Puis on nous offre du thé et des boissons et même un petit spectacle de chants traditionnels vietnamiens

Nous marchons sous l'épaisse végétation de cocotiers et bananiers jusqu'au village de Than An Thuong - en passant près d'un petit cimetière - où nous attendent des charrettes pour nous emmener jusqu'au terminal d'arrivée de l'ancien ferry, situé à côté d'un marché. Là, nous prenons des barques à la godille qui nous emmènent quelques km en amont sur le Mékong, toujours sur la même rive.

A l'arrivée, par un étroit sentier sous la végétation luxuriante, nous allons jusqu'au restaurant où nous allons déjeuner.

Mangrove au long du Mékong

Chanteuses et musiciens

Tombes sous les bananiers

Bateaux au bord du Mékong


Navigation dans la mangrove

Après le repas, nous revenons à nos barques pour une nouvelle navigation dans la mangrove, puis à notre bateau qui nous ramène à l'embarcadère Rach Mieu de départ, en passant à proximité d'un élevage de pangas au fil de l'eau sur le Mékong, poissons plutôt insipides très largement élevés au Vietnam et exportés dans le monde entier.


Élevage de pangas

A l'arrivée à quai, nous reprenons notre minibus et la route vers le sud-ouest en direction de Canthô, notre étape suivante et la quatrième ville du Vietnam située à 110 km. Le trafic toujours très dense et la route en bien mauvais état ne nous permettent qu'une progression assez lente. A l'arrivée, c'est au milieu d'une circulation un peu folle de motos et de scooters que nous roulons vers notre hôtel. 

Habitations sur pilotis le long du fleuve

Détaillant venu s'approvisionner au marché de gros

Dimanche 23 octobre : il fait beau, chaud et humide. C'est de très bon matin que nous repartons en bateau sur le Mékong pour aller voir le marché de gros de Cai Rang sur le fleuve.

Ce marché, le plus grand du delta, se tient à 6 km en aval de Canthô, à l'intersection du Mékong supérieur, l'un des bras du fleuve, et sept canaux. Il rassemble des bateaux de commerçants en gros lourdement chargés, essentiellement de fruits et légumes produits dans le delta. De nombreux détaillants viennent sur leurs barques, souvent de loin, pour s'approvisionner afin de revendre dans leurs villages les produits achetés. 

Bateaux de  commerçants en gros

Bateaux de commerçants en gros


Filet de pêche

De retour sur la rive, nous rejoignons notre minibus pour prendre la route 91 en direction du nord-ouest, le long du même bras du Mékong appelé ici le Bassac. Nous faisons quelques arrêts le long de la route, qui traverse une zone de champs inondés, pour prendre des photos et arrivons à Long Xuen où nous faisons halte pour déjeuner. 


Tombes dans un champ inondé

Monument dédié au panga

Bacs à poissons après jet de nourriture

Tisserande

Après le repas, nous reprenons notre route et arrivons un peu plus tard à Chaudoc, ville proche de la frontière cambodgienne qui abrite une communauté Cham importante, sous une chaleur humide un peu étouffante. 

Nous allons vers l'embarcadère sur le Mékong, situé au pied du monument moderne dédié au panga, le poisson de la même famille que les poissons-chats (siluriformes) élevé un peu partout dans le delta et qui apporte d'importantes ressources économiques dans toute la région.

Nous partons le long du fleuve bordé de nombreuses maisons flottantes, et allons visiter l'un des très nombreux élevages piscicoles, sur des îles flottantes artificielles regroupées en villages. Chaque famille vit sur son île et élève ses poissons, de 80 000 à 100 000 chacune, en les nourrissant avec des granulés bourrés d'antibiotiques (chloramphénicol) et de la pâtée fabriquée par les éleveurs à partir de déchets de poisson ; les déchets domestiques produits par les familles sont directement rejetés dans le fleuve et servent aussi à l'alimentation des poissons. L'hygiène apparente de tels élevages coupe l'envie d'acheter (mais n'oublions pas que les saumons d'élevage européens que nous trouvons dans nos supermarchés sont élevés dans des conditions similaires !).

Un peu plus loin, nous allons visiter un village cham situé en partie sur l'eau et en partie sur la terre ferme. Les populations chams sont ici musulmanes, avec un islam plutôt modéré et libéral ; elles vivent de la pêche, de la riziculture et d'un peu d'artisanat (tissage surtout). Il est l'heure de la prière et le muezzin appelle ses fidèles, assez peu nombreux, pour qu'ils viennent à la mosquée.

Ferme d'élevage de poissons

Village cham

Mosquée

Temple de la déesse de la montagne

Poissons séchés pour faire des offrandes

Nous revenons vers l'embarcadère et retrouvons notre minibus qui nous transporte vers le mont Sam, la seule hauteur visible à la ronde dans cette immense plaine qui constitue le delta. Ce site est un grand lieu de pèlerinage aussi bien pour les Bouddhistes que pour les Cham, même musulmans.

Au pied du mont, nous visitons le temple de Chua Xu, de 1820, dédié à la déesse de la montagne, qui abrite une statue peinte en pierre de la déesse. On vient de tout le pays lui faire des offrandes, en particulier des cochons de lait grillés, qu'on ramène ensuite à la maison pour les manger en famille.

Statue de la déesse de la montagne

Cochons de lait grillés offerts à la déesse

La nuit commençant à tomber, nous repartons vers le centre-ville et allons nous installer à notre hôtel.

Lundi 24 octobre : le ciel est gris mais il se dégage rapidement, il fait chaud et humide. Nous partons très tôt en direction de la frontière avec le Cambodge, toujours sur la route 91, ici étroite et souvent défoncée ; notre minibus se fraye péniblement son chemin sur cette route très chargée, entourée de champs inondés. Une heure plus tard, nous arrivons à Tinh Bien, le poste frontière côté vietnamien.


Arrivée au poste frontière côté vietnamien

Nous abandonnons notre minibus et passons la frontière à pied ; nos bagages sont pris en charge par un groupe de jeunes à moto, chacun transportant trois ou quatre valises. Nous quittons notre guide vietnamien et faisons connaissance avec notre guide cambodgien. 

Les formalités policières et douanières un peu désordonnées prennent près de deux heures, avec une chaleur de plus en plus lourde. Finalement, nous embarquons dans un minibus cambodgien et prenons la route N 2 vers le nord, dans une plaine inondée.


Champs inondés

Maisons sur pilotis à Ta Keo

Montée d'escalier vers les temples

Temple Prasat Phnom Da

Au bout d'une quinzaine de km, entourés d'eau des deux côtés de la route, nous arrivons à Ta Kéo, la capitale de la province. 

Ici, nous embarquons sur des petits bateaux rapides à moteur hors-bord. Nous naviguons à travers les champs inondés par les eaux du Bassac pendant 3/4 d'heure et arrivons à la colline de Phnom Da au sommet de laquelle se trouvent deux temples du VIème siècle reconstruits au XIème, les temples de Prasat Phnom Da et d'Ashram Moha Rosei, ainsi que des grottes artificielles aménagées en sanctuaires au VIème siècle. Situés à proximité d'Angkor Borei, l'ancienne capitale (sous le nom de Vyadhapura) du Founan au IVème siècle puis du Tchenla d'eau, pays ancêtres du Cambodge, ces temples hindouistes dédiés à Shiva et Vishnou constituaient autrefois un centre religieux très important ; aujourd'hui, ils sont devenus des sanctuaires bouddhiques plus ou moins laissés à l'abandon malgré leur potentiel touristique élevé.

Dans le petit village au pied de la colline et au bord de la rivière, quelques enfants attendent les rares touristes en revenant de l'école.

Et nous rejoignons nos petits bateaux qui nous ramènent à Ta Kéo où nous attend notre minibus. Nous repartons et nous arrêtons un peu plus loin sur la route pour déjeuner dans un restaurant.

Colline de Phnom Da

Grotte artificielle

Ashram Moha Rosei

Temple Ta Prom

Bas relief du sanctuaire principal

Temple Yeay Peau

Après le repas, nous reprenons la route vers le nord et nous arrêtons à Tonlé Bati, au bord du lac Bati, pour visiter le temple de Ta Prom, temple hindouiste dédié à Brahmâ construit au XIIème siècle par le roi Jayavarman VII sur un sanctuaire khmer du VIème siècle. Quand nous arrivons, tout un groupe d'enfants accourt pour nous vendre des cartes postales en mauvais état, des petits souvenirs sans intérêt et nous réclamer "one dollar". 

C'est un vaste temple rectangulaire bien abîmé et envahi par une végétation luxuriante, entouré d'un mur d'enceinte en latérite compacte avec quatre entrées en ruine, une à chaque point cardinal. A l'intérieur de l'enceinte, le sanctuaire principal en grès possède des bas-reliefs sculptés dans un style et avec des motifs rappelant ceux de l'Inde du sud. Sur l'un des linteaux, les sculptures brahmaniques anciennes ont été remplacées par un Bouddha couché. Sur les côtés, les deux petits bâtiments en latérite en mauvais état sont d'anciennes bibliothèques.

Juste à côté, le Wat Tonlé Bati est un monastère bouddhiste moderne avec des bâtiments très colorés construits dans le style khmer traditionnel entourés de stupas dans lesquels reposent des moines locaux décédés ; il inclut un petit édifice ancien, le temple de Yeay Peau contemporain de Ta Prom.

Bibliothèque

Bouddha couché

Stupas


Champ de lotus

Nous repartons en traversant des champs de lotus et des champs de liseron d'eau, plantes engraissées avec les déchets biologiques ménagers des villes avoisinantes et très utilisées pour la nourriture des populations (plantes coriaces à manger !). 

Et nous arrivons enfin à Phnom Penh, où sévit une circulation très intense et anarchique avec un très grand nombre de motos et beaucoup de grosses voitures japonaises. Nous arrivons à notre hôtel après avoir fait un rapide tour de ville à la nuit tombée.


Champ de liserons d'eau

Mardi 25 octobre : il fait très beau et chaud ce matin. La journée est réservée à la visite de Phnom Penh, située au confluent du Tonlé Sap et du Mékong. Capitale du Cambodge à partir de 1434 jusqu'en 1494, puis à nouveau capitale du pays à partir de 1866 sous le règne du premier roi de la dynastie des Norodom, elle est devenue une ville importante sous l'impulsion des Français surtout à partir de 1889 avec le gouverneur Huyn de Verneville. Évacuée de force le 17 avril 1975 et vidée de sa population (environ deux millions de personnes) par les Khmers rouges, elle a été laissée à l'abandon pendant près de quatre ans. Depuis, elle a été restaurée avec l'aide de plusieurs pays étrangers (France, Australie, Japon,...) et d'organisations internationales, mais elle garde encore de nombreuses cicatrices de cette période tragique.

Pavillon du couronnement

Pagode d'argent

Fresque du Ramayana

Nous commençons par le Palais Royal construit de 1865 à 1870 au bord du Tonlé Sap, sur l'emplacement d'un modeste palais en bois et bambou plus ancien. Il est construit dans le style traditionnel khmer, avec le jaune comme couleur dominante, assez similaire au palais royal de Bangkok

On y voit plusieurs pavillons : le pavillon du couronnement du roi avec la salle du trône (photos interdites à l'intérieur), salle de banquet, pavillons de bureaux, etc. et plusieurs stupas, tombeaux de membres de la famille royale. 

La pagode d'argent, au sol couvert de 500 pavés d'argent est un musée de la royauté et du bouddhisme. 

Un pavillon construit par Baltard et offert par Napoléon III est en restauration par une équipe française ; le style de ce pavillon, totalement différent de celui de toutes les autres constructions du complexe palatial, fait un peu saugrenu. 

Dans l'un des autres pavillons, une grande fresque raconte des épisodes du Ramayana et dans un autre est présentée la maquette grandeur nature du couronnement du roi actuel, Norodom Sihamoni fils de Norodom Sihanouk (toujours en vie à ce jour).

Dans le parc, des soldats répètent la parade prévue pour l'anniversaire du couronnement du roi actuel trois jours plus tard. 

Stupas de la dynastie Norodom

Pavillon Napoléon III

Maquette du couronnement du roi


Cour intérieure du musée national

Nous allons maintenant au Musée National, ex musée Albert Sarraut, très proche, construit pendant la première guerre mondiale dans le style khmer. 

Avant 1975, il abritait plusieurs milliers de pièces d'art khmer, mais il a été pillé par les Khmers rouges et laissé à l'abandon. Il est aujourd'hui repeint et partiellement restauré et présente quelques magnifiques sculptures et bas-reliefs aux visiteurs.


Sculptures khmères

Après la visite du musée, nous allons déjeuner au restaurant puis allons visiter le musée de Tuol Seng. Ancien lycée français aménagé en prison par des spécialistes chinois (tout un symbole !) pour les Khmers rouges pour devenir le centre de détention et de torture S 21. Le réalisateur franco-cambodgien Rithy Pahn l'a rendu célèbre dans le monde entier par le film "S21, la machine de mort Khmère rouge". Ce centre était dirigé par Douch qui a été récemment condamné pour crimes contre l'humanité. 

Bâtiments scolaires transformés en prison

Cellules construites dans les salles de classe

Des cellules de moins de 2 m² ont été construites dans les salles de classe et plus de 20 000 personnes, surtout des intellectuels mais aussi des enfants, y ont été détenues puis exterminées. Sur les murs, des photos de victimes, souvent insoutenables, montrent que la bêtise et la cruauté humaines sont sans limite.

Monument de l'indépendance

Intérieur du Wat Ounalom

Statue de Dame Pehn

Village flottant au bord du Mékong

En passant devant le monument de l'indépendance contre la colonisation française, nous prenons la grande avenue Moniwong 93 et allons au Wat Ounalom, ou monastère des patriarches bouddhistes, construit en 1443 et reconstruit en 1957. Ce monastère abrite environ 300 moines, pour la plupart des étudiants pauvres venus de la campagne pour lesquels c'est le seul moyen de faire des études.

Nous allons ensuite à Wat Phnom, le monastère de la colline, où une certaine Dame Pehn aurait selon la légende déposé des images en bronze de Bouddha et la statue de Preah Noreay, une déesse indienne de la fertilité. Situé sur une colline, il a été reconstruit au début du XXème siècle sur un ancien monument en bois de 1372, lieu légendaire de fondation de la ville par le roi Pona Yat. La pagode est dédiée à Thien Han Tanh Man, déesse protectrice des pêcheurs, et abrite une statue de Dame Pehn

La journée se termine par une promenade en bateau sur le Tonlé Sap jusqu'à son confluent avec le Mékong un peu en aval de Phnom Penh, puis une remontée de ce dernier sur quelques km, en suivant les rives où la mangrove cède de plus en plus la place aux constructions en tôle ondulée flottantes ou sur pilotis : villages, élevages de poissons, petits chantiers navals, activités diverses. Puis nous revenons par le même chemin fluvial et retrouvons notre minibus qui nous ramène à l'hôtel. 

Wat Ounalom

Escaliers et temple Wat Pnhnom

Quai du Tonlé Sap

Mangrove au bord du Mékong


Camion chargé de cuisiniers et leurs ustensiles de travail

Mercredi 26 octobre : il fait beau et chaud ce matin. Nous quittons Phnom Penh par la RN 6 en direction du complexe archéologique d'Angkor, situé à 370 km dans la partie nord-ouest du Cambodge. Au milieu d'un gros trafic, nous suivons pendant un bon moment un camion chargé de cuisiniers avec leurs outils de travail qui se dirigent vers un lieu de cérémonie pour travailler. Les quartiers nord de cette partie de la ville sont largement habités par des musulmans qui ont élevé une mosquée moderne où nous faisons halte.


Mosquée moderne


Charrette chargée de poteries

Un peu plus loin peu après la sortie de la ville, nous dépassons un convoi de charrettes tirées par des bœufs, chargées de poteries utilitaires ; ce sont des marchands ambulants qui vont de village en village pendant plusieurs semaines pour vendre leurs produits. 

En continuant sur la route, nous faisons halte dans une station-service-restaurant  dont la spécialité culinaire est un mets de choix, de grosses araignée frites, pas vraiment appétissantes.


Assiette d'araignées frites


Inondations au village de Batray

C'est sur une route en remblai entourée de champs et de villages inondés de chaque côté que nous poursuivons notre chemin. Les maisons, pour la plupart construites sur pilotis, ne sont pas inondées, mais la partie située au-dessous, habituellement le lieu où vit le bétail, l'est et donc ces pauvres bêtes sont parquées sur les bas-côtés de la route, encore à sec, avec juste un peu de fourrage pour s'alimenter.


Bestiaux parqués sur les bas-côtés de la route

Nous continuons notre route puis nous arrêtons dans la ville de Kompong Thom pour aller déjeuner dans un restaurant. Après le repas, nous quittons la RN 6 un peu plus loin et prenons une piste bien pourrie sur une vingtaine de km pour aller visiter la cité disparue de Sambor Preï Kuk. A notre arrivée, une nuée d'enfants s'abat sur nous pour nous vendre, sans grand succès, toutes sortes de bricoles et de cartes postales ; le nombre d'enfants va ensuite augmenter progressivement au fur et à mesure que nous avançons dans notre visite.

Pont sur la rivière à l'entrée du site

Temple rectangulaire du groupe central

Linteau de porte du temple rectangulaire

Sambor Prei Kuk, classée au patrimoine de l'UNESCO, a été la première capitale du Cambodge du VIème au IXème siècle sous le nom d'Issara Pura (la ville de Shiva).. Le site archéologique a été découvert par Adhémar Leclère de l'EFEO en 1894 et exploré par des équipes françaises jusqu'à l'arrivée des Khmers rouges qui les ont expulsées. Aujourd'hui ouvert à la visite, ce vaste site plus petit et moins célèbre qu'Angkor reçoit encore très peu de visiteurs.

Il reste les ruines de trois groupes de temples construits en briques, grès et latérite dans un style très inspiré de l'architecture indienne, entouré chacun d'une enceinte en mauvais état. Le premier groupe, au sud, a été construit de 616 à 635 autour d'un temple octogonal. Le deuxième, au centre, avec plusieurs bâtiments rectangulaires dont un avec des fausses portes encadrées par des lions date du IXème siècle ; il a été construit par le premier roi d'Angkor. Construit au VIème siècle, le troisième, situé au nord et de forme octogonale, est dédié au culte de Shiva ; c'est là qu'a été créé Harihara, une sorte de syncrétisme de Shiva et de Vishnou qui rassemble par moitiés verticales les caractères spécifiques de chacun de ces dieux.

Temple octogonal du groupe sud

Intérieur du temple rectangulaire

Temple octogonal du groupe nord


Le pont Naga de Kompong Kdeï

Retour par une autre piste un peu moins défoncée jusqu'à la RN 6 que nous reprenons vers le nord. La route traverse encore des paysages inondés par les débordements du lac Tonlé Sap.

A Kompong Kdeï, nous faisons une brève halte pour voir le pont construit au XIIIème siècle, dit "pont Naga" à cause de ses deux balustrades représentant chacune deux serpents Naga attachés l'un à l'autre par la queue. Mais, comme la nuit commence à bien tomber, les photos du pont sont un peu sombres.

Nous roulons encore une bonne heure sur la même route et arrivons à Siem Reap, la grande ville proche des temples d'Angkor. Nous nous installons à notre hôtel puis allons dîner au restaurant dans l'hôtel.


Danseuses cambodgiennes

Pendant le repas, un spectacle de danse traditionnelle cambodgienne nous est présenté. Toute la grâce des danseuses s'exprime à travers des mouvements lents dans une chorégraphie complexe, accompagnée par une musique par moments un peu criarde jouée sur des instruments locaux,.


Danseuse cambodgienne

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Jeudi 27 octobre : située à 7 km des grands temples d'Angkor, merveilles architecturales classées au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992 construites dans ce qui était la capitale du royaume Khmer du IXème siècle à 1431, Siem Reap est une grande ville qui vit essentiellement du tourisme. Depuis 1994, après la fin de la guerre et du régime des Khmers rouges, une frénésie de construction d'hôtels et de restaurants avec des capitaux majoritairement étrangers s'est emparée de la ville. Aujourd'hui, elle reçoit environ 2 millions de visiteurs par an, offre 12 000 chambres d'hôtel et emploie plus de 3 000 guides.

Vue d'ensemble du temple de Preah Kô

Temple de Bakong

Éléphant sculpté sur le mur du temple de Bakong

Premier groupe de temples au programme, le groupe de Roluos, autrefois Hariharalaya, le site le plus ancien du complexe archéologique d'Angkor, et la capitale du royaume au IXème siècle. Il comprend trois temples : Preah Kô, Bakong et Lolei, tous trois dédiés au culte hindouiste. 

Le temple de Preah Kô, construit par le roi Indravarman I et consacré en 880, est le premier temple khmer construit dans la région. C'est un temple funéraire rectangulaire à six tours alignées sur deux rangs, entouré par trois enceintes concentriques en latérite compacte bien abîmées aujourd'hui, dédié aux ancêtres du roi, avec en particulier Jayavarman II  le fondateur du royaume, vénérés sous les traits de Shiva et sa compagne Uma.

Bakong, contemporain de Preah Kô, est un temple montagne pyramidal carré à cinq étages, dédié aussi à Shiva. Il est entouré de trois murs d'enceinte avec des ouvertures en forme de gopuram comme on trouve en Inde du sud. Dans l'enceinte intérieure, plusieurs tours entourent la pyramide. La tour centrale qui domine l'ensemble du site évoque le mont Méru, montagne mythique de l'hindouisme et lieu de naissance de Shiva.

Le dernier des trois temples, Lolei, est un petit temple île en briques et latérite édifié par Yaśovarman I en 893 en souvenir de son père Indravarman I. Il formait autrefois une île au milieu de l'Indratataka, immense réservoir aujourd'hui asséché. 

Gardien de l'entrée du temple de Preah Kô

Temple de Bakong

Linteau de porte du temple de Lolei

Temple de Mebon oriental

Temple de Prè Rup

Nous reprenons notre minibus pour faire quelques km et aller au temple de Mebon oriental. Édifié vers 952 par le roi Rajendravarman II pour servir de sanctuaire à ses ancêtres, c'est un temple île à cinq tours en quinconce situé sur l'ancien réservoir du Baray oriental aujourd'hui à sec. Il est dédié à Shiva.

Dans le voisinage immédiat, c'est le temple de Prè Rup. Construit vers 961 par le même roi, il est aussi consacré à Shiva. C'est un temple montagne à trois niveaux et cinq tours pour la partie supérieure, entourée de 12 autres tours en briques plus ou moins bien conservées. A l'intérieur, un petit sanctuaire bouddhiste.

Lion sculpté au temple de Mebon oriental

Sanctuaire à l'intérieur du temple de Prè Rup


Champ inondé et palmiers à sucre

Nous allons maintenant à pied dans le village voisin par un chemin au milieu des champs inondés et des rizières, jusqu'à une jolie maison typiquement locale pour déjeuner chez l'habitant. Ici vivent trois générations de la même famille, dont l'homme travaille dans le tourisme à Siem Reap. A la fin du repas, une violente averse s'abat sur la région et nous devons attendre que ça se calme pour repartir vers la suite de nos visites. 


Grands parents et petits enfants


Vue d'ensemble du temple de Prasat Kravan

Après le repas, nous allons au temple de Prasat Kravan (temple des cardamomes) tout proche. Construit à l'initiative de hauts fonctionnaires en 921, ce temple à cinq tours alignées est dédié à Vishnou ; il a été en partie restauré en 1968 par une équipe allemande mais une part importante de la structure des tours manque. A l'intérieur ont été sculptés plusieurs bas-reliefs représentant Vishnou seul ou accompagné de son épouse Lakshmi.


Bas-relief à l'intérieur

Vue générale du temple

Sanctuaire central

Nous reprenons notre minibus sous une forte pluie pour aller jusqu'au temple de Banteai Srei, situé à une trentaine de km à l'extérieur du complexe principal d'Angkor près de la rivière Siem Reap. Quand nous arrivons sur place, la pluie a cessé. 

Banteay Srei, appelé aussi citadelle des femmes, a été construit dans la seconde moitié du Xème siècle par Rajendravarman puis par Jayavarman II sur le site de l'ancienne ville d'Iśvarapura (ville de Shiva). C'est un temple de plain pied en grès rose et latérite dédié à Shiva. Ses sculptures ciselées avec beaucoup de soin dans un style proche de celui de l'Inde du sud sont considérées comme étant les plus belles du Cambodge

C'est dans ce temple qu'André Malraux a tenté de voler un linteau en 1923, ce qui lui a valu quelques soucis avec les autorités locales.

Sanctuaire central

Fronton sculpté

Et nous retournons à Siem Reap et à notre hôtel situé à environ 35 km de route chargée et en mauvais état, de nouveau sous la pluie.

Vendredi 28 octobre : il fait beau, chaud et très humide ce matin. Nous partons très tôt pour aller visiter Angkor Vat, le monument le plus grand et le plus connu du complexe archéologique d'Angkor, celui qui a fait la célébrité du site dans le monde entier, avant que le flot de touristes, très majoritairement des chinois braillards et mal élevés, ne se déverse sur lui et le rende quasi impraticable.

Construit dans la première moitié du XIIème siècle par Suriavarman II, ce monument était à l'origine un temple funéraire pour ce roi divinisé, de culte brahmanique dédié à Vishnou. Il a été pillé par les Chams, les ennemis traditionnels des Khmers, en 1177 puis a été restauré par le roi Jayavarman VII

Aujourd'hui, c'est un centre religieux toujours actif mais le bouddhisme y a remplacé l'hindouisme à partir du XIVème siècle. 


Vue d'ensemble du monument face sud

Pavillon d'entrée

Bas-relief : le roi Suryavarman II et ses sujets

Montée d'escalier vers la troisième terrasse face nord

Cour intérieure

Autel de Bouddha

Orienté à l'ouest contrairement à tous les autres temples khmers qui sont orientés à l'est, il est le symbole du style classique de l'architecture khmère et celui du Cambodge, figurant sur le drapeau national ; c'est le lieu touristique principal du pays.

Le plus grand édifice religieux du monde, c' est à la fois un temple montagne et un temple galeries à trois gradins et quatre enceintes de 1300 x 1500 m, en grès et latérite. La partie centrale est construite autour de cinq tours disposées en quinconce qui symbolisent les cinq pics du mont Meru. Sa construction a été interrompue à la mort du roi et est restée inachevée, en particulier certaines parties de la décoration. 

Nous franchissons les douves puis l'enceinte extérieure par la porte est, à côté d'un pavillon d'entrée, contournons l'angle sud-est et allons devant la façade sud d'où l'on a une vue d'ensemble du monument. 

Dans la galerie qui en fait le tour complet, les murs sont couverts de bas-reliefs qui représentent des fresques historiques de la vie du roi constructeur, et des scènes de la mythologie hindoue telles que le Jugement des morts, le barattage de la Mer de lait primordiale, le Mahabharata, le Ramayana, la "vie" de Vishnou et de Krishna, etc.

Nous entrons dans le cœur du temple et montons dans les étages. De très nombreuses sculptures de Devatas (divinités féminines secondaires) ornent les murs un peu partout. Plusieurs statues de Bouddha avec des offrandes à leur pied montrent que le temple est toujours utilisé par les croyants. 

Du dernier étage, on a une vue sur les parties basses du temple et sur la jungle tout autour. 

Après être redescendus, nous prenons la grande chaussée ouest, l'allée principale d'entrée dans le sanctuaire sur laquelle beaucoup de touristes circulent dans les deux sens. Elle traverse les douves en partie asséchées à l'ouest du temple. A la sortie attend notre minibus.

Angle sud-est du bâtiment principal

Bas-relief : scène du jugement des morts

Vue sur les étages inférieurs et sur la jungle

Bas-relief représentant des Devatas

Grande chaussée ouest et façade ouest du temple

Bâtiment principal

Fromager enserrant un mur

Étape suivante, le temple Ta Prohm - Ancêtre Brahmâ assez proche. Érigé à la fin du XIIème siècle par Jayavarman VII comme monastère et université bouddhique. Dédié à la mémoire de ses ancêtres, en particulier à sa mère assimilée à la personnification de la sagesse, c'est un temple bouddhique de plain pied qui a été laissé dans l'état où les explorateurs l'ont trouvé (les autres temples du complexe d'Angkor étaient en majorité dans un état similaire lors de leur découverte).

L'effet est extraordinaire : c'est la lutte inégale de la construction humaine en grès contre les forces de la nature végétale à l'état brut, comme les énormes racines des fromagers géants qui se faufilent partout, soulevant les pierres et tordant les bâtiments. Seuls quelques passages ont été dégagés pour accéder aux diverses parties du monument, et des renforts de sécurité ont été posés à certains endroits fragilisés.

Bas-reliefs de Devatas sur le bâtiment principal

Fromager enserrant un bâtiment

Nous repartons maintenant pour aller déjeuner à l'école hôtelière Paul Dubrule, fondée à Siem Reap par le co-fondateur (avec Gérard Pélisson) du groupe Accor. Il a fait 15 272 km à vélo à l'âge de 67ans, pour venir de Fontainebleau inaugurer cette école en 2003. Son vélo est exposé dans un salon de l'école. Il est maintenant résident fiscal en Suisse (et il s'en vante ! cliquer ici).

Après un repas d'excellente qualité avec un service exceptionnel assuré par un groupe d'élèves de l'école, nous retournons au complexe archéologique pour visiter le temple de Preah Khan.


Sanctuaire principal

Ce vaste temple de plain pied, érigé en 1191 par le roi Jayavarman VII, est dédié au père du roi bâtisseur, idéalisé ici sous la forme d'un bodhisattva. C'était une  université syncrétique bouddhiste et hindouiste et aussi l'armurerie du roi pendant ses guerres. Le roi y résida temporairement pendant la période qui a suivi la destruction de sa capitale Angkor par les Chams.

Il est très abîmé et en cours de restauration.


Fronton représentant le sommeil de Shiva veillé par Lakshmi


Terrains inondés sous la passerelle

Juste à côté, nous allons visiter le temple de Neak Pean. On accède à l'extérieur de ce temple par une passerelle branlante et peu engageante surplombant un vaste terrain inondé ; l'intérieur est inaccessible. 

Construit par Jayavarman VII à la fin du XIIème siècle, ce temple bouddhique est constitué d'un bassin carré entouré de quatre bassins plus petits. Au centre du grand bassin, une petite île circulaire sur laquelle est édifié le temple central est entourée de deux Nagas. Les têtes des serpents forment l'entrée.


Temple Neak Pean

La nuit commence à tomber, nous rentrons à Siem Reap, avec d'abord un passage par une boutique d'artisanat directement rattachée au ministère du tourisme. On y trouve des objets d'intérêt moyen, beaucoup trop chers dans l'ensemble, ce qui n'incite pas vraiment à l'achat.

Samedi 29 octobre : il fait très beau et chaud ce matin. Nous allons à Angkor Thom, la nouvelle capitale du royaume khmer construite par Jayavarman VII après la conquête et la destruction d'Angkor par les Chams.  


Douve sud-ouest

La ville, de forme carrée d'environ trois kilomètres de côté, est entourée de remparts de huit mètres de haut bordés de douves. Au milieu de chacun des quatre murs d'enceinte est percée une porte monumentale, ornée d'immenses visages sculptés dans la structure. 

Nous entrons par la porte sud après avoir traversé la douve par un pont dont la rambarde est ornée de têtes de bodhisattvas d'un côté et de démons de l'autre côté.


Porte sud

Temple Bayon

Bas-relief : bataille navale contre les Chams

Au centre géométrique du carré a été édifié le temple Bayon, temple d'État de Jayavarman VII, à la fin du XIIème siècle. Dédié au culte bouddhique, ce temple montagne construit en grès et latérite a 3 étages, 3 enceintes et 54 tours avec chacune 4 visages sculptés représentant le roi divinisé sous la forme d'un bodhisattva. 

A l'intérieur de chaque tour, se trouvait une statue d'une divinité protectrice des provinces khmères, aujourd'hui disparue. Dans la tour centrale, un petit sanctuaire bouddhique est toujours actif. 

Sur les murs, des bas-reliefs représentent des scènes de bataille entre le Khmers et les Chams sur le lac Tonlé Sap, ou des divinités diverses.

Tour avec visages sculptés

Petit sanctuaire bouddhique dans la tour centrale

Temple Baphuon

Terrasse des éléphants

Nous allons maintenant visiter le temple Baphuon, construit vers 1060 à la gloire de Shiva par le roi Udayadityavarman II, situé juste à côté. C'est un temple montagne en forme de pyramide à cinq niveaux dont la construction originale était pleine de malfaçons ayant entraîné de nombreux écroulements. Très abîmé, il a été restauré par l'EFEO grâce à la mise au point d'un logiciel permettant le ré-assemblage exact des cailloux dispersés. Il vient d'être ouvert au public. 

C'est là qu'un membre de notre groupe s'est égaré et nous a fait une grande frayeur, heureusement sans conséquences car nous l'avons récupéré rapidement.

A la suite, c'est la Terrasse des éléphants, immense terrasse décorée d'un frise représentant un défilé d'éléphants d'un côté et de singes et garudas de l'autre, encadrant deux montées d'escaliers pour aller vers l'ancien palais royal dont il ne reste pas grand chose. Cette terrasse aurait été le site des crémations royales.

Bouddha couché sculpté dans la muraille du temple

Montée d'escaliers de la terrasse des éléphants


Temple Thommanom

Nous reprenons notre minibus pour aller au temple Thommanom situé à quelques km. Ce temple mineur dédié à Vishnou et construit aussi par Udayadityavarman II a été entièrement reconstitué par l'EFEO.

Juste à côté, le temple Takéo dédié à Shiva et construit vers l'an 1000 est inachevé ; son petit sanctuaire bouddhique est toujours actif. Restauration en cours par les Chinois


Temple Takéo


Sculptrice sur légumes

Et nous retournons à l'hôtel à Siem Reap pour déjeuner. Après, direction l'aéroport pour prendre un avion qui nous ramènera à Phnomh Penh. Le ciel devient de plus noir et menaçant, ce qui n'annonce rien de bien bon.

Nous arrivons en fin d'après-midi à l'aéroport de Phnomh Penh et allons à notre hôtel, le même que précédemment. Dans le hall, une petite jeune fille fait des sculptures éphémères avec des légumes, représentant des fleurs qu'elle assemble en bouquet.

Dimanche 30 octobre : beau temps chaud. Nous partons pour Odong, capitale du Cambodge du XIIIème au XVème siècle, située à 40 km de Phnomh Penh. La circulation est plus calme aujourd'hui du fait que nous sommes un dimanche.


Stupa du XVIIème siècle

Sur la colline Trésor des Rois ont été érigés plusieurs stupas qui abritent les cendres des rois de l'époque et celles de ceux des rois de la dynastie régnante des Norodom. Tout a été détruit par les Khmers rouges et reconstruit après la fin de la guerre. Un stupa en marbre blanc construit par les Chinois contient une petite partie des cendres "authentiques" de Bouddha, transférées depuis le centre de Phnomh Penh, trop bruyant pour leur repos éternel. Un temple syncrétique animiste et bouddhiste est posé au sommet de la colline. De là, on a une large vue sur la plaine inondée.


Vue sur la plaine inondée

Retour à Phnomh Penh pour déjeuner sur un bateau (du nom de Titanic) amarré au quai le long du Tonlé Sap. Pendant le repas, une jeune danseuse cambodgienne, accompagnée au xylophone par un musicien percussionniste, nous offre un petit spectacle de danse. 

Le repas terminé, retour à l'hôtel pour se préparer en vue du départ pour rentrer à la maison. Ensuite, après que nous ayons perdu une bonne paire d'heures à attendre dans le hall de l'hôtel, notre minibus nous emmène à l'aéroport prendre notre avion en direction de Hongkong. Une fois descendus à Hongkong, nous devons marcher sur plusieurs km dans l'aérogare pour aller jusqu'à la porte d'où nous partons pour une longue nuit à destination de Paris sur un vol Cathay Pacific en Boeing 747 comme à l'aller.. 


Danseuse cambodgienne

Pour voir le diaporama de cette quatrième partie du voyage cliquer ici

Lundi 31 octobre : nous arrivons à l'aéroport de Roissy très tôt ce matin. Quelques heures plus tard, nous prenons le TGV qui nous transporte à la gare de Montpellier d'où un taxi nous ramène à la maison, après un beau voyage que nous avons beaucoup apprécié .

 
Informations générales et documentation

Devises
Au Vietnam, la monnaie est le "dong", 1 € vaut environ 28 000 dongs. On peut changer des euros ou des dollars à l'aéroport en arrivant, dans les banques ou dans les hôtels (dans ces derniers, le taux de change est en général peu intéressant).
Au Cambodge, la monnaie est le "riel", 1 € vaut environ 5 200 riels. Idem pour le change bien qu'il soit préférable d'emporter des dollars achetés en Europe. Le dollar en billets a cours partout dans le pays (et non l'euro) ; la petite monnaie est rendue en riels.

Santé :
Toute cette partie du monde est affectée par le paludisme, un traitement préventif anti-paludéen est fortement recommandé.

Sécurité :
La circulation auto et moto est indisciplinée et souvent dangereuse ; la traversée des rues dans les grandes villes, même sur les passages pour piétons, est une aventure. Par contre, pas de danger particulier pour la sécurité des biens et des personnes si ce n'est de faire attention aux pickpockets dans les villes et les lieux touristiques, comme partout ailleurs dans le monde.

Documentation :
- Angkor, la forêt de pierre de Bruno Dagens - Découvertes Gallimard

- guide Hachette Évasion du Vietnam
- guide Petit Futé du Cambodge

 

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